BULLETIN SEPTEMBRE 2014

 

n° 7 SEPTEMBRE 2014

ISSN 1294-7938


		L’Académie tiendra séance les : 

Vendredi 26 septembre 2014
Hôtel de Livois
15h00
Séance privée
16h00
Séance solennelle de rentrée   
(Port de la médaille de rigueur)

Séance publique organisée par la Section Lettres
 « 1914, La victoire en chantant »
- Ernest Psichari : « L’Appel aux Armes - La guerre à l’horizon. » par Mme Christiane Astoul
- Romain Rolland : « Au dessus de la mêlée - Un article pacifiste. » par M. Robert Audoin
- « Lettres de Jean Cocteau à sa mère - Le prince frivole en 1913-1914. » par Mme Luciole Bouché
- « Des poètes dans la guerre » par M. Maurice Faës
- Projection de reproductions de monuments aux morts angevins et de photos prises au front par son grand-père brancardier par M. Louis-Marie Beauvois.


Vendredi 17 octobre 2014
Hôtel de Livois

Exceptionnellement à 
                                                                                               17h00
Séance publique

	« La chapelle Saint-Thomas à Angers. »
par M. Étienne Vacquet

Réception de Mgr Jean-Louis Bruguès, membre d’honneur 
	« Église et Mémoire. Les archives secrètes et la la bibliothèque vaticane.»
         par Mgr Jean-Louis Bruguès 
Pour cette séance au cours de laquelle nous aurons le plaisir de recevoir officiellement Mgr Jean-Louis Bruguès, membre d’honneur, compte tenu d’une perspective d’une influence exceptionnelle et de la capacité très limitée de la salle des séances, seuls seront admis les académiciennes et les académiciens, porteurs de leur badge accompagnés éventuellement de leur conjoint.


                                                                                              COMPTE RENDU DE LA
RENCONTRE INTERACADÉMIQUE DE LA RÉGION NORD-OUEST
                                                           DU SAMEDI 14 JUIN 2014 À ANGERS



Ouverture de la journée par M. Jean-Claude Remy, président de l’Académie d’Angers.

	Devant une quarantaine de participants, M. Jean-Claude Remy a rappelé que cette rencontre avait pour objet d’approfondir les liens confraternels entre les académies de l’Ouest. Le thème d’étude choisi pour cette réunion porte sur « l’année 1944, telle que vécue dans l’Ouest ». Il a salué, en ouverture de séance, la présence de M. Marcel Moulan, conseiller municipal à la culture scientifique et à la francophonie qui représente le Maire d’Angers, et les délégués des académies de Caen, de La Rochelle, et de Touraine. Il a remis à chacun d’eux la médaille commémorative du tricentenaire de l’Académie.
	Le président a donné ensuite un rapide aperçu de l’histoire de la compagnie depuis 1685, date de remise par le roi Louis XIV des lettres patentes qui concrétisaient sa fondation. Elle comprenait à l’époque 30 membres et a fonctionné jusqu’à sa dissolution par la Convention. Après diverses tentatives de reconstitution, elle va renaître au XIXe siècle sous la dénomination de « Société d’agriculture, des lettres et des arts ». L’académie d’Angers comprend aujourd’hui 300 membres, dont 60 titulaires, et se réunit à raison de deux séances par mois. Les travaux sont menés, de préférence, dans les différentes sections (Lettres, Sciences, Arts, Histoire, Sciences humaines et sociales, Sciences économiques et sociétales), ce qui n’exclut pas les recherches individuelles. Les communications sont présentées par les membres de notre compagnie, à l’exception des colloques au cours desquels il peut être fait appel à des intervenants extérieurs. 
	M. Jean-Claude Remy a ensuite donné la parole au premier conférencier, le professeur Élisabeth du Réau.

I- «La libération d’Angers vue par des historiens et des témoins, soixante-dix ans plus tard : quelles problématiques et quelles approches contemporaines » par le Élisabeth du Réau.
	Dans son exposé, Mme du Réau a rappelé les vives tensions entre les protagonistes, qu’il s’agisse du général de Gaulle et du président Roosevelt, des Anglais et des Américains, du général de Gaulle et du général Eisenhower. Les controverses ont porté également sur le plan de bombardements massifs, sur l’instauration d’une administration américaine provisoire en France, sur la présence en France du général de Gaulle. Eisenhower a néanmoins salué l’action des Forces Françaises de l’Intérieur qui ont apporté un réel appui par les informations transmises sur la situation en Normandie. Au même moment des négociations financières furent menées avec le secrétaire d’État américain par Jean Monnet et la France fut représentée à la conférence de Bretton Woods par Pierre Mendès-France.
	Parmi les enjeux du retour à la légalité, figure la décision prise à Alger en janvier 1944, de nommer des commissaires régionaux de la République ayant pouvoir sur les préfets des départements ; il s’agissait de reprendre en main les autorités locales. Parallèlement étaient mis en place des Comités Départementaux de Libération représentant les forces politiques.
	C’est dans ce mouvement d’ensemble que se situe la libération d’Angers le 10 août 1944, après une intense préparation des alliés dont l’épisode le plus douloureux fut le bombardement très meurtrier de la Pentecôte.

	La communication de Mme du Réau a été complétée par la présentation d’un film sur la Libération d’Angers. Mme Élisabeth Verry, directeur des archives départementales du Maine et Loire, a précisé que les images avaient été tournées au cours de la bataille par le service de communication de l’armée américaine.

II- Académie des Belles Lettres, Sciences et Arts de La Rochelle.
	M. Jean Flouret, président, a donné quelques indications sur l’Académie de La Rochelle qui a été fondée en 1732, grâce à l’intervention du prince de Conti. Il s’agissait d’une académie royale des belles lettres, ce qui excluait les sciences, les arts et les questions religieuses. Elle comprenait à l’origine 15 membres nommés par le Roi, se répartissant pour moitié entre juristes et ecclésiastiques. Vers 1785, l’effectif atteignait 30 membres ; elle avait étendu à ce moment-là ses champs de recherche aux disciplines scientifiques. En 1790, ses biens furent confisqués et elle dut arrêter ses activités. Des essais de reconstitution furent tentés au XIXe siècle sur fond de rivalités. C’est en 1854, que fut décidé un regroupement des sociétés savantes locales dédiées à la littérature, à l’agriculture, aux sciences naturelles et à la médecine ; une séance annuelle rassemblait tous les participants de ces entités. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la compagnie a repris ses activités et compte actuellement 26 membres. Bénéficiant d’un soutien de la ville, elle donne des conférences ouvertes à l’association des amis de l’Académie. Le principal problème  réside dans la difficulté de recruter de nouveaux confrères pour assurer la continuité de l’institution.


«La situation particulière de La Rochelle en 1944 » par le professeur Christiane Gachignard.
	Le département de la Charente Maritime a été libéré le 2 septembre 1944, à l’exception de Royan et de la Rochelle, en raison de l’existence de la base des sous-marins de La Pallice que les Allemands voulaient conserver. Dès le 27 juin 1940, date de l’occupation, la côte était devenue une zone interdite et, en 1941, avait commencé la construction du mur de l’Atlantique qui devait assurer la protection de la base. Des réseaux de résistance vont se constituer, notamment «Honneur et Patrie» qui sera décimé à la fin de 1943 ; ils recueillaient des renseignements sur l’ennemi. Les maquis seront rares en raison de l’absence de régions boisées. Au moment du 6 juin 1944, la Résistance, anéantie par les arrestations, se trouve en pleine réorganisation. Une partie des habitants de la Rochelle touchés par les difficultés de ravitaillement, les coupures d’électricité, les informations contradictoires, les bombardements sur les quartiers périphériques et la crainte des combats va se disperser dans les campagnes environnantes. La Rochelle va former une poche de résistance de l’occupant qui est différente des autres ; elle va présenter la particularité de conserver une population civile importante et de rester intacte jusqu’à la fin des hostilités. Un modus vivendi avait été négocié avec l’occupant. Le maintien d’un certain statu quo fit comprendre assez vite que la situation de siège allait perdurer.
	Dès le 3 août, Hitler demanda à son état-major de lui indiquer les ports qui ne pouvaient pas être abandonnés, La Rochelle et la Pallice rentraient dans cette catégorie. La Gestapo quitta la ville et les derniers convois de déportés partirent les 12 et 15 août. Ordre fut donné, le 20 août, à la 1ère armée de se replier, des troupes venant de Bretagne se réfugièrent dans la forteresse. La poche était constituée de la ville de La Rochelle, de la base sous-marine de La Pallice, de l’île de Ré et de la majeure partie de l’île d’Oléron. Le dispositif de défense comprenait deux lignes, dont l’une était minée et doublée d’un profond fossé antichar ; un imposant ensemble de pièces d’artillerie complétait le système de protection.
Le contre-amiral Schirlitz qui avait autorité sur la côte, de Saint Nazaire à la Bidassoa, fut nommé à la tête de la place. Dans l’ensemble de la poche, l’armée allemande disposait d’un effectif important qui a varié de 16 000 à 24 000 hommes. Cet ensemble était composite, il comprenait des équipages de sous-mariniers, des étrangers (tchèques, polonais, italiens), et des jeunes du STO. Leur armement  solide incluait de l’artillerie lourde (environ 200 pièces d’artillerie fixes ou mobiles d’un calibre supérieur à 75, 100 canons fixes affectés à la défense du littoral et autant pour la défense aérienne), des chars, des avions de chasse, deux trains blindés. Des renseignements sur la situation dans le département leur étaient communiqués par des réseaux de collaborateurs. L’amiral veillait à assurer la cohésion des troupes et à maintenir leur moral par des activités sportives journalières et par un entraînement militaire. Des activités culturelles étaient proposées, notamment un journal de bord, des informations en provenance d’Allemagne et des représentations musicales.

	Les troupes d’encerclement qui représentaient environ 10 000 hommes venaient des maquis des départements voisins et de ceux du sud-ouest et du centre ; leur équipement constitué des armes recueillies au cours des opérations de parachutages était très disparate. Le colonel Adeline, qui était à la tête de l’armée secrète de Dordogne, avait pris le commandement de l’ensemble. Il constituait les Forces Françaises du Sud-Ouest qui deviendront ensuite le détachement de l’armée de l’Atlantique dirigé par le général de Larminat. La situation était très disproportionnée entre ces forces et les troupes d’occupation. C’est pourquoi il est apparu souhaitable de rechercher un contact avec les Allemands. Il fallait prévenir les représailles qui pourraient se produire en ville, si des incidents survenaient. Le capitaine de frégate Meyer, adjoint du colonel Adeline s’employa à établir une liaison avec les officiers allemands. Il demanda une entrevue avec le contre-amiral Schirlitz. Il fallait cependant auparavant faire reconnaître les forces françaises de l’Intérieur comme une armée régulière, ce qui n’allait pas de soi pour les Allemands. Les FFI portant un brassard sur la manche seront considérés comme des combattants ; Ils remplissaient ainsi les conditions pour être traités comme prisonniers de guerre en cas de capture. Les négociations aboutirent à une convention qui fut signée par l’amiral le 17 octobre et par le général Adeline, le 18 octobre ; l’entrée en vigueur était prévue pour le 20 octobre. Tous les pourparlers furent menés par le commandant Meyer, et l’accord fut signé sans que Schirlitz et Adeline se soient rencontrés. Le document fixait des lignes de stabilisation et un no man’s land ; il ne fut pas reconnu par de Gaulle qui ne voulait pas d’armistice sur le plan local. Le général de Larminat ignora également cette convention.
	L’arrangement n’empêchait pas les bataillons FFI de poursuivre le siège de la forteresse et de résister aux raids des Allemands qui cherchaient à s’approvisionner dans la région. Il s’était constitué également à l’intérieur de la forteresse des groupes de résistants qui menaient des actions de renseignement ; ils cherchaient en même temps à démoraliser les Allemands pour les inciter à la désertion et à influencer les étrangers qui étaient dans leurs rangs. Faisaient partie de ces réseaux des gendarmes, des pompiers, des agents de la Défense Passive, des scouts et des employés de la SNCF. Ils réussirent à construire deux chars à partir de châssis. La population civile qui était restée dans la ville ne pouvait pas être évacuée. Il se posait pour elle le problème du ravitaillement, la municipalité fut aidée pour y subvenir par des délégués suédois et par la Croix Rouge. Une partie des vivres fut acheminée par bateau à l’intérieur de l’arsenal. En avril 1945, le général de Larminat fit parvenir un ultimatum au contre-amiral Schirlitz précisant que si les installations portuaires et urbaines étaient préservées, la garnison allemande pourrait bénéficier d’une certaine mansuétude. Le 7 mai, la reddition fut négociée avec les Allemands qui s’étaient rendus à la table des pourparlers, en portant un drapeau blanc. Les troupes françaises en uniforme purent enfin entrer dans la ville.
	Huit mois de siège avaient été nécessaires avant la libération de La Rochelle. À certains moments, tout pouvait basculer. Les forces d’occupation ont réussi de leur côté à tenir en perdant environ 500 hommes.


III- Réception dans le salon d’honneur de l’hôtel de ville  par M. Marcel Moulan, conseiller municipal à la culture scientifique et à la francophonie, qui a exprimé tout l’intérêt que porte la municipalité à la ville culturelle de l’agglomération.

IV- Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen.
	M. Laspougeas a rappelé que l’académie de Caen était née en 1702. Elle compte aujourd’hui 45 membres titulaires et des membres associés. À ses côtés, la société des amis de l’Académie constitue un vivier pour l’élection de nouveaux membres.
	Avant de présenter une communication sur la bataille de Troarn, M. Laspougeas a tenté de montrer quel était l’état d’esprit des Normands au moment de la Libération et de préciser l’historique des commémorations du débarquement. En juin 1944, la population a été heureuse d’être délivrée de l’occupant, mais elle aurait préféré que les opérations militaires se déroulent ailleurs. C’est en 1984, à l’initiative du président Mitterrand qu’eurent lieu les premières cérémonies du souvenir. 
Par la suite, les conseils régionaux ont renouvelé les célébrations. Ultérieurement, sont venus participer les vétérans, les fils de vétérans, les représentants des pays alliés, puis ceux de l’ensemble des pays belligérants dont l’Allemagne.

« La bataille de Troarn dans la bataille de Normandie : un fiasco anglais » par le professeur Jean Laspougeas.
	Parmi les combats de juin 1944, la bataille de Troarn fut l’une des plus acharnées et des plus meurtrières; elle avait pour objectif de permettre une percée dans la plaine de Caen. Aux premières heures du 6 juin, les parachutistes de la 6th airbone division ont été largués pour détruire plusieurs ponts sur la Dives et la Divette et prévenir ainsi les contre-attaques allemandes. Le temps était mauvais, et les parachutistes se posèrent à Troarn sur des terrains difficiles et des marais inondés ; ils ont perdu au cours des opérations de largage une partie de leur matériel. Sous la direction du major Tim Roseveare, une équipe de sapeurs est parvenue à endommager le pont de Troarn, une arche est détruite, puis une seconde. Cette attaque a pu être réalisée, alors que les Allemands tenaient Troarn ; ils vont très vite réparer le pont et faire venir des renforts considérables. Les Anglais, de leur côté, ont réussi à constituer une petite poche mais sans parvenir à prendre Troarn. Le maréchal Montgomery va donner cinq fois l’ordre de s’emparer de la ville. Compte tenu de la permanence des bombardements, de la violence des affrontements et de la présence des chars et des équipements lourds, les Allemands exigèrent le retrait de la population civile de la cité, ce qui fut providentiel pour elle. Le 6 juillet, un mois après le début des hostilités, les Anglais n’ont toujours pas réussi à conquérir Troarn.
	Dans leurs plans initiaux, les Américains avaient sous-estimé la capacité de résistance des Allemands dans les plaines de Basse-Normandie ; ceux-ci avaient organisé cinq lignes de défense. Le 18 juillet, les Anglais sont entrés dans Troarn, puis durent se retirer. Le 19 juillet, nouvelle entrée et nouveau recul. Le 20 juillet, nouvelle offensive, les assaillants s’étaient enterrés, mais le secteur restait imprenable. Le 10 août, Caen fut libéré, mais les Allemands continuaient avec leur artillerie lourde de pilonner la ville à partir de Troarn, des hauteurs ils menaient une guerre de position. Après 73 jours de bataille, la localité va enfin tomber le 17 août.


V- Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Touraine.
	C’est en 1761 que l’Académie a été constituée, avec comme objectif d’améliorer les conditions d’exploitation des terres dans la généralité de Tours sous l’impulsion du marquis de Turbilly. Mise en sommeil en 1792, reconstituée de façon fugitive, elle va faire l’objet d’une réorganisation en 1988. Elle compte aujourd'hui des membres résidents et des membres non-résidents et a parrainé une société des amis de l’Académie. Dirigée par un bureau composé de huit membres, elle publie des mémoires annuels. Elle a participé en 2010 à une rencontre avec des académies du Centre.


« L’année 1944 vécue en Touraine » communication de M. Éric Alary exposée par M. Jean-Marc Couderc. 
	L’année 1944 s’est présentée en Touraine sous un jour très défavorable. Les restrictions étaient multiples, l’économie était exsangue. Les rations alimentaires étaient tombées à 1 000 calories, sucre, pain, café, matières grasses manquaient. Les citadins souffraient cruellement. Les autorités locales devaient faire face aux débordements de la population et à l’action des collaborateurs. En outre les bombardements furent très mal vécus, notamment ceux du 20 mai sur Saint Pierre des Corps qui avait fait 127 morts et 400 blessés, de même que celui du terrain d’aviation et ceux des voies ferrées. Ce sont les raids américains qui suscitèrent les plus grandes interrogations. L’occupant était inquiet, les arrestations s’étaient multipliées à Tours et à Chinon. Des armes avaient été parachutées pour équiper les maquis dont certains se livrèrent à des actions criminelles.
	C’est dans ces circonstances qu’eut lieu le massacre par les Allemands de Maillé, le 25 août 1944. Il a fait 125 victimes sur une population de 600 habitants ; on a dénombré parmi les morts 40 hommes, 42 femmes et 44 enfants de moins de 14 ans. Ils ont été tués directement par l’occupant, parfois à la baïonnette ; il fallait punir les terroristes et leurs assistants. Cette action avait été menée en réaction aux opérations de la résistance locale, notamment les sabotages de la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux. 
	Le village a été reconstruit à l’identique après la guerre ; tous les bâtiments ont retrouvé le même ordonnancement. Le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, s’est rendu à Maillé le 25 août 2008 pour commémorer la tuerie.
	C’est à partir du 15 septembre que les Allemands commencèrent à abandonner Tours qui sera libéré le 25 septembre. M. Jean Meunier, désigné comme maire, s’employa à rétablir le calme, en faisant notamment arrêter la tonte de femmes. Comme dans les autres cités de la région, le ravitaillement et le logement furent les deux problèmes majeurs qui se posèrent à la population. Les Américains livrèrent certaines ressources qui faisaient défaut, notamment des médicaments comme la pénicilline. 


Extraits des dÉbats 

	Le président a remercié une nouvelle fois les différents intervenants pour la qualité de leurs communications qui avaient trait à un thème unique « l’année 1944, telle qu’elle a été vécue dans l’Ouest ». Il a exprimé le désir que le texte des conférences soit réuni pour être adjoint au livre des Mémoires 2014. Il a ensuite ouvert le débat. 

M. Bernard Riche habitait à côté de Troarn en 1944 ; il était au collège à Dives dans le voisinage du château de Vendeuvre. Il se souvient d’un aviateur anglais avec un fusil, le pouce dressé voulant dire « tout va bien ». Le collège fut évacué et il prit sa bicyclette pour parcourir les 30 Kms qui le séparaient de la maison de son père, commandant d’une brigade de gendarmerie. Des avions passaient à basse altitude pour mitrailler, il fallait donc se jeter dans les fossés. Un car rempli de parachutistes avec leur béret rouge le dépassa, un peu plus tard un side-car allemand traversa le secteur et il fut interrogé pour savoir s’il n’avait pas de tract de la RAF dans son bagage. Arrivé chez ses parents, il fallut se réfugier dans la cave avant de quitter le village. Pendant ce temps, la ligne de front s’était trouvée stabilisée, les Allemands montaient en ligne et les bombardements continuaient. Une forteresse volante fut touchée, et on pût voir 7 parachutistes s’en détacher. C’est à la fin du mois d’août qu’il fut possible de revenir dans les habitations.

M. Claude-Serge Guillemain qui était à l’époque à Châteauroux se souvient du bombardement de Saint Pierre des Corps à 80 Kms de distance ; la terre tremblait. De nombreuses exactions furent perpétrées dans la ville ; dans les forces d’occupation on pouvait dénombrer des indiens et des troupes supplétives venant du Caucase. Ils avaient peur des maquisards. La colonne Eisler, partie à pied de Dax, avançait jour après jour harcelée par les résistants. Elle négocia sa reddition à la sous-préfecture d’Issoudun et alla se rendre aux Américains à Beaugency.

M. Serge Le Pottier  qui a été affecté pendant trois années dans l’arme du génie aux États-Unis, a souligné les divergences existant entre les Américains et les Anglais au sujet des bombardements. En 1943, les Britanniques étaient favorables à l’emploi des bombardements, mais, en 1944, les Américains furent les plus enclins à en faire usage. 

M. Christian Brégeon se rappelle que dans son village natal angevin, les habitants vivaient dans la crainte d’une extermination. La population avait quitté les habitations pour se disperser dans la campagne.

Jean-Claude Remy s’est réjoui de cette première rencontre entre les académies de l’Ouest qui est venue après celles qui avaient déjà eu lieu dans le Nord, l’Est, le Sud, et Sud-Est. Il a considéré qu’il serait souhaitable de renouveler chaque année cette expérience. L’académie de Caen s’est montrée ouverte pour prendre en charge une semblable réunion en 2015, sous réserve de l’accord de son conseil d’administration.



SÉANCES DU 20 JUIN 2014 

Sont présents 
Mme Marie-Rose ALBRECHT, M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Daniel COUTURIER, M. Philippe DAIN, Mme Marie-Claude GUILLERAND, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jean-Claude REMY, M. Jacques THOMAS, M. Michel VAISSIER, Mme Elisabeth VERRY.   membres titulaires. 

M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES.   membres titulaires ÉmÉrites 

M. Henry ADAM, M. Robert AUDOIN, M. Max BARAT, M. Raymond BATTAIS, M. Louis-Marie BEAUVOIS, Mme Véronique de BECDELIÈVRE, M. Jacques BESSON, M. Pierre-Marie BETTON, M. Jacques BIZARD, M. Daniel BLOUIN, M. Henri BRAULT, M. Jean Claude BROUILLARD, M. Rémy GERNIGON, M. Daniel GRUAU, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. René JAMES, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Jean-Louis de LA CELLE, Mme Denise LAMAISON, M. François LECOQ-VALLON, M. Jean MALLET, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, Mme Joëlle REMY, M. Georges REVERDY, M. Philippe TARDY-JOUBERT.   membres associÉs. 

Mme SARTON du JONCHAY   invitée

S’Étaient fait excusér :
Mme Marguerite Cécile ALBRECHT, M. Yves BARTHET, M. Henri DELLACASA, Mme Elisabeth du Réau, M. Claude FERRAND, Mme Josette FOURNIER, M. Serge LE POTTIER, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques MAUREAU, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. Bernard RICHE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE.   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER.   membre titulaire honoraire 

Mme Françoise BIZARD, M. Jérôme BODIN, M. Roger BOISSEAU, M. Philippe BONEF, Mme Luciole BOUCHÉ, M. François BOULÊTREAU, M. Dominique CHARBONNEL, Mme Laurence CHARVOZ, M. Benoît DELTOMBE, Mme Margreet DIELEMAN, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Daniel GARANDEAU, M. Jean-Louis GIARD, Mme Pascale GRÉMONT, Mme Françoise LIZÉ-DUBOIS, M. Dominique MAILLARD, M. Olivier MARTIN, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Yves NAUD, M. Jean-Claude PAVION, M. Michel PENNEAU, Mme Hélène POLOVY, M. Geoffrey RATOUIS, Mme Sylvette ROBSON, M. Bernard SARTON du JONCHAY, M. Pierre SCHMITT, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, Mme Françoise TÊTU de LABSADE, M. Alain TRICOIRE, Mme Anne de VAUTIBAULT.   membres associÉs. 

SÉANCE PRIVÉE DU 20 JUIN 2014

	Cette dernière séance avant que débute l’été a été ouverte par le président ; il a annoncé la présentation de deux candidatures de membre associé :
- M. Alexandre de Grandmaison, âgé de 25 ans a pour parrains M. Pierre Bouvet et M. Olivier Raymond. Il est le petit-fils de M. Henri Brault, très fidèle à nos réunions, et le petit-neveu de notre regretté confrère André Sarazin. Après avoir poursuivi des études en Histoire à la Roche sur Yon, il est devenu généalogiste successoral de profession. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages historico-généalogiques
- M. Philippe Le Picart présenté par M. René Combres et par M. Robert Audoin est inspecteur honoraire de l’Éducation Nationale.
Les deux postulants ont été élus au cours de la séance.

	M Jean-Claude Remy a donné la parole à Mme Monique Astié, qui a participé à la Biennale Loire-Grands fleuves du monde en tant que représentante de notre Académie et a traité le sujet « des plantes envahissantes ». Les communications ont porté sur le Saint Laurent et la Loire, axes d’échanges et de commerce et sur les travaux de botanique au XXe siècle. Sur ce thème, M. Guillaume Delaunay, responsable du parc Loire-Anjou-Touraine, a parlé du chanoine Corillon, de l’Académie d’Angers qui aimait à dire « Les plantes sont les compagnes de toute ma vie ». Une universitaire canadienne a évoqué la figure du frère Marie Victorin qui a poursuivi de nombreux travaux de qualité sur les plantes du Saint Laurent ; un professeur émérite de l’université d’Angers a fait revivre le voyage de Théodore Pavie qui l’a conduit du Val de Loire au Saint Laurent. La place du patrimoine dans la structuration du paysage, les systèmes agraires, le Val de Loire rural au XVIIe et XVIIIe siècle, la mise en valeur du patrimoine le long des fleuves, la valorisation socio-économique des espaces protégés, les plantes envahissantes, les oiseaux migrateurs, et les mammifères ont constitué les autres thèmes de ces savantes rencontres.

	M. Daniel Couturier, vice-président, a fait ensuite la recension des dernières publications reçues, à partir notamment d’extraits tirés des mémoires publiés par les autres académies de province :

- « L’arbre d’aventure » de notre consœur Mme Nicole Morelle, biologiste, organiste et écrivain. On peut citer parmi ses ouvrages « Poupées gigognes », « La lettre de château»,  « La chineuse de Bergerac », « La porte de la 7ème demeure », « L’allée de Madame ». L’action de ce nouveau roman se déroule dans le village de Blaison-Gohier avec ses jolies maisons angevines qui allient le tuffeau blanc et l’ardoise ; elle met en scène Alexandre, un écrivain angevin de théâtre un peu désabusé et tourmenté.

- dans le bulletin de l’Académie des Sciences Morales et Politiques « Les changements politiques dans le monde arabe » par M. Jean-Pierre Chevènement. L’auteur donne son appréciation sur les révolutions arabes. Le monde arabe est notre voisin. Il constitue une caisse de résonance linguistique, culturelle, historique sans équivalent. Il est le cœur du monde musulman de l’avenir duquel aucune grande puissance ne peut se désintéresser. Il y a une unité du monde arabe en même temps qu’une grande diversité. L’Islam est, de nos jours, la principale force de résistance à la globalisation libérale que portent l’essor des nouvelles technologies de la communication, la libération des flux de capitaux, de marchandises et de services, sans parler des flux migratoires et enfin la dynamique de l’individualisme libéral. Quelle politique arabe pour la France ? Il faut instaurer la cohérence : on ne peut à la fois stigmatiser l’islam en France et proposer « l’Union pour la Méditerranée ». M. Chevènement pense qu’on ne peut pas soutenir l’islamisme politique dans le monde arabe en fermant les yeux sur ses dérives djihadistes et combattre ce même djihadisme en Asie ou en Afrique. On ne doit pas non plus faire comme si l’islamisme politique était le seul régime qui convenait chez eux aux peuples arabes et prôner en même temps l’intégration en France de nos compatriotes de tradition musulmane.

- dans le bulletin historique et scientifique d’Auvergne, le professeur Dominique Descotes présente les réflexions de Pascal sur les miracles ; sa pensée refuse à la fois la superstition et les positions de principe. Il faut avant tout un esprit de discernement. Sa probité intellectuelle lui permet de s’interroger sans jamais nier, ni dissimuler les difficultés et les obstacles qu’il a rencontrés au cours de sa recherche. Il a affirmé que l’Église n’avait pas à interférer dans la recherche scientifique, mais il ne récuse pas sans examen le caractère méthodique et rationnel de sa recherche dans l’ordre des phénomènes qui dépassent la raison parce qu’ils sont surnaturels. Pascal approfondit sa réflexion, passant d’un problème à un autre jusqu’à dominer la question dans son entier. Comme il l’a écrit dans ses Pensées « tout ce qui est incompréhensible ne laisse pas d’être » 

- dans le bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, M. J.R.Wattez évoque le drame de Quiberon de 1795. Une expédition de 4 500 émigrés, qui avait embarqué sur des vaisseaux britanniques, avait pris pied sur les plages de Carnac. Hoche fut chargé de contrer les arrivants et sa réaction fut rapide. Les émigrés, mal organisés durent capituler et furent faits prisonniers. Les conventionnels faisant preuve d’intransigeance prononcèrent environ 750 condamnations à mort. Les rois Louis XVIII et Charles X manifestèrent le désir de commémorer ces massacres par la construction d’un monument érigé dans une chapelle adjacente à l’église de l’ancien couvent de la chapelle d’Auray. C’est David d’Angers qui fut retenu pour réaliser l’ouvrage entre 1825 et 1829.

- dans le bulletin de l’Académie des Sciences, Agriculture, Arts et Belles-Lettres d’Aix, on relève une communication du professeur Hirotaka Ogura sur « Le Kabuki : un art dramatique né dans le peuple ». Ce contact étroit avec la salle se concrétise par le hanamichi ou chemin de fleurs. Il s’agit d’une passerelle surélevée qui mène au plateau en traversant le parterre perpendiculairement à la salle. Ce passage permet aux acteurs d’entrer et de sortir, mais elle permet aussi de présenter d’importants jeux de scène et de créer une symbiose entre la scène et la salle. Les vedettes s’arrêtent aux deux tiers de sa longueur pour exécuter en solo quelques morceaux de bravoure. Ce théâtre qui suscite une forte complicité entre la scène et la salle, donne du plaisir, suscite des sensations, provoque un enthousiasme immédiat, mais c’est en même temps un lieu d’enseignement esthétique et social. On entre au théâtre pour partager une expérience, pour communier avec les vedettes, au moment de leurs numéros, mais aussi pour apprendre à observer les comportements, la psychologie et les mœurs des personnages et à y réfléchir. Le kabuki a commencé à prendre sa forme actuelle dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, il a maintenant ses auteurs et ses acteurs professionnels qui présentent de vrais drames. Toutefois, ce théâtre populaire garde toujours sous forme d’allusions des traces de ses premières années. Toute pièce de kabuki est remplie de gestuelles à double entente qui sous-entendent le déroulement de l’action proprement dite, et le partage des sous-entendus déchiffrés dans les paroles et les jeux des personnages. Le kabuki est aujourd’hui régulièrement joué à l’étranger. Chaque tournée remporte de grands succès. Les pièces dramatiques sont souvent plus appréciées que les pièces chorégraphiques dont la beauté saute aux yeux, avec des costumes splendides et un maquillage frappant.


SÉANCE PUBLIQUE DU 20 JUIN 2014


	M. Jean-Claude Remy a ouvert la séance publique qui était organisée en commun par l’Académie et par la société d’Horticulture.

« Histoire de la Société d’Horticulture d’Angers et du département de Maine et Loire » par M. Jean-Louis de La Celle, président de la société d’horticulture du Maine et Loire.
	L’orateur a rappelé les principales dates de création de nos deux sociétés, 1685 pour l’académie d’Angers et 1761 pour le bureau d’agriculture, et l’ordonnance de 1828 du roi Charles X décidant de la fusion des deux entités sous le vocable de Société d’Agriculture, Sciences et Arts. Le but était de créer une école horticole, puis un jardin d’essai demandé par le président Chevreul à la municipalité. La société fut reconnue par une ordonnance du roi Louis-Philippe du 5 mai 1833. Le jardin du muséum d’une superficie de deux hectares longeait l’actuel boulevard du Roi René ; il fut loué pour 20 ans à la ville d’Angers. Toutes les variétés horticoles intéressantes étaient réunies là, et tous les 6 mois le bureau goûtait les fruits et regardait la végétation pour décider des cultures à éliminer et des plantations nouvelles à encourager. En 1838, fut créé un comice horticole en même temps qu’un bulletin fut publié. Le directeur du jardin était M. Millet de la Turtaudière. En 1843, le comice eut à faire face à un fort déficit qui sera apuré par la société d’agriculture. C’est en 1864 que la société d’horticulture désireuse d’obtenir son indépendance est créée par décision du préfet M. Bourlon de Rouvre ; le premier président en sera M. André Leroy qui démissionna très vite. Parmi les présidents, on peut citer M. Charles Détriché, le docteur Hébert de la Rousselière, M. Bernard Larcher. M. Jean-Louis de La Celle a été élu président en 1988.

	Le programme des séances est demeuré immuable depuis l’origine de la société, il porte en ouverture sur les procès-verbaux des réunions précédentes, la présentation de nouveaux végétaux, la synthèse de la presse spécialisée et le déroulement des prochaines sorties et voyages. En outre une communication est proposée aux participants. Quelques dates permettent de survoler les sujets d’intérêt de la société, en 1865, le soufrage contre l’oïdium de la vigne, en 1867, la fructification de l’aucuba, en 1868, l’identification du phylloxéra, en 1871, une commission est réunie pour la plantation des boulevards, en 1873, le phylloxéra apparaît en Anjou, en 1905, le début des chambres froides pour la conservation des fruits, en 1922, la création des jardins ouvriers, en 1925, la création d’un nouveau jardin rue Desmazières, en 1933, le concours des balcons fleuris, en 1943, la création d’un jardin d’essai de dahlias, en 1957, le concours des villages fleuris, en 1967, le projet d’aménagement de la vallée de l’Authion, en 1975, sera ouvert l’arboretum, en 1981, le feu bactérien, en 1993, le premier voyage en Hollande, en 1999, la transformation du jardin de l’arboretum, en 2002, la participation aux floralies d’Angers. La société possède une riche bibliothèque qui est augmentée régulièrement par des dons ; elle abrite de très beaux ouvrages. 
	Le 5 octobre 2014, la société d’horticulture fêtera son cent-cinquantième anniversaire au lycée du Fresne.


Extraits des débats 

	Le président a remercié M. de La Celle de sa présentation riche et documentée d’une des institutions les plus renommées de la province d’Anjou. Au cours du débat qui a suivi, sont intervenus :

M. Daniel Couturier : Comment se réalise la fécondation du figuier ?
R : Le figuier est fécondé par un insecte qui ne supporte pas nos climats. C’est la parthénogenèse qui permet en Anjou sa reproduction. Dans les faits, les mécanismes sont complexes et nos connaissances restent limitées dans le domaine de la reproduction des végétaux.
M. Jacques Besson : À quelle époque, la culture des poiriers s’est-elle développée en Anjou.,
R : la Belle angevine s’est développée à partir de 1828.
M. Luc Larget-Piet : Il semblerait que l’on assiste à une diminution des obtenteurs de roses en Anjou.
R : L’horticulture connaît une crise très importante en ce moment, les rosiéristes sont touchés comme les autres. Il y a actuellement de grandes maisons comme Delbard, mais aussi de petits rosiéristes comme M. Adam, ancien employé de la SNCF, qui opère de façon artisanale et est devenu un obtenteur de roses exceptionnelles.  
Mme du Jonchay : On dit que le prix des graines de séquoia est faramineux ?
R : Ce n’est pas une légende ; André Leroy le disait déjà dans ses ouvrages. On ne savait pas récolter les graines.
Mme Monique Astié : le ginkgo est le seul arbre qui ait résisté au bombardement d’Hiroshima.
R : c’est probablement l’arbre le plus ancien du monde ; il a survécu à tous les bouleversements climatiques. Il a été introduit en France vers 1810. Au jardin des plantes à Angers, les asiatiques viennent aujourd’hui ramasser ses graines qui ont des vertus médicinales. Il a été sélectionné des clones mâles pour les jardins des villes, car les ginkgos femelles développent une odeur épouvantable. 
M. Christian Brégeon : la recherche horticole a été pendant longtemps artisanale, à partir de quel moment a-t-elle pris un tour plus scientifique ?
R : C’est à partir de la création de l’INRA. La recherche est devenue très technique. Angers est devenu un grand centre pour l’étude des rosiers.
Mme Monique Astié : la classification des plantes est fondée maintenant sur les acides mono-nucléiques.
R : Nous essayons de respecter les noms latins pour les appellations. C’est le latin ou Babel. Tous nos sociétaires connaissent les noms latins  

	Le président a cédé ensuite la parole à Mme Astié et à Mme Verry pour évoquer la figure de Mme Germaine Debraux et rendre ainsi hommage à cette grande scientifique.

« Les aquarelles de Germaine Debraux » par Mme Monique Astié et par Mme Élisabeth Verry.
	En guise d’introduction à la présentation des œuvres de Mme Debraux qui ont été déposées aux Archives départementales, Mme Verry a donné un aperçu de la vie de l’auteur. Née en 1904, elle fut d’abord institutrice avant de passer un diplôme de sciences naturelles. Elle se lança ensuite dans la recherche pratique au laboratoire de biologie du Bouchet, tout en poursuivant ses études théoriques. Elle fut nommée successivement assistante à la faculté des sciences de Poitiers, chargée de cours à Tours, et maître de conférences à Nantes. En 1962, elle devient titulaire de la chaire de botanique générale à Nantes et le restera jusqu’en 1974. Elle se retira ensuite à Angers pour prendre sa retraite auprès de Mme Astié. Elle se mit à dessiner et se découvrit une passion pour la représentation des plantes. Cette œuvre qui a été exposée à plusieurs reprises, a fait l’objet d’un don aux archives départementales en 2012.

Mme Monique Astié a assuré la présentation de quelques-unes de ces aquarelles qui donnent à voir des fleurs sauvages. Ce seront des jonquilles, des coquelicots, des pavots, des daturas, des physalis, des giroflées, des sauges de Jérusalem, des mûriers des haies, et l’herbe aux femmes battues. Comme l’a souligné le président, la vision de cet ensemble d’une très grande qualité a été particulièrement appréciée de l’assistance. C’était une bonne façon de terminer le premier semestre des activités académiques qui reprendront le 26 septembre, à 15h, en l’hôtel de Livois, autour du thème « 1914, la victoire en chantant ». 




Carnet de l’Académie

DÉcÈs : 
Nous avons appris le décès de M. Jean Favier, membre d’honneur depuis 2001. L’Académie, qui était représentée à ses obsèques jeudi 4 septembre par Mme Elisabeth du Reau, exprime sa vive sympathie à sa famille. 
L’académie a aussi perdu un membre associé, Louis Maucourt, élu en 1991, auteur de plusieurs monographies sur des communes du nord d’Angers, Soucelles, Tiercé, Seiches sur le Loir, Briollay. Que les siens trouvent ici l’expression des condoléances de ses confrères.

Prochaines communications
Vendredi 24 octobre 2014
15h00 : Séance privée
16h00 : Séance publique
Réception de nouveaux membres titulaires : M. Daniel Gruau et M. Philippe Pichot-Bravard
- Éloge de M. Guy Lamaison  
- «La Ranloue : un logis du XVIe siècle, médiathèque de Saint-Barthélemy d’Anjou» par M. Daniel Gruau 
- Éloge de M. René Combres 
- « La genèse de l’État de droit en France » par M. Philippe Pichot-Bravard
Vendredi 14 novembre 2014
16h00 : Séance publique
Réception de nouveaux membres titulaires : Mme Margreet Dieleman et M. Joseph Giboin
- Éloge de Mme Simone Béguier
- « Itinéraires et histoire(s) : les cartes Michelin de 1910 à 1960. » par Mme Margreet Dieleman
- Éloge de M. Jacques Chopin
- «Le concept de logement, ambiguïté et complexité » par M. Joseph Giboin 


RÉunion de Sections 
Sciences Économiques et Sociétales 
Vendredi 12 septembre, de 14h00 à 15h30 (salle 201)
Vendredi 17 octobre, de 14h00 à 15h45 (salle 201)
Vendredi 07 novembre, de 14h00 à 15h45 (salle 201)

Histoire
Vendredi 17 octobre, à 15h00 (bibliothèque)
La présence de tous ceux qui interviendront dans le cadre des séances consacrées au centenaire de la Grande Guerre (en novembre 2014 et en 2015) est vivement souhaitée. Cette réunion permettra de décider ensemble du programme de la section pour les prochains mois.



Olivier d’Ambrières 
Secrétaire Général

Directeur de la Publication : Jean-Claude REMY.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal septembre 2014							      Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
Site Web : www.academie-dangers.com
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