Rencontre inter académique

Région Nord-ouest





Ouverture de la journée par M. Jean-Claude Remy, président de l’Académie d’Angers.


Devant une quarantaine de participants, M. Jean-Claude Remy a rappelé que cette rencontre avait pour objet d’approfondir les liens confraternels entre les académies de l’Ouest. Le thème d’étude choisi pour cette réunion porte sur « l’année 1944, telle que vécue dans l’Ouest ». Il a salué, en ouverture de séance, la présence de M. Marcel Moulan, conseiller municipal à la culture scientifique et à la francophonie qui représente le Maire d’Angers, et les délégués des académies de Caen, de La Rochelle, et de Touraine. Il a remis à chacun d’eux la médaille commémorative du tricentenaire de l’Académie.

Le président a donné ensuite un rapide aperçu de l’histoire de la compagnie depuis 1685, date de remise par le roi Louis XIV des lettres patentes qui concrétisaient sa fondation. Elle comprenait à l’époque 30 membres et a fonctionné jusqu’à sa dissolution par la Convention. Après diverses tentatives de reconstitution, elle va renaître au XIXe siècle sous la dénomination de « Société d’agriculture, des lettres et des arts ». L’académie d’Angers comprend aujourd’hui 300 membres, dont 60 titulaires, et se réunit à raison de deux séances par mois. Les travaux sont menés, de préférence, dans les différentes sections (Lettres, Sciences, Arts, Histoire, Sciences humaines et sociales, Sciences économiques et sociétales), ce qui n’exclut pas les recherches individuelles. Les communications sont présentées par les membres de notre compagnie, à l’exception des colloques au cours desquels il peut être fait appel à des intervenants extérieurs.

M. Jean-Claude Remy a ensuite donné la parole au premier conférencier, le professeur Élisabeth du Réau.


I- «La libération d’Angers vue par des historiens et des témoins, soixante-dix ans plus tard : quelles problématiques et quelles approches contemporaines » par le Élisabeth du Réau.

Dans son exposé, Mme du Réau a rappelé les vives tensions entre les protagonistes, qu’il s’agisse du général de Gaulle et du président Roosevelt, des Anglais et des Américains, du général de Gaulle et du général Eisenhower. Les controverses ont porté également sur le plan de bombardements massifs, sur l’instauration d’une administration américaine provisoire en France, sur la présence en France du général de Gaulle. Eisenhower a néanmoins salué l’action des Forces Françaises de l’Intérieur qui ont apporté un réel appui par les informations transmises sur la situation en Normandie. Au même moment des négociations financières furent menées avec le secrétaire d’État américain par Jean Monnet et la France fut représentée à la conférence de Bretton Woods par Pierre Mendès-France.

Parmi les enjeux du retour à la légalité, figure la décision prise à Alger en janvier 1944, de nommer des commissaires régionaux de la République ayant pouvoir sur les préfets des départements ; il s’agissait de reprendre en main les autorités locales. Parallèlement étaient mis en place des Comités Départementaux de Libération représentant les forces politiques.

C’est dans ce mouvement d’ensemble que se situe la libération d’Angers le 10 août 1944, après une intense préparation des alliés dont l’épisode le plus douloureux fut le bombardement très meurtrier de la Pentecôte.


La communication de Mme du Réau a été complétée par la présentation d’un film sur la Libération d’Angers. Mme Élisabeth Verry, directeur des archives départementales du Maine et Loire, a précisé que les images avaient été tournées au cours de la bataille par le service de communication de l’armée américaine.


II- Académie des Belles Lettres, Sciences et Arts de La Rochelle.

M. Jean Flouret, président, a donné quelques indications sur l’Académie de La Rochelle qui a été fondée en 1732, grâce à l’intervention du prince de Conti. Il s’agissait d’une académie royale des belles lettres, ce qui excluait les sciences, les arts et les questions religieuses. Elle comprenait à l’origine 15 membres nommés par le Roi, se répartissant pour moitié entre juristes et ecclésiastiques. Vers 1785, l’effectif atteignait 30 membres ; elle avait étendu à ce moment-là ses champs de recherche aux disciplines scientifiques. En 1790, ses biens furent confisqués et elle dut arrêter ses activités. Des essais de reconstitution furent tentés au XIXe siècle sur fond de rivalités. C’est en 1854, que fut décidé un regroupement des sociétés savantes locales dédiées à la littérature, à l’agriculture, aux sciences naturelles et à la médecine ; une séance annuelle rassemblait tous les participants de ces entités. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la compagnie a repris ses activités et compte actuellement 26 membres. Bénéficiant d’un soutien de la ville, elle donne des conférences ouvertes à l’association des amis de l’Académie. Le principal problème  réside dans la difficulté de recruter de nouveaux confrères pour assurer la continuité de l’institution.



«La situation particulière de La Rochelle en 1944 » par le professeur Christiane Gachignard.

Le département de la Charente Maritime a été libéré le 2 septembre 1944, à l’exception de Royan et de la Rochelle, en raison de l’existence de la base des sous-marins de La Pallice que les Allemands voulaient conserver. Dès le 27 juin 1940, date de l’occupation, la côte était devenue une zone interdite et, en 1941, avait commencé la construction du mur de l’Atlantique qui devait assurer la protection de la base. Des réseaux de résistance vont se constituer, notamment «Honneur et Patrie» qui sera décimé à la fin de 1943 ; ils recueillaient des renseignements sur l’ennemi. Les maquis seront rares en raison de l’absence de régions boisées. Au moment du 6 juin 1944, la Résistance, anéantie par les arrestations, se trouve en pleine réorganisation. Une partie des habitants de la Rochelle touchés par les difficultés de ravitaillement, les coupures d’électricité, les informations contradictoires, les bombardements sur les quartiers périphériques et la crainte des combats va se disperser dans les campagnes environnantes. La Rochelle va former une poche de résistance de l’occupant qui est différente des autres ; elle va présenter la particularité de conserver une population civile importante et de rester intacte jusqu’à la fin des hostilités. Un modus vivendi avait été négocié avec l’occupant. Le maintien d’un certain statu quo fit comprendre assez vite que la situation de siège allait perdurer.

Dès le 3 août, Hitler demanda à son état-major de lui indiquer les ports qui ne pouvaient pas être abandonnés, La Rochelle et la Pallice rentraient dans cette catégorie. La Gestapo quitta la ville et les derniers convois de déportés partirent les 12 et 15 août. Ordre fut donné, le 20 août, à la 1ère armée de se replier, des troupes venant de Bretagne se réfugièrent dans la forteresse. La poche était constituée de la ville de La Rochelle, de la base sous-marine de La Pallice, de l’île de Ré et de la majeure partie de l’île d’Oléron. Le dispositif de défense comprenait deux lignes, dont l’une était minée et doublée d’un profond fossé antichar ; un imposant ensemble de pièces d’artillerie complétait le système de protection.

Le contre-amiral Schirlitz qui avait autorité sur la côte, de Saint Nazaire à la Bidassoa, fut nommé à la tête de la place. Dans l’ensemble de la poche, l’armée allemande disposait d’un effectif important qui a varié de 16 000 à 24 000 hommes. Cet ensemble était composite, il comprenait des équipages de sous-mariniers, des étrangers (tchèques, polonais, italiens), et des jeunes du STO. Leur armement  solide incluait de l’artillerie lourde (environ 200 pièces d’artillerie fixes ou mobiles d’un calibre supérieur à 75, 100 canons fixes affectés à la défense du littoral et autant pour la défense aérienne), des chars, des avions de chasse, deux trains blindés. Des renseignements sur la situation dans le département leur étaient communiqués par des réseaux de collaborateurs. L’amiral veillait à assurer la cohésion des troupes et à maintenir leur moral par des activités sportives journalières et par un entraînement militaire. Des activités culturelles étaient proposées, notamment un journal de bord, des informations en provenance d’Allemagne et des représentations musicales.


Les troupes d’encerclement qui représentaient environ 10 000 hommes venaient des maquis des départements voisins et de ceux du sud-ouest et du centre ; leur équipement constitué des armes recueillies au cours des opérations de parachutages était très disparate. Le colonel Adeline, qui était à la tête de l’armée secrète de Dordogne, avait pris le commandement de l’ensemble. Il constituait les Forces Françaises du Sud-Ouest qui deviendront ensuite le détachement de l’armée de l’Atlantique dirigé par le général de Larminat. La situation était très disproportionnée entre ces forces et les troupes d’occupation. C’est pourquoi il est apparu souhaitable de rechercher un contact avec les Allemands. Il fallait prévenir les représailles qui pourraient se produire en ville, si des incidents survenaient. Le capitaine de frégate Meyer, adjoint du colonel Adeline s’employa à établir une liaison avec les officiers allemands. Il demanda une entrevue avec le contre-amiral Schirlitz. Il fallait cependant auparavant faire reconnaître les forces françaises de l’Intérieur comme une armée régulière, ce qui n’allait pas de soi pour les Allemands. Les FFI portant un brassard sur la manche seront considérés comme des combattants ; Ils remplissaient ainsi les conditions pour être traités comme prisonniers de guerre en cas de capture. Les négociations aboutirent à une convention qui fut signée par l’amiral le 17 octobre et par le général Adeline, le 18 octobre ; l’entrée en vigueur était prévue pour le 20 octobre. Tous les pourparlers furent menés par le commandant Meyer, et l’accord fut signé sans que Schirlitz et Adeline se soient rencontrés. Le document fixait des lignes de stabilisation et un no man’s land ; il ne fut pas reconnu par de Gaulle qui ne voulait pas d’armistice sur le plan local. Le général de Larminat ignora également cette convention.

L’arrangement n’empêchait pas les bataillons FFI de poursuivre le siège de la forteresse et de résister aux raids des Allemands qui cherchaient à s’approvisionner dans la région. Il s’était constitué également à l’intérieur de la forteresse des groupes de résistants qui menaient des actions de renseignement ; ils cherchaient en même temps à démoraliser les Allemands pour les inciter à la désertion et à influencer les étrangers qui étaient dans leurs rangs. Faisaient partie de ces réseaux des gendarmes, des pompiers, des agents de la Défense Passive, des scouts et des employés de la SNCF. Ils réussirent à construire deux chars à partir de châssis. La population civile qui était restée dans la ville ne pouvait pas être évacuée. Il se posait pour elle le problème du ravitaillement, la municipalité fut aidée pour y subvenir par des délégués suédois et par la Croix Rouge. Une partie des vivres fut acheminée par bateau à l’intérieur de l’arsenal. En avril 1945, le général de Larminat fit parvenir un ultimatum au contre-amiral Schirlitz précisant que si les installations portuaires et urbaines étaient préservées, la garnison allemande pourrait bénéficier d’une certaine mansuétude. Le 7 mai, la reddition fut négociée avec les Allemands qui s’étaient rendus à la table des pourparlers, en portant un drapeau blanc. Les troupes françaises en uniforme purent enfin entrer dans la ville.

Huit mois de siège avaient été nécessaires avant la libération de La Rochelle. À certains moments, tout pouvait basculer. Les forces d’occupation ont réussi de leur côté à tenir en perdant environ 500 hommes.



III- Réception dans le salon d’honneur de l’hôtel de ville  par M. Marcel Moulan, conseiller municipal à la culture scientifique et à la francophonie, qui a exprimé tout l’intérêt que porte la municipalité à la ville culturelle de l’agglomération.


IV- Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen.

M. Laspougeas a rappelé que l’académie de Caen était née en 1702. Elle compte aujourd’hui 45 membres titulaires et des membres associés. À ses côtés, la société des amis de l’Académie constitue un vivier pour l’élection de nouveaux membres.

Avant de présenter une communication sur la bataille de Troarn, M. Laspougeas a tenté de montrer quel était l’état d’esprit des Normands au moment de la Libération et de préciser l’historique des commémorations du débarquement. En juin 1944, la population a été heureuse d’être délivrée de l’occupant, mais elle aurait préféré que les opérations militaires se déroulent ailleurs. C’est en 1984, à l’initiative du président Mitterrand qu’eurent lieu les premières cérémonies du souvenir.

Par la suite, les conseils régionaux ont renouvelé les célébrations. Ultérieurement, sont venus participer les vétérans, les fils de vétérans, les représentants des pays alliés, puis ceux de l’ensemble des pays belligérants dont l’Allemagne.


« La bataille de Troarn dans la bataille de Normandie : un fiasco anglais » par le professeur Jean Laspougeas.

Parmi les combats de juin 1944, la bataille de Troarn fut l’une des plus acharnées et des plus meurtrières; elle avait pour objectif de permettre une percée dans la plaine de Caen. Aux premières heures du 6 juin, les parachutistes de la 6th airbone division ont été largués pour détruire plusieurs ponts sur la Dives et la Divette et prévenir ainsi les contre-attaques allemandes. Le temps était mauvais, et les parachutistes se posèrent à Troarn sur des terrains difficiles et des marais inondés ; ils ont perdu au cours des opérations de largage une partie de leur matériel. Sous la direction du major Tim Roseveare, une équipe de sapeurs est parvenue à endommager le pont de Troarn, une arche est détruite, puis une seconde. Cette attaque a pu être réalisée, alors que les Allemands tenaient Troarn ; ils vont très vite réparer le pont et faire venir des renforts considérables. Les Anglais, de leur côté, ont réussi à constituer une petite poche mais sans parvenir à prendre Troarn. Le maréchal Montgomery va donner cinq fois l’ordre de s’emparer de la ville. Compte tenu de la permanence des bombardements, de la violence des affrontements et de la présence des chars et des équipements lourds, les Allemands exigèrent le retrait de la population civile de la cité, ce qui fut providentiel pour elle. Le 6 juillet, un mois après le début des hostilités, les Anglais n’ont toujours pas réussi à conquérir Troarn.

Dans leurs plans initiaux, les Américains avaient sous-estimé la capacité de résistance des Allemands dans les plaines de Basse-Normandie ; ceux-ci avaient organisé cinq lignes de défense. Le 18 juillet, les Anglais sont entrés dans Troarn, puis durent se retirer. Le 19 juillet, nouvelle entrée et nouveau recul. Le 20 juillet, nouvelle offensive, les assaillants s’étaient enterrés, mais le secteur restait imprenable. Le 10 août, Caen fut libéré, mais les Allemands continuaient avec leur artillerie lourde de pilonner la ville à partir de Troarn, des hauteurs ils menaient une guerre de position. Après 73 jours de bataille, la localité va enfin tomber le 17 août.



V- Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Touraine.

C’est en 1761 que l’Académie a été constituée, avec comme objectif d’améliorer les conditions d’exploitation des terres dans la généralité de Tours sous l’impulsion du marquis de Turbilly. Mise en sommeil en 1792, reconstituée de façon fugitive, elle va faire l’objet d’une réorganisation en 1988. Elle compte aujourd'hui des membres résidents et des membres non-résidents et a parrainé une société des amis de l’Académie. Dirigée par un bureau composé de huit membres, elle publie des mémoires annuels. Elle a participé en 2010 à une rencontre avec des académies du Centre.



« L’année 1944 vécue en Touraine » communication de M. Éric Alary exposée par M. Jean-Marc Couderc. 

L’année 1944 s’est présentée en Touraine sous un jour très défavorable. Les restrictions étaient multiples, l’économie était exsangue. Les rations alimentaires étaient tombées à 1 000 calories, sucre, pain, café, matières grasses manquaient. Les citadins souffraient cruellement. Les autorités locales devaient faire face aux débordements de la population et à l’action des collaborateurs. En outre les bombardements furent très mal vécus, notamment ceux du 20 mai sur Saint Pierre des Corps qui avait fait 127 morts et 400 blessés, de même que celui du terrain d’aviation et ceux des voies ferrées. Ce sont les raids américains qui suscitèrent les plus grandes interrogations. L’occupant était inquiet, les arrestations s’étaient multipliées à Tours et à Chinon. Des armes avaient été parachutées pour équiper les maquis dont certains se livrèrent à des actions criminelles.

C’est dans ces circonstances qu’eut lieu le massacre par les Allemands de Maillé, le 25 août 1944. Il a fait 125 victimes sur une population de 600 habitants ; on a dénombré parmi les morts 40 hommes, 42 femmes et 44 enfants de moins de 14 ans. Ils ont été tués directement par l’occupant, parfois à la baïonnette ; il fallait punir les terroristes et leurs assistants. Cette action avait été menée en réaction aux opérations de la résistance locale, notamment les sabotages de la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux.

Le village a été reconstruit à l’identique après la guerre ; tous les bâtiments ont retrouvé le même ordonnancement. Le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy, s’est rendu à Maillé le 25 août 2008 pour commémorer la tuerie.

C’est à partir du 15 septembre que les Allemands commencèrent à abandonner Tours qui sera libéré le 25 septembre. M. Jean Meunier, désigné comme maire, s’employa à rétablir le calme, en faisant notamment arrêter la tonte de femmes. Comme dans les autres cités de la région, le ravitaillement et le logement furent les deux problèmes majeurs qui se posèrent à la population. Les Américains livrèrent certaines ressources qui faisaient défaut, notamment des médicaments comme la pénicilline.



Extraits des débats


Le président a remercié une nouvelle fois les différents intervenants pour la qualité de leurs communications qui avaient trait à un thème unique « l’année 1944, telle qu’elle a été vécue dans l’Ouest ». Il a exprimé le désir que le texte des conférences soit réuni pour être adjoint au livre des Mémoires 2014. Il a ensuite ouvert le débat.


M. Bernard Riche habitait à côté de Troarn en 1944 ; il était au collège à Dives dans le voisinage du château de Vendeuvre. Il se souvient d’un aviateur anglais avec un fusil, le pouce dressé voulant dire « tout va bien ». Le collège fut évacué et il prit sa bicyclette pour parcourir les 30 Kms qui le séparaient de la maison de son père, commandant d’une brigade de gendarmerie. Des avions passaient à basse altitude pour mitrailler, il fallait donc se jeter dans les fossés. Un car rempli de parachutistes avec leur béret rouge le dépassa, un peu plus tard un side-car allemand traversa le secteur et il fut interrogé pour savoir s’il n’avait pas de tract de la RAF dans son bagage. Arrivé chez ses parents, il fallut se réfugier dans la cave avant de quitter le village. Pendant ce temps, la ligne de front s’était trouvée stabilisée, les Allemands montaient en ligne et les bombardements continuaient. Une forteresse volante fut touchée, et on pût voir 7 parachutistes s’en détacher. C’est à la fin du mois d’août qu’il fut possible de revenir dans les habitations.


M. Claude-Serge Guillemain qui était à l’époque à Châteauroux se souvient du bombardement de Saint Pierre des Corps à 80 Kms de distance ; la terre tremblait. De nombreuses exactions furent perpétrées dans la ville ; dans les forces d’occupation on pouvait dénombrer des indiens et des troupes supplétives venant du Caucase. Ils avaient peur des maquisards. La colonne Eisler, partie à pied de Dax, avançait jour après jour harcelée par les résistants. Elle négocia sa reddition à la sous-préfecture d’Issoudun et alla se rendre aux Américains à Beaugency.


M. Serge Le Pottier  qui a été affecté pendant trois années dans l’arme du génie aux États-Unis, a souligné les divergences existant entre les Américains et les Anglais au sujet des bombardements. En 1943, les Britanniques étaient favorables à l’emploi des bombardements, mais, en 1944, les Américains furent les plus enclins à en faire usage.


M. Christian Brégeon se rappelle que dans son village natal angevin, les habitants vivaient dans la crainte d’une extermination. La population avait quitté les habitations pour se disperser dans la campagne.


M. Jean-Claude Remy s’est réjoui de cette première rencontre entre les académies de l’Ouest qui est venue après celles qui avaient déjà eu lieu dans le Nord, l’Est, le Sud, et Sud-Est. Il a considéré qu’il serait souhaitable de renouveler chaque année cette expérience. L’académie de Caen s’est montrée ouverte pour prendre en charge une semblable réunion en 2015, sous réserve de l’accord de son conseil d’administration.


   

Samedi 14 juin  2014

à l’académie d’Angers

Compte rendu de

« L’année 1944 telle que vécue dans l’ouest »

Retour à l’accueil