BULLETIN OCTOBRE 2018

 

Cotisations
Le trésorier remercie les consoeurs et confrères qui ont acquitté leur cotisation. Il rappelle aux autres membres, titulaires et associés, que la cotisation doit être versée avant le 31 mars.


L’Académie tiendra séance les :



Vendredi 09 novembre 2018
Hôtel de Livois



                                                                                            16h00
Séance publique



- « Gaston Leroux et la Presse » par M. Christian Robin 

- « Le général Haxo (1774-1838) un successeur de Vauban» par M. Yannick Guillou







Vendredi 23 novembre 2018
Archives départementales
                                                                                    106 rue de Frémur
                                                                                                        49000 Angers



A partir de 9h00
                                                                Colloque organisé par la Section Histoire 
Thème : « La grande guerre »

Carton d’invitation et programme envoyés par voie postale





SÉANCES DU 28 SEPTEMBRE 2018

Sont prÉsents 
M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Yves BARTHET, M. Jean-Pierre BOIS, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Lionel COUPRIS, M. Daniel COUTURIER, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Joseph GIBOIN, M. Daniel GRUAU, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, M. Luc LARGET-PIET, M. Serge LE POTTIER, M. Gérard LESAGE, M. Jacques MAILLARD, M. Guy MASSIN-LE GOFF, M. Jacques MAUREAU, M. Philippe PICHOT-BRAVARD, M. Serge QUENTIN, Mme Joëlle REMY, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, M. Alain SAULNIER, M. François-Michel SOULARD, Mme Elisabeth VERRY.   membres titulaires

M. René COMBRES,   membre EMERITE
M. Michel VAISSIER,   membre HONORAIRE

M. Jean-Louis BEAU, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Philippe BONEF, M. Dominique CHARBONNEL, M. Raphaël COURANT, M. Michel DANIN, M. Jean Paul DARDUN, M. Augustin de BÉTHUNE HESDIGNEUL, M. Philippe de FRESNAY, M. Joël DRÉAN, M. Yves DURAND, M. Paul FALLET, M. Alain FOUGERAY, M. Charles FOUSSARD, M. Daniel GARANDEAU, M. Michel GARREAU de LABARRE,  M. Rémy GERNIGON, M. Jean GRELON, M. Michel GUILLANEUF, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Yannick GUILLOU, M. Marcel KEIFLIN, Mme Denise LAMAISON, M. Alain LEFEBVRE, M. Jean MORLONG, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Jean-Claude PAVION, M. Michel PENNEAU, Mme Françoise PLESSIS, M. Scévole POCQUET de LIVONNIÈRE, M. Dominique RICHARD, M. Jacques RICHOU, M. Jean ROBERT, M. Philippe ROCQUET, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Luc SIMON, M. Désiré Eugène SOUILLARD, M. Rémi THUAU, M. Jean-Régis VECHAMBRE,   membres associÉs.

S’Étaient fait excusér :
M. Georges CESBRON, Mme Élisabeth du RÉau, Mme Josette FOURNIER, M. Jean HLADIK, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, Mme Catherine LESSEUR, M. Pierre SCHMITT, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Jacques THOMAS,   membres titulaires. 

M. Georges TIRAULT,   membre EMERITE

M. Max BARAT, M. Michel BERNARDIN, M. Daniel BLOUIN, M. Roger BOISSEAU, M. Gilles BOURDOULEIX, Mme Laurence CHARVOZ, M. Benoît DELTOMBE, M. Jean-Louis GIARD, M. Robert GUIDOUIN, M. Michel LAVÉDRINE, M. Denis LEIBER, M. Roger MASSÉ, Mme Sylvette ROBSON, M. Henrik SCHMIEGELOW, Mme Michèle SCHMIEGELOW, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, M. Guy TRIGALOT, Mme Marie-Claire VIAU-BLOUIN, M. Michel VILLEDEY,   membres associÉs. 


SÉANCE PRIVEE DU 28 SEPTEMBRE 2018

	En cette journée de rentrée académique, l’assemblée fut nombreuse et prit davantage de temps à s’installer, tant les discussions de retrouvailles étaient fournies comme il se doit en une pareille journée. Chaque académicien arborant sa médaille, le président prit la parole. Il annonça le décès de Pierre, vicomte de Longuemar, membre associé de notre Académie depuis 2006, ancien directeur de la BNP Paribas et président-fondateur de l’association pour l’histoire de cette même banque.

	L’Académie observe quelques changements. Le professeur Henri Legoherel, recteur d’académies honoraire, est nommé membre honoraire de notre Académie. Son fauteuil de titulaire (21) est donc vacant, tout comme celui de M. Claude Ferrant (31) décédé en avril dernier. M. Jean-Pierre Chauveau et le capitaine de vaisseau Arnaud de La Mettrie ont quant à eux, présenté leurs démissions.


	Le président se réjouit ensuite d’un fait exceptionnel : M. Alain Fougeray, membre associé, fait un don de 900€ destiné à l’aide aux publications de l’Académie. Il fait également don d’une importante somme d’archives originales et uniques dont il est l’auteur, composées de quelques mille huit cents planches représentant des uniformes de l’armée depuis 1792. Celles-ci seront complétées par la période de 1640 à 1792 où les uniformes tendent à se répandre et à s’unifier. Le président le remercie chaleureusement de sa générosité, et les membres présents l’applaudissent !

	Le président revient ensuite sur la Conférence Nationale des Académies qui aura lieu en Alsace du 3 au 5 octobre et à laquelle il ne pourra se rendre. Notre Académie y sera représentée par maître Pierre Bouvet.

	En ce qui concerne l’agenda de l’Académie, la séance du 12 octobre aura lieu exceptionnellement à 15h. M. Tugdual de Langlais sera reçu en tant que membre correspondant, et le « Prix de la Vocation » sera remis en présence de représentants du Conseil Départemental. La cérémonie sera suivie de la communication de Mme Lise Rodriguez « Musique et Yoga, la quête du juste ».

	Le samedi 13 octobre, nous fêterons l’Académie. À l’invitation du Président du Bureau et du Conseil d’Administration de l’Académie, ses membres sont conviés à une réception en l’Hôtel de Livois, de 15 heures à 18 heures. Un hommage sera rendu aux membres du Conseil d’Administration qui l’ont quitté en février 2018. Suivront récits, souvenirs et projection de film sur le voyage de l’Académie en Grèce en avril 2018. À cette occasion une plaquette sera remise aux participants de ce voyage.

	Le professeur Jean-Pierre Bois, président de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts d’Angers, a reçu le 20 septembre le prix de l’Ordre La Fayette pour son livre La Fayette, paru chez Perrin en 2015, et recevra le 6 décembre le Grand-Prix de l’Académie Française (biographies historiques) pour son ouvrage L’Abbé de Saint-Pierre, entre classicisme et Lumières, Champvallon, 2017. S’il ne s’en est pas félicité, l’assemblée présente s’en est chargée avec joie !

	Le président nous signale la sortie du livre de notre confrère M. Luc Simon, Mille et un châteaux du Maine-et-Loire dans les années 1900, Le Petit-Pavé, 2018, écrit et illustré à partir d’une impressionnante collection de cartes postales d’époque.

	M. Daniel Couturier prend ensuite la parole pour nous présenter en quelques mots quatre ouvrages de notre confrère M. Jean-Louis Giard, tous parus en 2017 aux éditions 4 chemins : Puisatier, Ou la vraie passion d’un sourcier ; Le jour du cochon, Mémoire d’une tradition ; Pêcheur, Au pays des rascasses ; Paroles de pastresse, Une bergère se raconte. Pour les expliquer, il revient brièvement sur la biographie de notre auteur qui officia à la Radio Saumur dans les années 80, et se vit confier une animation quotidienne relatant les évènements culturels de la région, interviewant des personnalités locales, et qui connut un franc succès. Il acquit alors la conviction de l’importance de la valorisation et de la conservation de la mémoire des gens du terroir sous toutes ses formes. Il perfectionna sa formation radio auprès d’anciens de l’ORTF par la suite, et rencontra un jour Joël Goncet, imprimeur, éditeur et papetier à Baras dans les Alpes de Haute Provence. Celui-ci l’embaucha immédiatement pour la création d’une collection de « livres lus », de récits de voyage et de documentations concernant le monde rural, sur support audio. Il accumula des heures de témoignages et de récits. En 2016, il décidât de retranscrire sur papier ces témoignages oraux : instant parmi les instants de la vie, récits à la fois précis et allusifs laissant transparaître l’identité de l’homme à la terre.




SÉANCE PUBLIQUE DU 28 SEPTEMBRE 2018

La séance s’ouvre sur la réception de deux nouveaux membres associés, M. Pierre-Louis Boyer, vice-doyen de la faculté de droit de l’Université Catholique de l’Ouest, ainsi que le général d’armée Jean-Régis Véchambre, ancien inspecteur général des armées – gendarmerie.

- « Les péages de Loire » par M. Jean-Louis Beau

	Dans une étude sur les villages de bords de Loire, c’est tout naturellement que notre confrère Jean-Louis Beau a été confronté aux fameux péages qui parsemaient notre fleuve royal. Instaurés entre le Moyen Âge et la Révolution, notre confrère se focalisera plus spécifiquement sur ceux établis entre Saint-Florent-le-Vieil et Angers.
Le péage consistait en un droit levé sur la marchandise ou sur le bateau lui-même, pour pouvoir emprunter une voie de communication. Ils existaient déjà sous l’empire romain, puis furent remplacés par les péages seigneuriaux dès le VIe siècle et se multiplieront du IXe au XVe siècle, en une multitude de formes différentes.
Le « fief justicier » donnait au seigneur un « droit aux péages établis de toute éternité selon la Coutume, mais pas d’en créer de nouveaux ». Cependant, dans les périodes troublées comme la Guerre de Cent Ans, il s’en est créé régulièrement de nouveaux, pour la plupart injustifiés et illicites. Mais ils finissaient la plupart du temps par être officialisés et légalisés à travers la pratique ou la « coutume ». Leur nombre, leur nom, ainsi que leur variété n’ont été limités que par l’imagination fertile des seigneurs locaux.
Le pouvoir royal dans sa logique de « centralisation » scellera des édits à peu près tous les cinquante ans pour tenter de supprimer cette multiplication anarchique. On y invoquait le non-respect et le balisage de la voie d’eau, on y imposait l’affichage et la publicité des tarifs, on y décriait les abus et exactions… Notre confrère prendra l’exemple de Jean de Craon, chevalier, Seigneur de la Suze et de Champtocé, aïeul de Gilles de Montmorency-Laval ou Gilles de Rais, auquel les marchands intentèrent un procès devant le Parlement de Paris. En effet, celui-ci exigeait qu’ils viennent payer les droits de péage au château de Champtocé, qui se trouvait bien loin du fleuve ; de plus, ses hommes vigoureux invoquaient régulièrement un « droit de naufrage » qui voulait que lorsqu’un bateau coulait, les marchandises reviennent au seigneur du lieu… Les marchands eurent gain de cause en 1448, après trente-six années de procès, et par arrêt du Parlement de Paris, ils obtinrent de renseigner la qualité et la quantité des marchandises sous simple serment ; de même que l’abolition du « droit de naufrage » et le déplacement du lieu de perception du péage de Champtocé à Ingrandes, sur le bord de la Loire. Enfin, en 1631, les péages seigneuriaux seront supprimés sur la Loire par rachat du pouvoir royal.
Un autre droit, le « droit de boëte » a également été perçu au profit des communautés de marchands pour l’entretien des voies navigables. Il représentait un pourcent de la valeur des marchandises et fut supprimé en 1764 alors que dès 1679, Colbert avait déjà créé un corps centralisé d’ingénieurs des « turcies et levées »…
La « Cloison d’Angers » fut, elle, créée vers 1367 suite à un accord entre Louis Ier d’Anjou et les marchands de Loire pour financer les fortifications de la ville d’Angers. Prévu pour dix années, cette taxe subsistera jusqu’à la Révolution.
Le « Trépas de Loire », qu’on payait en passant d’une province à une autre, fut créé en 1369 et consistait en un droit exceptionnel, qui devint permanent en 1399, puis subsistât lui aussi jusqu’à la Révolution.
À ceux-là s’ajoutaient les « droits de traite », qui consistaient en des taxes sur la circulation des marchandises : en Anjou, on observait la « traite d’Anjou » sur le vin ou la « traite foraine d’Anjou », etc. Le roi Henri IV instaura la « nouvelle imposition d’Anjou » qui servaient à subvenir aux financements des sièges de Craon et de La Rochelle contre les ligueurs.
Un édit de Colbert de 1664 tentera de supprimer les quatorze lieux de péages qui s’échelonnaient entre Angers et Ancenis, pour les intégrer dans un « droit des traites » qui consistait en une unification, une simplification, une fluidification et une diminution du prix de ceux-ci, préfigurant les droits de douane actuels. Dans la réalité, on en observe une disparition chaotique comme nous l’avons vu avec la survivance du trépas de Loire, des droits de cloison et de boëte jusque tard dans le XVIIIe siècle. En 1790, ils seront finalement tous supprimés au nom du droit de libre circulation. Mais en 1802 on découvre les « octrois » qui disparaîtront totalement en 1948. Quant aux redevances fluviales, elles ont toujours cours aujourd’hui.
Cette communication engendrera diverses interventions notamment celle du professeur Jacques Maillard qui ajouta plusieurs informations intéressantes, celui-ci ayant publié notamment un ouvrage sur le pouvoir municipal à Angers, touchant ainsi à la question de la « cloison d’Angers ».

- « Le Grand Opéra à Paris au XIXe siècle : convergences européennes » par M. Charles Foussard 

La lumière baisse, les trois coups sonnent, nous sommes à l’Opéra de Paris dans le IXe arrondissement, salle Le Peltier le 21 novembre 1831, pour la première de Robert le Diable de Meyerbeer. La salle est comble, le Paris artistique est au rendez-vous, les décors en bois et en reliefs sont somptueux. C’est un triomphe. Les représentations prévues pour six mois dureront soixante ans… Le décor est planté, nous sommes transportés, et notre confrère, le Dr Charles Foussard revient sur le contexte historique du « Grand Opéra ».
L’Académie Royale de Musique de Paris, ancêtre de l’Opéra National de Paris, est née de la volonté du roi Louis XIV en 1669 et occupera une position prestigieuse en Europe. Lully, Rameau, Gluck… Elle fut un lieu de grande effervescence. Plus tard, Napoléon Bonaparte y verra même un excellent vecteur de communication.
En ce début du XIX° siècle, une première vague de compositeurs étrangers, italiens pour la plupart et déjà célèbres dans leur pays, s’installe durablement à Paris, ce haut-lieu de culture où les artistes sont les mieux considérés. Nous y rencontrons notamment Luigi Cherubini et Gaspare Spontini, pour ne citer qu’eux. Ces compositeurs occuperont des postes prestigieux dans les institutions de la capitale. 
À la Restauration, l’Académie Royale de Musique programme des opéras de circonstance, favorables au régime politique en place, souvent par métaphores avec des sujets d’inspiration mythologique. Mais ce genre paraît désuet auprès d’un public avide de réalisme.
Une ère de renouveau se lève sous Charles X. Tout est prêt : des moyens financiers gigantesques, de nouveaux moyens techniques notamment avec l’arrivée du gaz, et artistiques qui s’amplifient. Des circonstances favorables s’unissent au prestige de l’institution : l’arrivée de décorateurs, peintres, metteurs en scène, ingénieurs tels que Cicéri, Henri Duponchel, Jacques Daguerre... Et si on y ajoute le librettiste Eugène Scribe, il ne manque que l’étincelle !
Celle-ci viendra de la Monarchie de Juillet et de l’avènement d’une nouvelle classe sociale : la bourgeoisie. Cette dernière a soif de culture, jusqu’alors réservée à la noblesse, mais une culture qui lui ressemble, plus démonstrative, plus clinquante.
Avec l’arrivée des compositeurs d’opéra que sont Gioacchino Rossini, au faîte de sa gloire en Italie, et de Giacomo Meyerbeer, rejeté par son Allemagne natale, nous sommes en marche pour le « Grand Opéra ». Des pièces en cinq actes, des effectifs imposants, des mises en scène somptueuses, des innovations théâtrales, recourant parfois aux technologies modernes de l’époque en font son âge d’or. Tous les compositeurs européens se devaient de passer et de réussir à Paris. Nombre d’entre eux devinrent des icônes comme Rossini qui composa quarante opéras en vingt ans. Il reçut beaucoup d’honneurs et des obsèques grandioses. Ou encore Meyerbeer dont le succès fut considérable et qui eut des obsèques nationales. Quant aux chanteurs prestigieux, ils n’étaient pas en reste…
Pendant un quart de siècle, des œuvres grandioses, démesurées occupent, et pour longtemps, l’affiche de l’Académie Royale. Tout Paris ne parle que d’opéra. Jamais avant, et sans doute nullement après, l’opéra n’aura été autant au cœur des discussions quotidiennes. La Muette de Portici d’Auber contant la révolte de Naples, exaltation à la patrie et à la liberté, sonna d’ailleurs le début de la Révolution belge de 1830 contre le Pays-Bas protestants. 
Cependant à partir de 1849, suite à la révolution de 1848, le déclin de la forme classique se précise : l’argent manque pour des productions de plus en plus sophistiquées, le goût du public change, les sujets s’épuisent.
Jusqu’en 1870, toujours éblouis par l’aura de l’Académie, des compositeurs d’opéra de prestige viendront encore à Paris, restée le point de passage obligé pour une consécration mondiale : Verdi pour deux ans d’abord, reviendra ensuite trente fois. Il y composera les Vêpres Siciliennes en 1855 et son chef d’œuvre en 1867, commande de l’Académie royale : Don Carlos en cinq actes, en français. Même l’ombrageux Wagner y tentera Tannhäuser. D’autres compositeurs, français ou étrangers emprunteront ultérieurement des éléments du « Grand Opéra ».
Par la suite, un oubli profond s’installera, l’Europe assistant à la montée des nationalismes et à l’antisémitisme galopant.
Notre confrère fera baisser le rideau de cette communication sur un extrait de Robert le Diable de Meyerbeer qui sera écouté attentivement : « Robert, toi que j’aime », acte IV et que nous pouvons retrouver en vidéo sur internet : https://youtu.be/fIvJ2YZzJYU  .


SÉANCE PUBLIQUE DU 12 OCTOBRE 2018

Sont prÉsents 
M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Yves BARTHET, M. Jean-Pierre BOIS, M. Benoît BOUMARD, M. Christian BRÉGEON, M. Georges CESBRON, M. Daniel COUTURIER, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Joseph GIBOIN, M. Daniel GRUAU, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Marie-Claude GUILLERAND, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques MAUREAU, Mme Joëlle REMY, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, M. Alain SAULNIER, M. François-Michel SOULARD, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE,   membres titulaires

membre EMERITE
M. Michel VAISSIER,   membre HONORAIRE

M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Daniel BLOUIN, M. Jean Claude BROUILLARD, M. Dominique CHARBONNEL, M. Michel DANIN, M. Jean Paul DARDUN, M. Augustin de BÉTHUNE HESDIGNEUL, M. Philippe de FRESNAY, M. Benoît DELTOMBE, M. Joël DRÉAN, Mme Frédérique DROUET-D'AUBIGNY, M. Paul FALLET, M. Rémy GERNIGON, M. Michel GUILLANEUF, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Philippe HAUDRÈRE, M. Gérard JACQUIN, M. René JAMES, Mme Denise LAMAISON, M. Patrick MORNET, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Michel PENNEAU, M. Yves PICART, Mme Françoise PLESSIS, M. Paul RAGUIN, Mme Jocelyne RENOU, M. Dominique RICHARD, M. Jean ROBERT, Mme Lise RODRIGUEZ, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Bernard SARTON du JONCHAY, M. Luc SIMON, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, Mme Marie-Claire VIAU-BLOUIN,   membres associÉs.

S’Étaient fait excusér :
M. Pierre BOUVET, M. Lionel COUPRIS, Mme Élisabeth du RÉau, M. Pierre SCHMITT, M. Jacques THOMAS,   membres titulaires. 

M. Georges TIRAULT,   membre EMERITE

M. Max BARAT, M. Jérôme BODIN, M. Raphaël BODIN, M. Roger BOISSEAU, M. Gilles BOURDOULEIX, Mme Laurence CHARVOZ, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Robert GUIDOUIN, M. Yannick GUILLOU, M. Michel LAVÉDRINE, M. Denis LEIBER, M. Dominique MAILLARD, Mme Françoise MARMIN, M. Roger MASSÉ, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Scévole POCQUET de LIVONNIÈRE, Mme Sylvette ROBSON, M. Philippe ROCQUET, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, M. Michel VILLEDEY,   membres associÉs. 



Prix de la Vocation pour l’association ECCLATS 

Cette séance du vendredi 12 octobre s’ouvre sur le « Prix de la Vocation » remis par l’Académie, de concert avec le département. M. Christian Gillet, président du Conseil Départemental y est représenté par Mme Frédéricque Drouet d’Aubigny, membre associée, et conseillère départementale en charge de la culture. Celle-ci prend la parole en rappelant l’honneur et la chance pour le département d’avoir une telle assemblée d’élites et d’excellence. C’est pourquoi celui-ci a à cœur de soutenir l’Académie, d’autant qu’elle met la culture et le patrimoine en avant, au service de tous. Ce prix représente une « démocratisation de la culture » dans le fait qu’il récompense chaque année une association à but culturel créant du lien social. 
Notre confrère, M. Joseph Giboin présente à son tour les différents finalistes, et l’association ECCLATS à qui sera remis le Prix de la Vocation cette année. Cette association propose à un public large des regards croisés sur la littérature, les arts, les sciences et techniques. Cela sous diverses formes : lectures publiques, ateliers, expositions, rencontres et toute autre manifestation allant dans le sens d'un partage culturel.
Il convie ensuite notre consœur, Mme Jocelyne Renou, présidente d’ECCLATS pour lui remettre le prix. C’est avec une émotion perceptible qu’elle remercie le département et l’Académie, parlant de la « reconnaissance » de l’association pour « l’honneur qui lui est fait ». Elle présente ensuite plus en détails cette association créée en 2015 et reconnue d’intérêt général en début d’année. Plusieurs moments fédérateurs ont été organisés tels que les deux cents ans de la photographie en 2016, ou encore le printemps des poètes, des journées portes ouvertes aux nouveaux talents… Cette année voit se créer un café littéraire et scientifique, et un concert en la chapelle des Ursules appelé « Lointaines Proximités ». L’association participera pour la première fois à la fête de la science.
Le président remet alors le diplôme à l’association, ainsi que le cadeau qui l’accompagne, et l’assemblée présente applaudira.


Présentation et réception de M.r Tugdual de Langlais comme « membre correspondant » de l’Académie d’Angers, suivi de sa communication.

	Le président Jean-Pierre Bois, présente ensuite un nouveau membre correspondant de notre Académie : M. Tugdual de Langlais, « breton né en Bretagne et fils de breton » portant le prénom de saint Tugdual, moine gallois évangélisateur de l’Armorique et l’un des sept saints fondateurs de la Bretagne. Notre confrère est le fils de Xavier de Langlais, professeur à l’École des Beaux-Arts de Rennes, peintre et écrivain tant en langue française que bretonne, auteur d’une réécriture du Cycle du Roi Arthur et de plusieurs ouvrages en breton, auteur de fresques et de nombres de chemins de croix dans des églises de Bretagne. Parmi les ancêtres du nouveau membre correspondant de notre Académie, nous rencontrons les Walsh de Serrant et les Peltier auxquels il consacra des travaux, et en particulier deux livres sur ces derniers : L’armateur préféré de Beaumarchais… Jean Peltier Dudoyer. De Nantes à l’Isle de France, éditions Coiffard, 2015 et Marie-Etienne Peltier, capitaine corsaire de la République. Du long cours à la course, éditions Coiffard, 2017, qui a reçu le prix de l'Académie Littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire en 2018. Notre confrère, par ses origines et ses publications est non seulement membre de l’Institut Culturel de Bretagne, mais aussi de la Société d’Histoire de l’Île Maurice et la Royal Society of Arts and Sciences of Mauritius. Il cultive trois passions : le voyage, la mer et l’histoire.

	M de Langlais prend ensuite la parole pour remercier le président Bois ainsi que l’Académie, et rappelle ses attaches angevines, les Dudoyer, receveurs du château de Gonnord, situé à Valanjou, puis les Walsh, ces deux familles ayant vécu à Maurice lors de la présence française.


	Ces derniers y firent un court séjour : Charles Walsh, colonel du régiment du même nom et Philippe son frère dont la mission était de remplacer les troupes envoyées au gouverneur Thomas Conway pour aider le roi Nguyên Ánh à récupérer son royaume. Le traité franco-annamite annulé, les frères Walsh repartirent l’un vers Saint-Domingue, l’autre pour la France.

	Les Peltier restèrent plus longtemps à Maurice, et il faut citer en plus des deux ouvrages de notre confrère, un troisième écrit par Hélène Maspero-Clerc, Jean-Gabriel Peltier, un journaliste contre-révolutionnaire, édité, fait amusant, par la Société des Études Robespierristes en 1973. Jean-Gabriel Peltier, fils de Jean Peltier émigrera en Grande-Bretagne en 1792 et poursuivra son métier de journaliste tout en étant traducteur au Foreign-Office. Après s’être opposé à la Révolution, il s’attaque à « Buonaparte » qui, profitant de la Paix d’Amiens en 1802, lui intente un procès qui le condamne à une forte amende, qu’une souscription du peuple anglais va couvrir ! Il sera ambassadeur du premier roi d’Haïti auprès du roi d’Angleterre, et refusera en 1814 de négocier pour le compte de la France l’indemnisation des anciens colons de Saint-Domingue. La dette d’Haïti ne sera soldée qu’en 1952 ! On y évoque également Louis Peltier, frère cadet de Jean, second capitaine sur un négrier armé par Jean, qui s’installe ensuite à La Réunion et finit sa carrière comme juge à la Cour d’Appel de Port-Louis, faisant ainsi souche à l’Isle de France. 

	Plusieurs angevins, que nous retrouvons dans ses livres, vont croiser les Peltier : Pierre-Augustin Moncousu, officier bleu né à Bauné et mort à la bataille d’Algésiras dont le premier voyage eut lieu sur le Rolland de Kerguelen. Il commande en 1785 le Chérubin, armé par Jean Peltier, et compte celui-ci parmi ses amis. Ou encore François Peltier, descendant d’homonymes, qui fut « traiteur » du château de Saumur, là où se retrouva interné Kerguelen sous la surveillance du chevalier du Petit-Thouars.

	Notre confrère nous parle ensuite de plusieurs rencontres importantes de Jean Peltier : Jean-Joseph Carrier de Montieu, financier de ses armements et propriétaire de la Manufacture Royale d’Armes de Saint-Étienne qui se mêle ensuite à la Guerre d’Indépendance américaine concurrençant Pierre de Beaumarchais. Ce dernier s’appuiera également sur Jean Peltier pour soutenir les « insurgents », collaboration qui durera pendant toute la guerre et jusqu’au départ de Peltier pour l’Isle de France. Jean Peltier traitera avec Benjamin Franklin, qu’il a connu lors de son passage à Nantes ; ou encore avec Silas Deane, premier délégué américain à se rendre en France ; Jonathan Williams, neveu de Franklin et représentant des commissaires américains à Nantes. 

	N’ayant pas assez de bateaux, le ministère de la Marine n’hésite pas à inciter les armateurs à en mettre à disposition pour transporter hommes, chevaux, armes et munitions et c’est ainsi que les navires de Jean Peltier participèrent au transport du corps expéditionnaire de Rochambeau, à l’acheminement du Régiment de Luxembourg au Cap de Bonne-Espérance, etc.

	Son fils, Marie-Étienne Peltier est second capitaine sur le Bon Papa, navire faisant partie des sept bateaux qui vont emmener en Louisiane les derniers Acadiens de France. Il disparaîtra pendant huit années après avoir vendu le navire à la Nouvelle-Orléans. Il revient dans une France devenue république, mais qui garde la même politique maritime, il embarque alors comme capitaine corsaire sur l’Égalité à Charleston. Il effectuera des prises remarquées, et rencontrera des personnages inhabituels lors de ses croisières tels qu’Étienne Laurent Pierre Burnel, directeur de la Guyane ; Charles Malenfant, colonel à Saint-Domingue où il sauva la vie du futur beau-père de Marie-Étienne Peltier ; ou encore Daniel McNeil, corsaire américain s’étant disputé dix ans plus tôt avec Jean Peltier pour acquérir de John Williams une prise de guerre anglaise, le Drake.

	Les recherches sur les archives Peltier ont duré une quinzaine d’années, sur plusieurs continents, notre auteur n’ayant aucune archive de familles pour retracer cette saga.
	Plusieurs informations se trouvent sur les sites internet de M. de Langlais : www.delanglais.fr/index


- « Musique et Yoga, la quête du juste » par MmeLise Rodriguez  

C’est pour le moins une communication dont l’univers est assez inhabituel pour l’Académie, une théorie développée par notre consœur, Madame Rodriguez, qui a fait l’objet d’un livre : Musique et Yoga, la quête du juste, collection Almora, paru en 2016. 
Professeur de violon au Conservatoire d’Angers et diplômée de l’Institut Français de Yoga, notre consœur mêle savamment ces deux disciplines qu’on pourrait croire au premier abord, sans rapport direct. Et pourtant, chacune comporte une dimension corporelle et une dimension spirituelle qu’on retrouve dans l’essence même de l’homme. Ce rapport, elle l’a acquis par l’étude mais aussi par l’expérience, au fil du temps, si bien qu’elle enseigne à ses élèves et à ses lecteurs, des séances de yoga qui leur permettent d’aborder différemment les contraintes techniques imposées par la musique. Celle-ci est en effet considérée comme un sport de haut niveau, dans lequel le yoga peut être un outil précieux qui permet aussi de sortir de l’esprit de compétition qui peut être néfaste.
	Véritables écoles de vie, musique et yoga partagent en commun, outre l’incontournable notion d’assiduité, celles de posture, de respiration, de concentration, voire de silence menant progressivement vers notre propre cœur, notre propre cible.
Ce lien établi entre les deux arts s’appuie sur un texte fondamental de la philosophie du yoga, le Yoga Sûtra de Patañjali, datant du troisième siècle avant Jésus-Christ, et offre l’occasion de croiser penseurs ou artistes d’un monde sans frontières. C’est une philosophie qui se pratique, et pour la comprendre, les commentateurs sont indispensables.
Ce terme de Yoga comprend la notion d’unité ou d’harmonie, qui passe par l’ « arrêt des fluctuations du mental » et permet une parfaite maîtrise de l’esprit à l’écoute du « son » intérieur. Car il faut préciser que le son est dans cette théorie, à l’origine de l’univers, et que celui-ci précède la forme. Il est donc logique que musique et yoga soient étroitement liés et que tout deux proposent une connaissance de soi et du monde.
Notre auteur donnera plusieurs exemples de relations entre les deux disciplines, et parlera du yoga de l’action dont les trois éléments sont l’effort soutenu, l’étude de soi et des textes, l’acceptation ou le lâcher prise. Elle développera ensuite les huit composantes du yoga, la relation à autrui, la relation à soi, la posture, le souffle qui en est la clef de voûte, l’intériorisation, la concentration, la méditation et l’état d’unité, choses que nous retrouvons également dans la musique.
Tout au long de la communication, un diaporama permit, entre autres, l’écoute d’extraits musicaux évoqués dans l’ouvrage. Car musique et Yoga, avant tout, se vivent et s’expérimentent pour arriver à une harmonisation avec l’infini.




	Carnet de l’Académie

Annonces academiciennes
	
Le Grand Prix des biographies historiques de l’Académie Française sera remis à  M. Jean-Pierre Bois, notre président, lors de la séance publique de l’Académie française le 6 décembre 2018 pour son ouvrage « L’Abbé Saint Pierre, entre classicisme et lumières »
Il a reçu le 22 septembre 2018 le prix de l'Association Lafayette pour son livre La Fayette paru en 2015 et pour lequel il a également reçu le premier prix du Salon de Verdun.
Comme il a reçu en 2014 le prix de l’Académie des Sciences Morales et Politiques en 2014 pour son livre sur « La Paix, 1435-1878 ».



Décès
Nous avons appris le décès de 
- M. Pierre de Longuemar, comme annoncé plus haut, 
- M. Jean Monnier, ancien maire d'Angers et membre d’honneur de l’Académie depuis 1999. Ses obsèques ont eu lieu mardi 30 octobre 2018 à 14h00 en la Cathédrale d’Angers. L’Académie a été représenté par M. Jean-Claude Remy.
Elle présente ses sincères condoléances à la famille des défunts.




Prochaines communications
Vendredi 23 novembre
A partir de 9h00
Colloque organisé par la Section Histoire aux Archives départementales 
Thème : « La grande guerre »
*Le carton d’invitation et le programme seront envoyés par voie postale.

Vendredi 14 décembre
	15h00 : Séance publique organisée par la Section Sciences de la Vie 
Thème : « De la nature aux médicaments »



Augustin de BETHUNE, Secrétaire 
Directeur de la Publication : Jean—Pierre BOIS.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938	 						
Dépôt légal octobre 2018
Nouveau numéro de téléphone	     Tél.   : 02. 41 .39. 13. 61.
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
	Site Web : www.academie-dangers.fr
https://youtu.be/fIvJ2YZzJYUhttp://www.delanglais.fr/indexmailto:academie-dangers@wanadoo.frhttp://www.academie-dangers.fr/shapeimage_2_link_0shapeimage_2_link_1shapeimage_2_link_2shapeimage_2_link_3
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