BULLETIN OCTOBRE 2015

 
	Le secrétariat de l’Académie sera fermé
	                                              du 27 octobre au 2 novembre 2014 inclus


	 L’Académie tiendra séance les : 


Vendredi 24 octobre 2014
Hôtel de Livois

15h00
                                                                                                       Séance privée


16h00
Séance publique
Réception de nouveaux membres titulaires : M. Daniel Gruau et M. Philippe Pichot-Bravard

- Éloge de M. Guy Lamaison. 
« La Ranloue : un logis du XVIe siècle, médiathèque de Saint-Barthélemy d’Anjou» par M. Daniel Gruau 

- Éloge de M. René Combres. 
« La genèse de l’État de droit en France » par M. Philippe Pichot-Bravard


Vendredi 14 novembre 2014
Hôtel de Livois

   16h00
Séance publique


Réception de nouveaux membres titulaires : Mme Margreet Dieleman et M. Joseph Giboin

- Éloge de Mme Simone Béguier
« Itinéraires et histoire(s) : les cartes Michelin de 1910 à 1960. » par Mme Margreet Dieleman

- Éloge de M. Jacques Chopin
«Le concept de logement, ambiguïté et complexité » par M. Joseph Giboin 



                                                                                    Vendredi 21 novembre 2014
                                                                                     Hôtel de Livois


                                                                                                               14h30
                                               Séance organisée à l’Ecole du Génie, 106 rue Eblé, 49000 Angers
Commémoration du centenaire de 1914 
Ouverture par le général commandant de l’Ecole du Génie, le président de l’Académie et le professeur Jean-Pierre Bois)

- « Les débuts de la guerre » par M. Geoffroy Ratouis
- « Les soldats à l’ambulance de Torfou, 1914-1918 » par Mme Marie-Claude Guillerand
- « L’escadrille La Fayette, 1917-1918 » par M. Michel Garreau de Labarre
Brèves 	
- «  Reims, 1er septembre 1914 : Les palmes qui sauvent » par M. Jean Morlong
- «  Septembre 1914. Les combats du col de la Chipotte » par M. Jacques Maureau
Visite du Musée du Génie dirigée par M. Jean-Pierre Bois



                                                                                Vendredi 28 novembre 2014
                                                                                Hôtel de Livois

                                                                                                15h00 :
                                                                           Séance privée

                                                                                  16h00 :
                                       Séance publique organisée par la Section Sciences Humaines et Sociales

« L’esthétique musulmane arabo-persanne »
 par M. Jacques Keryell
« La saga des Combier, une famille originaire du Mâconnais installée dans le Saumurois depuis 1834.»
 par Mme Jeanne Duval-Legoff
« Charles Ménière (1816-1887) frère de Prosper et historien des pharmaciens d’Angers »
 par Mme Josette Fournier



SÉANCES DU 26 SEPTEMBRE 2014 

Sont prÉsents 
Mme Marie-Rose ALBRECHT, Mme Marguerite Cécile ALBRECHT, M. Gilles d' AMBRIÈRES, M. Olivier             d' AMBRIÈRES, M. Yves BARTHET, M. Régis de BELENET, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON,    M. Georges CESBRON, M. Daniel COUTURIER, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, Mme Élisabeth du Réau,   M. Maurice FAËS, Mme Marie-Claude GUILLERAND, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, M. Serge LE POTTIER, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Xavier MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Jacques THOMAS, M. Georges TIRAULT, M. Michel VAISSIER.   membres titulaires. 

M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES.   membres titulaires ÉmÉrites 

Mme Christiane ASTOUL, M. Robert AUDOIN, M. Max BARAT, M. Raymond BATTAIS, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Jacques de BELENET, M. Philippe BONEF, Mme Luciole BOUCHÉ, M. Jean-Claude BROUILLARD, M. Yves CADOU, M. Dominique CHARBONNEL, M. Lionel COUPRIS, M. Jean-Paul DARDUN, M. Benoît DELTOMBE, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Jacques FERGON, M. Daniel GARANDEAU, M. Rémy GERNIGON, M. Jean-Louis GIARD, M. Joseph GIBOIN, M. Patrick GILLET, M. Jean-André GOUYETTE, M. Jean GRELON, M. Daniel GRUAU, M. Michel GUILLANEUF, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Jean HLADIK, M. Paul IOGNA-PRAT, M. René JAMES,        Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Jacques KERYELL, Mme Denise LAMAISON, M. Philippe LE PICART,    M. Georges LEGUILLANTON, M. Gérard LESAGE, M. Jean-Marie LIMAL, Mme Françoise LIZÉ-DUBOIS, M.Pierre MACHEFER, M. Jean MALLET, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, M. Jean MORLONG, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Jean-Claude PAVION, M. Philippe PICHOT-BRAVARD, M. Serge QUENTIN, Mme Joëlle REMY, Mme Jocelyne RENOU, M. Bernard SARTON du JONCHAY, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, Mme Maÿlis THURET, M. Alain TRICOIRE.   membres associÉs. 

Mme SARTON du JONCHAY   invitée



S’Étaient fait excusér :
Mme Monique ASTIÉ, M. Benoît BOUMARD, M. Philippe DAIN, M. Henri DELLACASA, M. Claude FERRAND, Mme Josette FOURNIER, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Michel PECHA-SOULEZ,               Mme Élisabeth VERRY.   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER.   membre titulaire honoraire 

M. Jérôme BODIN, M. Roger BOISSEAU, M. François BOULÊTREAU, Mme Laurence CHARVOZ, M. Raphaël COURANT, Mme Margreet DIELEMAN, Mme Frédérique DROUET-D'AUBIGNY, M. Grégoire DUVAL, M.Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, Mme Pascale GRÉMONT, M. Arnaud de LA METTRIE, M. André LARDEUX, M. Michel LAVÉDRINE, M. François LECOQ-VALLON, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Michel PENNEAU, M. Geoffrey RATOUIS, M. Charles-Marie RÉYÉ, Mme Sylvette ROBSON, M.Philippe ROCQUET, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, Mme Anne de VAUTIBAULT.   membres associÉs. 








SÉANCE PRIVÉE DU 26 SEPTEMBRE 2014

	Le président a ouvert cette séance de rentrée académique et présenté à cette occasion le film qu’il a réalisé sur la journée culturelle du mercredi 4 juin dans le Baugeois.
Il a fait part du décès de :
- M. Jean FAVIER, membre d’honneur de l’Académie, membre de l’Institut, ancien directeur général des Archives de France, grand-croix de La Légion d’Honneur ; les obsèques se sont déroulées en l’Église Saint François-Xavier à Paris. Mme Élisabeth du Réau, membre titulaire, a représenté notre compagnie.
- M. Louis MAUCOURT, membre associé depuis 1991.
- Mme Pierre SCHMITT, dont le mari est membre associé.

	Le livre des Mémoires 2013 qui totalise 350 pages vient de paraître grâce à la participation de    M. Daniel Gruau qui a assuré l’essentiel des tâches de préparation ; il en a été remercié chaleureusement par l’assemblée. M. Gruau a demandé que les auteurs de communications transmettent sans délai au secrétariat les fichiers correspondant à leurs travaux de l’année, afin de permettre d’engager, dès à présent, la préparation de l’ouvrage de 2014.

	M. Jean-Claude Remy a laissé ensuite la parole à M. Christian Brégeon et à M. Jacques Maureau.

M. Christian Brégeon a donné un aperçu du déroulement du premier semestre 2015 qui comptera, en principe, douze séances ; des aménagements seront sans doute nécessaires :
- La première séance de l’année, organisée par la section Arts, aura pour thème la commémoration de Jean-Philippe Rameau. 
- Deux à trois séances seront consacrées à l’installation des membres titulaires récemment élus.
- Les séances organisées par les sections restent encore à préciser.
- Le Printemps de l’Académie se déroulera le dimanche 22 mars. 
- Le colloque sur « Le devenir des lieux cultuels » aura lieu sans doute les 29 et 30 mai ou les 5 et 6 juin 2015. À ce sujet, se tiendra, le 14 novembre prochain, à 14h, une réunion de tous les intervenants au colloque.
- La journée culturelle en Anjou se déroulera à La Flèche, sous la conduite de M. François Lecoq-Vallon, au milieu du mois de juin.
	Les projets de communication pour 2014 et pour 2015 doivent être adressés dès maintenant avec, d’une part, un résumé détaillé de l’exposé de façon à permettre à la section concernée de se prononcer, d’autre part, une présentation qui sera insérée dans le bulletin. Un courrier sera adressé très prochainement aux postulants. 
	M. Brégeon a rendu compte, par ailleurs, de la réunion du comité de gestion de la réserve naturelle régionale des coteaux du Pont Barré, à laquelle il représentait l’Académie. Ces coteaux dominent la vallée du Layon au sud du village de Beaulieu sur Layon. Des panneaux disposés sur ce site exceptionnel permettent de découvrir la faille du Layon et sa géologie particulière, la faune et la flore remarquables, le terroir, la vigne et des vestiges anciens. 

M. Jacques Maureau a précisé quelques points au sujet du voyage de l’Académie qui permettra, du 5 au 10 septembre 2015, de découvrir en bateau les peintres du Nord. Il comportera des arrêts à Bruxelles, Anvers, Gand, Bruges et Ostende. Il est souhaitable de signaler dès maintenant son intérêt pour ce déplacement ; les inscriptions fermes seront enregistrées en décembre.




	M. Daniel Couturier, vice-président, a présenté ensuite le dernier ouvrage remis au Président :
« De Koufra au Normandie-Niemen (1940-1945) » par M. Jean de Pange.
	L’auteur, passionné d’aviation dès son plus jeune âge, a été incorporé à Pau dans l’armée de l’Air à la déclaration de guerre. De là, son groupe de rattachement, le Groupe Aérien de Reconnaissance 546, équipé de Bréguet 27 s’est rendu prés de Sézanne ; il recevra par la suite des Potez 63-11. En mai 1940, le groupe rejoint Valenciennes pour être affecté à la deuxième division cuirassée qui doit s’engager en Belgique. Par la suite, les ordres de repli conduisent Jean de Pange à Montdidier, Dieppe, puis près de Laon et sur la rive nord de la Seine ; il gagne ensuite Bayonne et Saint-Jean de Luz. Accompagné d’une trentaine d’aviateurs, il va monter sur un bateau polonais, « le Sobieski» qui les conduira dans le port de Plymouth, le 24 juin 1940. À la base de Saint Athan, sur la côte sud du Pays de Galles, sont rassemblés les aviateurs français qui veulent continuer la lutte. Le général de Gaulle viendra leur rendre visite.         Ils vont s’embarquer sur le paquebot hollandais « Pennland », le 31 août et gagner Freetown, en Sierra Leone. Ils vivront l’échec du débarquement dans le port de Dakar et le retour à Freetown. L’étape suivante sera Douala, rallié à la France libre, où sera constitué « le groupe de bombardement n°1 », qui deviendra par la suite « le groupe Lorraine ». Il est commandé par Lionel de Marmier, héros de la guerre de 1914 et pilote de l’aéropostale, dont l’avion sera abattu en décembre 1944 au- dessus de la Méditerranée. En septembre, c’est la prise du Gabon : Libreville, Lambaréné et Port Gentil tombent. Toute l’Afrique Equatoriale est entrée dans la lutte. De Gaulle fixe alors comme objectifs, le fort italien de Koufra, et la zone désertique du Fezzan pour permettre aux forces françaises libres de déboucher sur la Méditerranée et de prendre part à la campagne de Libye contre les forces allemandes et italiennes. Marmier est chargé par Leclerc de le conduire à Fort Lamy, au Tchad ; Jean de Pange sera le navigateur. De là, ils partent pour réaliser une mission-photo dans le centre du désert de Libye. L’isolement est extraordinaire. Ils passent par Faya, une belle palmeraie avec des maisons blanches de style arabe. Ce désert était beau, mais il pouvait être cruel. La dérive ne peut être mesurée qu’en vol et varie avec le vent. Le désert est rouge sombre et uniforme. Le navigateur ne voit guère les obstacles mais il voit l’ombre qu’ils font. Les photos sont excellentes et il s’emploie à réaliser une carte de Koufra. Leclerc demande des missions de bombardement sur le terrain d’aviation de Koufra. Le 1er mars, le fort capitule et une section française l’occupe. Le drapeau français monte solennellement au grand mât et le colonel Leclerc prononce le serment de Koufra. Jean de Pange fait ensuite partie de la RAF au Moyen-Orient et participe au bombardement de convois italiens se dirigeant de l’Ethiopie vers l’Erythrée. Il sera désigné pour emmener sur ce territoire le général de Gaulle, qui y passera en revue la Brigade d’Orient des Forces françaises libres. Arrivé à Londres, le 20 mars 1942, il partira, après un voyage mouvementé, vers le Liban où il retrouvera les volontaires du groupe de chasse n°3, commandé par le commandant Pouliquen, groupe qui prend le nom de « Normandie ». Après Bagdad, Téhéran et Moscou, il gagne Ivanovo. 
C’est le Yak 1 qui sera choisi, les six premiers arrivent en janvier 1943, ils seront bientôt quatorze. Jean de Pange pilote un avion de liaison U2. Les Yaks assurent des missions de protection des bombardiers, puis de la chasse libre. Le commandant Tulasne, qui a remplacé Pouliquen, sera bientôt porté disparu, le commandant Pouyade prend la tête du régiment qui endure des conditions de vie très difficiles. 
L’auteur est muté à Moscou auprès du chef de la mission militaire française, il reprendra sa place pour la campagne 1944. Le Normandie faisait partie de la 303e division de chasse commandée par le général Zakharov. Après Toula et Doubrovka, il atteint la Prusse orientale. En décembre, les pilotes vont à Moscou et seront passés en revue par le général de Gaulle.

	Le moment du retour en France est arrivé, il se fera par Téhéran, le Caire, Alger et Marseille. Jean de Pange va participer au défilé de la victoire, le 18 juin 1945, avec les détachements des groupes d’aviation des Forces Françaises Libres.  





SÉANCE PUBLIQUE DU 26 SEPTEMBRE 2014
		
	La séance a été ouverte par M. Jean-Claude Remy qui a procédé à l’installation de deux nouveaux membres associés qui prenaient part aux débats pour la première fois :
- M. Philippe Le Picart, accompagné de ses parrains M. René Combres et M. Robert Audoin,
- M. Patrick Gillet, conduit par ses parrains Mme Marie-Rose Albrecht et M. Georges Leguillanton. 

	La séance, organisée par la section Lettres et présidée par M. Georges Cesbron avait pour thème « 1914, la victoire en chantant ». Cinq intervenants vont présenter successivement leur communication. M. Cesbron rappelle, en introduction, le ton de la littérature qui était plutôt nationaliste au moment de la déclaration de guerre. Néanmoins, dès août 1914, on trouve des expressions comme « la victoire endeuillée » ou « la victoire mutilée ». Ceci explique que la séance apportera des témoignages pluriels. 


Présentation par M. Georges Cesbron 
Fin août 1914, les Allemands traversent la frontière, ils remportent toutes les batailles : la France est envahie !
Nous avons néanmoins regroupé nos cinq interventions sous le titre : 1914 : La Victoire en chantant.
Car il est vrai, en ce mois d'août 1914 :
- qu’une littérature antérieure, comme celle d'Agathon, pseudonyme d'Henri Massis et d'Alfred de Tarde (Les jeunes gens d'aujourd'hui, 1913), s'enchantait à l'idée d'une guerre qui serait « du sport pour de vrai ».
- que le titre même La Victoire en chantant n’était qu'un parmi des dizaines d'autres du genre Nous irons jusqu'à Berlin ! , L’Hymne de 1914, Soyez vaillantes, femmes de France ! etc., etc.
ou telle cette autre chanson (août 1914) de Montéhus, grand pacifiste, intitulée Lettre d'un socialo :

Nous chantons la Marseillaise 
Car dans ces terribles jours 
On laiss’ l'Internationale 
Pour la victoire final’ 
On la chant’ra au retour ! » 


- qu’au seuil d'un roman comme Gaspard de René Benjamin (Prix Goncourt, 1915), le personnage éponyme, jeune marchand d'escargot, soldat improvisé, s'écrie, aux premiers jours d’août 14, avec la gouaille de Montparnasse : « Berlin ? Tout droit, sans se retourner », « à 3 h juste, le convoi se mit en route, on clamait hourrah, hourrah, à Berlin !». ou encore : « Ah! Les Alboches, ils veulent la guerre ? Eh bien ! On va la leur faire voir la guerre ! ». De même Les Carnets de Guerre du 2 août  14 de Louis Barthas, tonnelier (et socialiste), situés dans un sud-ouest qui ne passait pas pour particulièrement militariste, commencent-ils ainsi: 


Cette annonce (…)  souleva plus d'enthousiasme que de désolation ; des gens insouciants semblaient fiers de vivre un temps où quelque chose de grand, de formidable allait se passer ; les moins emballés ne doutaient pas un instant d'une prompte et décisive victoire 

- que, parallèle à La Victoire en chantant, une autre expression, La Fleur au fusil, écrite pour la première fois par Galtier-Boissière, fondateur du célèbre journal des tranchées, Le Crapouillot, désigne l'attitude de quelques-uns qui ont vécu la mobilisation, à l'été 1914, dans l'enthousiasme et dans une apparente insouciance, leur fusil orné d'un geste tendre par leur femme ou leur amie. 
D'où le texte de Gaspard : « Les femmes, aux passages à niveau, les acclamaient. Elles riaient de lire sur les bois des wagons : Train De Plaisir Pour Berlin. Et les soldats de crier : ‘Bonjour, Muriel !...  Ca va, Margot ?’. 
Elles agitaient des mouchoirs, lançaient des fleurs ; et les régiments en route pour la frontière traversaient des provinces françaises qui paraissaient en fête ».

Dans les faits, pourtant, l'état psychologique des populations était considérablement plus tempéré, marqué par l'angoisse et la résignation et l'ensemble des soldats partaient au front l'air grave et résolu. Et je songe, écrivant cela, à ce que j'ai plusieurs fois entendu de la bouche de ma mère : elle avait 15 ans à l'été 1914 et elle se souvenait de la réponse d'un paysan de son village (Les Loges de Martigné-Briand), le visage sombre, à qui elle demandait pourquoi sonnaient alentour les cloches de Martigné, de Chavagnes, de Brigné : « Ma petite fille : c’est le tocsin, c'est la guerre… »

Car il est vrai, également, 
- que La Victoire en chantant allait très tôt, au cours même du mois d'août 1914, laisser place aux premiers signes de La Victoire endeuillée - selon le titre d'un ouvrage de Bruno Cabannes. Et l'on se souvient que le caporal Jules-André Peugeot est tristement connu pour être le premier tué de la Grande guerre, le 2 août, à 10 heures du matin, alors même que la guerre n'était pas officiellement déclarée entre la France et l'Allemagne…
- que quelques-uns, comme Romain Rolland - vivante incarnation du pacifisme, se définissant comme  « exilé » vis-à-vis de l'Europe en guerre- bouleversé à la nouvelle de la mort de Péguy, en septembre 14, choisissent de dire très vite ce qu'ils appréhendent comme une tuerie inévitable. « Fou du roi » - ce sont ses propres termes – il dira tout haut ce que bien d'autres disent tout bas. 

À maint propos du célèbre Au-dessus de la mêlée, les derniers mots du roman La Peur (1930) de Gabriel Chevallier [l'auteur de Clochemerle)], pacifiste lui aussi mais qui a fait toute la guerre, renverront comme un écho : 

A Sarrebruck [pendant l'occupation française de 1919], où les poilus ont fait des ravages sentimentaux (…) une femme enceinte (…) désigne son ventre et nous crie, avec une amicale impudeur : « BEDIT FRANZOSE! » - « Tu ne crois pas, dit un homme, qu’on nous a bourré le crâne avec la « HAINE DES RACES »?

- et qu’enfin, dans l'horreur, la littérature elle-même perd ses droits, comme le dit le poète Julien Vacance (Le Livre des haï-kaï , 1937), sergent pendant la première guerre et qui eut l'idée de noter, sous forme de haïkus, les terribles moments vécus dans les tranchées :

	Mes camarades, mes frères, 
Nous aurons beaucoup souffert …
Hélas ! Vous vaincrez sans moi  

ou cet autre, mort à l’ennemi, François Baron :

 Lorsque je reviendrai  (….) ne me demandez pas des récits de bataille, ne me demandez rien. 


« Ernest Psichari : l’appel des armes - la guerre à l’horizon » par Mme Christiane Astoul.
Le succès en 1913 de "L'Appel des armes" d'Ernest Psichari est révélateur d'un courant de pensée qui ira s'amplifiant à la veille de la déclaration de guerre de 1914. Se plaçant résolument sous l'autorité de Charles Péguy, Ernest Psichari applique à l'armée les principes qui furent à l'origine du dreyfusisme et que son maître a développés dans "Notre Jeunesse" paru en 1910. Loin de toute considération politique, il défend avec passion la mystique des vertus militaires.
« Romain Rolland : « au- dessus de la mêlée, un article pacifiste » par M. Robert Audoin.
"Au-dessus de la mêlée" : tel est l'intitulé d'un manifeste qui donne son nom au recueil d'articles constituant un petit ouvrage de Romain Rolland. Publié en Suisse en 1915, il détonne, dans l'exaltation guerrière du moment, et vaut à son auteur beaucoup d'hostilité. Ce qui ne l'empêche pas de recevoir le prix Nobel de littérature en cette même année 1915. Et d'apparaître aujourd'hui comme un visionnaire de l'Europe unie.


« Lettres de Jean Cocteau à sa mère- le prince frivole en 1913-1914 » par Mme Luciole Bouché. (résumé non parvenu)


« Des poètes dans la guerre » par M. Maurice Faës.
De nombreux écrivains ont été tués au cours de la Grande Guerre. Péguy l’un des premiers. Il avait écrit, dès 1911, des vers prémonitoires répétant « Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre.. » Mais s’autres poètes, qui ont vécu au cœur de la tourmente en ont porté témoignage, comme Joë Bousquet qui, blessé, devint grabataire pendant trente-trois ans, Blaise Cendrars, amputé d’un bras, qui connut l’horreur du combat corps à corps, Guillaume Apollinaire, sensible aux couleurs et aux musiques des bombardements ( !) et qui dut être trépané, Roger Allard, qui s’attristait de voir la mort triompher de l’amour, Louis Pergaud qui s’abandonna à une sorte de fatalisme avant d’être tué lui aussi. Bien d’autres encore dont les idées et les sentiments ont témoigné de ceux de l’ensemble des poilus et cela jusqu’aux évocations tardives de parents ou d’amis qui ont voulu, dans leurs écrits, ressusciter le passé insupportable.


« Projection de reproductions de monuments aux morts angevins et de photos prises au front par son grand- père brancardier » par M. Louis-Marie Beauvois. 
« La victoire en chantant » est le nom d'une statue qui orne une trentaine de monuments aux morts de la guerre 1914-1918 en France. Elle est l'œuvre d'un sculpteur de Louerre, en Maine-et-Loire. En 1921, le premier exemplaire a été inauguré à Montreuil-Bellay, en présence de Louis-Joachim Beauvois qui avait participé à cette guerre comme brancardier. 
Louis-Joachim Beauvois, passionné de photographie, était équipé d'un appareil Vest Pocket avec lequel il a réalisé une série de clichés qui nous montrent la vie des soldats au repos dans leurs campements. 
Cette vision particulière de la guerre nous donne l'occasion de connaître les œuvres du sculpteur Charles Richefeu qui, en 1921, était conseiller général du canton de Gennes. Ses œuvres de jeunesse sont des figurines de plomb primées à Paris. Après la guerre, dans une ambiance angevine, il sculpta Gavroche, Rabelais et plusieurs Vierges à l'Enfant dont l'une, Notre-Dame des Blés, réalisée pour l'école d'agriculture des Ponts-de-Cé.



Extraits des dÉbats 

	Au cours de la discussion qui a suivi, de nombreuses questions ont été posées aux intervenants au sujet des monuments aux morts de la grande guerre, notamment au sujet de l’œuvre de Charles Richefeu « la victoire en chantant » installée à Montreuil Bellay en 1921 ; elle fut reproduite environ trente fois. 




SÉANCE PUBLIQUE DU 17 OCTOBRE 2014

Réception de Mgr Jean-Louis Bruguès, membre d’honneur 

	Le président, après avoir ouvert la séance, a accueilli Monseigneur Jean-Louis Bruguès, membre d’honneur de notre Académie, dont il a salué l’installation.
Il a rappelé les différentes étapes de la biographie de celui qui fut évêque d’Angers de 2000 à 2007. Après des études de sciences économiques et un diplôme d’Etudes Supérieures de Droit, il a obtenu celui de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (IEP). Il est entré en 1972 dans l’ordre des dominicains dont il devint prieur de la province de Toulouse. Docteur en théologie, il a été professeur de théologie morale et a prêché les conférences de carême à Notre Dame de Paris, en 1995 (L’éternité si proche), en 1996 (Les idées heureuses, vertu chrétienne pour le temps) et en 1997 (Des combats de lumière).
Il a quitté le siège épiscopal d’Angers pour être nommé, en 2007 à Rome, secrétaire de la congrégation pour l’éducation catholique. Il est, depuis 2012, archiviste et bibliothécaire de la Sainte Eglise Romaine. Il fait partie également de la commission pontificale pour la pastorale des migrants et des personnes déplacées et est consulteur de la congrégation pour la doctrine de la Foi.

- « Église et Mémoire. Les archives secrètes et la bibliothèque vaticane.» par Mgr Jean-Louis Bruguès 
	Après avoir rappelé que l’ordre des dominicains s’était implanté à Angers dès 1220, l’orateur a centré son propos sur le thème « Église et Mémoire ». Cette dernière permet d’avancer dans la vie avec une assurance qui se renforce d’année en année. Nous déposons dans notre intimité certains faits de vie pour les retrouver, au moment opportun, sous forme d’expérience ; ils sont nécessaires pour rendre plus sûres les décisions à prendre. La mémoire est comme la quille d’un navire, qui garantit la stabilité de l’embarcation. Les archives secrètes ont la charge d’une bonne partie de la mémoire de notre Église et la mémoire prépare l’avenir. « Faîtes cela en mémoire de moi », peu de phrases dans l’Évangile offrent le même poids que celle-ci et Saint Paul, comme en écho, répondait « Souviens-toi de Jésus-Christ. » Ces paroles laissent deviner qu’il existe un rapport étroit entre l’Église et la Mémoire. Commémorer appartient au cœur même de la mission de l’Église. Le Pape François a rappelé, au début de l’année, que la mémoire était une dimension de la Foi que nous pouvons appeler deutéronomique, par analogie avec la mémoire d’Israël. Jésus nous laisse l’Eucharistie comme mémoire quotidienne de l’Église. Par mémoire deutéronomique, il faut comprendre que Dieu, avant de donner à son peuple sa loi dans le décalogue, commence par lui rappeler ce qu’il a déjà fait pour lui. « Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de David ». L’acte de mémoire remplit une double fonction, d’une part, il permet d’accéder à l’identité qui aide à se situer, d’autre part, il fonde la confiance. Ceci est valable également pour la vie sociale. Identité et confiance vont servir aujourd’hui de fil conducteur. Le christianisme se réfère comme fondement à Jésus de Nazareth, vrai Dieu et vrai homme. Comment pouvons-nous parvenir à l’image la plus juste possible et la plus authentique du fondateur ? Les Évangiles nous permettent-ils de rejoindre de manière crédible l’homme historique que fut Jésus de Nazareth ? Il est vital pour le christianisme de démontrer sa fidélité à la personne du Christ, à ce qu’il a dit, à ce qu’il a fait. Le christianisme cultive quatre sortes d’actes de mémoire. Il y a la mémoire des lieux que l’on peut découvrir en parcourant les mêmes itinéraires grâce aux Évangiles qui sont étonnamment précis. Ceci appartient à la stratégie amoureuse. Lorsque l’être aimé nous a quittés, nous éprouvons le besoin de retrouver les lieux qui parlent encore de lui. La mémoire catholique et orthodoxe cherche à se rapprocher de ceux qui ont côtoyé le Christ, c’est à dire sa mère, ses disciples et ses saints. En se rapprochant d’eux, on se rapprochait de sa personne. Ainsi s’explique le phénomène des pèlerinages, qui fait du christianisme une religion bien charnelle, dans laquelle le croyant éprouve le besoin de toucher pour être lui-même touché. La préoccupation du souvenir explique le soin avec lequel le christianisme a conservé les écrits qui traitent du Christ lui-même, lors de son passage parmi les hommes, et de l’Église qu’il a fondée. C’est la mémoire des écrits. Dès la première génération, les chrétiens ont eu le souci d’écrire ce qu’ils voyaient, ce qu’ils vivaient, afin de laisser un témoignage aux générations qui allaient suivre. Les papes ont donc pris l’habitude de garder tout ce qui relevait de la nouvelle église, les récits des martyrs, les codes liturgiques, les mémoires de consécration épiscopale, les donations faites à l’Église. L’exigence de conserver ces documents tenait à la nécessité de transmettre les premiers pas de l’Église naissante. Ces documents s’enrichirent au fur et à mesure que s’étendait le rôle du pontife romain à la tête d’une église qui se faisait de plus en plus universelle. 

À l’origine les archives étaient réparties entre plusieurs lieux, le palais du Latran, la basilique Saint Pierre et plus tard le château Saint Ange. C’est au début du XVIIe siècle que le Pape Paul V a regroupé tous ces documents dans ce qui constitue aujourd’hui l’Archive secrète du Vatican, le terme secret qui vient du latin secretum veut dire à la discrétion du Pape. Seule une petite partie des archives a pu être conservée. Avec leurs 85 Kms de rayonnage, ces archives sont les plus riches du monde. Elles sont réparties entre l’aile droite et l’aile gauche de la principale cour du Vatican, la cour du Belvédère. Benoît XVI a confié qu’il aurait aimé occuper cette fonction qui assure la conservation des « trésors de l’Église ». 

L’autre institution placée sous la responsabilité de Mgr Bruguès est la Bibliothèque apostolique du Vatican, dont le fonctionnement est tout à fait autonome par rapport aux archives secrètes. Sa création remonte un peu avant 1450 ; elle est due à une initiative du Pape Nicolas V, qui souhaitait l’acquisition, sur les marchés d’orient et d’occident, des livres reflétant le meilleur de la culture humaine. Depuis lors les achats se sont maintenus. C’est une bibliothèque humaniste parce qu’elle rassemble, depuis le début, ce que les hommes ont découvert de plus vrai et de plus beau. Ces fonds répartis sur 54 Kms de rayonnage sont ceux de la Bible, des manuscrits anciens, des ouvrages sur les sciences, sur la médecine, les mathématiques, l’astronomie, les arts, l’histoire du monde, la musique et les dessins. Elle assure aussi la conservation d’une collection de médailles. Les documents les plus anciens sont le «codex vaticanus » qui est le plus ancien manuscrit complet de la Bible écrit en grec, un papyrus donné récemment par une famille protestante suisse qui contient la fin de l’Évangile de Luc et le début de l’Évangile de Jean écrit entre 160 et 220. C’est le document du Nouveau Testament, le plus ancien qui soit connu. Au fil des années, des textes reviennent à la lumière, comme le livre 6 de la République de Cicéron, le manuscrit autographe de « L’athéisme triomphant » de Thomas Capanela, ou l’unique manuscrit de « l’Ethique » de Spinoza.

La conservation des écrits se heurte souvent à des difficultés redoutables, comme la fragilité des papyrus et des manuscrits, l’excès d’humidité, les parasites, le manque d’espace, le manque de moyens financiers et le manque de personnel. Les malheurs de l’Histoire ont entraîné des destructions et des dispersions. La bibliothèque nationale de Serbie a été presque entièrement détruite par les bombardements de la seconde guerre mondiale ; la bibliothèque vaticane a été sollicitée pour aider à reconstituer les fonds serbes à partir de ses documents. Napoléon fit envoyer à Paris les archives et une bonne partie de la bibliothèque du Vatican ; le congrès de Vienne en ordonna le rapatriement qui fut réalisé avec des dommages considérables. Les archives sont exposées aux conflits idéologiques ; l’histoire de l’Église est traversée par des conflits anti-humanistes. Il existe néanmoins dans l’Église un goût des livres et des archives. On peut voir dans ces archives la mémoire de l’humanisme. L’enrichissement de la culture et celui de la Foi vont de pair. L’Église est l’institution la plus ancienne de l’Humanité dans sa continuité. La mémoire chrétienne n’appartient pas seulement à l’Église ; elle joue un rôle décisif dans le progrès moral de l’humanité. Elle éclaire les contemporains sur la profondeur des enjeux. Celui qui est amnésique n’a pas de futur. Ceci est valable pour les institutions et pour les pays. Celui qui ne se souvient pas ne peut plus vivre.




Extraits des dÉbats 

M. Jean-Claude Remy a remercié Mgr Bruguès pour l’exposé magistral qu’il a dispensé à l’Académie avec une grande hauteur de vue et un réel souci de clarté. Il a demandé si les trésors, dont l’existence a été évoquée, faisaient l’objet d’une large communication en s’appuyant sur les moyens modernes de diffusion.
R : La numérisation des ouvrages est en cours depuis plusieurs années et les manuscrits les plus rares sont traités avec les méthodes les plus modernes. La numérisation permet de mieux conserver, en préservant les documents originels, et de mieux faire connaître grâce à des consultations en ligne qui sont gratuites.
C’est un travail très long et très délicat. Une entreprise japonaise qui occupe une place remarquable parmi les spécialistes de la numérisation a mis à disposition de la Bibliothèque 50 scanners et le personnel nécessaire pour les faire fonctionner et former les collaborateurs locaux. Cela représente un budget de 19 millions d’euros, qui a été attribué pour réaliser une œuvre humanitaire.
L’intérêt suscité par la richesse de ces ouvrages permet de nouer des liens avec des pays qui n’entretiennent pas de relations suivies avec le Saint Siège (Iran, Qatar, Chine…). Une université chinoise a manifesté son souhait de numériser les documents chinois ; il a été convenu d’accepter cette opération aux frais de la dite université et à la condition que les documents numérisés fassent l’objet en Chine d’une exposition commune avec le Saint Siège.

M. Christian Brégeon : a demandé s’il ne convenait pas de relativiser le terme «secret» pour ces archives ?
R : Depuis la moitié du XIXe siècle, les archives sont publiées après un délai de 60 à 70 ans, à l’exception des documents qui concernent des personnes privées. C’est le Pape qui donne l’autorisation, actuellement la dernière année qui a été ouverte au public est 1938. Tout ce qui concerne la politique vaticane est accessible. En principe, les congrégations doivent verser au Vatican leurs archives, mais il faut reconnaître que cette transmission n’est pas exhaustive.


- « La chapelle Saint-Thomas à Angers. » par M. Étienne Vacquet
	Lorsque l’Université catholique d’Angers est créée en 1875, Mgr Freppel songe à établir une faculté de théologie dont le doyen serait un dominicain. C’est ainsi qu’en 1877 cet ordre, arrivé pour la première fois en Anjou en 1219 mais chassé durant la Révolution, s’installe rue Rabelais. De vastes bâtiments sont élevés mais les lois contre les congrégations à partir de 1880 ne permettent de construire qu’une modeste chapelle. En 1897, un nouvel édifice est élevé sous le vocable de Saint-Thomas : il présente l’une des synthèses les plus abouties de l’architecture religieuse Plantagenêt. Après des études attentives, l’architecte Adrien Dubos ose pour la première fois restituer l’audacieuse voûte, malheureusement détruite depuis le début du siècle, de l’abbatiale Toussaint, mais en l’adaptant aux lieux, tant pour le chœur que pour le transept. Bien au-delà d’un pastiche, il montre un goût original pour la polychromie de la pierre, sans pour autant introduire de peintures murales, et une dextérité remarquable pour la sculpture, notamment végétale. À partir de 1928, un ensemble de vitraux vient rehausser l’ensemble : en abandonnant le principe du vitrail tableau comme du vitrail archéologique, les verrières révèlent une nouvelle interprétation de l’art médiéval adapté à un dessin contemporain. Le sort de cette chapelle fut incertain pendant plusieurs années avant que sous l’impulsion de Mgr Bruguès et de l’abbé Portier, elle ne soit récemment restaurée et serve désormais de chapelle aux étudiants de l’Université catholique.

	Le président a remercié l’orateur de sa communication, qui était riche d’une très bonne documentation sur l’histoire et sur les caractéristiques architecturales de la chapelle Saint-Thomas, dont Mgr Bruguès avait décidé de la rénovation, en tant que chancelier de l’Université catholique de l’Ouest.


Extraits des dÉbats 

M. Christian Brégeon : Il s’agit de l’expression la plus tardive de l’art gothique, mais il n’a pas été reproduit après. Pourquoi cette forme d’art a-t-elle été abandonnée ? 
R : Il y a un parallèle à faire entre l’art gothique du XIIIe siècle angevin et l’art néogothique. Cette forme d’art avec une clé de voûte en berceau nervé est la dernière expression du gothique angevin qui s’arrête en 1250. A partir de ce moment, il n’y a plus d’église à construire et très peu de couvents viennent s’installer. La dernière église néogothique construite à Angers est Saint Antoine. La première guerre mondiale va remettre en cause beaucoup de choses et faire naître de nouvelles conceptions, notamment avec les chantiers du Cardinal, à Paris, qui vont donner un grand mouvement d’élan ; on adoptera de nouvelles formes d’esthétique. Cette période n’est pas néanmoins la fin des constructions religieuses en Anjou, un grand nombre de chapelles a été édifié entre les deux guerres. Notamment la chapelle des servantes des pauvres, rue chèvre. Le béton est un matériau possible pour inventer de nouvelles formes et l’architecture gothique favorise son emploi en raison de son élancement qui permet l’usage de poteaux très minces.
L’orgue de la chapelle est compliqué, car il a été fait avec différents jeux trouvés à droite et à gauche. Il est très développé en nombre de jeux
La chapelle Saint Thomas n’est pas protégée mais, à l’initiative de M. Guy Massin Le Goff, un secteur sauvegardé pourrait voir le jour dans le quartier, ce qui permettrait le classement de l’édifice. 
En fin de séance, le président a invité tous ceux qui avaient participé à la préparation du colloque sur « les lieux de culte angevins, leur passé et leur avenir » à venir à la réunion de l’ensemble des groupes de travail prévue le vendredi 14 novembre à 14h. Le colloque se tiendra les 29 et 30 mai 2015.





Carnet de l’Académie

Élections
Appel à candidature au fauteuil de titulaire : les membres associés qui souhaitent déposer leur candidature doivent le faire avant le 14 novembre 2014
		

Prochaines communications

Vendredi 21 novembre 2014
14h30 : Séance organisée à l’Ecole du Génie, 106 rue Eblé, 49000 Angers
Commémoration du centenaire de 1914 
Ouverture par le général commandant de l’Ecole du Génie, le président de l’Académie et le professeur Jean-Pierre Bois)
- « Les débuts de la guerre » par M. Geoffroy Ratouis
- « Les soldats à l’ambulance de Torfou, 1914-1918 » par Mme Marie-Claude Guillerand
- « L’escadrille La Fayette, 1917-1918 » par M. Michel Garreau de Labarre
Brèves 	
- «  Reims, 1er septembre 1914 : Les palmes qui sauvent » par M. Jean Morlong
- «  Septembre 1914. Les combats du col de la Chipotte » par M. Jacques Maureau
Visite du Musée du Génie dirigée par M. Jean-Pierre Bois


Vendredi 28 novembre 2014
15h00 : Séance privée
16h00 : Séance publique organisée par la Section Sciences Humaines et Sociales
« L’esthétique musulmane arabo-persanne »
 par M. Jacques Keryell
« La saga des Combier, une famille originaire du Mâconnais installée dans le Saumurois depuis 1834.»
 par Mme Jeanne Duval-Legoff
« Charles Ménière (1816-1887) frère de Prosper et historien des pharmaciens d’Angers »
 par Mme Josette Fournier



Colloque sur « Les lieux cultuels »

Pour faire le point sur l'état d'avancement des travaux en vue de la préparation du Colloque du 29 et 30 mai 2015 une réunion aura lieu vendredi 14 novembre 2014 à 14h00 à l'Académie.

RÉunion de Section 

Sciences Économiques et Sociétales 
Vendredi 07 novembre, de 14h00 à 15h45 (salle 201)


DÉcÈs : 
Nous avons appris le décès de Mme Madeleine Ginoux de Fermont, membre associé depuis 1993. L’Académie exprime sa vive sympathie à sa famille. 













Olivier d’Ambrières 
Secrétaire Général

Directeur de la Publication : Jean-Claude REMY.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal octobre 2014							      Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
Site Web: www.academie-dangers.com
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