BULLETIN NOVEMBRE 2018

 
Le secrétariat sera fermé du mardi 27 novembre au mardi 03 décembre inclus 


L’Académie tiendra séance les :



Vendredi 23 novembre 2018
Archives départementales
                                                                                    106 rue de Frémur
                                                                                                        49000 Angers

A partir de 9h00
                                                            Colloque organisé par la Section Histoire 
Thème : « La grande guerre »




Vendredi 14 décembre 2018
Hôtel de Livois

Exceptionnellement
Séance publique à 15h00 :

Séance publique organisée par
la Section Sciences de la Vie

Thème : « De la nature aux médicaments »





SÉANCES DU 26 OCTOBRE 2018

Sont prÉsents 
Mme Monique ASTIÉ, M. Robert AUDOIN, M. Jean-Pierre BOIS, M. Georges CESBRON, M. Daniel COUTURIER, M. Daniel GRUAU, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, M. Serge LE POTTIER, M. Jean-Marie LIMAL, M. Jacques MAUREAU, M. Bernard RICHE.   membres titulaires

. Michel VAISSIER,   Mmembre HONORAIRE

M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Daniel BLOUIN, M. Philippe BONEF, Mme Jacqueline CLAIS-GIRARD, M. Augustin de BÉTHUNE HESDIGNEUL, M. Philippe de FRESNAY, M. Benoît DELTOMBE, M. Joël DRÉAN, M. Yves DURAND, M. Alain FOUGERAY, M. Michel GARREAU de LABARRE, M. Rémy GERNIGON, M. Michel GUILLANEUF, Mme Claude GUILLEMAIN, M. René JAMES, M. Jean MORLONG, M. Scévole POCQUET de LIVONNIÈRE, Mme Jocelyne RENOU, M. Dominique RICHARD, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Luc SIMON, M. Philippe TARDY-JOUBERT, M. Rémi THUAU, Mme Marie-Claire VIAU-BLOUIN,   membres associÉs.

S’Étaient fait excusér :
M. Olivier d' AMBRIÈRES, M. Yves BARTHET, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Lionel COUPRIS, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Joseph GIBOIN, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Gérard LESAGE, M. Jacques MAILLARD, M. Guy MASSIN-LE GOFF, Mme Joëlle REMY, M. Jean-Claude REMY, M. Pierre SCHMITT, M. François-Michel SOULARD, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, Mme Christine STULLU-DERRIEN, M. Jacques THOMAS, M. Etienne VACQUET,   membres titulaires. 

M. Georges TIRAULT,   membre EMERITE
M.Jacques SAILLOT,   membre HONORAIRE

M. Max BARAT, M. Pierre-Marie BETTON, M. Jérôme BODIN, M. Raphaël BODIN, M. Roger BOISSEAU, M. Gilles BOURDOULEIX, M. Pierre-Louis BOYER, Mme Laurence CHARVOZ, M. Michel DANIN, M. Paul FALLET, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Jean-Louis GIARD, M. Robert GUIDOUIN, Mme Denise LAMAISON, M. Denis LEIBER, Mme Françoise MARMIN, M. Roger MASSÉ, Mme Sylvette ROBSON, M. Philippe ROCQUET, M. Désiré Eugène SOUILLARD, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, M. Guy TRIGALOT, M. Michel VILLEDEY,   membres associÉs. 


SÉANCE PRIVEE DU 26 OCTOBRE 2018

L’Académie a la joie d’accueillir pour cette séance, M. Michal Burda, ami tchèque et invité de notre confrère M. Daniel Couturier. Habitant Prague, il a fait les Beaux-Arts, une école de langue et exercera dans cette même ville en tant que graphiste indépendant. Féru d’histoire, il fut ami de Václav Havel.

Cette séance privée sera littéraire, à la grande joie de notre confrère M. Daniel Couturier qui aura tout le loisir de présenter plusieurs ouvrages. 
Les Mémoires de l’Académie d’Orléans, Agriculture, Sciences, Belles-Lettres et Arts, année 2017 VIe série : tome 27, édités en 2018, sera le premier. Publiés au format « A4 », ces mémoires sont remarquables tant par la qualité de la reliure, par les illustrations que par la clarté de l’impression. Notre confrère s’attardera sur la communication de M. Patrick Villiers sur « Du Portail et La Fayette en 1777, deux exemples d’engagements pour la guerre de l’Indépendance américaine ». Si La Fayette est bien connu, le premier l’est beaucoup moins, et pourtant il fut général dans l’armée américaine, fondateur du corps du Génie des États-Unis, et deviendra même l’un des derniers ministres de la guerre de Louis XVI. Tous deux sont au service du Congrès des Etats-Unis en révolte contre la Grande-Bretagne. Ils portent l’uniforme américain tout en restant français. 

	Duportail, le nom semble s’orthographier des deux manières, est neuvième d’une fratrie de dix enfants, né à Pithiviers en 1743 dans une famille anoblie par charge, et vivant dans un relatif dénuement. Il entre au Corps Royal du Génie en 1762 et participe à la rédaction de l’ordonnance royale du 31 décembre 1776 destinée à le réorganiser. Suite à la déclaration d’Indépendance du 16 août 1776, nous retrouvons Beaumarchais, chargé par le Roi de fournir armes et équipements aux Insurgents par le biais d’une société déguisée. Commencent alors le recrutement d’officiers français. Le 29 décembre, Duportail rencontre Benjamin Franklin et lui propose sa candidature au titre du recrutement des quatre officiers du Corps Royal du Génie que demande le Congrès. Ayant obtenu l’agrément du Roi, il rejoint Saint-Domingue, Beaumarchais n’ayant alors plus de navire disponible allant vers les côtes des futurs États-Unis. Duportail deviendra ensuite conseiller militaire privilégié de Washington, et aura un rôle organisationnel et exécutif décisif dans la bataille de Yorktown où il retrouvera La Fayette. 
L’auteur parle alors de La Fayette, de son recrutement puis du Comte de Broglie, ancien directeur du cabinet secret du Roi Louis XV, farouche opposant aux anglais, et frère puiné du Maréchal du même nom. Le Comte fut présent aux côtés du père de La Fayette lorsque celui-ci fut tué à la bataille de Minden en 1759. Broglie est un personnage clé dans l’engagement de la France lors de la guerre d’Indépendance, et c’est par l’état-major qu’il a créé pour cette future campagne, que La Fayette rencontre Silas Deane. C’est encore le Comte de Broglie qui a organisé le voyage de la Victoire, fameux premier navire de La Fayette qui lui permettra de rallier le Nouveau Monde. La famille Noailles achètera la cargaison dont la revente financera la campagne de La Fayette de 1777 et 1778, chose à laquelle pensait bien le navigateur… Tout le bénéfice qu’il fera dans cette expédition sera réinvesti dans son engagement aux côtés des Insurgents de 1777 à 1778.
	
M. Couturier nous présente ensuite l’ouvrage de M. Daniel Gruau, membre titulaire, sur Henri-Pierre Delaage : général, baron d'Empire et botaniste paru en 2017. C’est lors de ses recherches sur les belles demeures de Saint-Barthélemy-d’Anjou, que notre confrère, auteur de pas moins d’une vingtaine de monographies à ce sujet, découvre le château de Vaugoyeau qui abrite actuellement l’École d'ingénieurs en Informatique et Environnement (ESAIP). Le général d’Empire Delaage y vécut et y fut enterré ainsi que sa famille. M. Gruau décrit avec rigueur, clarté et précision la vie de ce personnage historique et pourtant méconnu, qui fut présent à Verdun, Valmy, Maastricht, Valenciennes de même que dans les campagnes de la Grande Armée : Italie, Autriche, Espagne, Russie. Il sera créé baron de Saint-Cyr par Napoléon en 1808, et général de brigade seulement en 1812 peut être du fait qu’il n’ait pas fait d’école militaire dira l’auteur. Il ajoute à cela son franc parler et son tempérament impétueux qui pouvaient faire obstacle à un avancement rapide. Il est décrit néanmoins comme humain, généreux et sûr dans ses missions, bien qu’il garde sur la conscience quelques milliers de vendéens et nombre d’autres ennemis de la France de l’époque. Également botaniste il devient membre de la Société d’Agriculture Sciences et Arts d’Angers en 1828, y communique ses travaux sur la vigne, et propose même une nouvelle méthode de greffe sur les roses. Il créera pas loin d’une cinquantaine de variétés de roses dans les dernières années de sa vie dont une, encore commercialisée : Assemblage de Beauté. On garde encore de lui un médaillon exécuté par David d’Angers.
	
Le troisième ouvrage présenté est le Bulletin 2016-2017 de l’Académie des Sciences, Agriculture, Arts et Belles-Lettres d’Aix. Remarquablement relié, illustré et contenant nombre de communications très intéressantes, notre confrère retiendra en particulier celle de M. Jean-Marie Roux, professeur agrégé honoraire d’histoire, intitulé « Voyageur et pèlerin : Bartolomeo Fontana à Compostelle en 1539 ». Ce voyageur laissera plusieurs récits de ses différentes pérégrinations notamment à Rome et à Compostelle. Il s’agit certainement d’un des plus anciens manuscrits du genre, conservé aujourd’hui dans le fonds de l’Université de Pennsylvanie et publié en 1995 par Roberto Melzi. Rempli de détails personnels, voire intimes, ce récit paraît plus intéressant que celui du même Bartolomeo Fontana publié et imprimé à Venise en 1550, qui fut expurgé pour être destiné au futur pèlerin. Ce dernier cité est enrichi de nombreuses références livresques : étymologie, mythologie, archéologie, culture populaire, histoires saintes, etc. pour en faire une sorte de « Guide Bleu » avant la lettre. Le pèlerinage à Compostelle de 1539 étudié ici par M. Roux, fut long de plusieurs milliers de kilomètres, pénible voire périlleux comme nous pouvons nous en douter. Il faut affronter pluie, neige, tempêtes, maladies et mauvaises rencontres. Notre pèlerin est bien entendu à la recherche de Dieu, et espère le Salut garanti par la visite, en chemin, du plus grand nombre de lieux sacrés. Il est curieux de tout, mais ce sont les reliques qui l’intéressent le plus, car ces témoignages, véritable catéchèse, permettent « de revoir la vie et les miracles du Christ et de les authentifier » nous dit l’auteur. Parmi les différents exemples qu’on retrouve dans le texte, on croise même une urne de Cana à Oviedo… De quoi sans doute éveiller la curiosité de notre confrère M. Vaissier ayant étudié celle d’Angers !
	
Notre président ayant donné « carte banche » à notre confrère M. Couturier, et nous n’allons pas nous en plaindre, il nous présente maintenant l’ouvrage fraîchement imprimé cette année, de notre confrère Luc Simon : Mille et un Châteaux du Maine-et-Loire, dans les années 1900. Évocations à partir de cartes postales anciennes, paru aux éditions du Petit Pavé. L’auteur a collectionné et réuni un grand nombre de cartes postales représentant de nombreux châteaux de notre belle province, et l’idée germera de composer un livre thématique réunissant deux critères : la date de 1910 et la présentation des châteaux par ville ou village classés par ordre alphabétique. En quelque sorte dans la veine de feu notre confrère André Sarrazin qui avait publié Manoirs et gentilshommes d’Anjou, Farré et fils, 1965 à la différence que celui-ci illustrait les monuments de sa propre main. Pourquoi une telle passion pour les châteaux angevins ? Dans la préface, notre confrère confie avoir passé une partie de sa vie dans trois d’entre eux, au Manoir du Verger à Écouflant, au château de la Bouteillerie à Brain-sur-l’Authion et au petit château de Bois-l’Abbé à Angers. 
Bien des gens se passionnèrent pour la photographie autour de 1900. Cet art nouveau et fascinant fut surtout exercé par les bijoutiers dans nos villes et villages. Ils cherchaient tout ce qui paraissait digne d’être conservé et diffusé. Apparues dès 1873, les premières cartes postales, austères et sans dessin, furent éditées par l’administration des postes. En 1889, la carte illustrée apparaît, représentant dans un coin, la tour Eiffel. L’engouement est au rendez-vous et atteint son âge d’or entre 1900 et 1920. Ce superbe témoignage illustré que nous donne notre confrère, nous fait constater l’immense travail de restauration, d’agrandissement ou de construction du XIXe siècle qui se devait d’être immortalisé par leurs propriétaires au moyen de la carte postale… À l’époque ces cartes, reproduites dans le livre de M. Luc Simon faisaient rêver et voyager, maintenant elles nous font toujours voyager, mais dans le temps.
	
Il reste quelques minces minutes à M. Couturier pour la présentation des Enfants de la guerre, une historie vraie paru aux éditions Saint Léger, collection Quint’feuille, cette année. Pour une fois l’auteur, notre consœur Madame Morelle, membre titulaire honoraire, livre une histoire personnelle illustrée de photos émouvantes, et non plus un roman. Le récit d’une partie de sa vie et les conséquences du drame du décès de son père, le capitaine Manie, héros de la guerre 14-18, mort pour la France le 15 juin 1940 en défendant une ligne de front. Ce fut un des derniers combats de la Bataille de France. Sa mère sombra alors dans une dépression profonde qui durera cinq années. À partir de cette date elle ne portera que la couleur du deuil et l’imposera également à ses filles, qui seront surnommées à l’école « les corbeaux ». Mais cette tristesse n’empêcha pas la veuve du capitaine de recevoir en 1942 des personnes poursuivies par les Allemands comme le chef de l’état-major du général de Lattre de Tassigny avec femme et enfants, ainsi que des familles juives alors que la Gestapo occupe le premier étage de l’immeuble… L’auteur garde bien vivant le souvenir d’un Paris occupé pendant cinq années, défiguré par les croix gammées flottant sur tous les monuments. Elle n’oublie pas non plus les privations, les libertés restreintes, la faim, le froid et la peur… puis fait place à sa plus belle image de la guerre lors de la Libération en juin 1944 : « sur la pelouse envahie du Cours-la-Reine, leur mère couvrant ses deux petites filles de son corps, tandis que résonne le roulement des chars d’assaut de la 2e DB magnifiée par la sonnerie des clochers mêlée aux crépitements de la fusillade… ». 
Pour la première fois, notre consœur, biologiste, auteur d’une douzaine d’ouvrages et musicienne ayant enregistré trois albums d’orgue liturgique, écrit à la première personne dans un style clair et dynamique. « La biologie développe la justesse de ses observations psychologiques ou même physiologiques, la musique apporte sa part de poésie et d’émotion », nous dit notre confrère M. Couturier. Ce livre sera suivi d’un autre reprenant l’ensemble de sa carrière, faits et gestes de nombreuses personnes rencontrées mais aussi de ses sentiments intimes, qui fera de cet ouvrage à venir, un témoignage d’une grande humanité.

SÉANCE PUBLIQUE DU 26 OCTOBRE 2018

La séance publique commence par la réception de Madame Clais comme membre associée, parrainée par le professeur Maillard ainsi que par M. Couturier, et sera présentée par ce dernier. Universitaire, professeur émérite de l’université d’Angers, notre consœur est spécialisée en civilisation britannique. Elle remercie les académiciens de leur accueil et le président, après quelques mots fort à propos, lui remet les cadeaux traditionnels de bienvenue : une brève histoire de l’Académie ainsi que les Mémoires de l’année dernière. 

- « Hervé Bazin : poète » » par Mme Jocelyne Renou
Cette communication de la première partie de la séance, constellée de divers poèmes récités d’Hervé Bazin, est un hommage à l’auteur fait par Madame Renou et deux membres d’ECCLATS, association fraîchement récompensée par le Prix de la Vocation de l’Académie. Surtout connu comme romancier, on oublie parfois qu’Hervé Bazin fut d'abord poète et le restera toute sa vie. Il a publié, plusieurs recueils de poésie dont quatre entre 1947 et 1991, qu’il a jugé suffisamment importants pour les regrouper en un seul volume en 1992 : Oeuvre poétique, aux éditions du Seuil. Il décrit le quotidien avec finesse, précision et peint les êtres tels qu'il les voit comme dans les poèmes « Le petit coq », « Sur la table » ou « Petit bruit nocturne ». Le regard est souvent acide et il ne s'épargne pas. Il obtiendra le grand prix de l’humour noir en 1967. Derrière l'humour avec « Télé », « Qui ? » ou « Dans la sacoche », on devine la souffrance mais aussi son humanité voire sa tendresse.
Des poèmes très courts voisinent avec de longs cris de colère. Cependant il ne désespère pas et s'implique dans divers combats notamment pour la paix : « Le temps continue ». 
	
	Si les romans ont donné lieu à de nombreuses traductions, l'œuvre poétique restait en attente. Aussi l'Association ECCLATS a-t-elle proposé huit poèmes à sept traducteurs. L'ensemble a donné lieu à un recueil imprimé par Les Lyriades de la langue française. Un exemplaire a été remis à l'Académie et nous avons entendu sept traductions du poème « Enseignement » : en allemand, anglais, arabe, espagnol, italien, roumain, swahili. L’Académie lui réservera la surprise de le traduire lors de cette séance, sur le vif, en tchèque, grâce à M. Birda.

« Enseignement » extrait de Torchères

Ce que j'en souhaite
Enfeuillerait tout un arbre.
Ce que j'en sais
N'est déjà plus que branche.
Ce que j'en dis
Se réduit à la pomme.
Ce qui s'en garde
N'est vraiment qu'un pépin...
Mais le pépin, parfois,
Peut refaire un arbre.


	Lors de cette séance, « Les Lyriades de la langue française » était représentée par Madame Six qui a prononcé quelques mots à propos de cette association angevine toute dévouée à la langue française, comme son nom le laisse entrevoir.

	
- «La sonnerie aux morts » par M. Jean Morlong
	Notre confère M. Jean Morlong, nous conte une belle histoire qui lui a été transmise par un membre de sa famille : durant la guerre de Sécession, un capitaine nordiste serait à l’origine de la sonnerie aux morts. En 1862, il entend, pendant la nuit, au milieu du champ de bataille, des gémissements d’un moribond. Le cœur meurtri, il se met à la recherche de cet homme rendant l’âme, et découvre au milieu des décombres… un sudiste. Qu’importe, sa bonté ne pouvant le laisser agonir au milieu de ce triste spectacle, il le ramène et découvre que cet ennemi n’est autre que son propre fils… Celui-ci étudiait la musique dans le sud lorsqu’il s’enrôla sans faire part de son engagement à ses parents. Il mourra dans ses bras. Le capitaine demande alors la permission de rendre les honneurs et funérailles militaires à cet ennemi du Nord et, compte tenu de son chagrin, sa hiérarchie accepte. Cependant cet hommage ne pourra être accompagné de la musique de l’Union, mais uniquement du clairon. La fameuse musique sera composée à cette occasion.
C’est magnifique, nous sommes tous émus, et notre confère nous rappelle bien rapidement à la réalité en nous annonçant que tout ceci est faux ! Il s’agit d’une rumeur colportée par internet, nommée communément « hoax », terme emprunté à nos voisins anglo-saxons, à faire bondir un académicien. Cette histoire sera même reprise par une revue militaire !
M. Morlong s’est donc intéressé plus sérieusement à l’origine de la sonnerie aux morts qui remontrait au XVIIème siècle, durant la guerre anglo-néerlandaise. Retentissait au coucher du soleil du côté hollandais, le Taptoe (prononcer « taptou »), sonnerie qui signalait la fin de la journée et l’ordre de fermer les robinets des tonneaux de bière, doe den tap toe en néerlandais, pour regagner le campement.
Inspirés par le taptoe, les Anglais créèrent plusieurs sonneries dont le Last Post qui devint la sonnerie aux morts réglementaire en usage dans les armées britanniques et du Commonwealth. Le Last Post est toujours joué à Ypres, en Belgique, depuis 1928, façon pour cette ville d’exprimer sa gratitude envers ces derniers qui se sont sacrifiés pendant la Grande Guerre pour la sauver.
Lors de la guerre de Sécession, le général Butterfield, de l’armée de l’Union, soucieux de vouloir modifier le cérémonial existant pour les soldats tués au combat, griffonna quelques notes d’une sonnerie entendue chez les anglais, qu’il baptisa tatoo. Après avoir fait jouer sa composition, on lui fit remarquer qu’elle se rapprochait du taptoe d’origine hollandaise. Trouvant le mot difficile à prononcer, il le réduisit à « taps ». Quelques mois plus tard le taps était interprété aux funérailles militaires.
La sonnerie aux morts française est plus récente, et les poilus tués au combat comme ceux décédés des suites de leurs blessures avant les années trente ne l'entendirent jamais, puisqu'elle fut composée après cette année-là. À son origine se trouve le général Gouraud, gouverneur militaire de la place de Paris, qui rédigea une circulaire dans laquelle il disait désirer compléter le cérémonial par une sonnerie nouvelle dite "Aux Morts". Il avait été frappé, en assistant à des commémorations américaines ou britanniques, par l'impact de la sonnerie sur l'assistance : les hommes en uniforme se mettaient au garde-à-vous et saluaient tandis que ceux en civil plaçaient leur main droite sur le cœur.  Le général Gouraud demanda au commandant Pierre Dupont, chef de musique de la Garde Républicaine de lui soumettre une pareille sonnerie. Le commandant s'inspira de la sonnerie aux morts américaine et composa la sonnerie française. Musicalement, les deux airs sont similaires quoique le français ait un rythme un peu plus rapide et comporte un roulement de tambours. Le morceau est plus court que son homologue américain.
La sonnerie aux morts française fut exécutée pour la première fois le 14 juillet 1931 sous l'Arc de Triomphe en présence du Ministre de la Guerre, André Maginot. Le Général Giraud lui proposa sur le champ qu’elle devienne réglementaire, en prélude à une minute de recueillement en silence en mémoire des soldats tombés au champ d’honneur. L'année suivante, Joseph Paul-Boncour devenu nouveau ministre de la guerre la rendit effectivement réglementaire, elle dont la symbolique était porteuse de tant d'émotions.
Notre confrère fera alors écouter les différentes sonneries à une assemblée bien vivante.




SÉANCE PUBLIQUE DU 9 NOVEMBRE 2018

Sont prÉsents 
M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Robert AUDOIN, M. Yves BARTHET, M. Jean-Pierre BOIS, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Georges CESBRON, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Joseph GIBOIN, M. Daniel GRUAU, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, M. Georges LE GUILLANTON, M. Serge LE POTTIER, M. Gérard LESAGE, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques MAUREAU, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, M. Alain SAULNIER,   membres titulaires

membre EMERITE
M. Michel VAISSIER,   membre HONORAIRE

M. Patrick BARBIER, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Pierre-Louis BOYER, M. Jean Claude BROUILLARD, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Dominique CHARBONNEL, M. Jean Paul DARDUN, M. Augustin de BÉTHUNE HESDIGNEUL, M. Philippe de FRESNAY, M. Hervé de GOUYON, M. Benoît DELTOMBE, M. Marc du POUGET, M. Yves DURAND, M. Alain FOUGERAY, M. Rémy GERNIGON, M. Jean-André GOUYETTE, M. Michel GUILLANEUF, M. Gildard GUILLAUME, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Yannick GUILLOU, M. Gérard JACQUIN, M. Marcel KEIFLIN, Mme Denise LAMAISON, M. Denis LEIBER, Mme Françoise LIZÉ-DUBOIS, M. Jean MORLONG, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Jean-Claude PAVION, M. Michel PENNEAU, M. Scévole POCQUET de LIVONNIÈRE, M. Dominique RICHARD, M. Christian ROBIN, M. Jean-Marc SEGUIN, M. Luc SIMON, M. Philippe TARDY-JOUBERT, M. Guy TRIGALOT,   membres associÉs.

S’Étaient fait excusér :
M. Daniel COUTURIER, Mme Margreet DIELEMAN, Mme Marie-Claude GUILLERAND, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, Mme Catherine LESSEUR, Mme Joëlle REMY, M. Pierre SCHMITT, M. François-Michel SOULARD, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Jacques THOMAS,   membres titulaires. 

M. Georges TIRAULT,   membre EMERITE

M. Max BARAT, M. Michel BERNARDIN, M. Jérôme BODIN, M. Raphaël BODIN, M. Roger BOISSEAU, M. Philippe BONEF, M. Gilles BOURDOULEIX, Mme Laurence CHARVOZ, M. Joël DREAN, M. Paul FALLET, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Robert GUIDOUIN, M. Julien KILANGA, M. Roger MASSÉ, M. Jean ROBERT, Mme Sylvette ROBSON, M. Philippe ROCQUET, M. Désiré Eugène SOUILLARD, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, M. Michel VILLEDEY,   membres associÉs. 

- « Gaston Leroux et la Presse » par M. Christian Robin 

Nous fêtons cette année les cent-cinquante ans de la naissance de Gaston Leroux, le célèbre auteur du Fantôme de l’Opéra, du Fauteuil Hanté ou encore du Mystère de la Chambre Jaune et du Parfum de la Dame en Noir ; créateur des fameux personnages Rouletabille ou Chéri-Bibi… Si son œuvre est encore très populaire, et régulièrement adaptée, il connut le succès de son vivant grâce à la presse où il fut reporter, milieu avec lequel il entretenait des liens amicaux, et où ses romans paraissaient en feuilletons. Précoce, doté d’une solide culture, il nourrissait un grand attachement au patrimoine littéraire. Il collectionnait Platon, Corneille, Musset, Hugo, Verlaine… Tant d’auteurs qui ont enrichi son goût littéraire. Il aimait particulièrement Pierre Benoît, qui fut académicien, Roland Dorgelès, journaliste et écrivain, et bien entendu Balzac.
Il naît à Paris, et fait ses études au collège d’Eu, côtoyant ainsi le prince Philippe d’Orléans, son père supervisant les travaux du château. On retrouvera d’ailleurs ce collège chez Rouletabille, lui aussi reporter. Leroux s’insurgera de l’exil forcé des anciennes familles régnantes françaises. Juriste de formation, il obtient sa licence et ses premiers essais sont accueillis par la revue Lutèce où sévit notamment Verlaine. À vingt ans, il écrit sa première nouvelle. Il prête le serment d’avocat en 1890, profession qu’il exercera quelques années. Il choisira bien entendu la correctionnelle, et s’ouvrira petit à petit au journalisme. 1894, la bombe de l’anarchiste Auguste Vaillant explose en pleine séance de la Chambre des députés. Leroux en fera le compte-rendu pour le Journal de Paris, ce qui lui vaudra une admission dans l’Association de la Presse Judiciaire Parisienne. Quand Émile Henry passe à l’acte, Le Matin lui offre la chronique judiciaire qu’il gardera dix années, et suite à l’exécution de cet anarchiste, il sera défenseur de l’abolition de la peine de mort. Il prend à cœur son métier, fait de l’originalité dans ses investigations, n’hésitant pas à se faire passer pour criminel afin d’intégrer des cellules carcérales. Il obtiendra de ce fait des portraits bien définis et des témoignages directs. En 1897, il est retenu pour suivre le président Félix Faure en Russie, s’ensuivent plusieurs grands voyages officiels, jusqu’à l’accompagnement de la dépouille du président Sadi Carnot. Il connaît une grande renommée, vient à signer de grands reportages lucratifs, mais reste toujours quelque peu aux abois par amour du jeu… Il publie des recueils de chroniques, reçoit la légion d’honneur en tant que journaliste, se fait de plus en plus remarquer par des reportages au plus près des personnes qui ont vécu les aventures relatées : l’expédition qui conquiert le Pôle Sud en est un exemple. Il fait plusieurs voyages en Russie, au Maroc en fréquentant toutes les couches sociales. À quarante ans, il a déjà un cursus hors norme, appliquant sans relâche ce qu’il considère comme les sept qualités principales du journalisme : « voir, entendre, savoir, retenir, deviner, choisir, écrire » … Dès 1920, il évoque les Sports d’Hiver alors peu développés. Il se sacrifiera lui aussi à la mode des interviews très en vogue à l’époque.
Écrit en deux mois, Leroux - auteur sortira le Mystère de la Chambre Jaune en 1907 dans le supplément littéraire de L’Illustration. Rivalisant notamment avec Conan Doyle c’est sans surprise que l’on retrouve le monde journalistique dans ses romans. Le parallèle avec Tintin chez les Soviets est mis en avant par notre confrère. Le succès de Rouletabille est au rendez-vous, Cocteau en écrira même la préface.
Sur les trente-deux romans de l’auteur, tous ont été diffusés sous forme de feuilletons, dont la moitié dans Le Matin. Et notre confrère nous raconte que lorsque Leroux terminait un ouvrage, il ouvrait la fenêtre et tirait un coup de révolver, c’est alors que tout son voisinage faisait du bruit pour fêter l’évènement. L’auteur, souvent caricaturé, intéressa beaucoup de critiques dont Léon Blum.
Il fut aussi contemporain du cinéma muet naissant et du « cinéroman », film à épisodes. Il en écrira plusieurs, notamment Rouletabille chez les bohémiens qui sortira aussi en fascicule. En 1920, Le Fantôme de l’Opéra devient un film avec Lon Chaney, et sa sortie est évidemment relayée par la presse… Gaston Leroux mourra quelques années plus tard, en 1927.
La communication qui dévoilait un aspect moins connu de l’auteur fut applaudie par les auditeurs, et quelques questions suivirent, notamment : Gaston Leroux est-il toujours lu ? Notre confrère répondra positivement, en arguant qu’il est toujours publié en Livre de Poche. Une autre question, bien à propos, voire « piège », fut posée par un confrère malicieux à un auditeur journaliste justement présent à cette séance pour un article dans un journal local : Les qualités essentielles du journaliste citées par Leroux sont-elles les mêmes aujourd’hui ? Si elles le sont toujours actuellement, il n’en est pas pour autant facile de les appliquer, même si le métier tend toujours à les atteindre, répondra l’intéressé. L’assemblée fut ainsi rassurée ce qui permit à chacun de se préparer à la stratégie du général Haxo.
 

- « Le général Haxo (1774-1838) un successeur de Vauban» par M. Yannick Guillou

Si nos confrères militaires n’étaient pas tous au premier rang lors de cette communication, ils l’étaient bien par l’esprit, tout à l’écoute de notre confrère M. Yannick Guillou. Celui-ci est auteur de deux ouvrages concernant le général d’Empire Nicolas Haxo, le premier Nicolas Haxo, un général vosgien en Vendée à la poursuite de Charette, paru aux éditions Edhisto en 2009. Le second, paru en 2015 aux mêmes éditions ne s’intitule autrement que cette communication. 
Pour François, Nicolas, Benoît Haxo « La fortification n’est pas une science mais un art », et il l’exercera de la Révolution à la Monarchie de Juillet en passant par l’Empire dans deux principaux domaines : les sièges et les fortifications.
Il naît à Lunéville en 1774, d’une famille de la bourgeoisie lorraine. Son père est maître particulier de la Maîtrise Royale des Eaux et Forêts, tandis que sa mère est fille du premier valet de Chambre de Stanislas, Roi de Pologne, duc de Lorraine. Il reçoit une bonne éducation au collège de Nancy, puis à celui de Navarre à Paris de 1789 à 1792. Il réussit ensuite le concours d’entrée de l’École d’Artillerie de Châlons-en-Champagne, en sort lieutenant et passe au Génie où il fera toute sa fructueuse carrière.
En 1800, il franchit le Saint-Bernard avec l’Armée de Réserve conduite par le Premier Consul, réalise la forteresse de la Rocca d’Anfo, sur la rive du lac d’Idro et améliore les défenses de la ville de Peschiera à l’entrée du lac de Garde. En 1807, il est envoyé à Constantinople pour renforcer les défenses des Dardanelles. Il se retrouve ensuite en Espagne, face à un peuple révolté, auquel Napoléon entend imposer son frère Joseph comme roi. Durant le siège de Saragosse de décembre 1808 à février 1809, il est chargé par Lannes, de la principale attaque. La ville tombe après cinquante-deux jours de tranchées ouvertes et de combats intra-muros. Il sera nommé colonel quelques semaines après. Viennent Lérida, Mequinenza, il devient alors général de brigade et baron d’Empire en 1810.
Il est rappelé en France sur le front de l’Est, et est affecté à l’armée d’Allemagne de mars 1811 à mars 1812 où il fait de nombreuses inspections à travers la Prusse et la Pologne. En 1812, il participe à la campagne de Russie comme commandant du Génie du 1er corps de Davout. Suite à la débâcle, il rejoint Vilnius et sera nommé général de division. D’un fort caractère, n’hésitant pas à s’opposer à Napoléon et parvenant souvent à le convaincre par la justesse de ses propos, il préfère devenir commandant en chef du Génie de la Garde Impériale plutôt qu’Aide de Camp de l’empereur.
Après le Traité de Tilsit de 1807 aux dépens de la Prusse, Haxo devient gouverneur de Magdebourg, dont il doit améliorer les fortifications et les réserves pour permettre à la ville de soutenir un siège. Il est ensuite envoyé à Kulm, et sera fait prisonnier aux côtés de Vandamme. Il rentre à Paris en 1814, après dix mois de détention, et se voit directement employé par Louis XVIII qui lui donne pour mission une reconnaissance générale des frontières de Belfort à Grenoble. Il en tire un Mémoire succinct sur la frontière de France comprise entre le département des Vosges et celui des Hautes Alpes, reconnu pour sa qualité et ses principes pour la défense du pays en cas de nouvelle invasion. Il expose une stratégie pour une armée défensive et les moyens à mettre en place pour résister à un envahisseur venu des frontières de l’Est. Il développe la nécessité de magasins et de réserves dont il faudrait doter les territoires frontaliers et les sites de l’intérieur. Il précise les routes d’approvisionnement et y décrit la liste des places à maintenir, à renforcer ou à créer.
À l’aube des Cent-Jours, il est nommé Commandant du Génie de Paris. Il propose un endroit pour barrer la route de l’exilé et ainsi retarder sa progression. Mais face à l’opposition des autochtones, il ne peut faire sauter les ponts de Joigny, Montereau et Nogent. Lorsque Louis XVIII quitte le pays en refusant de combattre politiquement et militairement Bonaparte, Haxo se rallie à l’empereur, et lui dira « Sire, je ne pouvais pas être dans deux armées à la fois ». Haxo consolide Paris, devient commandant en chef du Génie de la Garde Impériale, puis sera aux côtés de Napoléon à Waterloo.
Napoléon tombé définitivement et la coalition arrivant dans Paris, Haxo est désigné comme représentant de l’Artillerie et du Génie pour éviter la guerre civile, et négocie à Paris la soumission de l’armée au gouvernement de Louis XVIII. Il sera maintenu en activité sous la seconde Restauration.
À quarante-quatre ans, se décidant à fortifier sa propre famille, il se marie en 1818. C’est alors qu’il se met à sortir dans le monde, tout en continuant à relever les défenses de la France de leurs ruines et à les remettre en état. Il intervient sur la plupart des ouvrages fortifiés du pays, bâtit la bastille de Grenoble et y réalise de nouveaux remparts ; renforce Belfort, restructure Fort l’Écluse en bâtissant le fort haut ; ou encore Besançon, Saint-Omer, Sedan, Salins, Strasbourg, Dunkerque… Il modernise également la représentation topographique en relief, ce qui va le conduire à intervenir dans les nouvelles cartes d’état-major et la « commission de la nouvelle carte de France ». Il y défend le principe de la représentation du relief par hachures dessinées avec des règles établies, pour ne pas laisser libre court au côté artistique du dessinateur... Il laissera un « Mémoire sur le figuré du terrain dans les cartes topographiques » en 1822, qui sera utilisé pendant une centaine d’années.
Il entre au Conseil d’État en 1830, devient Pair de France en 1832 et se distingue la même année au siège et à la prise de la citadelle d’Anvers, qui voit les hollandais se défaire et confirmer la création du jeune royaume de Belgique. Il mourra en 1838.
Ingénieur de transition, il tire le meilleur parti de toutes les techniques de ses prédécesseurs, avec une parfaite compréhension de la topographie du lieu et des frontières. Il conçoit un système défensif le mieux adapté à la situation et au terrain, et pour cela n’hésite pas à visiter les régions voisines pour connaître l’état des forces opposées... Par les nouveaux concepts qu’il élabore et réalise, Haxo fait la synthèse de deux écoles, il associe les idées nouvelles de Montalembert avec les principes antérieurs de Vauban.

	Il va permettre d’accompagner les progrès de l’artillerie et s’inscrit dans l’évolution des systèmes de fortifications qui conduira à ceux de Séré de Rivière (1815-1895), déployés à partir de 1874. Il mettra également au point un nouveau type de front bastionné, les casemates Haxo, chambres couvertes d’une voûte de maçonnerie soigneusement appareillée dégageant une hauteur de trois mètres et faisant quatre-vingt-dix centimètres d’épaisseur. Ces constructions font huit mètres sur quatre et sont protégées sur le dessus par un épais talus de terre. Elles sont ouvertes à l’arrière ou sur le dessus, ce qui permet après le tir du canon d'évacuer rapidement les fumées en résultant. Sur le devant, la tête est pourvue d’une large embrasure à canon, blindée au moyen de madriers de bois durs. Les casemates se juxtaposent souvent par deux et communiquent entre elles. Elles sont emblématiques de l’architecture militaire de cette époque.


Carnet de l’Académie

Cotisations
Le trésorier remercie les consoeurs et confrères qui ont acquitté leur cotisation. Il rappelle aux autres membres, titulaires et associés, que la cotisation doit être versée avant le 31 mars.



Prochaines communications
Vendredi 23 novembre
A partir de 9h00
Colloque organisé par la Section Histoire aux Archives départementales 
Thème : « La grande guerre »
                                                    *Le carton d’invitation et le programme envoyés par voie postale.

Vendredi 14 décembre
	15h00 : Séance publique organisée par la Section Sciences de la Vie 
Thème : « De la nature aux médicaments »





Secrétaire BETHUNE HESDIGNEUL, 
Directeur de la Publication : Jean—Pierre BOIS.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938	 						
Dépôt légal novembre 2018
Nouveau numéro de téléphone	     Tél.   : 02. 41 .39. 13. 61.
                                                                        Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
	                                                                Site Web : www.academie-dangers.fr
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