NOUVEAU NUMERO DE TELEPHONE DE L’ACADEMIE.
02.41.39.13.61



	 L’Académie tiendra séance les : 

Vendredi 27 novembre 2015
Hôtel de Livois

                                                                                            15h00
Séance privée

                                                                                            16h00
Séance publique

Séance organisée par la section Histoire

            - « . L’amitié d’un Roi : Louis XIV et Vauban » par Mme Marie-Claude Guillerand Champenier 

                                    - « . Le Quatorzième en son image   » par Mme Catherine Lesseur 
    


Vendredi 11 décembre 2015 
Hôtel de Livois


                                                                                                16h00
Séance publique

Séance organisée par la section Arts 

                                - « De l'atonalisme à l'abstraction, correspondance, musique et peinture » 
                                Communication à deux voix : M. Jean Mallet et Mme Yvette Dams-Monville.
                                    SCHOENBERG, école de Vienne avec la participation du Quatuor CAPRICCIO 








SÉANCE PUBLIQUE DU 13 NOVEMBRE 2015 

Sont prÉsents 
M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Robert AUDOIN, M. Yves BARTHET, Mme Véronique de BECDELIÈVRE, M. Jean-Pierre BOIS, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Daniel COUTURIER, Mme Élisabeth du RÉau, M. Joseph GIBOIN, M. Daniel GRUAU, Mme Josette FOURNIER, Mme Marie-Claude GUILLERAND, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques MAILLARD, M M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, M. Jacques THOMAS, M. Georges TIRAULT, M. Etienne VACQUET, M. Michel VAISSIER,   membres titulaires

Jacques CHOPIN,   membre titulaire ÉmÉrite 

M. Pierre ALLAIN, Mme Catherine-Maïten AUSCHITZKY, M. Raymond BATTAIS, M. Jean-Louis BEAU, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Yves CADOU, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Dominique CHARBONNEL, M. Lionel COUPRIS, M. Benoît DELTOMBE, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Jacques FERGON, M. Philippe de FRESNAY, M. Gérard GAILLY, M. Michel GARREAU de LABARRE, M. Rémy GERNIGON, M. Jean-André GOUYETTE, Mme Pascale GRÉMONT, M. Gildard GUILLAUME, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Pascal HOUDEMONT, M. René JAMES, Mme Denise LAMAISON, M. Michel LAVÉDRINE, M. Jean-Marie LIMAL, Mme Françoise LIZÉ-DUBOIS, M. Dominique MAILLARD, M. Jean MALLET, Mme Fabienne MARTEAU, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, M. Jean-Claude PAVION, M. Michel PENNEAU, M. Louis de QUATREBARBES, Mme Joëlle REMY, M. Charles-Marie RÉYÉ, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Bernard SARTON du JONCHAY, M. Alain SAULNIER, M. Alexandre SOLER, M. Philippe TARDY-JOUBERT,   membres associÉs.

S’Étaient fait excusér :
M. Georges CESBRON, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, Mme Margreet DIELEMAN, M. Claude FERRAND, M. Philippe PICHOT-BRAVARD, Mme Elisabeth VERRY,   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER,   membre titulaire honoraire 

M. Michel BERNARDIN, M. Pierre-Marie BETTON, M. Jérôme BODIN, M. François BOULÊTREAU, Mme Laurence CHARVOZ, Mme Frédérique DROUET-D'AUBIGNY, M. Grégoire DUVAL, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Jean-Louis GIARD, M. Jean-Luc JAUNET, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Gérard LESAGE, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Jean MORLONG, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Serge QUENTIN, Mme Jocelyne RENOU, M. Jacques RICHOU, Mme Sylvette ROBSON, M. Philippe ROCQUET, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, M. Guy TRIGILOT, Mme Anne de VAUTIBAULT,   membres associÉs. 


	À l’ouverture de la séance publique, notre président Jean-Pierre Bois accueille les membres et annonce l’ordre du jour.
	Il fait part à l’Assemblée du décès de Jean-Pierre Ducommun, médecin, membre associé depuis 2006. Il demande à Christian Brégeon de nous évoquer sa mémoire. Il fut médecin généraliste à Angers. Après des études de médecine commencées à Alger, il les poursuivit à La Roche-sur-Yon. Il y a trois semaines, il retrouvait encore à La Roche ses amis de l’Internat. Atteint d’une maladie incurable depuis plusieurs années, il en suivait la progression régulière et grave. À sa demande, sa sépulture s’est déroulée dans la plus grande intimité. Il laissera le souvenir d’un médecin compétent et humain. Il était engagé dans les organisations de la profession médicale et les groupes de médecins retraités. À la demande de notre président, l’Assemblée se lève et observe une minute de silence.




	Puis ce fut l’intronisation en audience de notre confrère Alexandre Soler, avocat, titulaire d’un doctorat en Histoire du droit consacré à la vie religieuse en Rouergue à l’époque révolutionnaire. Nouveau membre associé, il était entouré de ses deux parrains Pierre Bouvet et Joseph Giboin.

	La parole est donnée à Daniel Gruau, qui présente le travail accompli en suite du colloque sur « les lieux de cultes en Anjou » du mois de mai dernier. Les éditions Saint Léger sont en mesure de produire un livre de 320 pages (dont 32 pages de photos en couleur) reprenant les 25 communications du colloque. 
	Une conférence de presse est programmée le 11 décembre 2015 à 14 H à l’Académie lors de la parution du document. Le même jour à 15 H, opération de dédicace par les auteurs des communications. 	Un bon de réservation au prix de 24 € va être diffusé à tous les membres. Une version papier est disponible.


- « Les Bretons de Trélazé, une immigration franco-française au pays de l'or bleu » par M. Pascal Houdemont
	Pascal Houdemont annonce en introduction que la présente communication est un extrait d’une thèse de doctorat qu’il a soutenue en 2004 à l’Université d’Angers. Certes la Bretagne est rattachée à la couronne depuis 1532 et il peut paraître curieux de parler d’immigration ce qui implique une entrée d’étrangers sur un territoire alors que les Bretons sont français. À la fin du XIXème et au début du XXème siècle, la ville de Trélazé est l’un des principaux centres industriels du département de Maine et Loire. La ville est à l’image du département qui compte seulement 185 étrangers en 1927. Cette situation s’explique par l’éloignement des frontières et la sous-industrialisation de l’Anjou. Dans ce contexte, la proximité de la Bretagne et l’apport d’une main d’œuvre docile et bon marché offrent une opportunité et rendent moins vital l’appel à des étrangers.
	L’immigration présente à cette époque un phénomène marginal, il est dénombré 83.000 mineurs polonais en France en 1920, soit le tiers de la profession. Dans le bassin stéphanois les étrangers représentent vers 1930, le tiers de la profession.
	Mais à Trélazé, au début du XXème siècle, les véritables étrangers sont les Bretons. Ils représentent jusqu’à la moitié de la population de la commune en 1908. Si, sur le plan juridique, ces travailleurs sont bien des Français, ils apparaissent aux yeux de la population locale comme des parias en raison de leurs mœurs et de leur dialecte.
	Les premières campagnes de recrutement se déroulent en 1859 pour la carrière des Fresnaies. Les Bretons, d’origine rurale, ne se fixent pas à Trélazé. À partir de 1880, les campagnes de recrutement sont plus actives. Les agents recruteurs recherchent une main d’œuvre qualifiée dans le but de favoriser une intégration sur place. En 1915, il sera recruté des veuves d’ouvriers et des apprentis issus de familles nombreuses, ce sera un échec.
	Les Bretons présentent une alternative à l’immigration étrangère mais aussi un instrument de concurrence salariale. Certains ne restent pas. Les conditions d’accueil sont extrêmement précaires. Les courbes de la mortalité rappellent celles du XVII et du XVIIIème siècle. Entre 1898 et 1902, 300 enfants sur 1000 n’atteignent pas l’âge d’un an alors que la moyenne nationale du taux de mortalité était de 160/1.000 ; l’espérance de vie passe de 54 à 49 ans. La tuberculose fait des ravages, elle concerne de 55 à 60 % des décès alors que la moyenne nationale est de 7 % dans les classes aisées et de 35 % dans la classe ouvrière.
	De cette immigration il demeure une culture marquée par une ferveur religieuse entretenue par le patronat….

Extraits des débats 

	Le président Jean-Pierre Bois engage le débat en ajoutant qu’il manquait un ZOLA à Trélazé. Il poursuit sa réflexion en s’interrogeant sur le rôle des femmes dans l’entretien des traditions culturelles. Pascal Houdemont confirme la réalité des rapprochements familiaux et insiste sur le rôle de l’école. 

L’école républicaine a pleinement joué son rôle : unité de la langue, unité du territoire, acculturation, assimilation en l’espace de quelques années, voire une décennie. En réalité implantation d’une population sans qu’il y ait eu de discrimination. A ce jour il ne parle pas breton alors que sa grand-mère, bretonne, parlait à peine la langue française.

	Luc Larget-Piet fait mémoire des ravages de la silicose dans le monde de la mine et aussi de la cirrhose. Il interroge sur l’attitude de la mairie. A-t-elle été extrêmement passive ? Y-a-t-il des traces de préoccupation de la question sociale. Les Bretons n’ont-ils pas été totalement pris en charge par le patronat ?

	Jacques Maureau, petit fils de patron de mines de charbon reprend le débat sur la qualification de la main d’œuvre et la répartition  entre les ouvriers de fond et ceux qui travaillent en extérieur. Pascal Houdemont acquiesce et précise que sur les 163 salariés bretons recensés en 1908, 127 travaillaient au fond.
	Jacques-Henry Martin évoque un ouvrage de René Rabault sur le quartier de la Madeleine qui était appelé le « quartier des Bretons ».

	Christian Brégeon intervient sur les causes et les effets de l’immigration. S’agit-il d’une immigration sans retour ? Y avait-il des raisons en Bretagne pour accepter ce transfert de population ? En réponse il est proposé de consulter l’annuaire  (pages blanches) pour vérifier la réalité de la fixation de la population bretonne et par ailleurs la crise économique et sociale qui invitait les Bretons à quitter leur pays.

	Jacques de Latrollière évoque le débat politique. Avant l’immigration bretonne, la ville de Trélazé avait une tradition dite « de gauche », comment s’est opérée la confrontation avec les Bretons dont la culture était empreinte de tradition religieuse ? Pour Pascal Houdemont il est évident que la main d’œuvre bretonne, plutôt docile, a servi d’instrument de concurrence salariale. Elle a été utilisée pour désamorcer une tension d’origine syndicale (la loi Waldeck Rousseau de mars 1884 autorise la création de syndicats professionnels).

	Pierre Bouvet nous instruit sur la construction de l’église Saint Léonard, réalisée en ardoise. Il précise que le clergé affecté à cette paroisse ne parlait pas français et que les offices étaient animés en breton. Pascal Houdemont développe ce témoignage et précise que le servant et les aumôniers assuraient un encadrement moral et culturel dans le but de parvenir à fixer la population.

	Josette Fournier intervient et cite le glossaire de Charles Menière de 1880 sur la langue des ardoisières (relire la communication de Josette Fournier sur Charles Menière 1816 -1887, mémoire tome XXIX page 33).

	Lionel Coupris revient sur le taux de mortalité infantile et le rapport entre la mortalité à Trélazé et la mortalité sur l’ensemble de la France. Il interroge sur l’existence d’une étude sur le taux de mortalité dans les différents bassins miniers. En réponse une ouverture est proposée sur la mise en chantier d’une telle étude. En outre il est précisé que pendant la période 1950-1960 il avait été relevé une mortalité par accident 10 à 15 fois supérieure à la moyenne nationale.

	Claude-Serge Guillemain nous fait part d’une étude de 1959 relative à l’éducation des enfants. Dans le contexte l’instruction revêtait un caractère primordial. Les résultats du Certificat d’Etudes donnaient lieu à des réjouissances. Pascal Houdemont conclut que la passion pour le métier de la mine naquit a posteriori, mais que, à l’époque, l’instruction était un bon moyen pour… « ne pas retourner à la mine ».
	Cette communication, par l’intérêt quelle a suscitée et la densité de la discussion qu’elle a engendrée, montre que le sujet n’est pas épuisé et qu’il relève bien d’une réflexion académique (Joseph Giboin)

«- « Voyage à Paris pendant la révolution 1790-1792, journal d’un habitant de l’Île Bourbon » par Mme Françoise Bizard

	Françoise Bizard nous présente Henry-Paulin Panon Desbassayns, habitant de l’île Bourbon, dont elle descend, tout comme plusieurs membres de notre assemblée. Elle rappelle une précédente communication sur le « Tour de France »  de son ancêtre de 1784 à 1786 (relire mémoire tome XXVIII page 249). D’emblée, elle site les cahiers écrits par son ancêtre qui se composent de 60 pages chacun et dont les originaux viennent d’être déposés, avec de très nombreux documents, aux Archives Nationales.


	De façon très vivante, elle nous présente le regard posé par Henry-Paulin Panon Desbassayns sur les temps de la révolution à Paris en prenant pour appui des illustrations (projection) sur :
-	Un livre paru aux éditions Librairie académique Perrin en 1985 sur « Voyage à Paris pendant la révolution » Préface d’André Castelnau.
-	Une gravure sur l’assemblée des Etats de la nation le 9 juin 1790
-	Une gravure sur la fête de la Fédération du 14 juillet 1790
-	Le retour de Varennes, arrivée de Louis XVI à Paris le 25 juin 1791
-	Une gravure sur l’acte constitutionnel du 1 octobre 1791 et le début de l’assemblée législative
-	La famille royale dans la tribune du logographe du 10 au 13 août 1792
-	Les massacres du 2 septembre 1792
-	Une carte représentant le tracé du voyage de la métropole à l’île Bourbon
-	Portraits de Henry-Paulin et de son épouse Ombline

	Au milieu de la tourmente révolutionnaire, les écrits d’Henry-Paulin relatent les préoccupations d’un père de famille, d’un grand bourgeois propriétaire foncier exploitant agricole. C’est un regard original qui ne reflète que partiellement la société de l’époque. Bien que reçu par le Roi aux Tuileries, il ne revendique pas une noblesse ancienne, riche colon, descendant d’artisan il se présente en ethnologue éclairé. Fidèle au Roi, il espère un partage du pouvoir. Il redoute les mouvements incontrôlables du peuple. Il se révélera clairvoyant dans l’éducation offerte à ses enfants. Enfin, il ne manque pas d'à propos et se fournit en baignoire et instrument de musique avant de repartir pour l'île Bourbon.
	L’assemblée exprime son contentement par des applaudissements soutenus.

Extraits des débats 

	Notre président Jean-Pierre Bois s’exclame : « C’est passionnant ». Il compare l’attitude d’Henry-Paulin Panon Desbassayns à celle d’Emmanuel Joseph Sieyès : « j’écoute, je parle le moins possible », regarder et se taire comme Sieyès. Sa stratégie est la survie pour lui et sa famille. L’époque révolutionnaire est un moment où l’existence se vit jour après jour… Ils vivaient l’histoire….Notre auteur, dans la tourmente avait « Sa plume ». Mais surtout et pour le plaisir il convient de relever le regard de notre président: "Acheter une harpe à Paris en plein mois d'août 1792 n'est pas l'image que retiennent généralement les historiens de ce mois où la Révolution parisienne renverse la monarchie".
	Jacques Maureau évoque notre confrère Gildard Guillaume, présent parmi nous, mais aussi écrivain de la révolution et nous annonce une prochaine conférence le dimanche 15 novembre 2015 à Saumur ayant pour thème « Le retour de Varennes ».
	Pierre Bouvet relance le débat sur le financement des dépenses d’Henry-Paulin Panon Desbassayns. Une discussion s’instaure sur la vente de sa production de coton et de café à Lorient, sur le suivi de ses affaires et sa relation avec les événements.
	Notre président Jean-Pierre Bois relève que pendant cette période de tourmente révolutionnaire, selon le témoignage de notre auteur, « la France fonctionne ».
In fine, Françoise Bizard nous rapporte que la maison de son ancêtre a été vendue, il y a une vingtaine d’années, au Conseil Général. Elle est devenue un musée…

SÉANCE PUBLIQUE DU 20 NOVEMBRE 2015

Sont présents 
M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Robert AUDOIN, M. Yves BARTHET, M. Régis de BELENET, M. Jean-Pierre BOIS, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Joseph GIBOIN, M. Daniel GRUAU, Mme Josette FOURNIER, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques MAUREAU, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Jacques THOMAS, M. Michel VAISSIER,   membres titulaires

M. Henry ADAM, M. Gilbert ALAIN, Mme Christiane ASTOUL, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Jacques BIZARD, M. Yves CADOU, M. Lionel COUPRIS, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Rémy GERNIGON, M. Jean GRELON, M. Michel GUILLANEUF, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Jean HLADIK, M. Gérard LESAGE, M. Dominique MAILLARD, M. Charles-Marie RÉYÉ, M. Bernard SARTON du JONCHAY, M. Alain SAULNIER, Mme Michèle SCHMIEGELOW, M. François-Michel SOULARD, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, Alain TRICOIRE,   membres associÉs.

S’Étaient fait excusér :
M. Georges CESBRON, Mme Margreet DIELEMAN, Mme Élisabeth du RÉau, Mme Catherine LESSEUR, M. François PIGNIER, Mme Elisabeth VERRY,   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER,   membre titulaire honoraire 

M. Michel BERNARDIN, M. Dominique CHARBONNEL, Mme Frédérique DROUET-D'AUBIGNY, Mme Pascale GRÉMONT, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Michel LAVÉDRINE, Mme Fabienne MARTEAU, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Jean MORLONG, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Serge QUENTIN, Mme Jocelyne RENOU, Mme Sylvette ROBSON, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, M. Guy TRIGALOT,   membres associÉs. 


La séance s’est tenue à l’Ecole du Génie. En préambule, le président Jean-Pierre Bois fait lecture du texte ci-dessous :
« Nous sommes accueillis ce 20 novembre 2015 par l’Ecole du Génie, dans le cadre de notre cycle de communications commémorant le centenaire de la Grande Guerre, 1914-1918. Ce lieu et cette circonstance invitent à y ajouter, un siècle après cette guerre, l’expression de notre émotion, et notre condamnation des actes de lâcheté qui ont été commis par des terroristes islamistes à Paris et à Saint-Denis. Quelques 130 morts et 350 blessés, victimes de la tyrannie du fanatisme simplement parce qu’ils étaient là, en ce lieu et en cette heure. J’ai été présent au moment de recueillement et à la minute de silence sur le parvis de l’Hôtel de ville ce 16 novembre, en votre nom à tous, mes consœurs et mes confrères de l’Académie, et en mon nom de citoyen.

- « La guerre chimique » par Mme Josette Fournier
Même s’il y eut antérieurement quelques utilisations plus ou moins anecdotiques, (citons les pétards puants utilisés contre les armées vendéennes dans les prairies de la Baumette …), et plus encore la manifestation récurrente de craintes, c’est avec la 1ère guerre mondiale que les armes chimiques font réellement leur apparition sur le champ de bataille. Plus précisément, dans la mémoire collective, à compter du 22 avril 1915. Ce jour-là, lors de la seconde bataille d’Ypres, les Allemands envoient sur leurs adversaires d’importantes vagues dérivantes de chlore.
Le processus est lancé et les applications se multiplieront durant le conflit. Elles se diversifieront aussi. Seront utilisés le phosgène, la surpalite, la vincennite, et la tristement célèbre ypérite, etc…. La guerre de position favorisera évidemment l’essor de cette nouvelle arme, diffusée au moyen de tirs massifs d’artillerie. Les nuages envoyés à l’adversaire seront parfois tellement concentrés en gaz que la protection assurée par les masques sera inopérante. Notons que ces armes chimiques avaient des effets divers, irritants (lacrymogènes, sternutatoires, urticants), vésicants, suffocants, ou (et) toxiques. 


La deuxième Conférence internationale de la Paix, qui s’était tenue à La Haye en 1907, avait pourtant tenté de prohiber l’usage de cette arme. Les pays signataires s’interdisaient de « lancer des projectiles et des explosifs du haut de ballons », « ayant pour but unique de répandre des gaz asphyxiants ou délétères ». Ces précautions se sont révélées largement  insuffisantes. On a pu ainsi dénombrer 409 émissions en vagues dérivantes entre 1915 et 1918 (301 pour la Grande-Bretagne, 51 pour la France, 50 pour l’Allemagne, 6 pour la Russie, 1 pour l’Autriche-Hongrie). A cet égard, la question de l’antériorité allemande dans l’usage d’armes chimiques peut être débattue, alors que, dès les premiers jours du conflit, les Français disposaient de cartouches suffocantes et que dès février 1915 l’armée française utilisait aussi des grenades suffocantes. Il demeure que c’est l’usage à grande échelle de gaz de combat, par l’armée allemande, dans la région d’Ypres qui est resté dans les mémoires.  
Se protéger fut, pour les combattants, un souci permanent. Les protections mono puis polyvalentes ont fait l’objet de recherches et d’adaptations continuelles, pour les rendre supportables, étanches et allonger leur durée d’efficacité. Furent aussi abordés les problèmes soulevés par l’approvisionnement des armées et l’élimination des divers produits utilisés. 

Extraits des débats 

Au terme de cette communication particulièrement complète et documentée, les échanges avec la salle ont notamment permis de souligner que, si le nombre de victimes des gaz fut relativement faible, les souffrances des gazés furent, leur vie durant, atroces. La dangerosité du transport du chlore sur nos routes fut aussi soulignée. Enfin, et en triste conclusion, il a pu être dit que l’étude de l’emploi des armes chimiques durant la première guerre mondiale illustrait une fois encore les liens que l’on peut trouver bien souvent entre les guerres et les recherches (les progrès ?) scientifiques.

- « La Madelon et les autres... Sur les chansons de guerre » par M. Claude-Serge Guillemain
La Madelon est sans doute la chanson la plus populaire parmi les soldats français de la première guerre mondiale. C’est le type de ce que l’on peut appeler la «  chanson cocardière renouvelée ». Elle fut lancée en août 1914 par un artilleur cantonné à l’école Jules Ferry de Fontenay-sous-Bois. Une plaque commémorative y rappelle que c’est de là que la Madelon prit son envol «  pour faire le tour du monde ».
Répétée parmi les artilleurs, son succès est rapide. Reprise à l’envie aussi par les comiques troupiers qui se produisent auprès des unités combattantes, elle devient rapidement le chant préféré des Poilus. A une époque où tout le monde chante, on la retrouve aussi peu à peu (la progression est ici tout de même plus lente) interprétée à l’arrière grâce aux marchands de chanson qui en distribuent texte et partition. 
Notre confrère nous a montré que chaque armée a sa chanson, It’s a long way, par exemple, pour les troupes britanniques. Il a aussi évoqué l’aventure particulière de Lily Marleen, qui fut, comme le rappela Jacques de Latrollière, pastichée au sein des unités de la France Libre lorsque les troupes allemandes commencèrent, durant le second conflit mondial, à marquer le pas.
Claude-Serge Guillemain a, pour le plus grand bonheur d’une salle conquise, interprété avec une intense émotion les différentes chansons successivement présentées et commentées, ainsi que le poème d’Aragon «  la rose et le réséda » qu’il lut, de manière poignante, au nom et en souvenir du général André Rogerie.


- « La création de la Croix de Guerre » par M. Bernard Riche
Comment récompenser les actes de bravoure des soldats français ? Alors qu’il rejoint le front par le train en août 1914, le général Boëlle réfléchit à la création d’une décoration qui pourrait s’inspirer de la croix de fer qui, chez les Allemands, permet aux chefs militaires de récompenser leurs hommes directement sur le terrain. 


Le général Boëlle donc, à l’origine de l’idée, le lieutenant-colonel Driant, qui proposera d’appeler cette décoration «  croix de guerre », le sénateur Cauvin qui assurera le lien avec les politiques, et l’écrivain Maurice Barrès qui publiera des articles sur le sujet, vont parvenir à ce que, le 28 janvier 1915, soit déposée une proposition de loi. Le 8 avril, la loi est publiée au Journal Officiel et le 23 avril paraît son décret d’application : 
« Il est créé une croix dite «  croix de guerre », destinée à commémorer depuis le début de la guerre 1914-1915, les citations individuelles pour faits de guerre à l’ordre des armées de terre et de mer, des corps d’armée, des divisions, des brigades et des régiments ». L’insigne (croix de bronze, ruban vert avec de fines rayures rouges), rappelle celui de la médaille de Sainte Hélène. 
A noter que le principe d’attribution de cette décoration sera repris lors des conflits ultérieurs.

Extraits des débats 
La discussion qui s’engage permet de souligner le rôle éminent du lieutenant-colonel Driant, qui tomba à Verdun en février 1916. Il a d’ailleurs été choisi comme parrain par la promotion 1965-1967 de Saint-Cyr.
Par ailleurs Jacques Maureau rappelle le voyage en Lorraine de l’Académie, au cours duquel, sur la colline inspirée, les académiciens ont souhaité lire un poème de Barrès, avant que la pluie ne les contraigne à se mettre à l’abri.



Carnet de l’Académie
rappel
Réunion de Section 
	Section Sciences Economiques et Sociétales
Vendredi 11 décembre 2015 à 14h15

Prochaines communications

Vendredi 11 décembre 2015
16h00 : Séance publique organisée par la section Arts
- « De l'atonalisme à l'abstraction, correspondance, musique et peinture »
Communication à deux voix : M. Jean Mallet et Mme Yvette Dams-Monville. SCHOENBERG, école de Vienne avec la participation du Quatuor CAPRICCIO.
Le Quatuor CAPRICCIO invité par Yvette Dams-Monville pour animer la séance du 11 décembre donne un concert le 11 décembre à 20 H 30 dans la salle capitulaire du lycée Joachim du Bellay et le lendemain 12 décembre à 20 H 30 à l'Hôtel des Pénitentes"

Gérard LESAGE
Secrétaire 

Directeur de la Publication : Jean—Pierre BOIS.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal novembre 2015		
Nouveau numéro de téléphone	     Tél.   : 02. 41 .39. 13.61.
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
angers.academie@orange.fr
	Site Web : www.academie-dangers.com
mailto:academie-dangers@wanadoo.frmailto:angers.academie@orange.frhttp://www.academie-dangers.com/shapeimage_2_link_0shapeimage_2_link_1shapeimage_2_link_2

Retour à l’accueil