Bulletin mai 2015

 
	 L’Académie tiendra séance les : 

Vendredi 12 juin 2015
Hôtel de Livois

                                                                                             16h00
Séance publique
                                                                                                (Port de la médaille)

Réception de M. François Dolbeau, récemment élu membre de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres.

- «.Le chevalier de La Tremblay et Voltaire » 
par M. Louis-Marie Beauvois.


Vendredi 26 juin 2015
Hôtel de Livois

15h00
Séance privée

                                                                                               16h00
Séance publique
                                                                                                  (Port de la médaille)
Réception, comme membre d’honneur, de Mme Danièle Sallenave, de l’Académie française,
- « Le français est deux fois ma langue » par Mme Danièle Sallenave
- Cinquante après : un inédit de Julien Gracq « Les terres du couchant » par M. Georges Cesbron.



Colloque 
Les lieux de culte en Anjou 
Histoire, Arts et gestion contemporaine
Vendredi 29 mai 2015 
(Hôtel de Livois)
                                                                                                        9h30 à 12h 
                                                            - L'histoire des lieux de culte en Anjou
                                                                                            14h à 18h 
                                                                - L'architecture au sein des églises
                                                                                            20h30 
                                                            - Concert à l’église Saint Laud (accès libre)

Samedi 30 mai 2015 
                                                                                                (Hôtel de Livois)
                                                                                                        10h à 12h 
                                                                            - L'art au sein des églises
                                                                                    14h30 à 17h30 
                                                            - Les églises angevines aux XXe et XXIe siècles

Dimanche 31 mai 2015
	                                                            Visites d’églises angevines
	

Samedi 13 juin 2015
                                                                            Chapelle des Ursules, rue des Ursules
                                                                                                 Séance publique
                                                                                                   10h à 12h 
                                                                           - La gestion des lieux de culte

                                                                                    14h30 à 17h30
                                                                    - Synthèse et table ronde


SEANCES DU 27 MARS 2015

Sont prÉsents 
Mme Marie-Rose ALBRECHT, M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Robert AUDOIN, M. Yves BARTHET, M. Régis de BELENET, M. Benoît BOUMARD, M. Christian BRÉGEON, M. Georges CESBRON, M. Daniel COUTURIER, M. Daniel GRUAU, Mme Josette FOURNIER, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, M. Jacques MAUREAU, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, M. Edmond RUBION, M. Jacques THOMAS, M. Michel VAISSIER,   membres titulaires

M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES,   membres titulaires ÉmÉrites 

M. Pierre ALLAIN, Mme Catherine-Maïten AUSCHITZKY, M. Louis-Marie BEAUVOIS, Mme Françoise BIZARD, M. Roger BOISSEAU, M. Henri BRAULT, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Dominique CHARBONNEL, M. Lionel COUPRIS, M. Benoît DELTOMBE, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. François FALLOUX, M. Jacques FERGON, M. Charles FOUSSARD, M. Daniel GARANDEAU, M. Michel GARREAU de LABARRE, M. Michel GUILLANEUF, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Jean HLADIK, M. René JAMES, Mme Denise LAMAISON, M. Michel LAVÉDRINE, M. François LECOQ-VALLON, M. Georges LEGUILLANTON, M. Jean-Marie LIMAL, M. Dominique MAILLARD, M. Jean MALLET, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, M. Jean-Claude PAVION, M. Serge QUENTIN, M. Daniel RENAUD, Mme Jocelyne RENOU, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Alain SAULNIER, M. François-Michel SOULARD, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Philippe TARDY-JOUBERT, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, M. Roland TRACCUCCI,   membres associÉs.

Mme Michèle DAVID-FALLOUX, M. Marcel MOULAN, M. Charles-André  de COSSÉ-BRISSAC,   invitÉS

S’Étaient fait excusér :
Mme Marguerite Cécile ALBRECHT, M. Pierre BOUVET, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, Mme Margreet DIELEMAN, M. Claude FERRAND, Mme Catherine LESSEUR, M. Xavier MARTIN, M. Philippe PICHOT-BRAVARD, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Georges TIRAULT,   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER,   membre titulaire honoraire 

Mme Christiane ASTOUL, M. Max BARAT, M. Jérôme BODIN, Mme Laurence CHARVOZ, M. Henry-Dominique DERSOIR, Mme Frédérique DROUET-D'AUBIGNY, M. Grégoire DUVAL, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, Mme Pascale GRÉMONT, M. Gérard JACQUIN, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Michel PENNEAU, M. Geoffrey RATOUIS, Mme Joëlle REMY, M. Charles-Marie RÉYÉ, Mme Sylvette ROBSON, M. Philippe ROCQUET, M. Alain TRICOIRE,   membres associÉs. 

SÉANCE PRIVÉE DU 27 MARS 2015

	Le président, après avoir ouvert la séance, rappela à l’assemblée le résultat des élections des membres du conseil d’administration. Celui-ci s’est réuni le 20 mars 2015 et a arrêté la composition du nouveau bureau, qui entrera en fonctions le 25 septembre prochain :
- président : M. Jean-Pierre Bois, né en 1945, professeur émérite de l’université de Nantes, agrégé d’histoire et docteur ès-lettres. Il est spécialiste des relations internationales à l’époque moderne et de l’histoire militaire. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment sur Maurice de Saxe, Dumouriez et Bugeaud.  
- 1ère vice-présidente : Mme Élisabeth Verry, 2nd vice-président : M. Philippe Pichot-Bravard, secrétaires généraux :-MM. Joseph Giboin et Daniel Gruau, trésorier : M. Yves Barthet, bibliothécaire : M. Benoît Boumard, assisté de Mme Denise Lamaison et de M. Olivier Raymond. Chargée de mission : Mme Élisabeth du Réau.



	Les présidents de section seront M. Georges Cesbron (Lettres), M. Jacques Maillard (Histoire), M. Lionel Coupris (Sciences de la vie), Mme Josette Fournier (sciences humaines et sociales), M. Jean Hladik (Sciences et Techniques), M. Alain Saulnier (Sciences économiques et sociétales), M. Étienne Vacquet (Arts).

	M. Jean- Claude Remy a fait savoir ensuite que :
	- l’Académie, fondée par lettres patentes du roi Louis XIV, va fêter le 10 juin 2015 son 330ème anniversaire ; elle apparaît donc comme la société culturelle angevine la plus ancienne de la ville. Le fait marquant de cet anniversaire sera la tenue du colloque sur les lieux cultuels en Anjou.
	- le Printemps de l’Académie s’est déroulé, le dimanche 22 mars à l’hôtel de Livois, en présence du président et des deux secrétaires généraux. Le Courrier de l’Ouest avait annoncé cette manifestation qui n’a connu qu’une faible audience, une trentaine de participants seulement s’était déplacée pour entendre les cinq communications sélectionnées par les présidents de section. En introduction, M Jean-Claude Remy avait déployé sur écran une présentation animée de notre compagnie du plus bel effet. M. Robert Audoin a traité de « Diderot, lecteur de Bougainville», M. Jacques Maureau des « Combats du col de la Chipotte (août-septembre 2014) », M. Michel Guillaneuf des « entrepreneurs angevins dans la mondialisation », Mme Monique Astié des « botanistes angevins aux XVIIIe et XIXe siècles », et M. Étienne Vacquet de « La chapelle Saint Thomas d’Angers ». Cette dernière communication, très savamment documentée, a été particulièrement appréciée.

	Le président a donné la parole à M. Daniel Couturier, 2nd vice-président, pour faire la recension des ouvrages récemment entrés à la bibliothèque :
	- Les origines de l’Empire Almohade, à travers les fouilles d’Igiliz, au Maroc dans le compte rendu de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres pour l’année 2013.
Ce site d’Igiliz en Anti-Atlas serait l’épicentre de la révolution almohade. Il est entré dans l’histoire entre 1124 et 1125, en devenant la base d’opérations militaires de tribus berbères masmudiennes ralliées à l’idée d’une réforme radicale de la pratique religieuse, fondée sur le tawhid ou «unicité divine». Cette doctrine révolutionnaire va parvenir à mobiliser durablement les tribus montagnardes contre le pouvoir des Almoravides. La révolte va aboutir à la constitution du plus puissant empire que le Maghreb médiéval ait jamais connu. Elle fut conduite à ses débuts par Ibn Tûmart qui sera proclamé mahdî. D’impressionnants lieux de culte furent édifiés par la nouvelle dynastie : la kutubiya de Marrakech, la grande mosquée de Séville, la mosquée de Hassan, à Rabat. C’est à Igiliz, entre la plaine de Sous et le pré-Sahara, qu’est né Tûmart et c’est de là au retour de ses pérégrinations en Orient qu’il a lancé ses partisans à l’assaut de l’empire almoravide. Cette localité ne sera le foyer de la conquête qu’entre 1121 et 1125, avant que Tûmart ne parte avec ses troupes à Tinmal. Elle deviendra une place forte et un lieu de pèlerinage pour les premiers souverains almohades. Six campagnes de fouille ont été menées sur le site, un piton culminant à 1 350 mètres d’altitude et très difficile d’accès. C’est un excellent poste d’observation de l’évolution de larges pans de la société maghrébine médiévale et prémoderne.
	- Naissance du sous-homme au cœur des lumières, les races, les femmes, les peuples par M. Xavier Martin, professeur émérite à l’Université d’Angers, membre titulaire. Une confidence philosophique de d’Alembert, chuchotée à l’oreille de son ami Voltaire, a été de lui dire : « Je fais du genre humain deux parts, l’opprimante et l’opprimée, je hais l’une et je méprise l’autre». Le propos est clair, l’auteur ne méprise que les opprimés. En s’exprimant ainsi, il fait trois parts dans le genre humain. Il se met en surplomb par rapport à l’espèce, en compagnie des beaux esprits. La perspective est élitiste sans détour, la masse des hommes est méprisable. Cet élitisme est radical à deux degrés. Le premier est quantitatif, le nombre des « êtres pensants » est petit. Voltaire en recense au mieux un pour cent, au pire un pour cent mille. La multitude sera toujours composée de brutes. Personne ne s’avise de donner une âme immortelle à une puce ; il n’en faudra donc pas donner à l’éléphant, ni au singe, ni à mon valet champenois, ni à un bailli de village. Le deuxième degré est la richesse, qui est l’un des critères de l’élite intellectuelle. Émilie, madame du Châtelet, femme savante, qui est masculinisée, ressort sans réserve, au statut d’homme en plénitude.

	
	Voltaire et bien d’autres qui s’adonnaient à la traite des noirs, considéraient  ceux-ci comme des sous-hommes, dont on pourrait améliorer la race en les croisant avec des blancs. Le livre de Pierre Pluchon « Le racisme au siècle des lumières » relève que Voltaire était raciste, comme les esprits éclairés de son temps. Il manifestait également un anti-judaïsme obsessionnel. Voltaire ne se corrigera pas, il applique son mépris au sexe féminin et au peuple en général. Les savants du XVIIIe affirment que l’homme et la femme sont dans un rapport d’absolue étrangeté. La femme est certes une moitié du genre humain mais une moitié fondamentalement différente. De la différence, on passe rapidement à l’inégalité et de l’inégalité à l’infériorité. Olympe de Gouges assure que ses consœurs sont forcées de rougir d’être nées dans un siècle où les hommes se plaisent à afficher auprès des femmes l’opposé des sentiments épurés et respectueux de l’antique chevalerie. Cette habitude de mépris vulgaire illustre une floraison de tournures du genre « auteur femelle », « couvent femelle », « moines femelles » ou « populace femelle ». Ce mépris récurrent conduit à réduire la frontière entre l’homme et la bête, on parle de juments, de vaches et de lapines. Lanjuinais déclare à la Convention, le 29 avril 1793 :« Avec ce principe, selon lequel les hommes naissent libres et égaux en droit, je demanderais à tous les faiseurs de systèmes, ce qu’ils feront des furieux, des insensés, des femmes, des enfants et des étrangers».
	Reste le peuple circonscrit par Voltaire entre l’homme et la bête. Un troupeau d’imbéciles. Il méprisait les hommes en masse, n’y voyait que du bétail humain que les propriétaires et les rois doivent engraisser dans leur propre intérêt. C’est néanmoins une masse dont on a peur et qu’il faut savoir dompter, voir effrayer par l’Église, par le chantage de l’enfer, ou par la peur.
	« Pour restaurer » par Henri Enguehard. Il s’agit d’une réédition. L’auteur, en son vivant, membre de notre compagnie, architecte des monuments historiques, puis architecte départemental, a été conservateur du château d’Angers et de la tapisserie de l’Apocalypse. Il a réalisé de nombreux projets architecturaux, notamment la chambre de commerce d’Angers, l’école de pilotage d’Avrillé, des quartiers d’habitation et des édifices religieux. Pour restaurer les maisons anciennes, l’auteur se plaît à recommander le respect de l’art régional et l’harmonie d’aspect architectural dans les constructions. Cela vise la nature, la couleur et la forme des toits ainsi que la couleur des murs, la teinte plus ou moins foncée des revêtements extérieurs. Il y a un accord avec le paysage qu’il faut rechercher dans les sites et dans les zones sensibles. Dans cette réédition de l’ouvrage d’Henri Enguehard, sont passés en revue les enduits au mortier de chaux, la pierre de tuffeau et le rejointoiement, les percements de baie, les sols, les cheminées, les menuiseries et la serrurerie. A titre d’exemples, il indique que, pour la restauration des ouvrages de menuiserie comme pour ceux de maçonnerie, il faut réutiliser les procédés anciens et reproduire rigoureusement les profils. Avec de très légères différences dans la copie, on peut détruire complètement le caractère ancien. Il faut se défendre d’inventer, il faut reproduire les témoins valables. On admire tout l’esprit des anciens dans ces profils qui savaient faire alterner les éléments petits et grands, les courbes gracieuses et les arêtes vives. Dans la réfection des menuiseries anciennes, on confectionne souvent des menuiseries à petits carreaux, toutefois, pour les maisons du XVIIIe, ce n’est pas une faute de ne recouper les fenêtres que par deux ou trois petits bois horizontaux épais. Il ne faut pas peindre la pierre, ni employer du ciment ou de la chaux hydraulique dans la dernière couche des enduits, mais uniquement de la chaux grasse. Il faut éviter de supprimer les encadrements des baies, de gratter les tuffeaux qui possèdent encore le lavage ancien. Pour les toitures, ne pas employer d’autre matériau que l’ardoise naturelle.
	- L’histoire de Juigné sur Loire, d’après l’abbé Colasseau, a été réalisée par un groupe d’études avec la participation du docteur Benoît Boumard, bibliothécaire de l’Académie, et du docteur Michel Penneau, membre associé. Le curé de la paroisse a raconté l’histoire du village à partir de ses conversations avec les anciens et de ses recherches dans les archives ; il a agrémenté ses écrits d’un grand nombre de croquis. L’ouvrage est composé de trois grands chapitres, géographie physique, géographie économique et histoire religieuse. Les personnages évoqués sont Célestin Port, Monseigneur Henri Arnauld, Timoléon de Cossé-Brissac, Marc Leclerc.
C’est à Juigné que le bassin parisien rencontre le massif armoricain. Du point de vue de l’activité économique, on peut citer l’extraction de l’ardoise dont l’exploitation était rudimentaire, la culture de la vigne avec ses 150 clos, la culture du chanvre et du lin, le tabac, l’horticulture et les pépinières. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le commerce du vin est sous la domination des Hollandais. L’église, placée sous le 


patronage de Saint Germain d’Auxerre, est classée monument historique ; elle se signale par ses voûtes, ses clés de voûtes sculptées et ses statues. Les dais historiés intacts offrent toute une série de scènes. Sur le premier, on voit un ange sonner de la trompette, sur le second dais, on reconnaît Moïse, entouré du grand-prêtre Aaron et d’un lévite, sur un autre, les apôtres Jean et Pierre se présentent, chacun sur une barque.
	-« Trente années d’étonnement. Péripéties d’une randonnée intellectuelle » par M. Xavier Martin. Universitaire, l’auteur a voulu retracer son parcours d’enseignant et présenter l’objet de ses recherches centrées sur les Lumières et la Révolution. Comme il l’écrit, il est entré en Révolution à l’occasion d’une analyse de la pensée des rédacteurs du code civil sur la nature humaine. Il s’agissait non seulement des droits de l’homme, mais aussi de l’homme de ces droits. C’est l’homme qui est le vrai problème. Notre confrère va alors approfondir ses connaissances sur cette période ; il participera à divers forums comme celui sur « La Famille, la Loi, l’État : débats révolutionnaires, problèmes d’aujourd’hui » et donnera plusieurs conférences dans quatre universités japonaises. Il sera séduit par la belle intelligence, l’ample culture, le don d’aller à l’essentiel et la lucidité de Mme de Staël. Il développera sa thématique du code civil envisagée sous le rapport des convictions et intentions du législateur. Il s’intéressera à la puissance paternelle, à sa sanction successorale et au principe de l’article 371 « L’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses père et mère ». Ces points étaient interdépendants dans l’esprit des rédacteurs du code civil ; il découvrira que l’objet premier de la loi jacobine du 17 nivôse an II supprimant toute latitude testamentaire était de réduire l’autorité des pères. Ils étaient supposés plus réservés que leurs enfants quant aux réussites révolutionnaires. Passé thermidor, les politiques ont l’obsession, tant bien que mal, de restaurer un pouvoir paternel d’ordre testamentaire. La loi de germinal rétablira la quotité disponible.

SÉANCE PUBLIQUE DU 27 MARS 2015 

	En ouvrant la séance, le président a accueilli M. Marcel Moulan, conseiller municipal chargé de la culture scientifique et de la francophonie, qui représentait le maire d’Angers, et le marquis de Brissac, qui venait assister à l’installation de M. Daniel Renaud, guide chevronné du château de Brissac. Ce dernier était entouré de ses deux parrains M. Philippe Pichot-Bravard et M. Daniel Couturier. Deux autres membres associés récemment élus participaient également pour la première fois à une séance de notre compagnie :
-  M. François Falloux avec ses parrains M. Christian Brégeon et M. Olivier d’Ambrières,
- M. Charles Foussard avec un de ses parrains M. Christian Brégeon, l’autre, M. Pierre Bouvet étant excusé.

	M Jean-Claude Remy a donné la parole aux communicants inscrits, M. Jean Hladik, M. Serge Quentin et M. Clément Quentin, survivant du camp de concentration de Dachau.

« Illusions visuelles » par M. Jean Hladik
Une introduction a montré les différentes étapes de la perception visuelle : stimulus, puis phénomènes optiques de l'œil, suivis de la transduction par la rétine d'un processus biochimique en processus électrique, qui conduit les informations aux cortex primaire puis secondaire, aboutissant à la représentation mentale consciente. 
Les différentes illusions visuelles sont ensuite passées en revue avec une interprétation des effets illusoires. Les mirages chauds et froids sont expliqués aisément par les propriétés physiques de la lumière et de ses interactions avec l'environnement. Les leurres chromatiques sont interprétés à partir des processus biochimiques opérant dans la rétine.
La vision binoculaire explique plus ou moins certaines techniques permettant d'obtenir des images donnant artificiellement des effets de perspective. C'est le cas des photographies stéréoscopiques, images lenticulaires tramées, hologrammes, cinéma en relief, autostéréogrammes.
Des illusions visuelles très diverses sont liées à des mises en scène artistiques. C'est le cas de l'illusionnisme. D'autres effets sont obtenus grâce à nos acquis culturels. Les représentations picturales d'objets ou de scènes impossibles peuvent devenir des illusions visuelles virtuelles.

« Dachau, premier camp de concentration en Allemagne (1933-1945) » par M. Serge Quentin. 
« Témoignage d’un déporté (1944-1945) » par M. Clément Quentin.
(résumés non parvenus)

	Le président a remercié les orateurs de leurs interventions, notamment M. Clément Quentin qui, âgé de 94 ans, a présenté avec fougue ses souvenirs de déportation. Son témoignage sur l’année infernale vécue en 1944/1945 dans le camp de Dachau a impressionné l’auditoire qui avait en face de lui un rescapé encore marqué par les souffrances, les humiliations et les épreuves de santé qu’il a endurées.

SÉANCE PUBLIQUE DU 10 AVRIL 2015 

Sont prÉsents 
M. Olivier d' AMBRIÈRES, M. Robert AUDOIN, M. Yves BARTHET, Mme Véronique de BECDELIÈVRE, M. Jean-Pierre BOIS, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Georges CESBRON, M. Daniel COUTURIER, Mme Élisabeth du RÉau, M. Joseph GIBOIN, M. Daniel GRUAU, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Anna LEICHER, M. Serge LE POTTIER, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, M. Jacques THOMAS, M. Michel VAISSIER, Mme Elisabeth VERRY,   membres titulaires. 

M. Jacques CHOPIN,   membre titulaire  ÉmÉrite

M. Max BARAT, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Roger BOISSEAU, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Jean Paul DARDUN, M. Charles FOUSSARD, Mme Natalie FRANÇOIS, M. Renaud FRANÇOIS, M. Jacques FERGON, Mme Claude GARÇON, M. Rémy GERNIGON, Mme Pascale GRÉMONT, M. Gildard GUILLAUME, M. Ren2 JAMES , M. André JOUBERT, Mme Denise LAMAISON, M. Gérard LESAGE, M. Pascal LEVAVASSEUR, M. Jean-Marie LIMAL, M. Pierre MACHEFER, M. Dominique MAILLARD, M. Christian PIHET, Mme Joëlle REMY, M. Daniel RENAUD, M. Charles-Marie RÉYÉ, Mme Jeanne ROGUET-PRIN,   membres associés. 

S’Étaient fait excusér :
Mme Yvette DAMS-MONVILLE, Mme Margreet DIELEMAN, Mme Marie-Magdeleine LE DALL,   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER,   membre titulaire honoraire 

Mme Christiane ASTOUL, M. Jean-Louis BEAU, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Dominique CHARBONNEL, Mme Laurence CHARVOZ, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Gérard JACQUIN, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Michel PENNEAU, M. Geoffrey RATOUIS, M. Jean ROBERT, Mme Sylvette ROBSON, M. Bernard SARTON du JONCHAY, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE,   membres associés. 

	Après avoir ouvert la séance, M. Jean-Claude Remy a installé M. Christian Pihet, vice-président de l’Université d’Angers, qui prenait séance pour la première fois, entouré de ses parrains M. Georges Cesbron et M. Jacques Maillard.
	Il a ensuite procédé à la remise du prix de la Vocation du Conseil du Département dont l’objet est de récompenser une initiative visant à créer un lien social par le biais de la culture. M. Joseph Giboin, membre titulaire, a présenté le lauréat de l’année 2014, M. Andrew Painter, artiste peintre. Celui-ci participe depuis 2009 aux activités d’une école intervenant à Calcutta au bénéfice des enfants de la rue, des malentendants et des jeunes sans ressources. Il leur enseigne l’art pictural en s’efforçant de leur faire acquérir une technique, de les initier à l’usage des couleurs et de leur apprendre l’art de la composition. Les meilleurs tableaux font l’objet d’une sélection et sont proposés à la vente. Le but est de permettre à ces enfants de prendre conscience de leur talent. M. Painter fait également bénéficier de son expérience l’association AIH 49, qui gère à Angers, rue Cordelle, une résidence accueillant des adultes souffrant d’un handicap psychique. Par des rencontres régulières, il cherche à les mettre en confiance et à les 

amener à réaliser une œuvre originale. Comme en Inde, les peintures produites font l’objet d’une exposition-vente ; l’intérêt manifesté par le public constitue pour ces handicapés un réel motif de fierté. Le prix de la Vocation était remis par notre Académie pour la cinquième fois grâce au concours du Conseil Départemental.

	Cette séance était consacrée à l’installation de deux membres titulaires récemment élus, Mme Véronique de Becdelièvre et MmeAnna Leicher. L’une et l’autre ont prononcé l’éloge de leur prédécesseur avant de présenter une communication. 

	Mme de Becdelièvre rappela le parcours suivi par Mme Monique Catta, qui occupait le fauteuil n°24. Nièce d’Antoine de Saint-Exupéry, elle manifesta très tôt un goût prononcé pour les Lettres. Entrée à l’Académie en 1991, comme membre associé, Mme Catta était devenue membre titulaire en 2001. Elle a occupé une place importante au sein de notre compagnie, la faisant bénéficier de sa vaste culture ; elle en sera élue vice-présidente et présidente de la section Lettres. Elle participa au colloque tenu en 2000 en l’honneur de René Bazin et en 2009 à celui consacré à la famille Pavie. Par ailleurs membre du conseil municipal de Saint Barthélemy d’Anjou, elle réussit à mettre en place une médiathèque à la Ranloue, propriété ancienne achetée par la ville. Elle avait été nommée, en 2012, chevalier dans l’ordre national de la Légion d’honneur.

« Fontfroide en Languedoc : le rayonnement d’une ancienne abbaye cistercienne hier et aujourd’hui » par Mme Véronique de Becdelièvre.
Fondée aux alentours de 1100 et rattachée à Cîteaux en 1145, l’abbaye de Fontfroide s’est rapidement développée, constituant un vaste patrimoine foncier qui s’étendait depuis l’actuel département de l’Hérault jusqu’en Catalogne, atteignant son apogée au milieu du XIVe siècle.  Victime de la grande peste de 1348, puis tombée sous le régime de la commende, elle fut sécularisée en 1791 et échappa alors à la destruction. L’arrivée des Cisterciens de l’Immaculée Conception, en 1858, la rendit à sa fonction première, avant l’expulsion des moines et sa fermeture définitive en 1901.
Rachetée en 1908 par Gustave Fayet, peintre, grand propriétaire viticole et mécène, elle fut alors restaurée avec passion, attirant peintres, sculpteurs et musiciens, à l’exemple de Déodat de Séverac et Odilon Redon. La mort de Gustave Fayet, en 1925, mit un terme temporaire à cette renaissance, avant le nouvel élan que lui donnèrent ses descendants à partir des années 1980. 
Ce sont les grandes phases de son histoire que la nouvelle élue fit revivre, en insistant sur les premiers siècles de sa fondation, les restaurations des abbés commendataires et la renaissance du XXe siècle. Une visite de ces lieux particuliers, où les canons cisterciens et le classicisme du XVIIIe siècle côtoient l’art nouveau, permet de comprendre comment une des plus importantes abbayes cisterciennes de l’époque médiévale est devenue aujourd’hui un monument privé, haut lieu d’échanges culturels et artistiques et second site touristique du département de l’Aude après Carcassonne. 

	Mme Anna Leicher a retracé la brillante carrière menée par son prédécesseur, M. Claude Chéreau, disparu, le 11 avril 2014. Docteur en histoire avec une thèse intitulée « Huillé, une paroisse rurale angevine de 1600 à 1836 » et licencié en sociologie, il était entré dans la fonction publique. Ayant acquis une grande expérience des problèmes de l’agriculture, il occupa des postes tant à Bruxelles, auprès de la Commission Européenne, qu’au ministère de l’agriculture. Il fut ensuite conseiller pour les affaires agricoles dans les ambassades de France en Espagne et aux États Unis, puis auprès du ministre de l’agriculture, du premier ministre et au secrétariat général de la présidence de la République. Il fut nommé ambassadeur auprès de la Food and Agriculture Organization (FAO) à Rome et auprès du Programme Alimentaire Mondial (PAM). La dernière mission à lui être confiée fut la présidence de la commission du dialogue pour l’aéroport de Notre Dame des Landes. Il était officier de la Légion d’honneur et commandeur du mérite agricole.

« Les tissus et les broderies du château de Saumur » par Mme Anna Leicher.
	Le comte Charles Lair (1841-1919) rassembla une collection d'objets d'art dont une grande partie de porcelaines et de tissus, qu'il légua pour moitié – soit 660 œuvres – à la Ville de Saumur. Les tissus et 


broderies peuvent être regroupés en trois catégories : ceux à usages liturgiques, les vêtements civils en très petit nombre, et les tissus d'ameublement civil. Les quelques tissus coptes des VIe au IXe siècle font figure d'exception parmi les autres œuvres textiles des XIVe au XVIIIe siècle. Deux ornements espagnols du XVe siècle sont ornés de broderies de grande qualité, l'un sur velours ciselé rouge, l'autre sur velours noir, tandis que plusieurs orfrois d'Italie du nord et de Cologne présentent les premiers tissus d'église. Un habit d'homme, vers 1785-1790, en velours richement brodé de fleurs, est le principal vêtement civil conservé mais quelques accessoires méritent une attention particulière comme les dix-huit bourses de jeu et aumônières d'une grande diversité technique, ou, parmi les coiffes, un bourrelet pour enfant. Pour les tissus d'ameublement, on retient en particulier les toilettes – bande de toile de lin dont les extrémités sont brodées de motifs répétitifs ou de scènes de chasse – mais aussi les pentes et tours de lits, ou encore une bande brodée de six têtes de rois.

	Le président remercia les deux orateurs de leurs interventions qui ont montré les bienfaits du mécénat. Dans le premier cas, il s’agissait de la sauvegarde d’une abbaye appartenant à un propriétaire privé depuis 1908, et, dans l’autre cas, de la constitution d’une exceptionnelle collection de tissus rassemblée dans le saumurois par le comte Lair. La variété des étoffes est infinie, qu’elles soient destinées à un usage liturgique ou à un usage civil, qu’elles proviennent d’Europe ou d’Orient. Leur conservation requiert une surveillance constante.

	M. Jean-Claude Remy a rappelé les prochaines manifestations qui vont se dérouler jusqu’à la fin du mois de juin :
	- la célébration du 330ème anniversaire de la création de l’Académie d’Angers par lettres patentes du 10 juin 1685 donnera lieu à la tenue d’un colloque sur les lieux de culte en Anjou.
	- la réunion, le 6 juin, à Rouen, des académies du grand Ouest, sur le thème « Histoire et Tourisme » au cours de laquelle interviendra Mme Florence Soulez-Larivière sur les tapisseries de l’Apocalypse et du Chant du Monde.
	- la réception comme membre d’honneur, le 12 juin, de M. François Dolbeau, de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres.
	- la réception comme membre d’honneur, le 26 juin, de Mme Danièle Sallenave, de l’Académie Française.    

	Il a signalé enfin :
	- L’indisponibilité prolongée de Mme Benhima, victime d’une chute. De ce fait, l’accueil au secrétariat ne pourra pas être assuré dans les prochaines semaines.
	- La parution du livre des Mémoires 2014 qui a pu être réalisée grâce aux diligences de M. Daniel Gruau 

SEANCES DU 24 AVRIL 2015

Sont prÉsents 
Mme Marie-Rose ALBRECHT, M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Robert AUDOIN, M. Yves BARTHET, M. Régis de BELENET, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Daniel COUTURIER, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, Mme Élisabeth du RÉau, M. Joseph GIBOIN, M. Daniel GRUAU, Mme Josette FOURNIER, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques MAUREAU, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Jacques THOMAS, M. Michel VAISSIER,   membres titulaires.

M. Jacques CHOPIN,   membre titulaire ÉmÉrite
Mme Michèle SARTON du JONCHAY, M.Bernard VALENTIN,   invitÉS

M. Max BARAT, M. Jean-Louis BEAU, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Philippe BONEF, M. Jean-Claude BROUILLARD, M. Lionel COUPRIS, M. Jacques FERGON, M. Daniel GARANDEAU, M. Jean GRELON, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. 

Jacques KERYELL, M. Didier LEROY, M. Gérard LESAGE, M. Jean-Marie LIMAL, M. Dominique MAILLARD, Mme Fabienne MARTEAU, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Michel PENNEAU, Mme Hélène POLOVY, M. Hervé du PONTAVICE, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Alain ROUX, M. Bernard SARTON du JONCHAY, M. Alain SAULNIER, M. François-Christian SEMUR, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE,   membres associés. 

S’Étaient fait excusér :
Mme Marguerite Cécile ALBRECHT, M. Henri DELLACASA, Mme Margreet DIELEMAN, M. Claude FERRAND, Mme Catherine LESSEUR,   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER,   membre titulaire honoraire 

M. Pierre-Marie BETTON, M. Jérôme BODIN, Mme Laurence CHARVOZ, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Jean-Louis GIARD, Mme Pascale GRÉMONT, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, Mme Denise LAMAISON, Mme Joëlle REMY, M. Charles-Marie RÉYÉ, Mme Sylvette ROBSON, M. Philippe ROCQUET, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, M. Alain TRICOIRE,   membres associés. 

SÉANCE PRIVÉE DU 24 AVRIL 2015

	Après avoir ouvert la séance, le président  a rappelé le calendrier des activités des mois de mai et juin :
	- Le 22 mai, l’installation, comme membres titulaires, de M. Jean-Pierre Bois et de M. Robert Audoin (avec port de la médaille).
	- La tenue, à l’occasion de la célébration des 330 ans de l’Académie, du colloque sur « Les lieux cultuels en Anjou », dont le détail des manifestations a été inséré dans le bulletin du mois d’avril et figure sur le site de notre compagnie. Il est nécessaire pour y participer de renvoyer le bulletin d’inscription, en précisant les demi-journées de présence et la prise éventuelle de repas les 29, 30 mai et 13 juin.
	- Le 6 juin, la rencontre des académies de l’Ouest, à Rouen, avec, comme thème, « Tourisme et mémoire ». Mme Florence Soulez-Larivière présentera une communication relative à la tapisserie de l’Apocalypse et à celle du « Chant du monde ». Tous les membres de notre compagnie sont invités à s’y rendre ; une contribution de 35 € est demandée pour les visites (mémorial Jeanne d’Arc) et le repas. Les personnes intéressées sont invitées à se faire connaître le plus rapidement possible auprès des membres du bureau pour la centralisation des demandes d’inscription. La rencontre débutera, à 9h, à l’hôtel des Sociétés Savantes, 190 rue Beauvoisine, 76000-Rouen (Tél. 02 35 89 07 01), sous la présidence de Mme Françoise Thelamon, professeur émérite à l’Université de Rouen, ancien directeur du Groupe de recherche d’histoire de l’université de Rouen (« thelamon.fançoise@wanadoo.fr» ).
	- Le 12 juin, la réception, avec port de la médaille, comme membre d’honneur, de M. François Dolbeau, élu à l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, le 5 décembre 2014. Né à Angers en 1947, il est ancien élève de l’École Normale Supérieure, agrégé de grammaire, directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études. M. Dolbeau est médiéviste, spécialiste de lexicographie latine, historien de la littérature latine médiévale, expert de l’hagiographie tardo-antique (en particulier Saint Augustin) et médiévale. 

	- La réunion, le vendredi 12 juin à 14h30, dans la pièce attenante à la salle des séances, de la section des sciences économiques et sociétales, organisée par son nouveau président, M. Alain Saulnier.
	- Le 12 juin, à 14h, la conférence préparatoire de Mme Catherine Lesseur, en vue du voyage du 5 au 10 septembre à la découverte de la peinture flamande. 
	- Le 19 juin, le voyage culturel dans la région de la Flèche, sous la conduite de M. François Lecoq-Vallon. Les fiches d’inscriptions (jointes au bulletin de mars et disponibles sur le site de l’académie) sont à adresser dès maintenant au secrétariat, avec la participation demandée de 50 €. 
	- Le 26 juin, la réception de Mme Danièle Sallenave, de l’Académie Française, en sa qualité de membre d’honneur  de notre compagnie (avec port de la médaille).

	Il a précisé que l’accueil au secrétariat de l’académie était momentanément suspendu en raison de 
l’arrêt de travail de Mme Benhima qui doit se poursuivre pendant environ 6 semaines. Il est recommandé de consulter le site de l’académie pour être informé du déroulement des activités. 
	M. Jean-Claude Remy a donné ensuite la parole à M. Daniel Couturier, second vice-président, pour la recension des ouvrages récemment reçus à la bibliothèque :

-« Anjou, terre secrète du Graal » par M. Michel Vaissier, membre titulaire.
	En suivant l’auteur sur les traces du Graal dans les péripéties d’une histoire riche et plus que millénaire, on s’aperçoit que l’Anjou a connu un immense rayonnement. Son patrimoine est beau, mystérieux et spirituel. Wolfram von Eschenbach, auteur de l’histoire de Parsifal et la conquête du Graal, nous apprend que l’Anjou abrite un peuple assez sage pour avoir été le gardien du Graal, précieuse coupe dans laquelle Joseph d’Arimathie aurait recueilli le sang du Christ.
	Nous sommes embarqués pour une épopée de vingt siècles, à commencer par le pithécanthrope qui taillait ses silex du côté de Saint Saturnin, puis par l’homme de Néandertal, en passant par les cavernes, les menhirs et les dolmens. On continue avec les invasions. Le Graal est partout. On ne le voit jamais, mais il passe de main en main et tout le monde court après lui. En son nom, les princes d’Anjou partent en croisade. Des générations de Plantagenêt font galoper leurs chevaux en direction de la Terre Sainte. Les héros de légende sont Roland de Roncevaux, Parsifal, Lancelot du Lac, tous de lignée angevine. Au XIIe siècle, une poignée de chevaliers dont l’Angevin Robert de Craon partent aussi à Jérusalem ; ils illustrent l’état d’esprit de l’époque. La province d’Anjou fut une incomparable pépinière de « chevaliers du Graal » ; elle est une terre d’élection qui a donné naissance à des princes qui vont s’asseoir sur des trônes prestigieux. Foulque Nerra deviendra roi de Jérusalem et son descendant Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre. Le centre du monde se trouve en Anjou, à Montfaucon sur Moine. Elle a révélé de nombreux trésors sacrés, comme la Croix d’Anjou, elle est une forêt d’indices, du gui des chênes aux sculptures des églises. A travers les âges, le savoir s’est transmis par la tradition orale, par les grands initiés ; il est inscrit dans les chansons de geste, dans le détail d’une sculpture, sur les vitraux de la cathédrale d’Angers, le long de la tapisserie du « Chant du monde » de Lurçat.
	L’auteur n’a pas trouvé le Graal sous un dolmen du saumurois, mais en nous. Il a fouillé chaque recoin de la province pour nous dire que nous sommes tous des enfants de la planète. Cette province n’est rien d’autre qu’un miroir. L’homme qui se penche sur une rivière, un livre, une sculpture, a rendez-vous avec lui-même. Sa capacité à aimer mène au Graal qu’on a en soi. Chercher à comprendre l’Anjou, c’est trouver un sens aux choses. L’histoire de l’Anjou n’est qu’une métaphore de la condition humaine. Ce livre s’adresse à ceux qui sont désespérés par le raz de marée matérialiste de notre époque et à ceux qui aspirent à retrouver leur parcelle divine.

- « L’art de l’inventaire » dans la revue des musées d’art et d’histoire de Genève -2013, n°61- M. Gaël Bonzon présente les pérégrinations d’un brûle-parfum japonais. Le Japon s’est ouvert au monde dans la deuxième partie du XIXe siècle, nombreuses sont ses œuvres qui affluent vers l’Europe et les États-Unis. Ce mouvement, « le japonisme », apporte à la création artistique contemporaine le renouveau qu’elle attendait. Les expositions universelles favorisent l’émergence de ce goût exotique. Le Japon encourage la création de produits de qualité, réalisés dans un esprit traditionnel, destinés à l’Occident. Il attire ainsi l’attention sur l’excellence de son savoir-faire avec quantité d’objets en bronze, en laque ou en céramique. C’est ainsi que le directeur du musée des arts décoratifs de Genève se rend à l’exposition universelle de 1889, à Paris, où se trouvent les pavillons du Japon et de la Chine. Il cherche à recueillir des échantillons des techniques japonaises à imiter. Il procède à des acquisitions de plats, vases, brûle-parfum en émail cloisonné et en bronze. Son choix s’est porté notamment sur un brûle-parfum tripode qui résume toute l’âme et le savoir-faire du japon ancestral. Constitué d’une panse circulaire légèrement évasée à son sommet et coiffée d’une calotte ajourée et ciselée, il repose sur trois pieds travaillés en creux dans la masse. Maîtres dans l’art de la métallurgie, les artisans japonais possèdent le secret de fabrication d’alliages et de patines produisant des effets de couleurs inédits. L’artiste a su transmuer un objet utilitaire en une œuvre d’art et y insuffler son univers poétique. Au moment de l’inauguration du nouveau bâtiment du musée d’art et d’histoire de Genève, en 1920, le brûle-parfum n’a pas été logé dans la salle des métaux ouvrés, mais fut versé dans les réserves. Un moment inscrit sur la liste des objets à remettre gracieusement en 1940 à l’Union des mobilisés, il est resté finalement sur un rayonnage de ces 


réserves. Peut-être qu’une place de choix dans les présentoirs des collections lui sera assurée à l’avenir, évoquant le goût que Genève manifesta pour le japonisme ; la cité a compté un magasin de curiosités japonaises, un palais des fées en pur style nippon et des érudits renommés dans ce domaine. 

SÉANCE PUBLIQUE DU 24 AVRIL 2015 

	La séance a été ouverte par le président qui a procédé à l’installation de Mme Fabienne Marteau, récemment élue membre associé ; elle prenait séance pour la première fois, entourée de ses parrains M. Jacques Maureau et Mme Joëlle Remy, représentée par M. Jean-Claude Remy.

« Patriarches et pharaons » La Bible s’inscrit-elle dans l’Histoire ? Quelles cohérences et concordances avec l’Histoire ? Essai chronologique d’Abraham à Moïse (la première Pâque) par M. Daniel Garandeau.
	Tout d’abord, la Bible n’est pas un livre, mais un ensemble d’écrits très variés dans lesquels on peut lire des récits sur les origines, des textes sapientiaux, législatifs, prophétiques, hagiographiques, épîtres ou historiques.  C’est à ce dernier registre qu’est consacré cet exposé et, si l’on prend, comme point de départ, le premier patriarche biblique, qui se situe dans la protohistoire, est-il possible de le situer dans l’Histoire, lui et ses descendants ? Sachant que différentes chronologies s’affrontent et qu’il est difficile d’affirmer mordicus que les évènements se sont déroulés selon un calendrier définitif, il est néanmoins possible, et au demeurant passionnant, d’essayer de voir comment ce puzzle du passé a bien pu se dessiner car, et c’est ce qui est merveilleux, plus nous nous éloignons de ces temps anciens et plus nous en apprenons grâce à l’archéologie.
Cette tentative d’explication était proposée sous la forme d’un diaporama de photographies prises par l’auteur, au cours de plusieurs voyages au Moyen-Orient et, pour certaines, dans les musées du Louvre, du British Museum, de Louxor ou du Caire.

Extraits des débats 

	La communication a suscité des interrogations, qui se sont exprimées au cours du débat qui a suivi :
M. Christian Brégeon : Nous avons des textes à consonance religieuse qui ont été fortement interprétés. Les textes de la Bible sont très tardifs ; il faut donc une grande prudence pour en parler. Dans l’historiographie actuelle, on reconsidère beaucoup de données. A titre d’exemple, le passage en Égypte des Hébreux est remis en cause par les historiens juifs de Tel Aviv, ce qui crée de grandes difficultés. On se trouve dans une situation très délicate du fait des interprétations. Les correspondances et les concordances sont particulièrement intéressantes à noter et donnent un corps à des commentaires qui datent de 1 000 ou 2 000 ans.

R : Effectivement les égyptologues ne sont pas toujours d’accord sur les dates ; il est intéressant de voir comment les faits sont symbolisés dans le temps.
M. Jean-Claude Remy : On a dit que Ramsès II était le frère aîné de Moïse.
R : Ramsès a vécu au XIIIe siècle et Moïse vivait au XVe siècle.
M. Jacques Keryell : pense qu’il est dangereux de prendre comme un fait historique, ce qui ne l’est pas. L’historicité de la Bible est revue par les rabbins et à la suite des découvertes archéologiques. L’école biblique de Jérusalem et les scientifiques d’Israël ont une approche méthodologique qui s’applique aussi bien aux textes sacrés qu’aux textes profanes. Le Coran lui-même, qui est présenté comme un texte éternel, fait l’objet d’une approche critique par certains imans. 
M. Serge Le Pottier : pense que la bonne démarche est de confronter les découvertes scientifiques actuelles avec les textes de la Bible.


« Les guerres navales (1914-1918) : un blocus efficace » par M. Jacques Bizard.
	A l’occasion du centenaire de la guerre 1914-1918, il n’est pas inutile de faire un rapide retour sur les opérations navales pendant cette guerre. Commencée sous le signe des gros croiseurs cuirassés appelés « dreadnought » et de la bataille, la guerre se déroule de façon tout à fait différente qu’il était prévu. La bataille ne donne pas les résultats escomptés. La situation des alliés extrêmement favorable initialement devient très fragile au milieu de l’année 1917 à la suite du développement de la guerre sous-marine à outrance. C’est la ténacité du commandement, le courage des hommes et l’efficacité du blocus qui accélèrent la fin des empires centraux. Les Marines alliées ont donc tenu une part tout à fait essentielle dans la victoire.

	Le président a souligné l’intérêt de cette communication, qui s’insérait dans la démarche entreprise pour revisiter les divers épisodes de la guerre 1914-1918. De nombreux compléments d’informations ont été sollicités au cours de la discussion qui a suivi.

Extraits des débats 

M. Jacques Thomas : a demandé si l’aéronavale avait joué un rôle.
R : Son action a été peu probante ; les premières actions ont été très limitées. 
Mme Élisabeth du Réau : a rappelé que Jean Monnet avait été envoyé en Angleterre, puis aux États-Unis en 1917/1918 pour organiser des convois de ravitaillement pour les forces alliées.
R : Finalement la démarche n’a pas eu une grande incidence. Les commandants des navires de commerce appréciaient peu les escortes. Au début on a limité les convois à partir de l’Angleterre. 
M .Jacques Maureau : Quelle a été l’action de la marine russe en Mer noire jusqu’en 1917 ?
R : La marine russe s’était reconstituée en mer Baltique. Elle mettra en échec les Allemands qui ne pourront pas pénétrer en Russie jusqu’en 1917. En Mer noire, la flotte russe sera canonnée par la flotte turque en 1915 et restera inactive après. Elle aurait pu intervenir dans le Bosphore, mais elle porta essentiellement son effort sur les forces terrestres. Elle récupérera les codes allemands qui seront très utiles aux Anglais. 
M. Jacques Maureau : Quel a été le rôle des torpilles ?
R : Il fallait s’approcher du bateau à couler à 500 ou 600 mètres et le coup était imparable. Le sous-marin devait pour se protéger, changer de route toutes les deux minutes. Les succès allemands ont été considérables.
M. Christian Brégeon : Comment se réalisaient les transmissions interocéaniques et comment les navires communiquaient-ils entre eux, notamment les sous-marins ?
R : La radio était tout à fait balbutiante. On comprend mal à notre époque où nous sommes dotés de moyens de communications performants, comment les bateaux arrivaient à naviguer. Les champs de mines étaient particulièrement dangereux. Le nombre de sous-marins allemands coulés par une mine a atteint 41 sur 170. 

M. Bernard du Jonchay : L’importance relative du rôle de la marine française pendant la guerre de 1914 n’a-telle pas, entre les deux guerres, conduit à une volonté de développer la flotte?
R : La marine a été vexée de n’avoir pas été citée parmi les vainqueurs du premier conflit mondial, et la situation n’était guère meilleure en 1936. La France devait limiter son effort de réarmement naval en application des traités de paix Un programme naval a été mis en œuvre à partir de 1936 ; il a porté notamment sur la construction de la flotte sous-marine. En 1939, au moment du déclenchement des hostilités, la flotte française n’avait rien d’exceptionnel du fait du respect stricto sensu des traités ; elle était, en fait, dans une situation défavorable.
M. Bernard Valentin, petit neveu du capitaine de vaisseau Rageot de la Touche, qui commandait le cuirassé « Bouvet », a rappelé comment ce navire avait été coulé par une mine, le 18 mars 1915, durant la bataille des Dardanelles. Le compartimentage de la coque le rendait vulnérable. Plus de 600 marins ont péri dans le naufrage. 


	Le président a invité les auditeurs à assister, le 22 mai 2015, à la prochaine séance, au cours de laquelle seront installés deux nouveaux membres titulaires, M. Robert Audoin et M. Jean-Pierre Bois, qui avait organisé à l’école du Génie la séance consacrée à la célébration du centenaire de la guerre de 1914. Celui-ci, élu président de l’Académie par le conseil d’administration, prendra ses fonctions fin septembre. Il est souhaitable que le plus grand nombre d’entre nous participe à cette séance.


Carnet de l’Académie
rappel

COTISATIONS 2015

Il est rappelé que les cotisations doivent statutairement être réglées
avant le 31 mars.
Merci à celles et ceux qui ont déjà fait le nécessaire

80 euros pour les membres associés
(80 + 10 euros si envoi bulletin par poste soit 90 euros)

95 euros pour les membres titulaires
(95 + 10 euros si envoi bulletin par poste soit 105 euros)

Le Trésorier
J.M de Latrollière


Rencontre des Académies de l’Ouest 
- Samedi 6 juin 2015, à Rouen.

Croisière culturelle « Decouverte de la peinture Flamande »
Vendredi 12 juin 2015, à 14h.
Réunion préparatoire avec Mme Catherine Lesseur, pour la croisière du 5 au 10 septembre 2015.

Réunion de Section 
Sciences économiques et sociétales
Vendredi 12 juin 2015, à 14h30.

Prochaines communications
Vendredi 12 juin 2015 (Port de la médaille)
16h : Séance publique 
Réception de M. François Dolbeau, récemment élu membre de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres.
- «.Le chevalier de La Tremblay et Voltaire » par M. Louis-Marie Beauvois.

Vendredi 26 juin 2015 (Port de la médaille)
15h00 : Séance privée
16h00 : Séance publique 
Réception, comme membre d’honneur, de Mme Danièle Sallenave, de l’Académie française.
- Le français est deux fois ma langue par Mme Danièle Sallenave
- Cinquante après : un inédit de Julien Gracq : « Les terres du couchant » par M. Georges Cesbron.


Colloque
Les lieux de culte en Anjou 
Histoire, Arts et gestion contemporaine

Vendredi 29 mai 2015 
(Hôtel de Livois)
9h30 à 12h 
- L'histoire des lieux de culte en Anjou
14h à 18h 
- L'architecture au sein des églises
20h30 
	Concert à l’église Saint Laud
	(accès libre)

Samedi 30 mai 2015 
(Hôtel de Livois)
10h à 12h 
- L'art au sein des églises
14h30 à 17h30 
- Les églises angevines aux XXe et XXIe siècles

Dimanche 31 mai 2015
- Visites d’églises angevines

Samedi 13 juin 2015
Chapelle des Ursules, rue des Ursules
Séance publique
10h à 12h 
- La gestion des lieux de culte
14h30 à 17h30
- Synthèse et table ronde

Sortie annuelle
Vendredi 19 juin 2015 à La Flèche et ses environs, sous la conduite de M. François Lecoq-Vallon.
Les inscriptions (accompagnées d’un règlement de 50 € par personne) doivent être adressées à l’académie avant le 30 mai, ( le nombre de places est limité à 50 personnes : au 15/05/2015 , 30 personnes sont inscrites).





Olivier d’Ambrières 
Secrétaire Général

Directeur de la Publication : Jean-Claude Remy.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal mai 2015							      Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
Site Web : www.academie-dangers.com
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