BULLETIN MAI 2014

 
 L’Académie tiendra séance les : 


Vendredi 6 juin 2014
Hôtel de Livois
15h00
Séance publique organisée par la section Histoire 

La Libération d’Angers

Le contexte national et international
- « La participation américaine et le rôle du général Patton.» par Mme Christine Levisse-Touzé*
- « Le gouvernement provisoire et l’organisation des pouvoirs publics – les relations avec les acteurs locaux.» par Mme Élisabeth du Reau.
La Libération et ses conséquences
- « L’action de Michel Debré, commissaire de la République pour la Région d’Angers (sept.1944-avril 1945)» par Mme Élisabeth Verry.
- « L’épuration en Anjou.» par M. Marc Bergère*.
Témoignages
- « Témoignages angevins sur la Libération.» par MM. Jacques de Latrollière, Benoît Boumard et Daniel Gruau.

Mme Christiane Levisse-Touzé, directrice du Musée du général Leclerc de Hautecloque et de la Libération de Paris/ Musée Jean Moulin.
M. Marc Bergère, maître de conférence à l’université de Rennes II.


Vendredi 20 juin 2014
Hôtel de Livois

15h00
                                                                                                     Séance privée

16h00
Séance publique

L’HORTICULTURE

Séance publique organisée en commun par l’Académie et la Société d’Horticulture 


- « Histoire de la Société d’horticulture d’Angers et du département de Maine et Loire.» par M. Jean-Louis de la Celle.
« Les aquarelles de Germaine Debraux.» par Mmes Monique Astié et Élisabeth Verry.
SÉANCES DU 25 AVRIL 2014

Sont prÉsents 
M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Régis de BELENET, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Georges CESBRON,  M. Jacques CHOPIN, M. Daniel COUTURIER, M. Philippe DAIN, Mme Élisabeth du Réau, M. Maurice FAËS, Mme Josette FOURNIER, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. Jean MILLET, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Jacques THOMAS, M. Georges TIRAULT.   membres titulaires. 

M. Jacques CHOPIN.   membre titulaire emerite

M. Max BARAT, Mme Véronique de BECDELIÈVRE, M. Jacques de BELENET, M. Pierre-Marie BETTON, M. Jacques BIZARD, M. Roger BOISSEAU, M. François BOULÊTREAU, M. Dominique CHARBONNEL, M. Hervé de CHARETTE, M. Benoît DELTOMBE, M. Henry-Dominique DERSOIR, Mme Natalie FRANÇOIS, M. Renaud FRANÇOIS, M. Gérard GAILLY, M. Michel GARREAU de LABARRE, M. Joseph GIBOIN, M. Jean-André GOUYETTE, M. Jean GRELON, M. Daniel GRUAU, M. Michel GUILLANEUF, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. René JAMES, M. Guy LEGRAS, M. Pascal LEVAVASSEUR, M. Pierre MACHEFER, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, Mme Elisabeth d' ORSETTI, M. Hervé du PONTAVICE, Mme Joëlle REMY, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Clément SAVARY, M. Jean-Marc SEGUIN, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, Mme Anne de VAUTIBAULT.   membres associes. 

Mme Guy LEGRAS    invitée 

S’Étaient fait excusér :
Mme Marie-Rose ALBRECHT, Mme Marguerite Cécile ALBRECHT, M. Yves BARTHET, Mme Simone BÉGUIER, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Henri DELLACASA, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. Edmond RUBION, M. Michel VAISSIER.   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER.   membre titulaire honoraire 

Mme Christiane ASTOUL, M. Louis-Marie BEAUVOIS, Mme Françoise BIZARD, M. Jérôme BODIN, M. Philippe BONEF, Mme Luciole BOUCHÉ, M. Henri BRAULT, Mme Maryvonne CHANTEUX, Mme Laurence CHARVOZ, Mme Margreet DIELEMAN, M. Grégoire DUVAL, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Rémy GERNIGON, M. Gérard JACQUIN, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Jacques KERYELL, Mme Denise LAMAISON, M. Dominique MAILLARD, M. Olivier MARTIN, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Yves NAUD, M. Michel PENNEAU, M. Serge QUENTIN, M. Geoffrey RATOUIS, Mme Sylvette ROBSON, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, M. Alain TRICOIRE, M. Michel VILLEDEY.   membres associés. 



SÉANCE PRIVÉE 

	Après avoir ouvert la séance, le président a informé l’assemblée de la tenue, en l’hôtel de Livois, le samedi 14 juin, d’une réunion inter-académique avec nos consoeurs de Rouen, La Rochelle, Caen, et Tours ; le thème d’études choisi sera « Le vécu de l’année 1944 dans l’Ouest ». Tous les membres de notre compagnie sont invités à venir participer à cette journée qui va permettre d’envisager la poursuite de travaux en commun dans le cadre régional.
	Il a donné ensuite la parole à M. Jacques Maureau, de retour d’un voyage à Abou Dhabi, qui a présenté un rapide aperçu de cet émirat de la Fédération des Emirats Arabes Unis. Ce pays, transformé par la découverte de pétrole en 1958, entretient des relations étroites avec la France sur le plan économique, sur le plan militaire avec l’implantation d’une base navale et aérienne, et sur le plan culturel avec la présence de professeurs et d’experts de la Sorbonne et du musée Louvre.
M. Daniel Couturier, deuxième vice-président, a assuré ensuite la recension des publications reçues :  
-« Le Louvre d’Abou Dhabi, la naissance d’un musée », musée dont l’ouverture est prévue en 2015. Le bâtiment, d’une grande qualité architecturale, est l’œuvre de l’architecte Jean Nouvel ; toutes les disciplines d’un musée y seront représentées. Son but est de célébrer et de rendre possible le dialogue interculturel ; il deviendra un lieu d’échanges à travers le langage universel des arts. Les œuvres présentées constituent un dosage entre les œuvres universelles, la civilisation arabe et la civilisation européenne. 
-« Le Pape et l’Empereur, les catholiques et Napoléon III » par notre confrère M. Philippe Pichot-Bravard, récemment élu membre titulaire. L’ouvrage est centré sur deux thèmes : un choix politique, le ralliement à Napoléon III, et un cas de conscience, le Pape ou César. L’auteur a pris notamment l’exemple des plébiscites de 1851 et 1852 en Maine et Loire, où la diversité des traditions politiques coexiste. Les familles politiques se répartissent entre les blancs immaculés (légitimistes intransigeants), les blancs bleutés (conservateurs modérés), les bleus azur (libéraux, centristes et orléanistes), les « bleu foncé » (républicains) et les rouges (les révolutionnaires). En 1851, les Angevins ont accepté le coup d’Etat du 2 décembre à 71,4 % ; les légitimistes ont préféré, en effet, la défense de l’ordre établi à la fidélité dynastique. Pour le plébiscite impérial de 1852, le taux d’adhésion est tombé à 59 %, ce qui place le Maine et Loire parmi les départements les moins favorables à l’Empire. En 1851, le danger socialiste a motivé une majorité massive, mais, en 1852, l’approbation de l’Empire est beaucoup plus limitée. Les élections de 1863 et de 1869 témoignent d’un enracinement du régime en Maine et Loire. 
	La question romaine va altérer dans une certaine mesure les relations entre les catholiques et l’Empereur, en particulier en raison de la sympathie manifestée par Napoléon III à l’égard du mouvement nationaliste italien, ce qui constituait une menace pour l’existence des Etats pontificaux. Elle n’a cependant pas aliéné le soutien de la majorité des catholiques. L’incompatibilité entre la doctrine sociale de l’Eglise et les principes politiques de l’Empereur n’a été perçue que par une petite élite. Les catholiques, qui font de la question romaine une affaire de principe, semblent en définitive minoritaires. Les expéditions militaires en vue de restaurer le pouvoir temporel du Pape vont intervenir à plusieurs reprises. La première, placée sous l’autorité du général Oudinot, date de 1849 ; elle avait pour objectif de permettre à Pie IX de quitter Gaëte, où il était réfugié, pour regagner Rome. En même temps, il était suggéré au Pape de réformer dans un sens libéral l’administration des Etats pontificaux, ce à quoi il se montra peu disposé. Une seconde expédition est organisée, en 1859, contre l’Autriche et aboutit, après Magenta et Solferino, à l’armistice de Villafranca qui ne sera pas appliqué par les Italiens. La position impériale était de restreindre l’étendue des Etats du Pape à ce qui est strictement nécessaire. L’armée pontificale va être placée, en 1860, sous le commandement du général de Lamoricière, qui s’employa à renforcer ses effectifs en faisant appel aux catholiques européens. Entre 1860 et 1870, 2 964 Français rallient les bannières pontificales ; ils sont issus majoritairement de familles de l’Ouest. Très vite l’aventure des zouaves pontificaux sera sanctionnée par la défaite de Castelfidardo ; la Romagne, les Marches et l’Ombrie seront envahies par les Piémontais. La politique impériale se présente de façon ambiguë, dans la mesure où elle encourage l’unité italienne qui est appelée à condamner l’existence des Etats pontificaux. Napoléon III décide néanmoins de laisser des troupes dans Rome pour protéger ce qui reste de ceux-ci. En 1867, un nouveau corps expéditionnaire, parti de Toulon, se joint à l’armée pontificale et gagne la bataille de Mentana. La situation sera stabilisée jusqu’à la guerre de 1870 ; les troupes piémontaises passèrent à l’offensive après la défaite de Sedan. À partir du 20 septembre 1870, le Pape s’enferme dans les palais du Vatican ; il n’y a plus d’Etats pontificaux. 

-« Rencontre inter-académique à Montpellier » extraite du recueil de l’Académie de Montauban pour l’année 2013. Trois académies, Montpellier, Montauban et Annecy, se sont rassemblées pour deux jours d’échanges et de visites, en juin 2013. L’activité de l’Académie de Montauban se manifeste par des conférences publiques mensuelles ouvertes aux Montalbanais, par des publications d’auteurs du département pour des textes inédits ou épuisés, ou par des ouvrages tels que le dictionnaire des rues et des chemins de Montauban et le dictionnaire des Montalbanais. Elle compte quarante membres titulaires et deux cents membres associés, des membres honoraires et des membres correspondants, la première femme académicienne a été reçue en 1986. 
	Une candidature de membre associé a été présentée à l’assemblée par M. Jacques Maillard, président de la section Histoire, et par M. Michel Pecha- Soulez :
- M. Alain ROUX, ancien élève de l’Ecole Supérieure d’Agriculture d’Angers (ESA).
Il a été élu au cours de la séance ; il a fait savoir que, s’il était admis, il souhaiterait intégrer la Section des Sciences Humaines et Sociales.
	

SÉANCE PUBLIQUE 

Le président a donné la parole aux deux orateurs inscrits, M. Bernard du Jonchay et M. Renaud François.

« Itinéraire d’un officier français durant la période 1935-1945, le colonel Raymond du Jonchay » par M. Bernard Sarton du Jonchay.
	Pendant la deuxième guerre mondiale, la participation à la Résistance fut un choix qui s’offrait aux Français.
Le colonel Raymond du Jonchay présente un parcours singulier devant la problématique de l’entrée en résistance, de par ses options politiques (anticommuniste déterminé, chroniqueur militaire de l’Action Française) et de par sa formation d’officier d’État-Major et ses analyses de stratégie militaire (il est un partisan lucide et résolu de la création et de la mise en œuvre de grandes unités blindées autonomes).
Officier de cavalerie, il fut spahi au Maroc, officier des Affaires Indigènes (les A.I.), breveté d’État-Major. La guerre le trouve à l’État-Major au Maroc puis en Algérie. Il est muté début 1941 à Limoges où il commande en second le 6e cuirassiers. Il rejoint les « Chantiers de Jeunesse » et, de là, opte pour la lutte clandestine dans la Résistance, comme chef régional à Limoges, puis adjoint au chef d’État-Major national des Forces Françaises de l’Intérieur à Paris.
Durant cette période, il est arrêté deux fois par la Gestapo, mais il s’évade aussitôt : « un exploit probablement unique », comme le mentionne son chef, le général Koenig.
Raymond du Jonchay a publié un livre de mémoires, « La Résistance et les communistes », couvrant la période 39-44 et décrivant l’organisation de la Résistance et le rôle qu’il y a tenu. Le titre de ce livre indique clairement le sujet traité et Raymond du Jonchay, en témoin direct de l’emprise des communistes sur la Résistance, en décrit  le processus :
-	Mise à l’écart des dirigeants non affiliés au « parti »,
-	Noyautage pour accéder aux postes de responsabilité,
-	Préparation de l’insurrection et de la prise du pouvoir par les communistes pour une « république populaire ».
A titre d’exemple, il mentionne que l’État-Major national comportait quatre officiers d’active et un communiste avant les arrestations de juin 44 …Trois mois après, Raymond du Jonchay y est le seul officier d’active, entouré de quatre communistes, dont le chef d’État-Major.
La présence des troupes alliées et française et la pertinence de de Gaulle éviteront la guerre civile et l’avènement d’une « république populaire ».    
	
Extraits des dÉbats 

M. Luc Larget-Piet : Lorsque le général de Gaulle a fait un tour de France en 1944, notamment à Toulouse, il a fait défiler devant lui des FTP. Il a demandé qu’ils soient désarmés pour être intégrés ensuite dans l’armée régulière afin de participer aux combats qui se déroulaient en Alsace. Il y avait parmi les communistes des personnalités exceptionnelles. À Limoges, Georges Guingouin entra en lutte contre l’occupant dès 1940, formant des groupes clandestins et organisant des distributions de tracts. Il disposait, en 1944, d’une troupe de maquisards très importante, qui tenait tête aux Allemands et organisait des actions de sabotage. Il était en désaccord avec la ligne définie par Jacques Duclos et fut exclu du parti communiste. Il avait été fait compagnon de la Libération.
R : Dans un court exposé qui couvre une période très agitée, on manque de nuance. Mon père manifestait une certaine brutalité ; il avait vécu des moments très difficiles et il s’exprimait avec fougue.

M. Jacques Maureau : Est-ce que le colonel du Jonchay a connu le général de Gaulle ?
R : Je n’ai pas de document faisant état d’une relation directe entre eux deux, mais il a certainement eu l’occasion de suivre le cycle de conférences qu’il professait à l’École de guerre. Leur manière de penser avait des points communs.

M. Jacques de Latrollière : En ce qui concerne la présence de royalistes dans la Résistance, on peut citer en Anjou, Jacques Bordier, directeur de la Banque Bordier-Massonneau qui était, avant la guerre, le représentant du Comte de Paris. Il s’engagea dans la clandestinité, fut déporté et mourut dans les camps. Il en est de même du colonel de Sauvebeuf et du comte de Champagny.
À cette époque troublée et difficile à resituer aujourd’hui, il y avait un danger évident à armer les FTP en raison du risque d’une prise de pouvoir par la force.

M. Pierre-Marie Betton : Georges Guigouin ne souscrivait pas à la politique des actions violentes et spectaculaires voulues par le Parti communiste, car celles-ci conduisaient à la répression féroce de l’occupant et entraînaient un cycle de violence propice à une prise du pouvoir.


« La musique occidentale de 1880 à 1913. Évolution de l’écriture musicale » par M. Renaud François.  
(Résumé non parvenu)
	M. Jean-Claude Remy a souligné l’intérêt exceptionnel de cette communication ; il a exprimé le souhait que l’orateur revienne pour compléter son propos avec des illustrations sonores. Ceci permettrait de mieux suivre les évolutions signalées.

Extraits des dÉbats 

M. Christian Brégeon : La musique modale et tonale remonte à la nuit des temps, elle s’est prolongée dans le jazz et les variétés ; elle reste de la musique populaire. Il y a des relations entre les harmoniques qui sont bien connues et qui semblent constitutives. Les musiques sérielle et atonale semblent plutôt des constructions de l’esprit, des moyens d’attirer l’attention par un changement de registre ou d’expression. Cela n’entre pas dans le quotidien de ceux qui aiment la musique.
R : La musique populaire et la musique savante avaient des interactions évidentes à l’époque de Mozart. Petit à petit avec le Romantisme, un fossé s’est creusé entre la pratique musicale savante et la musique populaire. Chez Stravinsky, « L’histoire du soldat » est facile à écouter mais présente des aspects très complexes. Les pouvoirs publics ne font pas grand-chose pour diffuser la musique actuelle. De ce fait, un certain public s’est coupé de la musique par peur. La musique de Boulez est aussi riche que celle de Ravel.

M. Daniel Couturier : Quelle est la place d’Henri Dutilleux, né à Angers en 1916, parmi les compositeurs contemporains ?
R : Il a mis du temps à trouver sa voie ; il a rejeté certaines de ses œuvres anciennes qu’il ne voulait plus voir jouées. Il a réussi à réaliser une synthèse entre la musique atonale et la conception harmonique de la musique. Il a eu du mal à imposer son parcours, en raison d’une certaine dictature de la musique sérielle dans les années 1950 /1960.
Il convient de rappeler que la musique est toujours une démarche intellectuelle ; elle doit en même temps être sensible. Chacun est sensible à un type de musique.

Mme Monique Astié: Yannis Xenakis a présenté des morceaux d’une violence inouïe
R : C’est une personnalité très importante de la musique. Il a engagé des recherches sur l’ordinateur dans la musique ; la musique agressive a toujours existé. La 5ème symphonie de Beethoven a beaucoup étonné en son temps.

Mme Florence Soulez Larivière : On n’entend plus du tout de musique contemporaine. À Angers, il existait un festival de musique contemporaine qui était très apprécié mais qui a disparu.
R : C’est exact, il y a un manque de diffusion de la musique contemporaine. Pendant une dizaine d’années, le festival de Roger Tessier s’est signalé par la qualité des œuvres présentées. 

M. Luc Larget-Piet : Où se situe Olivier Messiaen ?
R : Il a fait des recherches sur les rythmes extra européens, notamment indiens ; il a construit son univers sur les chants d’oiseaux. Il était très proche des sériels. Il a enregistré des chants d’oiseaux. Il s’est servi de séries de chants d’oiseaux comme d’un matériau ; il les utilisait à la place de séries de notes. Ils ont été transcrits en musique, ce qui est un travail très particulier. Il était aussi dans le monde de la couleur. Quand on parlait de musique, il demandait : « Quelle est la couleur ? ». Pour lui les tonalités majeures étaient liées au cuivre. Tout était en relation avec des impressions visuelles. Dans chaque partition, il est écrit de quel oiseau vient cette entrée.

M. Christian Brégeon : Dans l’harmonie classique qui est mieux acceptée par les contemporains, il n’y a pas de règle de distribution des sons et de leurs harmoniques. La musique nouvelle vient heurter des règles profondes. La musique ancienne est mieux acceptée parce qu’elle est plus naturelle.
R : la musique harmonique remonte au XVIe siècle ; la musique a évolué lentement. Si on avait fait écouter du Mozart au XIIe, tout le monde se serait indigné. La rupture a été violente avec les derniers quatuors de Beethoven ; le public a été très ébranlé. De même la musique d’Arnold Schönberg sera acceptée dans l’avenir de manière inéluctable comme cela a été le cas pour Beethoven ou Mozart. Le système harmonique peut être très violent, il a duré très peu de temps. Quand on a introduit dans les églises le trombone, ce fut un véritable scandale. 
Bach et Messiaen sont aussi intellectuels que Schönberg. Ce qui compte c’est l’émotion que l’on ressent en écoutant de la musique. Certains auditeurs sont plus sensibles à une musique donnée, d’autres sont plus attirés par une musique différente. Ce qui a bouleversé les habitudes d’écoute, c’est la vitesse de l’évolution. Si vous allez au concert, c’est pour le plaisir d’entendre une œuvre. 

Mme Legras : Quelle est la place de Karlheinz Stockhausen ?
R : Karl Stockhausen a été, avec Pierre Boulez, l’un des promoteurs de la musique sérielle totale, il a été fasciné par l’électro-acoustique et l’emploi de l’acoustique par les variétés. Il s’est emparé de tous ces moyens et s’est efforcé de les intégrer dans la musique. Il s’est révélé, comme il le reconnaît, un peu mégalomane. Ses cycles de création aboutissent à des œuvres monumentales.   

	Le président a remercié une nouvelle fois M. Renaud François pour sa prestation au cours de laquelle il a montré une maîtrise parfaite de son sujet et a fait bénéficier l’assistance de sa connaissance personnelle des grands compositeurs contemporains.











Carnet de l’Académie
		
Le plus vieux bois du monde a maintenant un nom

Le 27 avril 2012, Madame Christine Strullu-Derrien avait présenté à l’Académie une communication consacrée à « La Paléobotanique en Anjou, histoire et rayonnement actuel », qui avait passionné ses auditeurs en les transportant aux origines de notre terre.
À cette occasion, Madame Strullu-Derrien nous avait révélé la « plus ancienne plante connue au monde formant du bois », plante découverte en Anjou par Hubert Lardeux en 1969 et qu’elle venait de dater comme âgée de 407 millions d’années.
À l’époque, elle l’appelait simplement : « plante de Châteaupanne », Châteaupanne étant le site de Montjean-sur-Loire, où le fossile avait été trouvé. La presse locale (Courrier de l’Ouest du 29/04/2014) vient de publier un long article sur les travaux de notre confrère, qui officie actuellement au Muséum de Londres. On y apprend que Madame Christine Strullu-Derrien a enfin obtenu que soit reconnu le nom qu’elle a attribué au vénérable végétal : « armoricaphyton chateaupannense ».
L’Académie adresse ses vives félicitations à l’éminente scientifique


RÉunion de Sections 
	Sciences Économiques et Sociétales 
Vendredi 6 juin 2014, à 14h00 (salle 201)

	Lettres
Vendredi 6 juin 2014, à 14h00 (bibliothèque)

RÉunion des nouveaux membres associÉs
Vendredi 6 juin 2014, à 14h00 (salle 208)
Les nouveaux membres élus associés en 2012 et 2013 sont invités ainsi que leurs parrains à cette réunion. 




L’accueil à l’académie est assuré
du mardi au jeudi de 13h30 à 17h30
et 
le vendredi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 18h30



Olivier d’Ambrières 
Secrétaire Général

Directeur de la Publication : Jean-Claude REMY.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal :  mai 2014							      Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
Site Web : www.academie-dangers.com

mailto:academie-dangers@wanadoo.frhttp://www.academie-dangers.com/shapeimage_3_link_0shapeimage_3_link_1
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