BULLETIN MAI 2013

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L’Académie tiendra séance les :



Vendredi 14 juin 2013 
Hôtel de Livois

16h00
                                                                                                     Séance publique
Séance organisée par la section Arts 

« Belle Poule ou l'élevage porté à l'excellence »
 par MM. Etienne Vacquet et Jacques de Latrollière.  

« Joseph-Louis Proust, pharmacien de la Salpêtrière (1776-1778)
 par Mme Josette Fournier.




                                                                               Samedi 22 juin 2013
Sortie architecturale entre Loire et Layon
Pilotée par notre confrère René COMBRES
(pour cette sortie les inscriptions peuvent encore être prises)




Vendredi 28 juin 2013
Hôtel de Livois

                                                                                             15h00
Séance privée

                                                                                            16h00
Séance publique

« Les idées politiques du duc de Saint-Simon (1665-1755) »
 par M. Philippe Pichot-Bravard.

« L'histoire du Tour de France cycliste en Anjou » 
par Mme Elisabeth Verry.







SEANCE PRIVEE DU 19 AVRIL 2013

Sont présents 
Mme Marie-Rose ALBRECHT, M. Gilles d' AMBRIERES, M. Olivier d' AMBRIERES, Mme Monique ASTIE, M. Yves BARTHET, M. Christian BREGEON, M. Georges CESBRON, M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES, M. Daniel COUTURIER, M. Philippe DAIN, Mme Josette FOURNIER, M. Guy LAMAISON, M. Luc LARGET-PIET, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, Mme Catherine LESSEUR, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude RENIER, M. Bernard RICHE, M. Antoine RUAIS, M. Edmond RUBION, M. Jacques THOMAS, M. Georges TIRAULT, M. Michel VAISSIER, Mme Elisabeth VERRY,   membres titulaires. 

M. Jean MILLET,   membre titulaire émérite 

M. Pierre ALLAIN, M. Robert AUDOUIN, M. Max BARAT, M. Raymond BATTAIS, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Michel BERNARDIN, M. Jacques BIZARD, M. Roger BOISSEAU, M. Pierre BON, M. Philippe BONEF, M. Henri BRAULT, M. Jérôme CAMBON, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Dominique CHARBONNEL, M. Lionel COUPRIS, M. Henry-Dominique DERSOIR, M. Jean GRELON, M. Michel GUILLANEUF, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, Mme Monique JOLLIVET, M. Bernard du JONCHAY, Mme Denise LAMAISON, M. Pierre MACHEFER, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, M. Patrick MORNET, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Jean-Claude PAVION, M. Michel PENNEAU, M. Geoffrey RATOUIS, M. Jean ROBERT, M. André ROBIN, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Jean-Marc SEGUIN, M. Noël-Yves TONNERRE, M. Jean VEZIN,   membres associés. 

S’Étaient fait excusér :
Mme Marguerite Cécile ALBRECHT, M. Pierre BOUVET, Mme Monique CATTA, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Henri DELLACASA, Mme Elisabeth du Réau, M. Dominique LAMBERT DE LA DOUASNERIE, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIERE, M. Xavier MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. Jean-Claude REMY, Mme Madeleine SALETTE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIERE,   membres titulaires. 

Mme Françoise BIZARD, M. Jérôme BODIN, M. Pierre COULON, M. Jean Paul DARDUN, M. Benoît DELTOMBE, M. Grégoire DUVAL, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Gérard JACQUIN, M. François LECOQ-VALLON, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Henri PECHOT, M. Philippe PICHOT-BRAVARD, Mme Joëlle REMY, Mme Sylvette ROBSON, M. Jean SALETTE, M. Furcy SOULEZ-LARIVIERE, M. Claude TROUVELOT, Mme Anne de VAUTIBAULT,   membres associés. 


	M. Daniel COUTURIER, second vice-président, a ouvert la séance et donné quelques informations :
- Le président Jean-Claude REMY, absent pour raisons de santé, va être hospitalisé la semaine prochaine, pour subir une intervention qui le tiendra éloigné de l’Académie pendant trois semaines,
- le prochain conseil d’administration se tiendra le 17 mai, à 14h,
- la séance prévue pour le 10 mai est reportée au 17 mai ; M. Jean Mallet et M. Daniel Couturier présenteront une communication.
- le décès de M. Pierre DETRICHE, membre associé depuis 2007.
	Il a accueilli M. PAVION, nouveau membre associé, qui a pris séance pour la première fois dans notre compagnie, et dont les parrains sont M. Bouvet et M. Coupris. M. Couturier a donné ensuite la parole à M. Olivier d’AMBRIERES pour présenter la sortie organisée par M. René COMBRES entre Loire et Layon. Elle aura lieu le samedi 22 juin et comportera les visites du manoir du Bois Noblet à Louerre, de l’église Saint Pierre en Vaux et du site de la Sansonnière, à Saint Georges des Sept Voies ; elle se terminera au château de la Crossonnière, à Mozé sur Louet.
	M. Daniel COUTURIER a présenté ensuite plusieurs ouvrages récemment reçus :
- L’Anjou d’antan à travers la carte postale par Mme Jeanne Duval-Le Goff. Les thèmes retenus sont la vie aux champs, manufactures et artisanat, les transports, les cités, la vie quotidienne, l’art de vivre et la culture angevine, les loisirs et les fêtes, batellerie et commerce, ponts et écluses, pêches et loisirs, bateaux lavoirs et lavandières.
	Ces documents fixent un moment de la vie des Angevins dont ils sont des témoignages. L’auteur traite chaque thème dans son ensemble et laisse les images compléter son texte. Parmi les richesses de l’Anjou, elle s’intéresse aux sociétés d’horticulture et aux figures d’André Leroy et de Gaston Allard, aux ardoisières de Trélazé et de Renazé. Elle donne des informations aujourd’hui oubliées, comme l’origine des frères Fernand, Marcel et Louis Renault, qui sont les fils d’un négociant en draperie et fabricant de boutons venu de Saumur, l’importance des travaux engagés pour construire le tramway d’Angers, les premières locomotives, baptisées du nom des principales localités desservies, et la coiffe angevine comparée à une colombe blanche aux ailes relevées. Elle n’oublie pas la place de la gastronomie locale avec la bouilleture d’anguilles, le sandre au beurre blanc, les pâtés aux prunes et le crémet d’Anjou.  

- Saint Florent le Vieil, le pays de Julien Gracq, par M. Pierre Davy. C’est l’évocation du village d’enfance de l’écrivain qui parle à maintes reprises de cette localité dans son œuvre. L’ouvrage est divisé en cinq chapitres : le balcon sur la Loire (« J’ai encore dans l’oreille le bruit espacé, plat et liquide des avirons quand nous nous glissions en froissant les branches le long de ces marigots tapissés de vase »), l’empreinte religieuse (« J’ai été élevé dans le catholicisme dans un pays très croyant, une colline avec une abbaye très importante, une espèce de bulle sacramentelle. Plus que le sacré, me frappait et me séduisait la confrérie des gardiens du sacré »), les guerres (« Ma petite enfance s’est déroulée sur fond de guerre, une guerre qui représentait un lent et régulier massacre »), les rues et châteaux (« Nos bandes menaient leurs jeux sur le quai et le long des buissons de la rive ») et la vie quotidienne (« Une vieille photographie resurgie d’un album oublié, il y a mon oncle, ma tante, ma mère, deux employés de la mercerie, en blouse de travail grise, les trois bonnes Marguerite, Nanette et Julia, le chien et la chienne de ma tante, Black et Follette »).  

- Comptines et Poésines de Mme Marie-Rose Albrecht. L’auteur se souvient de la prime enfance pendant laquelle on apprenait à découvrir la nature. La poésine permet d’évoquer des faits véridiques, tout en laissant libre cours à l’imagination ou au rêve ; la comptine, c’est une formulette à dire ou à chanter qui transmet des savoirs de base.

- Le petit monde de Lamartine de Michel Domange. Le petit-fils de l’éditeur Eugène Fasquelle parle des paysages, des maisons, des champs, des vignes, de la vie rustique et de celle des châteaux, de scènes amusantes ou dramatiques. En plus des archives, il a su saisir des images qui apportent la couleur et une sérénité méditative. Alphonse de Lamartine est l’aîné de cinq sœurs en admiration devant le frère unique, Cécile, Eugénie, Césarine, Suzanne, et Sophie, future Mme de Ligonnés, mère de Mgr de Ligonnés, évêque de Rodez. C’est de l’éducation maternelle qu’il tiendra sa foi religieuse. On peut suivre la formation du poète et de l’homme à travers cette adolescence et cette jeunesse paysanne ; il mesurera plus tard toute la richesse de cette époque qui va nourrir son œuvre à travers Milly, Mâcon, la famille, les amis et les voisins. En politique, ses idées basculeront, partisan de la force sous la Restauration, il deviendra républicain sous Louis-Philippe ; son opposition vis-à-vis de Louis-Philippe, il la trouvait dans les traditions légitimistes de sa famille paternelle. Il exposera ses positions dans son « Histoire des Girondins ». 

- Le général Alexandre Ernest Michel par M. Pierre Deschamps (Annales de l’Académie de Mâcon-2010). Après avoir servi en Algérie et avoir commandé le régiment de chasseurs de la garde impériale, le général Michel est nommé à la tête de l’école de cavalerie et s’établira à Saumur. A la déclaration de la guerre en 1870, il commande une brigade de cavalerie et se bat dans une situation de grand désordre à Froeschwiller ; il participe à la charge de Reichshoffen qui fût très coûteuse en hommes. Les rescapés des deux régiments de la brigade sont regroupés en un seul et seront une nouvelle fois éprouvés ;
ils se trouvent successivement sous les ordres du maréchal de Mac Mahon, puis des généraux Ducrot et de Wimpffen au moment de la déroute générale des armées. Ayant échappé au désastre de Sedan, le général prend l’initiative de quitter le théâtre d’opérations et de gagner Versailles, où il participe au dispositif de l’armée de la Loire en formation, sous les ordres du général d’Aurelles de Paladines, puis du général Chanzy. Il se trouve à Laval au moment de la signature de l’armistice et sera mis en non-activité par retrait d’emploi ; il s’était cru autorisé à quitter ses chefs et l’armée dont il faisait partie. Sur les 23 généraux échappés de Sedan, on ne compte que quatre mises en non-activité. Le général Michel sera réintégré dans l’armée sur décision de M. Thiers en 1872 et restera en service jusqu’en 1882. Prenant sa retraite à Saumur, il y demeurera jusqu’à son décès en 1898, à 81 ans ; un hommage solennel lui sera rendu à l’école de cavalerie.  

- Un colloque international « Rousseau, trois cents ans après », organisé par l’académie de Dijon en 2012, a été consacré aux discours et aux ouvrages méconnus du philosophe, avec la participation d’universitaires et de spécialistes venus de Belgique, d’Italie ou de France. En 1750, notre consoeur avait couronné le premier discours de l’écrivain sur le thème « Si le progrès des sciences et des arts a contribué à corrompre ou à épurer les mœurs ». Les statuts prévoyaient qu’un sujet serait proposé tous les ans au public sur une matière de physique, de morale et de médecine. La distinction délivrée par l’académie de Dijon l’avait révélé à lui-même et rendu célèbre. Les académiciens partageaient une partie des critiques que le « citoyen de Genève » portait sur la société de son temps, même s’ils n’en tiraient pas toutes ses conséquences radicales, notamment politiques. Le nom de Jean-Jacques Rousseau n’était pas encore connu et l’académie de Dijon constituait une sérieuse référence pour vanter la qualité de l’ouvrage. Cet événement suscita des critiques, on s’étonnait notamment que des savants et des gens d’esprit aient applaudi aux paradoxes du citoyen de Genève et récompensé une diatribe contre les sciences et les arts, que la compagnie avait pour mission de préserver et de cultiver. 
	Huit communications ont été présentées dont celle de Mme Goyard-Favre intitulée « Rousseau, l’homme révolté ou la politique en échec », qui montre une âme profondément affectée par le désordre et l’injustice de l’organisation sociale ; il sera déçu, peu à peu convaincu de l’inutilité de son effort, et passera de la révolte au repli sur soi dont témoignent « les Rêveries du promeneur solitaire ». Mme Mariafranca Spallanzani montre comment il fait succéder à son rêve de volupté une instruction morale de renoncement au monde et à ses artifices pour chercher le bonheur en soi-même ; M. Jean Libis, à partir de la « Lettre à d’Alembert », énonce qu’il faut étudier la société par les hommes et les hommes par la société, ceux qui voudront traiter séparément la politique et la morale n’entendront jamais rien à aucun des deux. M. Jean Ferrari cite sa hautaine et mordante réponse à l’archevêque de Paris qui s’en était pris à celui qui s’affirmait chrétien « Je suis chrétien, non comme un disciple des prêtres, mais comme un disciple de Jésus-Christ ». 	 


SEANCE PUBLIQUE DU 19 AVRIL 2013

	M. Daniel COUTURIER, qui présidait la séance, a donné la parole aux deux orateurs inscrits, M. Jean Vezin et M. Roger Boisseau.

	M. Jean VEZIN est archiviste-paléographe, ancien bibliothécaire et conservateur au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, ancien directeur à l’Ecole pratique des Hautes Etudes où il enseignait la paléographie latine et la codicologie, correspondant de l’Institut de France (Académie des inscriptions et belles lettres), membre du comité international de paléographie latine et du comité international de paléographie hébraïque.

« Manuscrits angevins du Haut Moyen Age à la Bibliothèque Municipale » par M. Jean VEZIN.

extraits des débats 

	M. Couturier a remercié vivement M. Vezin pour cette communication très savante ; il a suggéré de demander à la Bibliothèque d’Angers d’organiser, pour notre compagnie, une visite de ces manuscrits fort rares qui sont de véritables monuments.
M. Luc LARGET-PIET : Il a été question de manuscrits de l’époque carolingienne, est-ce que la Bibliothèque possède des manuscrits de l’époque mérovingienne ?
R : Ces manuscrits, très rares, sont souvent écrits sur des papyrus d’une grande fragilité. Certains ont été copiés à Tours, le plus ancien date de 744. A l’époque de Charlemagne, les copies de ces écritures étaient translittérées ; les textes anciens que l’on ne savait plus lire étaient translittérés dans l’écriture du moment qui était facilement déchiffrable. Une grande partie des manuscrits antérieurs au IXe siècle a disparu. 
M. Jean MAUGEAIS : Sur internet on dispose d’environ 500 cotes, elles sont difficiles à utiliser.
R : Je ne suis pas en mesure de vous aider parce que je n’utilise pas internet. A mon sens, le meilleur instrument de travail est le catalogue de Molinié.
M. Georges CESBRON : Au Xe siècle, on parle du désert en Anjou. Qu’en est-il de cette notion de désert ?
R : On n’y croit plus tellement aujourd’hui. L’abbaye Saint Aubin a été réformée en 966 ; les chanoines ont été chassés et remplacés par des moines. Le même mouvement a eu lieu un peu plus tard à Saint Serge. A cette époque, on a réformé en France quantité de monastères. La fondation de Cluny en 910, c’était déjà une réforme de grande importance et de très grande portée. Il n’y a pas en France au Xe siècle une vie intellectuelle et artistique comparable à celle du IXe. La vallée du Rhin, l’Espagne du Nord et l’Angleterre avaient des ateliers de copie de manuscrits et de décoration extrêmement brillants au Xe siècle, très supérieurs à ce que l’on trouvait en France. Il est néanmoins très excessif de dire que c’était un désert.
M. Christian BREGEON : Vous avez indiqué que rares sont les manuscrits recueillis à partir de Saint Aubin, pourtant certains historiens disent que Saint Aubin avait un grand rayonnement dans toute la région du VIe au Xe siècle.
R : Il n’y a pas d’argument pour l’affirmer.
M. Christian BREGEON : On voit des implantations de Saint Aubin de part et d’autre dans la région.
R : C’est exact. Saint Aubin était surnommée « la riche », parce que ce monastère avait des possessions multiples. Le cartulaire de Saint Aubin a été publié au début du XXe siècle par Bertrand de Broussillon ; on peut suivre ainsi l’accroissement des possessions. Les comtes d’Anjou ont agrandi le domaine. Parler du rayonnement d’un monastère en fonction de ses nombreuses possessions, c’est une autre approche. On peut être très riche et très peu cultivé. Il arrive que des historiens partant de faits insignifiants montent une légende dont les fondements sont contestables. La vie intellectuelle en Anjou avant le XIe siècle est difficile à saisir. On sait qu’au IXe, des auteurs ont écrit des « missa ». A partir du XIe, il y a eu des écoles, mais malheureusement la bibliothèque de la cathédrale, telle qu’elle existait au XVIIIe, n’avait rien à voir avec celle du Moyen Age. Les chanoines étaient très destructeurs, la bibliothèque a subi bien des dommages. On dispose néanmoins de manuscrits très intéressants qui viennent de la cathédrale, en particulier un Térence décoré qui est conservé maintenant à L’Aigle.     

« Angers en guerre. La vie municipale 1939-1945 » par M. Roger BOISSSEAU.
M Roger Boisseau, docteur en économie, ancien expert-comptable, a été conseiller municipal d’Angers et conseiller régional. Sa communication a été préparée à partir des registres du conseil municipal et des données fournies par la presse locale.   

Septembre 1939, la France est en guerre avec l'Allemagne. Victor Bernier, maire d'Angers, depuis 1935, convoque son conseil municipal en vue de prendre les mesures face à ce nouveau conflit. Victor Bernier et les élus ont vécu la guerre 1914-1918. Le maire est confronté au problème des réfugiés et à la désorganisation des services municipaux, suite à la mobilisation du personnel.
Mai-juin 1940, la percée des armées allemandes surprend tout le pays. Pétain prend le pouvoir et s'installe à Vichy.
Angers doit être déclarée ville ouverte et Bernier est sommé par les Allemands de se rendre à Seiches-sur-le-Loir, d'où il reviendra sous bonne escorte ennemie.
Les Allemands s'installent à Angers où ils occupent nombre de bâtiments officiels, de lycées, de collèges et d'hôtels particuliers. Progressivement, Angers devient, pour le Grand Ouest, le siège de l'Armée allemande, celui de la Gestapo. Pignerolle, en périphérie, accueille l'état-major de la Kriegsmarine.
Le maire est confronté aux difficultés de la population : ravitaillement, chauffage, chômage, pénurie de main-d'oeuvre pour les gros travaux. Il est soumis aux exigences de l'armée allemande : frais d'occupation, approvisionnement en nourriture, mise à disposition de locaux, suivi sanitaire des maisons de tolérance.
Les délibérations du conseil municipal témoignent des difficultés rencontrées, même si les réunions officielles sont très courtes et les décisions contrôlées par la tutelle.
Les sujets de délibérations ne reflètent pas les soucis du moment. Ainsi, à l'été 1942, il n'est fait aucune allusion à la rafle des juifs regroupés au Grand Séminaire, car au même moment le conseil municipal débat de l'aménagement de la Montée Saint-Maurice, face à la cathédrale.
1942-43-44 : la pression de l'occupant est toujours présente, 6 000 Allemands séjournent à Angers pour une population de 88 000 habitants.
Le maire, les élus et les services municipaux font face à des situations conflictuelles avec l'occupant. Bernier en fera part à son conseil, mais surtout il évoquera ces difficultés en séance publique après la Libération. A cette occasion, il rendra un vibrant hommage à ses collègues élus ainsi qu'au personnel municipal.
Début 1944, le maire est interdit de mairie par les Allemands.
A la Pentecôte 1944, de violents bombardements détruisent le quartier Saint-Laud. Le conseil déplore les destructions et prend des dispositions pour atténuer le malheur des sinistrés.
Au conseil municipal, le manque de moyens des sapeurs-pompiers est évoqué, tant en personnel qu'en matériel.
Août 1944, Angers est libéré par les Américains. Au nom du général de Gaulle, Michel Debré-Jacquier prend possession de la préfecture et rétablit la République. Michel Debré confirme Bernier dans ses fonctions de maire.
Lors de sa visite aux Angevins, début 1945, le général de Gaulle rendit un hommage appuyé aux élus angevins et en particulier à son maire, Victor Bernier. Ce dernier se retire de la vie publique aux élections municipales de 1945, il avait près de 80 ans.


Extraits des débats 

	M. COUTURIER a souligné l’intérêt du rappel de cette période historique que certains membres de notre compagnie ont vécue, en particulier l’épisode des bombardements alliés de 1944, qui ont été très meurtriers. Il a précisé que cinq Angevins ont demandé à être décorés de la francisque. 

M. Luc LARGET-PIET : Il est surprenant que Victor Bernier ait été rétabli dans les fonctions de maire, compte tenu de ses positions, qui ont été proches de celles du gouvernement de Vichy.
R : Assurément il a tenu des propos très favorables au maréchal Pétain, il faut néanmoins considérer que cela correspondait à l’état d’esprit de l’époque. Il avait été très marqué par le jour où il avait dû se rendre à Seiches sur le Loir, en juin 1940, pour concéder la reddition de la ville aux Allemands. 
M. Daniel COUTURIER a indiqué qu’un des problèmes principaux des habitants de la ville avait été le ravitaillement. L’ouvrage de M. Raymond Marchand « Le temps des restrictions », publié aux éditions Cheminements, donne une excellente documentation sur cette question, notamment sur les tickets de rationnement. Les sommes allouées aux Allemands au titre des frais d’occupation leur permettaient de se procurer les denrées dans la région.
R : La ville d’Angers devait faire face à cette charge, mais elle était ensuite remboursée par l’Etat.
M. Georges CESBRON : Est-ce qu’une rue porte le nom de Victor Bernier.
R : Une place lui a été dédiée à Belle-Beille. En ce qui concerne les maires des autres villes, on peut signaler que le maire de Saumur a été démis et que celui de Cholet a été destitué avant d’être disculpé par la suite. 

SEANCE PUBLIQUE DU 17 MAI 2013

Sont présents 
Mme Marie-Rose ALBRECHT, Mme Monique ASTIE, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BREGEON, M. Georges CESBRON, M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES, M. Daniel COUTURIER, M. Philippe DAIN, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, Mme Elisabeth du Réau, M. Maurice FAES, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIERE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. Jean-Claude RENIER, M. Jacques THOMAS, M. Michel VAISSIER,   membres titulaires.

M. Max BARAT, M. Raymond BATTAIS, M. Louis Marie BEAUVOIS, M. Noël BESSON, M. Pierre Marie BETTON, M. Philippe BONEF, Mme Luciole BOUCHE, M. Henri BRAULT, M. Jean Claude BROUILLARD, M. Yves CADOU, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Dominique CHARBONNEL, M. Pierre COULON, M. Lionel COUPRIS, M. Michel GRANDIN, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Bernard du JONCHAY, M. André JOUBERT, M. André LARDEUX, M. Pierre MACHEFER, M. Jean MALLET, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Jean-Claude PAVION, Mme Joëlle REMY, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Alain SAULNIER, M. Alain TRICOIRE,   membres associés. 


S’Étaient fait excusér :
Mme Marguerite Cécile ALBRECHT, M. Olivier d' AMBRIERES, M. Yves BARTHET, Mme Simone BEGUIER, Mme Monique CATTA, Mme Josette FOURNIER, M. Guy LAMAISON, M. Dominique LAMBERT DE LA DOUASNERIE, M. Serge LE POTTIER, M. Xavier MARTIN, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, M. Edmond RUBION, Mme Madeleine SALETTE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIERE, M. Georges TIRAULT,   membres titulaires

M. Jérôme BODIN, Mme Laurence CHARVOZ, M. Benoît DELTOMBE, M. Jean Pierre DUCOMMUN, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Rémi GERNIGON, M. Gérard JACQUIN, Mme Monique JOLLIVET, Mme Denise LAMAISON, M. François LECOQ-VALLON, M. Dominique MAILLARD, Mme Ingeborg MARTIN-KRUMM, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, M. Jean-Pierre MONTAUFIER, M. Henri PECHOT, M. Michel PENNEAU, M. Philippe PICHOT-BRAVARD, Mme Sylvette ROBSON, M. Jean SALETTE, M. Furcy SOULEZ-LARIVIERE, Mme Maylis THURET, M. Claude TROUVELOT, M. Michel VILLEDEY,   membres associés. 


	La séance est présidée par M. Pierre Bouvet, qui donne des nouvelles du président Remy et, après quelques informations reproduites plus loin dans le Carnet de l’Académie, cède la parole au premier intervenant.

-« Les miniatures persanes (XIVe-XVIIe s.) » par M. Jean Mallet
La miniature est une enluminure qui illustre un manuscrit. C'est donc une œuvre unique. La technique de celle-ci est une gouache sur papier. 
Nous décrivons ici les miniatures persanes du XIIe au XVIe siècle.
L'origine des manuscrits qu'elles illustrent est diverse mais on peut en distinguer deux principales : « Le Livre des rois » de Firdousi, qui est une chronique sassanide, et le Quintette de Nizami, qui est un poème épique. 
Toutes ces miniatures sont reproduites dans plusieurs manuscrits et leur aspect, comme leur caractère, varie selon les périodes envisagées, qui sont ici décrites.

M. Pierre Bouvet remercie M. Mallet pour la qualité de son exposé et de son iconographie qui rappelle parfois des traditions européennes puis il invite la salle à formuler observations et questions.

Extraits des débats 

M. Cesbron rappelle que certaines évolutions picturales ont accompagné des transformations religieuses et politiques parfois sanglantes, liées aux influences zoroastriennes et à celles du soufisme et du chiisme. 
R : Louis Massignon, chargé de la chaire d’études islamiques à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, a ainsi bien étudié l’oeuvre du mystique islamique Al Halladj, crucifié, mutilé, décapité et brûlé, considéré comme l’un des saints exemplaires du soufisme.

M. Maureau : quel est le support de ces miniatures ?
R : c’est un support papier, à base de chiffon et enduit de colle ou de support à l’œuf et, à partir du XVIIe, de gomme arabique. La peinture utilisée est la gouache.

Où peut-on voir ces superbes enluminures, notamment en France ?
R : au Louvre et surtout à la Bibliothèque Nationale.

Avant de donner la parole à M. Daniel Couturier, M. Pierre Bouvet procède à la réception, comme membre associé, de M. André Lardeux, qui fut professeur d’histoire, président du Conseil Général et sénateur.

	Le deuxième intervenant, M. Daniel Couturier, prend place sur l’estrade et introduit son sujet comme « une immersion dans les années folles ».

« Un Angevin mécène : l'architecte Roger Faure, de la Possonnière » par M. Daniel Couturier
C’est en faisant l’acquisition du livre d’Igor Markevitch « Etre et avoir été » (nrf 1980), chez un bouquiniste savoyard, que Daniel Couturier découvre l’existence de l’architecte Roger Faure, dont la mère possède le château de la Roche aux Moines, à la Possonnière. Né en 1898 d’une branche cadette de la famille Faure de Bordeaux, alliée aux Oberkampf et aux banquiers Vernes, Roger Faure ainsi que son frère aîné Thierry suivent leur scolarité à l’école des Roches. Bac en poche, Thierry, répondant à l’appel de mobilisation en 1914, trouve à vingt ans une mort glorieuse à Verdun.
Roger, dilettante doué, devient architecte et fréquente les milieux artistiques parisiens, des poètes comme Patrice de la Tour du Pin, Picasso, Georges Auric, André Salmon. C’est le chef d’orchestre Georges Desormières qui lui fait part un jour de l’existence du jeune musicien russe de 17 ans, Igor Markevitch. Ce dernier, élève de Nadia Boulanger, qui a déjà composé un concerto pour piano, vient d’être remarqué par le grand Diaghilev. Roger Faure découvre une famille travailleuse et unie et invite souvent Igor en Anjou. Ce dernier, à qui Diaghilev commande un ballet pour les Ballets Russes, en compose la musique. Il demande à Jean Cocteau le texte écrit, qui prendra le nom de Cantate. La mort de Diaghilev suspend un temps la réalisation de ce projet et laisse ouverte la partie financière. C’est alors que Roger Faure, qui vient de faire un héritage, propose d’en assumer le coût, orchestre et chœur plus soliste. L’œuvre, dont le programme a été dessiné par Jean Cocteau, fait la une parisienne, le 4 juin 1930 au théâtre Pigalle ; enthousiasme et éreintements de la presse mais succès effectif.
Roger Faure ne sut que dire à Igor « A quoi sert l’amitié si ce n’est que de rendre service....pour une fois que je suis utile ! »
Poursuivant sa carrière brillante de chef d’orchestre et de concertiste, Igor Markevitch ne rencontre plus Roger Faure que de temps en temps. Il apprend qu’il est maintenant pris par l’idéal du groupe d’Oxford, qu’il a distribué ses biens et sa fortune pour se consacrer à Dieu.
A la déclaration de guerre en 1939, Roger Faure se fait un devoir de répondre, comme son frère en 1914, à l’appel de l’armée, demande d’être muté dans un corps actif, l’artillerie, et est tué sur sa pièce, lors d’une percée allemande dans le nord de la France, le 27 mai 1940.
Thierry et lui furent cités à l’ordre de l’armée. Une belle figure de mécène angevin !

A l’issue de sa communication, M. Pierre Bouvet remercie M. Daniel Couturier d’avoir fait découvrir à l’auditoire la vie d’un monde mal connu, qui va certainement susciter quelques interrogations.

Extraits des débats 
M. Brégeon : ce dilettante a-t-il produit une œuvre d’architecture ?
R : Il est sans doute intervenu dans la restauration de la Roche aux Moines mais on ne lui connaît pas d’autre production. Il fréquentait les milieux littéraires en France et en Suisse et possédait de grandes collections. Son œuvre majeure a été le financement du ballet d’Igor Markevitch et Cocteau en 1930.

Réponses à plusieurs questions
Roger Faure a été tué au début de la guerre de 1940 comme son frère aîné l’avait été en 1914.
Leur famille est encore représentée et possède les Toiles de Mayenne.
La secte d’Oxford, d’obédience protestante, fondée au début du XIXe, a fortement contribué à son appauvrissement, aggravé par ses largesses à l’égard du jeune Igor Markevitch et de son entourage.


Carnet de l’Académie
		
Notre confrère, Henri Brault, vient d’être fait chevalier dans l’Ordre équestre de Saint Grégoire le Grand. L’académie lui présente ses vives félicitations.

Plusieurs membres de notre compagnie, réunis autour de Guy Massin-Le Goff, viennent de relancer « Les Amis du vieil Angers », association pour la défense et la promotion du patrimoine angevin, fondée en 1960 par notre confrère, Jules Lecoq. Le Dr Boumard en est le trésorier.

Si nous ne voyons pas M. Claude Cherreau, à nos réunions depuis quelques mois, c’est parce qu’il a été chargé par le président de la République de la responsabilité d’une commission de conciliation sur le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Notre confrère a rendu il y a peu son rapport en proposant plusieurs aménagements.

Deux de nos confrères, Mme Anna Leicher et M. Henri-Dominique Dersoir, ont récemment perdu leurs mères. Notre compagnie leur exprime ses condoléances et sa sympathie.

MM. Pierre Bouvet et Etienne Vacquet ont représenté l’académie à une rencontre organisée par le diocèse et l’Association des Maires du département sur les églises communales et les aides susceptibles d’être accordées pour leur entretien. M. Etienne Vacquet y a en outre rendu compte du travail engagé par l’académie sur les lieux cultuels.
M. Jacques Maureau signale qu’il a représenté l’académie, le 6 avril dernier, à une conférence de la société historique et archéologique de Nantes, donnée par M. Alain Gérard, président du centre historique de la Vendée, sur le thème de son dernier livre « Les Archives de l’expérimentation », fondé sur l’exploitation des archives existantes et la présentation littérale de passages entiers de ces archives, sans commentaire.

Réunions de Sections 

Les membres de la section Sciences Humaines et Sociales sont priés de se réunir pour définir un programme et un calendrier de communications,
le vendredi 14 juin à 15 h00

Section Histoire : une première réunion de travail est prévue le vendredi 14 juin à 15h00

Colloque sur les lieux cultuels : dates des réunions du 
		groupe III - La gestion contemporaine - 7 juin à 15h
		groupe I - Les arts - 14 juin à 14h
		groupe I - Les arts - 18 octobre à 14h
		groupe II - L’histoire - 15 novembre à 14h
Les lieux seront précisés ultérieurement.

Prochaines communications et bandes annonces
Vendredi 14 juin 2013
	16h00 : Séance publique organisée par la section Arts 
-« Belle Poule ou l'élevage porté à l'excellence » par MM. Etienne Vacquet et Jacques de Latrollière  
« Jean-Baptiste Boutton-Levesque, bien qu’aujourd’hui méconnu, tint un rôle d’importance en Anjou au XIXe siècle. Passionné d’agronomie et d’élevage, il partagea avec les Angevins les résultats de ses expériences pour améliorer tant la qualité que la productivité de sa propre production. Révéré comme l’un des meilleurs connaisseurs de son temps, en contact avec l’étranger, il fit de sa propriété de Belle-Poule, aux Ponts-de-Cé, le centre de ses préoccupations. C’est en ce lieu qu’il fait élever une maison des champs qui, elle aussi, est le fruit de réflexions nouvelles sur l’architecture et sur la place du propriétaire au sein d’un domaine. »

- « Joseph Louis Proust, pharmacien de la Salpêtrière (1776-1778) par Mme Josette Fournier
Quelques documents lacunaires retrouvés dans les Archives des Hôpitaux de Paris renouvellent notre connaissance de l’itinéraire et du caractère du chimiste (angevin) Proust.

Vendredi 28 juin 2013
15h00 : Séance privée
16h00 : Séance publique
- « Les idées politiques du duc de Saint-Simon (1665-1755) » par M. Philippe Pichot-Bravard.
- « L'histoire du Tour de France cycliste en Anjou » par Mme Elisabeth Verry.

Olivier d’Ambrières 
Secrétaire Général

Directeur de la Publication : Jean-Claude REMY.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal mai 2013							  Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35

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