BULLETIN JUIN 2014

 

l’ACADEMIE TIENDRA SEANCE


Vendredi 26 septembre 2014

Hôtel de Livois

15h00

                                                                                                    Séance privée


16h00

Séance publique


RENTREE ACADEMIQUE


Séance organisée par la Section Lettres

« 1914, La victoire en chantant »

- Ernest Psichari : « L’Appel aux Armes » -La guerre à l’horizon par Mme Christiane Astoul

- Romain Rolland : « Au dessus de la mêlée » Un article pacifiste par M. Robert Audoin

- Lettres de Jean Cocteau à sa mère - Le prince frivole en 1913-1914 par Mme Luciole Bouché

-« Des poètes dans la guerre » par M. Maurice Faës

- Projection de reproductions de monuments aux morts angevins et de photos prises au front par son grand-père brancardier par M. Louis-Marie Beauvois


SÉANCE PUBLIQUE DU 16 MAI 2014 

Sont présents 
M. Gilles d' AMBRIÈRES, M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Yves BARTHET, M. Régis de BELENET, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Jacques CHOPIN, M. Daniel COUTURIER, M. Philippe DAIN, Mme Élisabeth du RÉau, Mme Marie-Claude GUILLERAND, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. Jean-Claude REMY, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Jacques THOMAS, M. Michel VAISSIER.   membres titulaires. 

M. Robert AUDOIN, M. Max BARAT, M. Raymond BATTAIS, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Jacques de BELENET, M. Daniel BLOUIN, , M. Roger BOISSEAU, M. Philippe BONEF, M. Henri BRAULT, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Dominique CHARBONNEL, M. Benoît DELTOMBE, M. Henry-Dominique DERSOIR, M. Jacques FERGON, Mme Natalie FRANÇOIS, M. Renaud FRANÇOIS, M. Daniel GARANDEAU, Mme Claude GARÇON, Mme Pascale GRÉMONT, M. Daniel GRUAU, M. René JAMES, M. Jacques KERYELL, Mme Denise LAMAISON, M. Guy LEGRAS, M. Didier LEROY, M. Gérard LESAGE, M. Pierre MACHEFER, M. Jean MALLET, M. Jean-Claude PAVION, M. Michel PENNEAU, Mme Joëlle REMY, M. Jean ROBERT, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE.   membres associÉs. 

S’Étaient fait excusér :
Mme Simone BÉGUIER, M. Georges CESBRON, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Henri DELLACASA, M. Maurice FAËS, M. Claude FERRAND, Mme Josette FOURNIER, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques MAUREAU, M. Bernard RICHE, M. Edmond RUBION, M. Georges TIRAULT.   membres titulaires. 

Mme Christiane ASTOUL, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Jérôme BODIN, Mme Laurence CHARVOZ, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Rémy GERNIGON, M. Jean-Louis GIARD, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Dominique MAILLARD, M. Olivier MARTIN, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Yves NAUD, M. Geoffrey RATOUIS, M. Charles-Marie RÉYÉ, Mme Sylvette ROBSON, M. Philippe ROCQUET, M. Pierre SCHMITT, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, Mme Anne de VAUTIBAULT.   membres associÉs. 

	Le président a ouvert la séance et fait part du décès du général André Rogerie, membre associé depuis 1992. Arrêté par la Gestapo en juillet 1943, il avait été déporté et interné notamment dans les camps de Buchenwald, Dora, et Auschwitz. À son retour, il avait repris sa carrière militaire qu’il termina comme commandant en second de l’école d’application du Génie. 
M. Jean-Claude Remy a rappelé ensuite les prochaines réunions de notre compagnie :
- mercredi 4 juin, sortie annuelle qui se déroulera dans le Baugeois,
- vendredi 6 juin, séance organisée par la section Histoire qui est consacrée à la Libération d’Angers,
- samedi 14 juin, rencontre inter-académique,
- vendredi 20 juin, séance organisée en commun avec la Société d’Horticulture.

Il a procédé à l’installation de M. Alain Roux, nouveau membre associé, qui était accompagné de son parrain M. Michel Pecha-Soulez.

Les deux orateurs inscrits pour cette séance étaient M. Michel Pecha-Soulez et M. Guy Legras, auxquels le président a donné la parole. 

« Un regard sur les Humbles au début du XIIe siècle : le cartulaire de Saint Jacques de Gré.» par M. Michel Pecha-Soulez. 
	Les Humbles sont les grands méconnus des sources. Ils ne laissent que peu de traces archéologiques et les écrits les concernant sont rares et proviennent uniquement des clercs possesseurs de la capacité de l’écriture. Cette communication est basée sur le Cartulaire de Saint-Serge et Saint-Bach qui a consigné, pour son prieuré de Gré, les dons des dominants mais aussi ceux modestes des dominés. Le prieuré de Gré est issu de la donation d’une chapelle à l’abbaye car l’évêque y avait interdit la pratique des sacrements rendant impossible la création d’une paroisse nouvelle. Dans la soixantaine de notices, sont relatés 78 dons qui vont des plus modestes comme quelques litres de vin annuel au don conséquent de la paroisse de Pruillé. Au travers de ces courtes relations apparaît un monde d’hommes, de métiers quasiment uniquement artisanaux. Les personnages reviennent fréquemment dans les textes soit comme donateurs, soit comme témoins. Ils sont des petits notables locaux, les pauvres, qui n’ont rien à donner, et les colliberts, qui ont tout donné y compris leur personne, sont absents. Les dons géographiquement situés autour de Gré, à cause de la concurrence du prieuré de Saint-Aubin du Lion d’Angers, concernent des terres (pour un total d’environ 100 ha dont le plus modeste est de 25 ares), de revenus de la terre (céréales et vignes (650 litres de vin par an) et bien sûr, de droits. La plus grande partie des dons est faite in articulo mortis ou en revêtant, dans les derniers moments, un habit de moine, certitude d’un salut éternel. Cette dernière pratique est presque identique mais requière des donations plus conséquentes.
Les dons sont souvent contestés par les héritiers potentiels mais, dans les cas étudiés, les contentieux sont relativement rares, la ténacité des moines décourageant des démarches longues et incertaines.
Les identifications des témoins et des donateurs montrent que le lignage est le premier des éléments (épouse de, fils de, frère de, etc.). Elles privilégient généralement le lignage masculin. Le métier exercé est une autre source de désignation ainsi que le lieu d’habitation.
Les moines, qui se dénomment « les pauvres de Dieu », acquièrent des biens en échange de l’espérance du salut. Ils bénéficient du retour à Dieu de ce qui était seulement mis à la disposition temporaire des hommes.
	

Extraits des dÉbats 

M. Christian Brégeon : En dehors des indications qui ont été données, existe-t-il d’autres sources ? Dispose-t-on d’un suivi de la population qui soit indépendant des cartulaires ?   
R : La date de naissance n’était pas une référence, comme de nos jours, c’est ainsi que l’on ne connaît pas celle de Foulques III Nerra, comte d’Anjou. On indiquait « il est mort vieux ». La durée de la vie est mesurée par l’étude des squelettes. Pour la population civile, on ne dispose pas de trace écrite ; la mémoire écrite n’existe pas pour les « humbles ». L’état civil naissant était confié à l’Église, or, aux XIIe et XIIIe siècles, les curés ne savaient pas écrire. La tradition était orale. La comptabilité du salut, par la fondation de messes quasiment éternelles, servait à conserver la mémoire des gens. La famille fondatrice de l’abbaye de Nyoiseau était une famille importante, qui comptait un évêque, et pourtant on ne trouve pratiquement pas de trace de son existence. Il faudra attendre le concile de Trente pour disposer de meilleures sources d’information.
M. Pierre Bouvet : L’absence de pont entre Grez et Neuville ne veut pas dire qu’il n’existait pas de relations entre les deux localités. L’absence de pont n’est pas forcément un obstacle.
R : On peut se poser la question de savoir si une rivière constitue une frontière ou si au contraire elle est un moyen de communication. La traversée d’une rivière pose néanmoins des problèmes. Un texte parle d’une tempête sur le Loir, au moment où Foulques Nerra avait entrepris de le traverser. Dans le cas évoqué, il y avait concurrence entre Grez et Neuville. La paroisse de Neuville appartenait à l’abbaye de Saint Serge qui voyait d’un mauvais œil la naissance possible d’une paroisse à Grez, qui appartiendrait à un laïc. Tous les moyens étaient bons pour empêcher sa création.  
M. Serge Le Pottier : Est-ce que le barrage de Neuville existait à l’époque ?
R : On ne dispose pas de source précise sur ce sujet. Il y avait un passage appelé écluse qui permettait de sortir de l’eau. Beaucoup plus tard, on a enregistré des récriminations des pêcheurs et des mariniers ; cela leur posait des problèmes de navigation à une époque où l’on ne disposait pas de moteur.



« Quelles perspectives pour l’Union Européenne ? » par M. Guy Legras.
	L’Union européenne traverse une crise très grave, d’une nature différente des crises qui ont jalonné l’histoire de sa construction : ces dernières étaient dues à des conflits d’intérêts entre Etats alors que la crise actuelle est l’expression d’un divorce entre une partie importante de l’opinion publique et une Europe accusée de tous les maux. Les causes de cette crise sont multiples, mais les plus importantes sont les suivantes : à l’origine, la construction européenne répondait à des objectifs clairs partagés par tous : réconciliation franco-allemande,  défense contre l’URSS, rétablissement économique de l’Europe après la guerre ; ces objectifs atteints, il n’y a plus de grands objectifs communs : désaccord sur la politique étrangère, désaccord sur la façon de gérer la crise de l’euro, désaccord sur les objectifs politiques à terme (fédéralisme ou intergouvernemental) etc.. Ensuite, la gouvernance de l’Europe est confuse, lourde, inefficace et peu démocratique, tous défauts aggravés par un élargissement à l’est, nécessaire politiquement, mais mal négocié et mal préparé. De plus, les institutions ont, jusqu’à un passé récent, assez bien fonctionné grâce à l’entente franco-allemande ; celle-ci n’existe plus aujourd’hui, l’Allemagne étant devenue la puissance dominante en Europe. Enfin, il y a la crise de l’euro, essentiellement due à la difficulté d’avoir une monnaie unique entre des pays qui n’ont pas de politique économique, budgétaire et fiscale réellement communes.
Quelles sont les perspectives d’évolution ? Trois possibilités : un effondrement du système peu probable, mais non à exclure totalement pour les raisons suivantes : poussée de l’opinion anti-européenne de plus en plus forte, nouvelle crise de l’euro (la crise actuelle est maîtrisée mais les causes fondamentales demeurent), crise avec le Royaume Uni. Autre possibilité : de réels progrès européens sur le plan politique et institutionnel, c’est-à-dire la mise sur pied d’un réel gouvernement économique (notamment sur le plan budgétaire et fiscal) et une réforme des mécanismes de décision européens. C’est évidemment la meilleure solution, mais les gouvernements et les opinions publiques sont-elles prêtes à une telle évolution ? Enfin, dernière hypothèse : la situation actuelle se prolonge plus ou moins, sans grande réforme, mais une gestion au coup par coup des crises qui se présentent, de façon à éviter l’effondrement. Question : une situation aussi bancale peut-elle se prolonger longtemps ? 

Extraits des dÉbats 

	Le président a remercié vivement l’orateur, en soulignant la qualité de son intervention, qui reflète son expérience de quinze années passées à un niveau de haute responsabilité dans les instances de la Commission à Bruxelles. Le sujet traité se présente comme une réflexion de l’Académie sur une question d’une brûlante actualité en raison de la tenue des prochaines élections européennes. C’est à chacun d’exprimer maintenant son point de vue sur l’Europe pour pouvoir  bénéficier des vues d’un diplomate capable d’exposer sa pratique des mécanismes communautaires. 

M. Régis de Belenet : se demande si, parmi les causes de la grave crise que traverse actuellement l’Europe, l’élargissement de l’Union à de nouveaux pays n’a pas été à l’origine de la complexité de son fonctionnement. Devant cette situation, ne serait-il pas souhaitable de s’orienter vers « une Europe à la carte » et d’accélérer sa diversité, cette Europe à la carte existant déjà dans certains domaines ? Est-ce que ce ne serait pas, au moins dans un premier temps, un moyen de sortir de la crise actuelle ?
R : L’élargissement a compliqué, dans une grande mesure, le fonctionnement de la Commission, mais il n’est pas la cause essentielle de la crise actuelle. La venue des nouveaux membres en 2004 et 2007 n’a pas fait l’objet d’une préparation suffisante. L’Union est passée, dans un premier temps, à la demande pressante des Allemands, de 12 à 15 après l’intégration de la Suède, de la Finlande et de l’Autriche ; une des graves erreurs, à l’époque, a été de différer les réformes institutionnelles préalables à cette extension. Or cette réformation était alors parfaitement possible. L’Union Européenne a accueilli ensuite 13 pays supplémentaires qu’il fallait assimiler rapidement pour des raisons politiques et pour les sortir de l’économie collectiviste ; ces Etats devaient s’adapter aux principes démocratiques, mais sans que soit envisagée, en même temps, une réforme institutionnelle. La commission compte maintenant 28 commissaires, soit un par Etat, or seulement une dizaine d’entre eux joue un rôle significatif. La représentation de l’Allemagne et de la France est ainsi passée de 4 à 2 commissaires. Les pays représentant 70% du potentiel économique de la zone (France, Allemagne, Angleterre et Italie) n’ont que 4 voix, ce qui est aberrant.
En ce qui concerne la question relative à «l’Europe à la carte», il est préférable de parler plutôt de coopérations renforcées entre pays ; celles-ci sont souhaitables et même nécessaires. On ne peut pas faire fonctionner l’Europe à 28, en voulant tout entreprendre en même temps pour tout le monde. Cependant il ne faut pas remettre en question, à travers ces coopérations renforcées, les objectifs fondamentaux de l’Union Européenne qui constituent un socle commun (libre circulation, politique commerciale et politique économique).

Mme Élisabeth du Réau : l’élargissement a été très rapide pour des raisons politiques et un tel bond en avant nécessitait de nouvelles institutions. Trois pays candidats à l’adhésion ont bien préparé leur intégration, notamment la Pologne qui est devenue un pays important dans l’Union et qui a joué un rôle récemment dans la question ukrainienne. La politique reste un élément déterminant et on ne peut pas dire brutalement aux politiques que l’on va revenir à un noyau dur. Il faut maintenir la structure de l’Union Européenne qui a été actée. Comment voyez-vous l’avenir de l’Union après cet élargissement et quelles actions concertées sont envisageables dans certains cas ?
R : L’élargissement a été mal préparé par les 12, mais le cheminement des candidats pour parvenir au respect des objectifs de l’Union a été bien mené avec l’appui financier de l’Europe. Il est vrai que l’Union n’a pas su réaliser les réformes institutionnelles minimales indispensables, en particulier réduire la Commission à un niveau raisonnable pour qu’elle représente l’intérêt général et non pas les intérêts des Etats membres, comme c’est le cas actuellement. Il convenait de mettre en place une Commission plus réduite.
Engager des coopérations renforcées, cela ne veut pas dire mettre dehors les autres. Il peut y avoir des coopérations renforcées avec les nouveaux arrivants, c’est quelque chose qui concerne l’Europe des 28. Chacun peut y participer, s’il le veut et s’il en est capable. Ce n’est pas une manière de refaire l’accord. Pourquoi a-t-on décidé à Nice, cet élargissement appelé alors le « bing bang ». C’est une manière de faire typiquement bruxelloise qui est très décevante sur le plan des principes. Les Allemands voulaient les Polonais, les Tchèques et les Hongrois. Les Suédois et les Finlandais ont marqué leur désaccord si les pays baltes n’étaient pas retenus et les Français ont demandé la venue des Roumains qui parlent français. 

M. Henry-Dominique Dersoir : La candidature de la Turquie a fait l’objet de vives polémiques dans le passé. Qu’en est-il aujourd’hui ?
R : Le sujet turc est à l’ordre du jour depuis 35 ans. Il s’agit de l’un des premiers accords d’association signé par l’Europe à six, un accord d’association avec la Grèce et la Turquie qui laissait envisager une adhésion. À Bruxelles, rien ne meurt jamais. Dans la situation actuelle, ce n’est pas d’actualité et pour de nombreuses années. Il y a des négociations en cours dont le contenu est très flou pour ne pas heurter les Turcs. Ceux-ci sont en train de s’éloigner, il y a encore chez eux un grand écart par rapport aux standards européens. Dans le cadre constitutionnel français actuel, l’adhésion nécessiterait un référendum ; il ne semble pas possible d’obtenir maintenant un vote positif sur cette question.

M. Pierre Bouvet : Combien la Turquie aurait-elle de députés ?
R : À l’origine le nombre de députés était le même pour la France et pour l’Allemagne. Après la réunification, cette parité a été revue à la demande des Allemands. Ils ont obtenu 22 députés de plus en raison de leur population. Le système de vote fait entrer en ligne de compte, pour la majorité qualifiée, le nombre d’États membres (50%) et l’importance de la population (65%). Suivant ces critères, le poids des Turcs serait considérable, il dépasserait celui de l’Allemagne.

M. Benoît Deltombe : La seule instance juridictionnelle de l’Europe est le Comité des droits de l’Homme de l’ONU qui est à Genève. Actuellement, l’Union Européenne n’a pas de véritable pouvoir juridictionnel. 
R : On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de système juridictionnel en Europe. La Cour de Justice intervient sur de nombreux sujets et rend des décisions qui sont souvent controversées. Le système des questions préjudicielles fonctionne.

M. Gilles d’Ambrières : Les scénarios de sorties sont tributaires de calendriers contraignants ?
R : C’est exact, les calendriers sont un des outils de travail de l’Union Européenne, mais il n’y a pas de calendrier qui s’impose pour l’avenir. 

M. Henri-Dominique Dersoir : La sortie éventuelle de l’euro est-elle un sujet de préoccupation pour les épargnants ?
R : Ce serait une folie de quitter l’euro et c’est ce que les politiques devraient expliquer.

M. Louis-Marie Beauvois : En matière d’éducation, les nouveaux programmes vont imposer pour l’avenir un socle commun qui comportera la connaissance de la langue maternelle et celle d’une seconde langue avant les mathématiques.
R : Ce ne serait pas une mauvaise chose d’apprendre aux jeunes Français une seconde langue en raison de l’évolution des relations internationales. Il y a vingt ans, le français était la langue de travail à la Commission, mais maintenant c’est fini. Les Français, à Bruxelles, parlent médiocrement l’anglais et ignorent les autres langues.

	Le président a souligné, en guise de conclusion, l’effet bénéfique du programme Erasmus qui a apporté une grande ouverture aux étudiants et un certain apprentissage des langues.

SÉANCE PUBLIQUE DU 6 JUIN 2014 

Sont présents 
M. François BURDEYRON.   membre d’honneur 

M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Yves BARTHET, M. Régis de BELENET, M. Sylvain BERTOLDI, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Georges CESBRON, M. Daniel COUTURIER, M. Philippe DAIN, Mme Élisabeth du RÉau, M. Maurice FAËS, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. Jean-Claude REMY, M. Jean-Claude RENIER, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Jacques THOMAS, M. Michel VAISSIER, Mme Élisabeth VERRY.   membres titulaires. 

M. Pierre ALLAIN, Mme Christiane ASTOUL, M. Robert AUDOIN, M. Max BARAT, M. Raymond BATTAIS, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Jacques BESSON, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Jean-Pierre BOIS, M. Henri BRAULT, M. Raymond DELAVIGNE, M. Henry-Dominique DERSOIR, M. Jacques FERGON, M. Gérard GAILLY, M. Daniel GARANDEAU, Mme Claude GARÇON, M. Rémy GERNIGON, M. Jean-Louis GIARD, M. Hervé de GOUYON, M. Daniel GRUAU, M. Michel GUILLANEUF, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Jean HLADIK, M. René JAMES, Mme Denise LAMAISON, M. André LARDEUX, M. François LECOQ-VALLON, M. Gérard LESAGE, M. Jean-Marie LIMAL, M. Dominique MAILLARD, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Michel PENNEAU, M. Louis de QUATREBARBES, Mme Joëlle REMY, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Bernard SARTON du JONCHAY, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Alain TRICOIRE, Mme Anne de VAUTIBAULT.   membres associÉs. 

M. René COMBRES.   membres titulaires ÉmÉrites

S’Étaient fait excusér :
M. Claude FERRAND, Mme Josette FOURNIER, M. Serge LE POTTIER, Mme Catherine LESSEUR, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. François PIGNIER, M. Bernard RICHE, M. Edmond RUBION.   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER.   membre titulaire honoraire 

Mme Véronique de BECDELIÈVRE, Mme Laurence CHARVOZ, M. Raphaël COURANT, M. Benoît DELTOMBE, Mme Margreet DIELEMAN, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, Mme Pascale GRÉMONT, M. Jean-Luc JAUNET, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Jean-Louis LALANNE, M. Michel LAVÉDRINE, M. Pierre MACHEFER, M. Jean MALLET, M. Olivier MARTIN, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Yves NAUD, M. Jean-Claude PAVION, Mme Hélène POLOVY, Mme Jocelyne RENOU, Mme Sylvette ROBSON, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE.   membres associÉs. 


	La séance a été ouverte par le président qui a salué la présence de M. Burdeyron, préfet du Maine et Loire, membre d’honneur de notre compagnie, et de M. André Lardeux, sénateur honoraire et président honoraire du Conseil Général. Il a rappelé que l’Académie avait tenu à commémorer la Libération de 1944, une première fois au mois de novembre dernier, en consacrant une séance aux bombardements survenus en 1944 et au retour progressif de la ville d’Angers à une vie normale. Elle se penche aujourd’hui sur la prise de la ville par les troupes américaines et la mise en place des institutions locales voulues par le gouvernement du général de Gaulle. M. Jean-Claude Remy précise que c’est la section Histoire qui a pris en charge la préparation de cette séance et il en confie la responsabilité à son président, M. Jacques Maillard.

	M. Jacques Maillard a indiqué que la section Histoire connaissait en ce moment une grande activité avec la commémoration des deux guerres du XXe siècle. En novembre, la guerre de 1914-1918 sera évoquée à l’école supérieure du Génie, et celle de 1939-1945 fera l’objet de la réunion de ce jour. Mme Élisabeth du Réau, spécialiste de l’histoire des relations internationales au XXe siècle en a assuré la mise en œuvre. Mme du Réau s’est familiarisée avec les épisodes de l’histoire angevine au contact de sa belle-famille et à travers les recherches qu’elle a menées, avec Mme Élisabeth Verry, aux Archives départementales. Quatre conférenciers ont été invités à intervenir et trois témoins de cette période ont été retenus pour illustrer leurs propos.

-« La participation américaine et le rôle du général Patton » par Mme Christine Levisse-Touzé, directrice du musée du général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris/Musée Jean Moulin.      
	À partir de cartes et de schémas, Mme Levisse-Touzé a retracé la marche forcée des troupes américaines depuis le débarquement du 6 juin 1944, en montrant le gigantisme des moyens mis en œuvre et les difficultés considérables rencontrées pour parvenir à prendre pied sur le territoire français. La partie fut rude et la progression des forces parfois lente sous la direction du général Eisenhower, du général Bradley et du maréchal Montgomery. Saint Lô sera libéré le 19 juillet, Caen le 21 juillet et Cherbourg le 15 août. La percée d’Avranches date du 31 juillet. C’est à ce moment que le général Patton va prendre la tête de la 3ème armée et le général Volcker celle du 20ème corps d’armée. Le but des américains est d’engager un mouvement très large pour avancer le plus vite possible ; ils vont libérer la Bretagne, les pays de la Loire, mais aussi Orléans. En août, sera disputée une violente bataille dans les haies du bocage lors de la contre-attaque allemande. Ces moments furent terribles pour les belligérants et pour les populations civiles ; les Américains ont pris de très grands risques, en avançant avec des forces pas toujours très nombreuses et des unités éprouvées par des opérations ininterrompues. Fin juillet, pratiquement tous les ponts sur la Loire ont été détruits. 
Le 1er août, la 2ème division blindée du général Leclerc a débarqué ; sa mission est de libérer Paris, comme cela lui a été assigné en décembre 1943. Les problèmes de logistique sont immenses ; les approvisionnements et le carburant représentent un volume journalier de 50 000 tonnes qui sont débarquées dans deux ports.
	Le département du Maine et Loire sera sérieusement touché par les bombardements à partir de la Pentecôte. Le 20 ème corps portera, début août, ses efforts principalement sur Laval et Angers ; la 5 ème division du général Irwin attaquera le nord du Maine et Loire en direction de Segré. Cette ville, un moment libérée, sera reprise par les Allemands ; les Américains vont devoir se positionner sur les hauteurs de Saint Gemmes d’Andigné avant de l’occuper à nouveau le 8 août. Ce fut un exemple de ces conquêtes éphémères accompagnées des sévices des Allemands sur les populations civiles. Pour les manœuvres d’approche en direction d’Angers, les forces françaises de l’intérieur vont prendre contact avec les Américains et leur fournir des renseignements favorisant leur progression. Ceci va permettre d’épargner de nouveaux bombardements à la ville, qui est défendue par deux divisions allemandes relativement fraîches. Les troupes vont pratiquer des manœuvres d’encerclement à partir de plusieurs localités, Saint Jean de Linières, Beaucouzé, Avrillé, et le pont de Pruniers, où se déroulera un combat assez intense. Sommairement réparé, le pont de la Basse chaîne constituera aussi un axe de pénétration. Au soir du 10 août, Angers est libéré. Les témoignages des résistants et les comptes rendus des pompiers constituent une bonne source d’informations.


-« Le gouvernement provisoire et l’organisation des pouvoirs publics - les relations avec les acteurs locaux » par Mme Élisabeth du Réau.
	La libération d’Angers s’inscrit dans le processus de libération des villes de l’Ouest. Elle s’opère les 8, 9 et 10 août 1944, entre la percée d’Avranches et la libération de Paris. L’Académie d’Angers a souhaité consacrer une séance de la section Histoire à ces évènements, le 6 juin 2014, soixante-dixième anniversaire du débarquement en Normandie.
	La présentation des journées d’août 1944 à Angers a été assurée grâce au concours d’historiens et de témoins : Christine Levisse-Touzé, conservateur général, directrice du Musée du général Leclerc de Hauteclocque a évoqué la participation des armées alliées, Élisabeth du Réau, professeur émérite à la Sorbonne a présenté le contexte national ; elle a rappelé les dispositions prises par le gouvernement provisoire dans l’organisation des pouvoirs publics à la Libération et la question complexe des relations avec les acteurs locaux.
	Élisabeth Verry, conservateur en chef du patrimoine aux Archives du Maine et Loire, a évoqué l’action de Michel Debré, commissaire de la République pour la région d’Angers. Enfin, Marc Bergère, maître de conférences à Rennes II a traité la question de l’épuration en Anjou.
	Leurs interventions sont fondées sur les nombreuses sources aujourd’hui disponibles tant dans les fonds d’archives internationales que régionales. 
	L’examen critique de ces sources et leur confrontation avec d’autres matériaux conservés par différents réseaux et mouvements et par des représentants de la société civile permettent, soixante-dix ans après les faits, de porter un regard plus distancié sur les évènements. L’originalité des sources privées, la plupart clandestines, présentées par des historiens, mais aussi des témoins dont certains se sont exprimés (notamment Jacques de Latrollière, Benoît Boumard et Daniel Gruau), a suscité l’intérêt du public et alimenté les débats. Les problèmes posés par les souffrances des populations civiles ayant subi d’importants bombardements depuis mai 1944 et de nombreuses exactions de la part de l’occupant sont aujourd’hui des thèmes qui retiennent l’attention des contemporains et ont fait l’objet d’intéressantes discussions. 

-« La Libération et ses conséquences, l’action de Michel Debré, Commissaire de la République pour la Région d’Angers (sept. 1944-avril 1945) » par Mme Élisabeth Verry.
	Michel Debré, qui avait pris dans la clandestinité le nom de « Jacquier », a évoqué dans ses Mémoires les instants décisifs qui précédèrent sa prise de pouvoir à Angers. Sa détermination était totale et son objectif était clair « le général américain qui entrera dans Angers doit me trouver dans le bureau du préfet ». Dans l’après-midi du 10 août, les policiers qui gardent l’entrée de la préfecture le laissent entrer au vu de sa carte officielle du Conseil d’Etat barrée de tricolore. Le secrétaire général Gey qui faisait partie de la Résistance va le conduire dans le bureau de M. Charles Donati, préfet régional de Vichy. Michel Debré lui annonce qu’il vient prendre ses fonctions de Commissaire de la République. À 20h, ce soir du 10 août, il est devenu le représentant du gouvernement du général de Gaulle. C’est seulement le 12 août que pourra avoir lieu une prise d’armes sur le mail et que des affiches signées « Jacquier »  seront placardées pour informer la population du nouvel état de droit. Pendant les huit mois qui vont suivre, il va, dans l’urgence, s’entourer de collaborateurs, installer les nouveaux préfets des départements de la région, abolir les lois de Vichy, installer les municipalités, faire intégrer les hommes en armes dans l’armée régulière, mettre en place le Comité Départemental de Libération (CDL), créer de nouveaux organes de presse, veiller au problème lancinant du ravitaillement et procéder aux mesures d’épuration.
-«L’épuration en Anjou » par M. Marc Bergère, maître de conférence à l’Université de Rennes II.
	L’épuration fut plus violente que l’on pourrait le supposer dans le département du Maine et Loire, même s’il n’y a pas eu d’excès majeur comme en Limousin ou en Savoie. Elle fut néanmoins profonde, diffuse et durable.
	Pour les violences, on compte, à côté des trois exécutions sommaires recensées, 200 actes de violence non homicides dans 50 communes. Ils ont été commis essentiellement au cours de l’été 1944 et au printemps 1945 au moment du retour des prisonniers et des déportés. 50 femmes ont été tondues et souvent exposées devant la foule, notamment à Angers, à Saumur, à La Bohalle, à Longué et à la Pommeraye. En dehors des procès, Il y eut aussi de nombreuses autres formes d’épuration qu’elles soient socio-professionnelles ou économiques ; l’épuration est polymorphe et fonctionne en termes de complémentarité. La population inquiétée a été très supérieure à la population sanctionnée. 
Les procédures furent très diverses et une partie a été classée sans suite, 2 000 dossiers ont été ouverts et 1 068 personnes ont été jugées. Par ailleurs, l’internement administratif a constitué un mode de répression autonome qui relève de l’infra-judiciaire et qui a touché 875 individus. 60% d’entre eux ont été privés de liberté et 100 autres assignés à résidence sur décision préfectorale. Ce fut un phénomène social massif, aucun groupe social ne fut épargné. Les décisions de justice ne furent pas particulièrement  clémentes dans la mesure où la proportion des acquittements fut de 9%. Seize exécutions capitales furent prononcées et 43 % furent appliquées dont quatre en 1947. Trois individus jugés sur quatre ont été condamnés à une peine. Les responsables eux aussi furent sanctionnés, que ce soit dans l’administration préfectorale, la police ou la gendarmerie. Furent relativement épargnés les corps techniques et le monde rural. L’épuration économique toucha les entreprises, en particulier les deux tiers de celles employant plus de 200 salariés. À côté de l’épuration officielle, des mesures officieuses furent prises, comme les retards de carrière, les sanctions disciplinaires ou des déplacements discrets.
	L’épuration fut un facteur d’exclusion sociale qui touchait non seulement les individus mais aussi leur famille.

-« Témoignages angevins sur la Libération » par MM Jacques de Latrollière, Benoît Boumard, et Daniel Gruau. 

	M. Jacques de Latrollière a rappelé brièvement l’état d’esprit dans lequel se trouvait la jeunesse de l’époque et l’action des réseaux de Résistance qui vont agir dès 1941.  Il a réfuté l’affirmation selon laquelle Angers aurait été libéré par les seuls Américains. Sans nier le rôle décisif et fondamental de ceux-ci, il a remémoré l’action de renseignement menée en direction de Londres, puis auprès des troupes de libération qui pénétraient dans le Département.
	En ce qui concerne l’organisation des pouvoirs publics au moment de la prise de fonction de Michel Debré, il a déploré l’exclusion du patronat, des professions agricoles et des membres de l’ORA. Ces catégories n’étaient pas représentées dans le Comité Départemental de Libération (CDL).   
	M Benoît Boumard a donné une courte évocation des souvenirs d’un adolescent. Elle a porté d’abord sur les premiers mois de 1944 pendant lesquels les troupes d’occupation étaient présentes partout, défilant casquées et bottées, en chantant des hymnes guerriers. Des affiches étaient apposées, annonçant l’exécution de résistants, et des clandestins partaient en déportation. Les sirènes invitaient à descendre dans les caves pendant les alertes aériennes. Il ne fallait pas être surpris à écouter la radio anglaise. Ensuite, le bombardement du 28 mai constituera un tournant. Tout le monde s’est senti touché par les horreurs de la guerre. On suivait les échos de la bataille de Normandie et les habitants d’Angers commençaient à se réfugier dans les campagnes environnantes. Des bombardiers vont intervenir encore dans les jours précédant la libération de la ville, puis ce sera l’euphorie devant le départ des occupants. 


« 10 août 1944, la belle journée de Louis-Pierre Chatenay » par M. Daniel Gruau
Louis-Pierre Chatenay, qui avait rejoint la France Libre en Angleterre, débarque sur le sol de France le 9 juin 1944, comme officier de liaison dans la 3ème division blindée commandée par le général Hodges. Arrivée à Pré-en-Pail le 9 août, la division doit remonter vers Paris. Pierre-Louis Chatenay réalise qu’il ne sera jamais si près d’Angers avant longtemps et demande à son colonel de descendre à Angers. Permission accordée, Peter rejoint Angers en Jeep avec son chauffeur. Dans la matinée du 10 août il sera le premier « Américain » à atteindre la place du Ralliement. Poursuivant sa progression jusqu’à la Romanerie (sa maison de famille), il fera même prisonnière une vingtaine de soldats allemands.





JOURNÉE CULTURELLE DE L’ACADÉMIE DANS LE BAUGEOIS
DU MERCREDI 4 JUIN

	Organisée par Mme Élisabeth d’Orsetti, qui avait proposé au président Jean-Claude Remy de prendre la relève, pour 2014, des journées architecturales menées précédemment avec tant de talent par M. René Combres, cette sortie culturelle dans le Baugeois a rassemblé une cinquantaine de participants. Le groupe d’académiciens a pu ainsi visiter l’église de Pontigné sous la direction du général et de Mme Sagon, découvrir trois hôtels particuliers de Baugé avec la participation de Mme Maylis Thuret, l’église de Jarzé avec les commentaires de M. Etienne Vacquet et enfin la chapelle Notre-Dame de Montplacé sous la conduite de Mme d’Orsetti. La journée s’est achevée à «la Grenerie », où Mme d’Orsetti a eu l’obligeance d’accueillir le groupe.


À Pontigné, M. et Mme Sagon, qui ont joué un rôle essentiel dans la restauration de l’église dédiée à Saint Denis, ont fait découvrir au groupe cet édifice qui marque une transition entre le style roman de la façade et le gothique Plantagenêt des voûtes de sa nef. Parmi les éléments les plus remarquables de cet ensemble exceptionnel, on a pu admirer une peinture de la descente de Croix qui représente le Christ entouré de Marie, de Jean, de Joseph d’Arimathie et de Nicodème ; elle a été commandée par Radulfus de Rocha. Les chapiteaux du transept sont ornés de dragons, de chimères, et de lions et les deux absidioles peintes au XIIIe siècle représentent la Vierge à l’Enfant et le Christ en majesté. Le chœur à chevet plat a été édifié dans le style de celui de l’église Saint Serge à Angers. On peut encore citer au sommet du transept une scène où deux hommes s’affrontent et rappellent la lutte entre le bien et le mal. 




Eglise de Pontigné
Chapiteau
(dessin de P. George)






À Baugé, site urbain inscrit, on compte près de cinquante hôtels particuliers. L’hôtel Mabille du Chêne abrite un escalier en pierre monumental du XVIe qui occupe près de la moitié de la maison, une écurie de ville avec trois boxs, un élément des anciennes halles de la ville représentant un griffon. Au fond du jardin, subsiste une tour de garde du château de Baugé avec un fragment de ses remparts. L’hôtel « Salvetat », du nom d’un ancien maire de la ville a été édifié en 1780 par la famille de Rocheboüet ; il comporte un jardin ayant une vue exceptionnelle sur la campagne environnante. L’hôtel Bretonneau, aujourd’hui propriété de Mme Lewandowski, est situé en bordure de la place de la Croix 




  Baugé – Hôtel Mabille du Chêne (dessin de P. George)








Autour se trouvent la maison des sœurs de Saint François, «sœurs ouvrières », et l’hôtel de la Morellière. De la place, descendent, d’un côté, la rue Saint Nicolas et, de l’autre côté, la rue du Cygne qui conduit à l’hôtel de Ville.

À Jarzé, M. Etienne Vacquet a présenté les caractéristiques atypiques de l’église Saint Cyr et Sainte Julitte qui date probablement du XIe siècle. Il a décrit la nef avec ses huit travées voûtées d’ogives, la chapelle construite par Jean Bourré sous le vocable de Saint Martin, le chœur avec ses stalles en chêne décorées de feuilles enroulées, de chauves-souris, de têtes grotesques et d’animaux étranges. Le trésorier de Louis XI avait transformé l’église qu’il avait choisie comme lieu de sépulture et l’avait ornée d’un groupe représentant le Saint Sépulcre avec les statues de la Vierge, de Marie-Madeleine et de Nicodème; les peintures présentent un très grand intérêt. Jean Bourré y fut enterré en 1506. Le chœur est orné aujourd’hui d’un grand vitrail exécuté en 1873 par Tuffier et Martin sur un dessin de Livache. 


L’historique de la chapelle Notre Dame de Montplacé a été développé par Mme Élisabeth d’Orsetti, qui a joué un rôle capital pour sa sauvegarde. Selon la légende, une paysanne gardait ses moutons dans une bergerie installée dans une ancienne chapelle ; l’autel et une statue de la Vierge subsistaient dans l’édifice. En 1610, un soir de grande tempête, la jeune fille fut saisie de frayeur en se trouvant devant la «pieta » illuminée par les flammes. Le récit de cette vision impressionna les habitants d’alentour et les pèlerins vinrent nombreux prier devant la madone. Le terrain appartenait au seigneur de Jarzé, de la famille du Plessis ; il accepta de le donner, à la condition que soit construite sur place une église grande et belle. Après diverses péripéties, des artistes ayant travaillé à la construction de la chapelle du collège royal de La Flèche édifièrent un lieu de culte qui est la réplique, en plus petit, de l’actuel prytanée. La statue de la vierge qui ornait la chapelle primitive prit place vers 1650 dans la nouvelle ; il s’agit d’une sculpture du XIVe. La décoration de la chapelle est d’une grande finesse, le retable est semblable à ceux des Lavallois, les statues de la vierge à l’enfant, de Saint Joseph et des anges sont en terre cuite. Les boiseries n’ont pas été modifiées, notamment la table de communion en noyer. Ce lieu de culte est aujourd’hui dans le même état qu’à l’époque de sa construction et l’intérieur a été préservé.

Propriété privée comportant, depuis 1810, un caveau avec plusieurs inhumations,  elle a toujours été à la disposition des fidèles. En 1985, la toiture et les contreforts étaient en très mauvais état en raison du manque d’entretien de la part des propriétaires. M. Pierre Prunet, architecte du département, qui procédait à la restauration de l’abbatiale de Fontevraud, s’intéressa à Montplacé qu’il souhaitait sauvegarder. Une association fut constituée pour contribuer à la collecte des fonds ; la prise en charge de la restauration fut assurée à 60% par l’État, 10% par la Région, et près de 20% par le Département ; le solde fut couvert par l’association, qui regroupa de nombreux contributeurs, et les propriétaires. À l’issue des travaux, une cérémonie, présidée par le cardinal Poupard, marqua la fin de la remise en état. 
À l’intérieur de la chapelle, est placée sur des étagères une collection d’environ 110 couronnes de mariées protégées par leur globe. En effet, les jeunes femmes du pays venaient, après la naissance de leur premier enfant, déposer leur couronne de mariée, qui était leur seul souvenir de valeur, et rendre ainsi grâce pour leur maternité. Une petite entreprise installée dans un village de la Grande Brière s’était spécialisée dans la confection, en cire, des fleurs d’oranger et des boutons de fleurs d’oranger, ces derniers, moins coûteux, ornant parfois seuls les couronnes les plus modestes. 



RÉUNION D’ACCUEIL DU 6 JUIN 2014
POUR LES MEMBRES DE L’ACADÉMIE RÉCEMMENT ÉLUS

Les membres nouvellement élus ont été accueillis autour d’un petit buffet par M. Jacques Maureau, Mme Élisabeth du Réau et Mme Anne de Vautibault.
Le président a, ensuite, ouvert la réunion ; il a invité les intéressés à exprimer leurs souhaits et leurs suggestions pour le bon fonctionnement de notre compagnie. Il a confié à Mme du Réau le soin d’animer les débats. 

M. Jean-Pierre BOIS : a fait état de son manque de disponibilité en raison des nombreuses obligations qu’il doit encore assumer, du fait des commémorations de la grande guerre pour lesquelles des responsabilités lui ont été confiées. Il a souligné, cependant, tout l’agrément qu’il trouve à bénéficier du milieu culturel de qualité que constitue l’Académie. Il se promet d’être plus présent à l’avenir afin de suivre les productions culturelles de la région.
M Gérard LESAGE : ancien élève de l’ENA, précédemment inspecteur général de l’Education Nationale, a indiqué son désir d’être intégré dans la section Histoire. Il a été un peu surpris, à son arrivée, par l’activité réduite des sections, il pensait jusque- là que le travail académique se pratiquait surtout dans ces entités. Ses sujets d’intérêt portent principalement sur l’histoire du dix- huitième siècle.
M. André LARDEUX : ancien sénateur, ancien président du Conseil Général et comme tel, alors membre d’honneur, a été élu membre associé en 2013. Il n’a pas encore beaucoup participé aux activités, mais se montre intéressé par la présentation de communications dans le cadre de la section Histoire.
M. Daniel GARANDEAU : spécialiste de la photo aérienne et auteur de l’ouvrage « Angers, par-dessus les toits », est intéressé par la section Arts et par les recherches historiques. Il envisage de présenter une communication.

M. Bernard SARTON du JONCHAY : voit à l’Académie l’opportunité de s’intéresser à des sujets variés. Il est membre de la section Histoire et pense que les travaux menés dans le cadre des sections présentent un grand intérêt.

M. Jean-Louis GIARD : éditeur depuis 25 ans chez « Cheminements » et chez « Saint Léger », a toujours vécu au milieu des livres. La section Histoire correspond à ses recherches. Il pourra, en outre, sensibiliser l’Académie au monde de l’édition.

M Christian BREGEON : considère que les horaires des séances ne facilitent pas les travaux menés par plusieurs sections. Il se demande, s’il ne serait pas opportun de réserver les vendredis intercalés entre les jours des séances pour mener à bien ces recherches.

Mme Élisabeth du RÉAU : pense que c’est possible à condition de définir une thématique large, comme l’a fait la section Arts.
M. Jacques MAILLARD : président de la section Histoire retient la guerre de 1914/1918 comme un thème « mobilisateur ». Deux séances y seront consacrées. Il faut dégager des sujets en fonction des circonstances, c’est ce qui motive le plus les auditeurs. La séance du jour consacrée à la Libération en est un bon exemple. 

Le président : a pris note des souhaits des nouveaux membres. Il indique que les thèmes à traiter de façon pluridisciplinaire sont à signaler au président de section qui en parlera à ses collègues des autres sections. En ce qui concerne les horaires, il reconnaît que la plage retenue de 16h à 18h ne peut convenir à tout le monde et en particulier aux actifs. Pour cette raison, trois expériences ont été expérimentées à des heures différentes, mais elles n’ont pas rencontré le succès espéré.
	L’insuffisance des travaux menés en section qui a été dénoncée par M. Gérard Lesage s’explique par l’évolution des esprits. Jusqu’à une époque toute récente, les académiciens avaient l’habitude de travailler de façon solitaire ; ils menaient leurs recherches individuellement. L’objectif est maintenant de développer les réunions de section, l’ampleur des recherches à mener sur des thèmes très larges nécessite un travail collectif. Cette approche est de nature à dynamiser l’action de notre compagnie. Depuis deux ans, des progrès notables ont été atteints, comme le montre l’action de la section «Arts » sous l’impulsion de M. Etienne Vacquet et de la section « Sciences Economiques et Sociétales » dirigée par M. Régis de Belenet.  
	Il a enregistré, par ailleurs, le souhait de M. Jean-Louis Giard de participer à la gestion de la bibliothèque de l’Académie ; il lui a demandé de prendre contact avec M. Benoît Boumard pour mettre en place cette collaboration. Toutes les initiatives des nouveaux membres en vue d’apporter leur concours sont les bienvenues. 


Carnet de l’Académie
		
Communication du président
	De l'avis des participants, la journée interacadémique du samedi 14 juin a été très réussie. L'ambiance fut excellente et les relations confraternelles établies ont été très appréciées. La qualité exceptionnelle des communications et la pertinence des interventions qui s'ensuivirent sont à souligner.
	Que tous ceux qui ont contribué à cette manifestation, qui rehausse le prestige de l'Académie d'Angers, dans son organisation ou par leur présence, en soient remerciés !
	Un regret toutefois, celui du peu de membres titulaires qui se sont déplacés pour accueillir leurs confrères de CAEN, LA ROCHELLE et TOURS, qui, eux, n'ont pas hésité à faire des centaines de kilomètres pour participer à cette rencontre.



Décès : 
Comme il a été annoncé lors de la séance du 16 mai 2014, l’Académie a perdu l’un de ses membres associés, le  général André Rogerie. L’Académie exprime sa vive sympathie à sa famille.

Réunion de Sections 
	Sciences Économiques et Sociétales 
Vendredi 12 septembre, de 14h00 à 15h30
Vendredi 17 octobre, de 14h00 à 15h45
Vendredi 07 novembre, de 14h00 à 15h45

Olivier d’Ambrières 
Secrétaire Général

Directeur de la Publication : Jean-Claude REMY.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal  juin 2014							      Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
Site Web : www.academie-dangers.com
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