BULLETIN JANVIER 2015

 

	

	 L’Académie tiendra séance les : 


Vendredi 13 février 2015
Hôtel de Livois

                                                                                              16h00
Séance publique

                         « L’Hôtel du Tertre de Sancé à Château-Gontier » par Mme Jeanne de Gérin Ricard

              « Trésors impressionnistes mal connus dans les collections américaines » par M. Noël Besson 


             
Vendredi 20 février 2015
Hôtel de Livois

                                                                                             16h00
                                                                                                  Séance publique

                         Réception du Recteur Henri Legoherel en sa qualité de président de l’Académie de Marine 
                                                     « La maritimisation : un enjeu essentiel pour le XXIe siècle » 





Vendredi 27 février 2015
Hôtel de Livois

15h00 : Séance privée

16h00 : Séance publique

                           «Pour une meilleure image de la France : laculture drone, les châteaux vus de l’espace »
                                                                    par M. Gonzague Saint Bris
                                          « Être cancéreux au XVIIIe siècle » par M. Jacques Rouessé




SÉANCE PUBLIQUE DU 12 DÉCEMBRE 2014

Sont prÉsents 
M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Régis de BELENET, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Georges CESBRON, M. Daniel COUTURIER, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Daniel GRUAU, M. Claude FERRAND, Mme Josette FOURNIER, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude REMY, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Jacques THOMAS, M. Georges TIRAULT, M. Michel VAISSIER.   membres titulaires

M. René COMBRES.   membre titulaire ÉmÉrite 

M. Max BARAT, M. Raymond BATTAIS, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, Mme Maryvonne CHANTEUX, Mme Laurence CHARVOZ, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Jacques FERGON, M. Rémy GERNIGON, M. Jean-Louis GIARD, M. Hervé de GOUYON, M. Michel GUILLANEUF, M. Gildard GUILLAUME, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. René JAMES, M. André JOUBERT, M. Jacques KERYELL, Mme Denise LAMAISON, M. François LECOQ-VALLON, M. Didier LEROY, M. Gérard LESAGE, M. Jean-Marie LIMAL, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Bruno PARMENTIER, M. Jean-Claude PAVION, M. Michel PENNEAU, Mme Hélène POLOVY, M. Hervé du PONTAVICE, Mme Joëlle REMY, M. Charles-Marie RÉYÉ, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Alain ROUX, M. Alain SAULNIER, M. François-Christian SEMUR, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, Mme Maÿlis THURET..   membres associÉs. 

S’Étaient fait excusér :
M. Yves BARTHET, M. Philippe DAIN, M. Henri DELLACASA, Mme Élisabeth du RÉau, M. Maurice FAËS, Mme Catherine LESSEUR, M. Xavier MARTIN, M. Philippe PICHOT-BRAVARD, M. Bernard RICHE.   membres titulaires. 

M. Jacques CHOPIN.   membre titulaire ÉmÉrite 
Mme Simone BÉGUIER.   membre titulaire honoraire 

Mme Christiane ASTOUL, M. Robert AUDOIN, Mme Catherine-Maïten AUSCHITZKY, Mme Véronique de BECDELIÈVRE, M. Michel BERNARDIN, M. Pierre-Marie BETTON, M. Jérôme BODIN, M. Philippe BONEF, Mme Luciole BOUCHÉ, M. Henri BRAULT, M. Lionel COUPRIS, M. Raphaël COURANT, Mme Margreet DIELEMAN, M. Grégoire DUVAL, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Gérard JACQUIN, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Arnaud de LA METTRIE, M. Dominique MAILLARD, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, Mme Élisabeth d' ORSETTI, M. Serge QUENTIN, Mme Jocelyne RENOU, Mme Sylvette ROBSON, M. Philippe ROCQUET, M. Pierre SCHMITT, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, M. Roland TRACCUCCI, M. Alain TRICOIRE, Mme Anne de VAUTIBAULT..   membres associÉs. 

	Cette dernière séance de l’année 2014 a été ouverte par le président qui a donné la parole à M. Régis de Belenet, président de la section des sciences économiques et sociétales, organisateur de cette réunion.
	M. de Belenet a rappelé brièvement que la nouvelle section avait vu le jour en 2013. Elle compte aujourd’hui seize membres qui ont participé très activement aux rencontres programmées. Le sujet de réflexion choisi a été la mondialisation, son poids dans l’économie angevine et les stratégies des entrepreneurs angevins. L’objectif était de mettre l’accent sur les éléments encourageants qui ressortent de l’audition des responsables consultés. Trois orateurs ont pris tour à tour la parole, M. Alain Saulnier et M. Michel Guillaneuf ont, dans une première partie, précisé les réactions des entreprises de notre département face à la mondialisation et M. Bruno Parmentier, dans la seconde partie, a traité de la problématique de la faim dans le monde.	


« Le poids de la mondialisation dans l’économie angevine » par M. Alain Saulnier
	La Mondialisation est un phénomène économique et culturel ancien mais qui n’a vraiment été sensible pour le grand public que depuis les années 1990.
	L’empire romain a été le premier concerné, avec une première « petite » mondialisation circonscrite autour de la Méditerranée. Avec les grandes découvertes du XVe et avec l’ouverture de nouvelles voies maritimes et le développement du chemin de fer au XIXe, on a assisté au vrai départ de cette mondialisation. 
	La première conséquence visible de ce phénomène est la division du travail à travers le monde.
	L’Anjou a été confronté très tôt à la mondialisation puisque dès le 1er siècle après JC, les vins d’Anjou étaient déjà connus chez les Grecs. Le rayonnement de l’Anjou a continué les siècles suivants avec non seulement le vin mais les ardoises, le textile et la chaussure.
	Actuellement non seulement l’Anjou va vers l’étranger mais l’étranger vient en Anjou avec l’implantation d’usines du monde entier.
	Le phénomène a-t-il été favorable à notre province ? Pas encore, car les mutations subies par la main d’œuvre locale ont laissé des traces négatives qui tardent à s’estomper.
	Aujourd’hui l’Anjou garde des atouts essentiels pour les années à venir : la qualité de sa main d’œuvre et la richesse culturelle de son territoire.

« Entrepreneurs angevins et mondialisation : quelle (s) stratégie (s) retenir ? » par M. Michel Guillaneuf
	Pluriel ou singulier ? Sans nul doute pluriel. 
	La section économique et sociétale a bénéficié de témoignages de neuf entreprises de l’Anjou appartenant les unes aux secteurs industriel et commercial, les autres au secteur agricole.
	Toutes considèrent que la mondialisation des échanges est un fait et que leur développement en est complètement dépendant. Cependant, leurs stratégies de croissance à l’international peuvent être classées en deux grandes catégories d’attitude qui ne s’opposent pas et peuvent, dans certains cas, être adoptées conjointement.
	La croissance organique consiste à ajouter un produit à l’offre de commercialisation ou à modifier un produit existant pour en augmenter la vente. Ainsi, vis-à-vis de l’étranger, l’effort d’innovation est-il indispensable.
	La croissance externe consiste à élargir le champ d’intervention soit au moyen d’implantations à l’étranger, soit par la constitution de réseaux fidélisés.
	La section a en définitive pu déterminer ce que ces entrepreneurs angevins ont en commun ou ce qui les différencie :
Points communs :
	Ils sont persuadés que le développement de leur entreprise doit impérativement prendre en compte la mondialisation alors qu’ils vendent des produits très différents.
	Le coût élevé de la main d’œuvre en France est un obstacle à leur croissance. Le remède consiste à maîtriser la qualité et surtout à demeurer en capacité d’innover.
	L’euro est bénéfique pour ceux qui exportent essentiellement vers la zone euro car il évite les écarts de change et les effets des dévaluations.
Divergences :
	L’implantation ou non à l’étranger : certains exportent purement et simplement sans prise de participation à l’étranger, d’autres sont implantés mondialement.
	La vulnérabilité face à la concurrence, parfois sauvage, représente un danger limité pour certains, considérable pour d’autres qui souffrent même de contrefaçon.
	Le bénéfice d’une niche ou non : certaines entreprises agissent dans un contexte quasi monopolistique mais d’autres doivent affronter une furieuse concurrence.
	La capacité financière : les PME les plus fragiles sont contraintes d’ouvrir leur capital ou d’opérer un regroupement avec des confrères. Cette contrainte ne s’est pas encore imposée dans les PME les plus anciennes ayant vu se succéder plusieurs générations mais elles sont conscientes que cette situation n’est pas définitive.
	Ainsi, les freins à la conquête de l’international restent nombreux. En effet, il faut avoir un produit compétitif à vendre mais les charges et la fiscalité ne permettent pas de concurrencer les pays à bas coûts. Le remède est la recherche et l’innovation mais celles-ci nécessitent des investissements lourds que tous ne sont pas capables de réaliser. Or, c’est la seule manière de se distinguer aujourd’hui dans la féroce compétition mondiale.
	Il a donné ensuite la parole M. Bruno Parmentier, spécialiste des problèmes d’alimentation.

« De nouvelles voies pour éradiquer la faim » par M. Bruno Parmentier.
	M. Bruno Parmentier a été directeur général de l’Ecole d’Agriculture d’Angers pendant 10 ans. Celle-ci fondée en 1898 se situe en tête des écoles d’agriculture françaises pour les effectifs d’étudiants dont elles assurent la formation. Il intervient dans des émissions télévisées relatives à la nutrition des populations et a publié récemment plusieurs ouvrages : « Nourrir l’humanité », « Faim zéro», « Manger tous et bien». Les problèmes de l’agriculture sont immenses et les moyens de les résoudre sont en complète mutation. Il faut réinventer l’agriculture mondiale dont la production devrait augmenter de 70% dans les trente années qui viennent. Le but est de sauver la vie de ceux qui risquent aujourd’hui de mourir de faim.       
	M. Parmentier a rappelé, en introduction, que 800 millions d’humains ont faim dans le monde dont 250 millions en Inde, 48% des enfants de moins de 5 ans de ce pays sont sous alimentés, soit le même pourcentage que les états les plus pauvres d’Afrique. On compte encore 100 millions d’affamés en Chine, soit 9% de la population, ce qui représente un progrès remarquable en un demi-siècle. La Chine est devenue le premier producteur du monde de riz, de blé, de viande, de fruits et de légumes. L’Afrique est encore un continent peu peuplé, mais au XXIe siècle la population va exploser. En 2050, il y aura un milliard 500 millions d’habitants en Afrique noire. Pour le moment la faim dans le monde est essentiellement un problème asiatique. 50% des gens ayant faim sont des paysans. L’Amérique a vaincu la faim, la Chine a aussi réussi pour l’essentiel. La péninsule indo-pakistanaise et l’Afrique noire restent les deux espaces victimes de la faim, ce qui n’exclut pas des poches déshéritées ici ou là. En Inde, il y aura bientôt 500 habitants au kilomètre carré. Un minimum de règles imposées par l’État pour permettre une meilleure allocation des ressources est primordial, sinon la pauvreté se développe.
	L’agriculture devient l’un des grands problèmes de la planète, les céréales sont la base de l’alimentation humaine, or la consommation progresse plus que la production. Au XXIe siècle, on a enregistré durant les sept premières années, six exercices déficitaires. En 2007, les stocks de céréales étaient au plus bas, ce qui a fait flamber les prix et entraîné des émeutes de la faim. Dans le tiers monde, 80% des revenus sont consacrés à l’alimentation, d’où une grande sensibilité à l’évolution des prix. On ne parvient pas de façon chronique à produire suffisamment de céréales dans le monde. La paix sur les continents sera dépendante des incidents climatiques, d’où l’impératif d’augmenter la production pour prévenir les désordres et les flux migratoires incontrôlés.
	Il y a, par jour, sur la planète 360 000 naissances et 160 000 décès, ce qui est un phénomène totalement nouveau que l’on ne peut ignorer. On doit aussi tenir compte du réchauffement climatique qui peut être à l’origine de cyclones plus forts, de canicules plus fréquentes, de la disparition de terres fertiles recouvertes par la mer et de l’augmentation du risque sanitaire. Notre monde a probablement atteint ses limites et le moment est venu d’inventer de nouvelles méthodes de production. Les biotechnologies pourront apporter des remèdes et les OGM deviendront une nécessité. On envisage des techniques à haute intensité environnementale et de pratiquer des semis sans labour préalable ou d’élever des vers de terre. Consommer les produits sur place, augmenter les quantités produites et lutter contre le gaspillage insensé des pays du Nord sont devenus prioritaires.


	En quelques mots, le président a clôturé cette séance qui a montré les nombreuses initiatives prises en Anjou dans le domaine du développement de l’activité économique et qui a permis de réfléchir au grave problème géopolitique de l’alimentation humaine dans le monde. Il a donné rendez-vous à l’assemblée pour la réunion du 9 janvier 2015, au cours de laquelle sera commémoré Jean-Philippe Rameau ; trois artistes donneront un aperçu des œuvres de ce grand musicien du XVIIIe.siècle.

SÉANCE PUBLIQUE DU 9 JANVIER 2015 

Sont prÉsents 
M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, M. Georges CESBRON, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, Mme Élisabeth du RÉau, M. Joseph GIBOIN, M. Daniel GRUAU, M. Claude FERRAND, Mme Josette FOURNIER, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Georges TIRAULT, M. Michel VAISSIER..   membres titulaires. 

M. René COMBRES, M. Jacques CHOPIN.   membres titulaires ÉmÉrites 

Mme Christiane ASTOUL, M. Max BARAT, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Michel BERNARDIN, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Jean-Pierre BOIS, M. Roger BOISSEAU, M. Henri BRAULT, M. Yves CADOU, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Benoît DELTOMBE, Mme Frédérique DROUET-D'AUBIGNY, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Gérard GAILLY, Mme Claude GARÇON, M. Michel GARREAU de LABARRE, M. Rémy GERNIGON, M. Jean-André GOUYETTE, Mme Pascale GRÉMONT, M. Michel GUILLANEUF, M. Gildard GUILLAUME, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Jean HLADIK, M. Gérard JACQUIN, M. René JAMES, M. Jacques KERYELL, Mme Denise LAMAISON, M. Michel LAVÉDRINE, M. François LECOQ-VALLON, M. Georges LEGUILLANTON, M. Jean-Marie LIMAL, Mme Françoise LIZÉ-DUBOIS, M. Dominique MAILLARD, M. Olivier MARTIN, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Jean MORLONG, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, Mme Joëlle REMY, M. Charles-Marie RÉYÉ, M. Jean ROBERT, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Alain ROUX, M. Bernard SARTON du JONCHAY, M. Jean-Marc SEGUIN, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, Mme Maÿlis THURET, M. Roland TRACCUCCI.   membres associés. 

Mme Marie-Thérèse BOUVET, Mme Anne BRÉGEON, Mme Danièle COMBRES, Mme Michèle SARTON du JONCHAY, Mme Monique TIRAULT, M. Jean-Yves LESSEUR, M. Roger LIZÉ, M. François-Michel SOULARD.   invitÉs

S’Étaient fait excusér :
M. Robert AUDOIN, M. Yves BARTHET, M. Daniel COUTURIER, M. Henri DELLACASA, M. Dominique LAMBERT de LA DOUASNERIE, M. Jacques THOMAS.   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER.   membre titulaire honoraire 

Mme Catherine-Maïten AUSCHITZKY, M. Jérôme BODIN, M Philippe BONEF, Mme Laurence CHARVOZ, M. Grégoire DUVAL, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Alexandre de GRANDMAISON, M. Gildard GUILLAUME, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Michel PENNEAU, M. Geoffrey RATOUIS, Mme Sylvette ROBSON, M. Philippe ROCQUET, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, M. Alain TRICOIRE, Mme Anne de VAUTIBAULT.   membres associés. 

	Le président a ouvert cette première séance de 2015, en présentant à l’assemblée ses vœux d’une année belle, sereine, heureuse et dans la paix. Il a ensuite honoré les huit membres de l’académie qui nous ont quittés, en demandant que soit respectée une minute de silence :
- Mme Monique CATTA, ancienne vice-présidente de l’Académie, ancienne présidente de la section Lettres,
- M. Michel GRANDIN, géographe, membre associé depuis 2005,
- M. Claude CHEREAU, ancien ambassadeur, membre titulaire depuis 1978,
- Le général André ROGERIE, membre associé depuis 1992
- M. Jean FAVIER, de l’académie des inscriptions et belles lettres, membre d’honneur depuis 2001,
- M. Louis MAUCOURT, membre associé depuis 1991,
- M. Guy SUPPLISSON, commissaire aux comptes, membre associé depuis 1998,
- M. Philippe DAIN, agrégé des lettres, membre titulaire depuis 1975.

	Il a communiqué ensuite diverses informations :
- Les académies de l’Ouest se réuniront à Rouen, le 6 Juin, avec pour thème « Tourisme et mémoire ». L’académie d’Angers est invitée à présenter une communication sur ce sujet.
- Une exposition sera présentée à Tours par notre confrère M. Gonzague Saint Bris, les 24 et 25 janvier, 
« Sur la culture drone, les châteaux vus de l’espace».
- Les membres titulaires ont été invités à déposer, avant la fin de la réunion, leur bulletin de vote pour l’élection à un siège devenu vacant.

	M. Jean-Claude Remy a donné ensuite la parole Mme Yvette Dams-Monville et à Mme Catherine Lesseur de la section Arts, qui, au lendemain du 250e anniversaire de la mort de Jean-Philippe Rameau (1683-1764), ont choisi de parler des aristocrates et des musiciens au siècle des Lumières, en associant les fêtes galantes et la musique. Trois artistes sont venus à cette occasion apporter leur concours, Mme Françoise Marmin, claveciniste concertiste, professeur aux conservatoires de Paris et d’Angers, M. Julien Malais, violoniste, diplômé en musicologie, et Mme Eleanor Lewis-Cloué, professeur au conservatoire d’Angers, à la viole de gambe.

« Monsieur Le Riche de La Poupelinière, mécène de Rameau » par Mme Yvette Dams-Monville.
	Fils d’un avocat qui avait fait ses études à Angers, Alexandre Le Riche de La Poupelinière est né à Paris en 1693, il devient fermier général en 1721. Il était proche d’Antoine Crozat, l’un des financiers les plus puissants de son époque en même temps trésorier du prestigieux ordre du Saint Esprit. Possesseur d’une belle fortune, vivant à l’écart de la Cour, il se révéla un mécène éclairé, qui rassembla autour de lui un cercle d’artistes. Le bienfaiteur participait, chantait, et parfois devenait compositeur et instrumentiste ; il jouait avec les musiciens professionnels. Il considérait les gens de talent avec la plus grande déférence et courtoisie. À partir de Lulli, on note une évolution du statut du musicien ; leur habit était riche, les étoffes étaient luxueuses. La Poupelinière, habitait à partir de 1745, dans un hôtel particulier rue Neuve des Petits Champs, où Rameau va résider. Ce dernier était le septième d’une famille de onze enfants ; son père était organiste de l’église Notre Dame de Dijon. À 19 ans, Jean-Philippe sera organiste à la cathédrale d’Avignon puis, venu à Paris, il le sera chez les jésuites de la rue Saint Jacques. Il écrira bientôt son premier livre de pièces de clavecin, puis un traité de théorie musicale. C’est alors qu’il va devenir le directeur de la musique de La Poupelinière. Les opéras Hyppolite et Aricie, les Indes Galantes, Castor et Pollux et Dardanus vont asseoir définitivement sa réputation. Il fut pris à partie par la suite par les italianisants au cours de la querelle des Bouffons et se trouva en conflit avec Jean-Jacques Rousseau.

	L’orchestre du fermier général va animer pendant trente ans la vie des concerts parisiens, en parallèle avec les concerts spirituels. Il avait fait l’acquisition du château de Passy à l’emplacement de l’actuel théâtre du Ranelagh, où il fit construire une salle de spectacle et de concert. On y rencontrait Voltaire, Quentin de La Tour, Van Loo, Jean-Jacques Rousseau, François-Joseph Gossec. Bals, soupers, pièces de théâtre, concerts se succédaient. Marié à Thérèse Boutinon des Hayes, musicienne d’une grande beauté, il s’en sépara à la suite de la découverte de la liaison qu’elle entretenait avec le maréchal de Richelieu ; à 66 ans, devenu veuf, il va se remarier avec une musicienne âgée de 22 ans. À sa mort en 1762, le prince de Conti, en reprenant une partie des musiciens de l’orchestre, constitua la plus importante institution musicale privée.

« La petite musique des tableaux du marquis de Livois » par Mme Catherine Lesseur.   
	Après cette découverte de la passion des élites pour l’opéra ballet, Mme Catherine Lesseur est venue évoquer le thème des « Fêtes Galantes » dans les œuvres picturales. Ces tableaux représentaient des jeunes gens assemblés dans la campagne ; ils étaient accompagnés de comédiens et de musiciens.  Il s’agissait d’un monde idéalisé. La conversation légère, la licence des mœurs et l’épicurisme dominaient. Le tableau le plus emblématique de cette école est « La fête à Saint Cloud » de Jean Honoré Fragonard qui accorde une grande importance au paysage.
	Les tableaux commentés par Mme Lesseur se trouvent aujourd’hui au musée des Beaux Arts d’Angers ; ils proviennent des collections réunies par le marquis de Livois, qui avait dédié sa vie à la peinture. Elles ont été saisies au moment de la Révolution. Louis-Pierre Eveillard, marquis de Livois, était né en 1736 ; il descendait d’un maire d’Angers et était le fils d’un président du Parlement de Bretagne. Décédé en 1790, il fut inhumé au cimetière de l’église Saint Michel du Tertre. Son hôtel, qui abritait un magnifique ensemble de 400 à 450 peintures, sert maintenant de lieu de réunion pour les séances de notre Académie.
	Quatre œuvres ont été présentées, « La déclaration » d’Antoine Watteau, qui veut rendre un moment fugitif, « Le bal champêtre » de Jean-Baptiste Pater, qui représente des musiciens paisibles dont les gestes sont comme suspendus, « Le repas de danse » de Nicolas Lancret, dont les personnages portent des vêtements de paysans, « Le concert russe » de Jean-Baptiste Le Prince, avec un décor somptueux qui illustre un concept nouveau, la sensation.   
	Les musiciens présents ont accompagné ensuite les exposés avec trois pièces :
- Le 3ème concert, dédié à M. de La Poupelinière,
- La Timide, qui comprend deux rondeaux, l’un en majeur, l’autre en mineur.
- Tambourin, d’inspiration provençale.

	Le président a beaucoup apprécié cette séance dédiée à la joie de vivre ; elle associait les charmes de la peinture et de la musique. Elle était aussi un hommage rendu à la ville d’Angers, d’où étaient originaires Alexandre de La Poupelinière et Louis-Pierre Eveillard de Livois. Il a demandé aux participants de poursuivre le débat, en interrogeant les deux intervenantes et les musiciens.

Extraits des débats 

M. Pierre Bouvet : a rappelé que, M. de La Poupelinière étant mort sans enfant, le 5 décembre 1762, sa famille fit apposer les scellés sur son hôtel particulier puis intenta un procès en vue d’obtenir la dévolution de la succession. La jeune veuve, qui s’était déclarée enceinte et devait donner le jour à un garçon, le 22 mai 1763, obtint cependant gain de cause. Selon la tradition, évoquée par J. Valynseele et C. Brun dans « Les bâtards de Louis XV et leur descendance », ce fils, connu comme le marquis de Breuilpont, n’était toutefois pas le fruit des œuvres du fermier général.
Il a ajouté que la musicologue Sylvie Bouissou a tout récemment établi que Rameau, qui avait écrit un « Traité de la composition des canons », était l’auteur du célèbre « Frère Jacques ».

	Au cours de la discussion, ont été évoqués le conflit né entre Rameau et Rousseau, les instruments utilisés à l’époque par les musiciens et le véritable moment de la naissance du romantisme.
Rameau, pur intellectuel de la musique, avait un caractère difficile, dur et hautain ; il avait associé Rousseau à ses recherches et a éprouvé par la suite la crainte de se voir supplanter par cet autodidacte, beaucoup plus jeune que lui et qui avait du succès. Pour le premier opéra écrit par Rousseau « Les muses galantes », Rameau avait parlé de plagiat. Il y eut aussi le pamphlet écrit par Rousseau dans lequel il comparait la musique française et la musique italienne. Il y avait de la part de Rameau une vraie jalousie, en raison notamment de la différence de génération. Il y aurait un intérêt dans une séance ultérieure à préciser avec un accompagnement musical les qualités intellectuelles de Rameau et de montrer son influence dans l’histoire de la musique. On pourrait ainsi mieux connaître ses théories, la question des tons et des demi-tons au piano, un piano ne peut pas faire de quarts de ton à la différence des cordes. Rameau a été à l’apogée du baroque.
	Les instruments utilisés à l’époque étaient les mêmes que maintenant, mais plus courts ; les cordes étaient en boyaux. Le clavecin avait deux claviers et a été utilisé jusqu’à la Révolution.  Le piano forte a été introduit assez tôt au XVIIIe siècle. Le Romantisme a-t-il trouvé un précurseur en Rousseau ? Il est plus exact de dire que le Romantisme est né au début du XIXe siècle 

	En fin de réunion, le président a accueilli M. Roland Traccucci, ancien directeur de Framatome, élu membre associé en novembre dernier.  Accompagné de son parrain M. Jacques Maureau, il prenait séance pour la première fois. 
	A suivi le traditionnel partage de la galette des rois. 


Carnet de l’Académie
Disctinctions 
Nos confrères, MM. Henri Legoherel et Jacques de Latrollière ont été tous deux promus officiers, le premier, dans l’ordre du Mérite maritime, le second, dans celui des Palmes académiques. L’Académie leur exprime ses vives félicitations.

Élection 
M. François Dolbeau, membre associé depuis 2005, vient d’être élu à l’Académie des Inscriptions et Belles-lettres. Fière de compter ainsi un confrère de plus à l’Institut de France, l’Académie l’en félicite chaleureusement. 

Rencontre
L’Académie de Rouen nous invite à la 2ème rencontre des Académies de l’Ouest, membres de la CNA, le 6 juin 2015. Cette rencontre aura pour thème « Tourisme et Mémoire ».
Chacune des Académies est invitée à présenter une communication d’une trentaine de minutes.
Les objectifs et détails peuvent être obtenus auprès du secrétariat.

DÉcÈs : 
Trois membres de l’Académie sont décédés en ce début de mois de janvier. 
- M. Philippe DAIN, agrégé des lettres, membre titulaire depuis 1975.
- M. Guy SUPPLISSON, commissaire aux comptes, membre associé depuis 1998.
- M. Jean TAUGOURDEAU, expert foncier, membre associé depuis 1977, éteint dans sa 100ème année.
Le président et les membres de l’Académie présentent leurs sincères condoléances aux trois familles des défunts.

L’accueil à l’académie est assuré
du mardi au jeudi de 13h30 à 17h30
et 
le vendredi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 18h30

Olivier d’Ambrières 
Secrétaire Général

Directeur de la Publication : Jean-Claude REMY.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal décembre 2014							      Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
Site Web : www.academie-dangers.com
mailto:academie-dangers@wanadoo.frhttp://www.academie-dangers.com/shapeimage_2_link_0shapeimage_2_link_1
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