BULLETIN FEVRIER 2015

 

	 L’Académie tiendra séance les : 


Vendredi 13 mars 2015
Hôtel de Livois

                                                                                               15h00
Séance privée
Assemblée Générale

16h00
Séance publique
                                                        Réception de membre titulaire : Mme Margreet Dieleman
                                                                                - Eloge de Mme Simone Béguier
                    - « Itinéraires et histoire(s) : Les cartes Michelin de 1910 à 1960 » par Mme Margreet Dieleman

Vendredi 27 mars 2015
Hôtel de Livois

15h00
Séance privée

                                                                                             16h00
Séance publique


                                                        - « Illusions visuelles » par M. Jean Hladik
                - « Dachau, premier camp de concentration en Allemagne (1933-1945) » par M. Serge Quentin
                                                    - « Témoignage d’un déporté (1944-1945) par M. Clément Quentin
   

	Dimanche 22 mars 2015
de 15h00 à 18h00 Hôtel de Livois


Printemps de l’Académie Hôtel de Livois


DÉPLACEMENT À PARIS DU 18 FÉVRIER 2015
pour la visite de l’Institut de France et des salons de l’hôtel de la Marine

	Un groupe composé d’une trentaine de membres de l’Académie s’est rendu à Paris, avec M. Pierre Bouvet, premier vice-président, à l’invitation du professeur Bernard Bourgeois, président de l’Académie des Sciences Morales et Politiques et président d’honneur de la Conférence Nationale des Académies de province, et de M. Henri Legoherel, président de l’Académie de Marine. Ils ont visité le matin la coupole de l’Institut de France, la bibliothèque Mazarine et celle de l’institut, sous la conduite de M. Pierre Kerbrat, secrétaire général de l’Académie des sciences morales et politiques. Reçus dans l’après-midi à l’hôtel de la Marine, place de la Concorde, ils ont été accueillis par l’amiral Jacques Petit, secrétaire général de l’Académie de Marine et par le responsable du patrimoine. Ils ont pu ainsi découvrir les salons de l’hôtel.

	Un legs de quatre millions de livres, laissé à sa mort par le cardinal Mazarin, a permis, selon le vœu du défunt, de faire construire par Louis Le Vau le collège des Quatre nations destiné à accueillir les fils des gentilshommes des provinces nouvellement rattachées à la couronne (Flandres, Alsace, Roussillon et le fort de Pignerol). Face au Louvre, sur le site de la tour de Nesles, se trouve la coupole, ronde à l’extérieur et en ellipse à l’intérieur, qui est l’œuvre de l’architecte François d’Orbay. Chapelle pour les élèves du collège, elle est devenue aujourd’hui le lieu des réunions solennelles de l’Institut de France. Le décor porte, en latin, une citation du prophète Ezechiel (« Il siégera sous son ombre au milieu des nations »), les initiales de Saint Louis et les médaillons des douze apôtres. La porte située au fond n’était ouverte que pour la venue du Roi, aujourd’hui elle ne s’ouvre que pour le Président de la République, protecteur des cinq académies (Académie française, académie des sciences, académie des inscriptions et belles lettres, académie des beaux-arts, académie des sciences morales et politiques). Ces compagnies ont été créées par l’État mais n’en dépendent pas. Le magnifique monument en marbre, œuvre de Coysevox, était destiné à recevoir les cendres du cardinal ; ce n’est toutefois qu’un cénotaphe.
	Le collège des Quatre nations a fonctionné de 1688 à 1791, date de sa suppression par le gouvernement révolutionnaire. L’Institut de France, créé en 1795 dans les derniers jours de la Convention, s’est installé dans le collège en 1805 par décision de Napoléon.
	Après la visite de la Coupole, le groupe a été reçu dans les deux bibliothèques, la Mazarine, rattachée depuis 1945 à l’institut de France et celle de l’Institut. M. Yann Sordet, conservateur en chef et directeur de la bibliothèque Mazarine, a présenté celle-ci. Elle a été édifiée dès 1646 ; encyclopédique et ouverte au public, elle comptait déjà 30 000 volumes en 1661. Elle fut enrichie par la suite par les confiscations révolutionnaires (chapitre Notre Dame de Paris, abbaye Saint Germain des Prés…) et par de nombreux dons. Maintenue en activité pendant la période insurrectionnelle, elle compte aujourd’hui 600 000 documents dont 180 000 livres anciens, des manuscrits et des incunables. Elle a quatre spécialités (histoire et civilisation du Moyen Âge et de l’époque moderne, histoire locale et régionale de la France, histoire du livre et des bibliothèques, sciences auxiliaires de l’Histoire). Elle dispose de nombreux fonds particuliers comme les « mazarinades » qui contient les libelles et pamphlets de la France parlementaire, Saint Jacques de Compostelle, Jean-Claude Nardin sur l’histoire de l’Afrique, Marcel Chatillon sur l’histoire des Caraïbes…)

	Mme Françoise Bérard, conservateur de la bibliothèque de l’Institut, a rappelé que celle-ci était née en même temps que l’Institut de France en 1795. Elle avait recueilli à l’origine la bibliothèque de la ville de Paris, riche de 24 000 volumes et de 2 000 manuscrits. Elle s’est efforcée de reconstituer les bibliothèques des anciennes académies royales. Parmi les pièces les plus rares, elle compte douze carnets de notes et de dessins de Léonard de Vinci et dix cahiers d’œuvres musicales de Mozart. Elle abrite plusieurs fonds, comme le fonds Condorcet et d’Alembert, la bibliothèque botanique de Delessert, la bibliothèque Bolivar, le fonds Heredia-Régnier. Dans la salle de lecture, se trouve le buste de Lamartine par David d’Angers. La bibliothèque de l’Institut est supervisée par la commission des bibliothèques et archives de l’Institut, qui est présidée par Mme Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie Française. 

	La seconde étape de la journée se situait, place de la Concorde, à l’hôtel de la Marine construit entre 1757 et 1774 selon les plans de Gabriel et qui est un des deux pavillons jumeaux inspirés de la colonnade de Perrault. Après le déjeuner au mess des officiers, le groupe a suivi le responsable du patrimoine, qui a donné un aperçu de cet ensemble de dix étages offrant 22 000 m2 de bureaux ; deux étages se situent au sous-sol dont l’un est bunkérisé. Trois cours séparent les bâtiments, la cour d’honneur, celle du ministre et la cour Honoré d’Estienne d’Orves. 750 personnes y sont en fonction dont treize officiers généraux ; ils devront quitter les lieux en 2015 en raison du regroupement des États-Majors sur un seul site décidé par le Président de la République en 2008. L’édifice avait été affecté en 1774 au Garde-meubles royal pour entretenir et restaurer le mobilier, les tapis, les tapisseries, les luminaires, les bronzes et les marbres des résidences royales. La collection exceptionnelle des bijoux de la couronne (le Régent, le Sancy, le diamant bleu, de nombreux saphirs….) y était conservée dans une armoire forte ; elle a été dérobée en 1792 mais fut partiellement retrouvée. Cinq des voleurs confondus ont été exécutés sur la place de la Révolution, aujourd’hui place de la Concorde.

	Le bâtiment abrite l’État-Major de la Marine depuis l’installation, en 1789, du secrétaire d’État à la Marine de Louis XVI, César Henri de la Luzerne ; il avait suivi le Roi qui avait dû gagner Paris après les journées des 5 et 6 octobre 1789. Un escalier d’honneur orné d’une rampe d’une grande qualité permet d’accéder aux deux galeries et aux salons de réception. Cette suite de pièces d’apparat s’ouvre sur le péristyle et la place de la Concorde ; elle comprend deux ensembles distincts, d’une part, des salles aménagées sous le Second Empire avec des décors d’une grande richesse marqués par la symbolique de la marine nationale (le salon diplomatique, le salon des amiraux...), d’autre part, une suite d’appartements du XVIIIe qui ont gardé leur configuration d’origine datant du Garde-meubles. Les salons XIXe ont été restaurés à la suite de la signature, en 2006, d’une convention de mécénat avec le groupe Bouygues.
	Plusieurs événements historiques se sont déroulés dans ces lieux, la signature du procès-verbal de l’exécution de Marie-Antoinette, le bal du sacre de Napoléon dans les salons de réception, la célébration du mariage de Napoléon et de Marie-Louise. Louis-Philippe a assisté, de la loggia ou galerie des princes, à l’érection de l’obélisque de la Concorde, en 1989 le Président de la République et 77 chefs d’États ont suivi, de l’hôtel, les fêtes du bicentenaire de la Révolution.  


SEANCES DU 23 JANVIER 2015

Sont prÉsents 
M. Gilles d' AMBRIÈRES, M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Robert AUDOIN, M. Régis de BELENET, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Daniel COUTURIER, M. Daniel GRUAU, Mme Marie-Claude GUILLERAND, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, M. Henri LEGOHEREL, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques MAUREAU, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, M. Jacques THOMAS, M. Georges TIRAULT, M. Michel VAISSIER.   membres titulaires

M. Henry ADAM, M. Max BARAT, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Daniel BLOUIN, M. Yves CADOU, M. Lionel COUPRIS, M. Benoît DELTOMBE, M. Yves DURAND, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, , M. Gérard GAILLY, Mme Claude GARÇON, Mme Jeanne de GÉRIN-RICARD, M. Rémy GERNIGON, M. Jean-André GOUYETTE, M. Jean GRELON, Mme Pascale GRÉMONT, M. Michel GUILLANEUF, M. Gildard GUILLAUME, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Paul IOGNA-PRAT, Mme Denise LAMAISON, M. Michel LAVÉDRINE, M. Didier LEROY, M. Gérard LESAGE, M. Dominique MAILLARD, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Jean-Claude PAVION, M. Michel PENNEAU, Mme Joëlle REMY, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Alain ROUX, M. Bernard SARTON du JONCHAY, M. Alain SAULNIER, M. Furcy SOULEZ-LARIVIÈRE, M. Philippe TARDY-JOUBERT.   membres associÉs. 

M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES.   membres titulaires ÉmÉrites 

S’Étaient fait excusér :
M. Yves BARTHET, M. Christian BRÉGEON, M. Georges CESBRON, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, Mme Élisabeth du RÉau, M. Maurice FAËS, M. Claude FERRAND, Mme Josette FOURNIER, Mme Florence SOULEZ-LARIVIÈRE, Mme Elisabeth VERRY.   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER.   membre titulaire honoraire 

M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Jérôme BODIN, M. Roger BOISSEAU, M. Henri BRAULT, Mme Laurence CHARVOZ, M. Grégoire DUVAL, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Jean MALLET, M. Olivier MARTIN, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, Mme Hélène POLOVY, Mme Sylvette ROBSON, M. Philippe ROCQUET, M. François-Christian SEMUR, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, Mme Maÿlis THURET, M. Alain TRICOIRE, Mme Anne de VAUTIBAULT.   membres associÉs. 

SEANCE PRIVEE 

	Le président en ouvrant la séance a fait part :
- du décès de M. Jean TAUGOURDEAU, membre associé depuis 1977,
- de l’élection de M. François DOLBEAU, membre associé depuis 2005, à l’académie des Inscriptions et Belles Lettres,
- de la promotion de M. Jacques de Latrollière au grade d’officier dans l’ordre des palmes académiques
- de la tenue, à la faculté des Lettres, les 29 et 30 janvier, d’un colloque consacré à Michel Tournier : « La modernité de Michel Tournier »,
- de la réunion des académies de l’Ouest, à Rouen, le 6 juin, sur le thème « Tourisme et mémoire», notre académie étant invitée à présenter une communication sur ce sujet,
- de la présentation, le dimanche 22 mars, du « Printemps de l’Académie », les présidents de section étant invités à faire connaître les thèmes traités par leurs membres,
- de la date de la prochaine assemblée générale, fixée au vendredi 13 mars, assemblée générale durant laquelle il sera procédé à l’élection des membres du conseil d’administration pour un mandat de trois ans.

	M. Louis-Marie Beauvois a présenté la candidature, comme membre associé, de M. Jean-Louis Beau, qu’il parraine avec Mme Elisabeth Verry. Diplômé de l’école de commerce de Rouen et du Massachusetts Institute of Boston, il a fait une partie de sa carrière au ministère de l’Industrie. Il a été élu au cours de la séance.

	Le président a donné ensuite la parole à M. Daniel Couturier pour faire la recension des ouvrages reçus à la Bibliothèque :
- les mémoires 2013 de l’académie de Touraine donnent une biographie du professeur Thérèse Planiol. Abandonnée par sa mère, elle fut recueillie par l’Assistance publique. Bachelière précoce, elle obtint ensuite une licence de sciences. Entrée à la Faculté de médecine, elle réussit le concours de l’internat ; elle rencontrera à cette époque les professeurs Robert Debré et Maurice Tubiana. Elle s’orienta vers la physique médicale, notamment sur les applications des radio-isotopes en neurologie dont elle sera un pionnier au plan mondial. En 1967, elle deviendra la première femme agrégée en France. Pendant douze ans de 1968 à 1980, elle va coordonner des recherches dans le domaine de l’imagerie médicale du fœtus à l’adulte.

-« Herbes folles hier, femmes médecins aujourd’hui », est l’un des ouvrages du professeur Thérèse Planiol ; il a été publié aux éditions Cheminements. L’auteur note que la féminisation des instances de pouvoir et de décision, dans les hôpitaux et les organismes de recherche, reste modeste Elle a voulu faire connaître, grâce à une large série d’entretiens, un certain nombre de ces femmes médecins ou biologistes, qui se situent au plus haut niveau de qualité et de compétence.
- un dictionnaire des noms de lieux, dans les vallées et les milieux humides des Yvelines, figure dans les mémoires de la société historique et archéologique de Rambouillet. Il décrit notamment le rôle de l’eau au château de Dampierre et dans ses jardins.

-« L’âme selon les biologistes » par M. Pierre de Puytorac donne une liste des auteurs ou philosophes anciens qui, depuis le fond des temps, cherchèrent à isoler l’âme. En guise de conclusion, il constate que « l’homme ne travaille pas au salut de son âme, mais à la survie de son corps ». L’étude a été publiée dans le bulletin historique et scientifique de l’Auvergne.

-« La myopie prétexte » d’Abderrahman Benhamza qui relate des souvenirs d’adolescent. Tout l’univers scolaire de son époque finit par y rentrer, avec une profusion d’images fraîches et neuves. L’ouvrage est préfacé par M. Daniel Couturier ; il rappelle que cet écrivain marocain s’adonne à la poésie tout en poursuivant une carrière de critique d’art. Il a publié également « Chant en do mineur » et « Portrait d’une maison »,

-« Collioure couleurs Matisse » par Anne Carrère, chargée du développement culturel pour le Chemin du Fauvisme. L’ouvrage a été préfacé par M. Daniel Couturier. Henri Matisse s’installa à Collioure en mai 1905 et le Fauvisme va naître là ; l’artiste va être fasciné par les multiples facettes du port et de ses environs au gré des heures de la journée. Le Fauvisme dont il va être l’initiateur marqua l’irruption du monde des couleurs dans la conscience. À Collioure, Matisse racontait « Je travaillais comme je le sentais. Rien que par la couleur je sens, c’est par elle que ma toile sera organisée ou désorganisée ». Il se livrait à l’expression de ses émotions ; le tableau était affranchi de tout contact imitatif et conventionnel.
L’originalité de ce livre réside dans le fait qu’il ne comporte aucune reproduction de tableau, le lecteur étant invité à y scanner un QR code           pour découvrir chaque œuvre.


SÉANCE PUBLIQUE 

	Le président a donné la parole aux deux orateurs inscrits, M. Gilles d’Ambrières, et M. Yves Durand.

« Quelques aspects du contrat de mariage au XVIIe siècle à Paris et en Anjou » par M. Gilles d’Ambrières.
	Au XVIIe siècle, il n’y a pratiquement pas de mariage sans contrat préalable dans l’aristocratie et la bourgeoisie. Le contrat de mariage est d’abord le lieu où les futurs époux se donnent la foi de mariage et promettent de  réitérer cet engagement face à l’Eglise. C’est cet engagement qui conduit à définir les règles de fonctionnement du futur couple.
	Le contrat de mariage – en premières noces – est le fruit d’une stratégie et d’une négociation familiale qui se trame parfois au dessus de la tête des intéressés. Les dispositions essentielles du contrat, les « articles » comme on disait à l’époque, se négocient parfois deux ou trois ans avant la signature définitive. Les contrats se traitent le plus souvent entre égaux sur le plan social et aussi financier ; quand il y a une inégalité sociale entre les deux parties, c’est souvent parce que l’on a besoin de « fumer ses terres », comme disait Madame de Sévigné.
	L’infirmité juridique de la femme, dans le contrat de mariage, est patente dans tous les cas de premier mariage, régis habituellement par la communauté coutumière, qui « donne le pouvoir à la barbe », comme écrit Molière .Mais la situation est différente dans les cas de deuxième union – fréquents- régis par la séparation de biens. En contrepartie, les contrats établissent une série de protections pour préserver les biens de la femme.
	Le contrat de mariage est un acte social qui associe, aux futurs et leurs pères et mères, les deux clans familiaux concernés. Le nombre des signatures figurant au pied des contrats (souvent cinquante, voire davantage) souligne l’importance sociale de cet événement. À Paris, on remarque, plus qu’en Anjou, la présence de personnes extérieures au cercle familial proprement dit, la présence de « protecteurs » y est plus fréquente et la signature royale en constitue l’apothéose.

NB Cette communication n’est pas un travail théorique, c’est un travail est fait à partir de l’examen de très nombreux contrats de mariage, dont un certain nombre seront expressément cités pour illustrer le propos. D’autre part, il sera distribué en salle plusieurs exemplaires de deux contrats, l’un passé à Angers en 1613, l’autre à Paris en 1662, pour permettre aux assistants de se faire une idée factuelle du contrat de mariage au XVIe siècle. 

Extraits des débats 

M. Jacques  Maureau : Quel était l’âge de la majorité des femmes au moment de leur mariage ?
R : la majorité légale était fixée à 25 ans pour les femmes et les hommes devaient avoir l’autorisation de leurs parents jusqu’à 30 ans.
 
M Jacques Maillard : En Anjou, au cours du XVIIIe siècle, la majorité légale des hommes était descendue à 25 ans, mais les curés refusaient de célébrer le mariage à cet âge sans l’autorisation des parents. D’une façon générale, il était possible de se marier avant la date de la majorité si les parents donnaient leur autorisation. 
R : Si les parents ne donnaient pas leur autorisation, il était  possible de passer outre, à condition de leur adresser auparavant  une sommation respectueuse.  

M. Jacques Maillard : À Paris, les contrats de mariage étaient très répandus, mais, en Anjou, ils étaient beaucoup plus rares. Au moment de la soutenance de ma thèse de doctorat, j’ai cherché à déterminer de façon aléatoire le pourcentage des mariages assortis d’un contrat. Pour le XVIIe, je suis parvenu à une proportion de 55%, et, à la fin du XVIIIe, le pourcentage était tombé à 33%. Par ailleurs j’ai pu constater que les femmes étaient mieux protégées en Anjou qu’à Paris.
R : J’ai remarqué tout de même que, dans les petites agglomérations, le nombre de contrats de mariage n’était pas négligeable ; les sommes mentionnées au contrat étaient souvent très modestes.
M. Jacques Maillard : Cela s’explique en raison d’une disposition de la coutume d’Anjou qui précise que la communauté s’acquiert un an et un jour après la célébration du mariage. On trouve, par ailleurs, des contrats qui ont été signés après le mariage. Une décision du présidial d’Angers de 1686 interdit cette pratique et rend obligatoire la signature du contrat avant  le mariage. Il a relevé également la signature au XVIIe d’un certain nombre de mariages protestants.

M. Daniel Couturier : Comment se réglaient les contrats de mariage dans les familles rurales ?
R : Les contrats de mariage relevés dans le monde rural concernaient majoritairement des remariages. Ceci s’explique en raison de la présence d’enfants qu’il fallait protéger. Il s’agissait de petits artisans, de petits commerçants et de laboureurs ; les montants étaient le plus souvent très modestes.

« Virgil Gheorghiu, de la 25° heure au temps du silence » par M. Yves Durand.
	Avec son roman « La 25e heure », l’écrivain roumain Virgil Gheorghiu accède, dès 1949, à la renommée internationale. Il y raconte comment la Seconde Guerre mondiale, pour son héros, se transforme en tragédie personnelle : dénoncé à tort, le personnage est arrêté et emprisonné. C’est le début d’un engrenage infernal puisque le jeune homme, tour à tour détenu dans les camps des différents belligérants, sera ensuite victime des débuts de la Guerre froide et qu’il passera treize ans de sa vie en détention. 

	Notre confrère Yves Durand rencontrera Virgil Gheorghiu, longtemps après, en deux circonstances. En 1969, à Angers, où ses parents le reçoivent à dîner, à l’occasion d’une conférence qu’il vient donner. Puis en 1986, à son domicile, à Paris. A l’époque, l’écrivain publie « Le témoin de la 25e heure ». Un livre important parce qu’il le conçoit comme le premier volume de ses mémoires. Mais aussi parce qu’avec cet ouvrage, l’auteur rompt alors le silence littéraire qu’il s’imposait depuis six ans. Pourquoi n’avait-il rien publié depuis 1980 ? C’est l’une des questions à laquelle cette communication s’efforce de  répondre. Notre confrère puise pour cela dans ses notes et ses souvenirs, ceux qu’il garde avec émotion de ses deux rencontres.

Extraits des débats 

M. Daniel Couturier : a indiqué qu’il avait eu l’occasion de rencontrer Virgil Gheorghiu à l’occasion du salon du livre régional à Nice ; l’écrivain lui avait remis un exemplaire de ses mémoires. Virgil Gheorghiu était, par ailleurs, prêtre à l’église orthodoxe du boulevard Saint Germain.
M. Henri Legoherel : En mai 1980, la faculté de droit de Besançon avait créé un DES sur le thème des droits de l’homme. Dans ce cadre, fut organisé un colloque « Droits de l’homme et religion ». En tant que recteur, j’ai ouvert cette session en présence de Virgil Gheorghiu, puis les participants furent reçus au rectorat qui est l’ancien palais des archevêques. L’évêque auxiliaire de Besançon vint participer à cette réunion, avec un costume quelque peu étriqué, et,  derrière lui, est arrivé Monseigneur Virgil Gheorghui revêtu d’une splendide soutane de soie moirée ; il était accompagné de sa femme qui portait un superbe manteau de vison. M. Legoherel lui déclara dans son allocution de bienvenue « Monseigneur, vous êtes magnifique » et lui de répondre « Monsieur le Recteur, rien n’est trop beau pour Dieu ».

SÉANCE PUBLIQUE DU 13 FÉVRIER 2015 

Sont prÉsents 
M. Olivier d' AMBRIÈRES, Mme Monique ASTIÉ, M. Robert AUDOIN, M. Régis de BELENET, M. Jean-Pierre BOIS, M. Benoît BOUMARD, M. Georges CESBRON, M. Daniel COUTURIER, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, Mme Élisabeth du RÉau, M. Daniel GRUAU, Mme Josette FOURNIER, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIÈRE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. Bernard RICHE, M. Jacques THOMAS, M. Georges TIRAULT, M. Michel VAISSIER.   membres titulaires. 

M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES.   membres titulaires ÉmÉrites 

Mme Catherine-Maïten AUSCHITZKY, M. Max BARAT, M. Raymond BATTAIS, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Noël BESSON, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Roger BOISSEAU, M. Philippe BONEF, M. Henri BRAULT, M. Yves CADOU, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Dominique CHARBONNEL, M. Lionel COUPRIS, M. Benoît DELTOMBE, Mme Claude GARÇON, Mme Jeanne de GÉRIN-RICARD, M. Rémy GERNIGON, M. Jean-Louis GIARD, M. Michel GUILLANEUF, M. Gildard GUILLAUME, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. René JAMES, M. Jacques KERYELL, Mme Denise LAMAISON, M. Didier LEROY, M. Jean-Marie LIMAL, Mme Françoise LIZÉ-DUBOIS, M. Dominique MAILLARD, Mme Ingeborg MARTIN-KRUMM, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Bernard SARTON du JONCHAY, M. Alain SAULNIER, , M. Jean-Marc SEGUIN.   membres associés. 

Mme Monique TIRAULT, M. François-Michel SOULARD.   invitÉs

S’Étaient fait excusér :
M. Yves BARTHET, M. Pierre BOUVET, M. Christian BRÉGEON, Mme Margreet DIELEMAN, M. Claude FERRAND, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude REMY, Mme Elisabeth VERRY.   membres titulaires. 

Mme Simone BÉGUIER.   membre titulaire honoraire 

M. Pierre-Marie BETTON, M. Jérôme BODIN, Mme Luciole BOUCHÉ, M. François BOULÊTREAU, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, Mme Pascale GRÉMONT, M. Gérard JACQUIN, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Yves NAUD, M. Geoffrey RATOUIS, Mme Joëlle REMY, Mme Sylvette ROBSON, Mme Françoise TÊTU DE LABSADE, Mme Maÿlis THURET, Mme Anne de VAUTIBAULT.   membres associés. 
	La séance a été ouverte par M. Daniel Couturier, deuxième vice-président, en l’absence de M. Jean-Claude Remy. Il a rappelé :
- qu’une visite de l’hôtel de la Marine à Paris aurait lieu, le 18 février,
- que la séance du 20 février serait l’occasion de recevoir le Recteur Henri Legoherel en sa qualité de président de l’Académie de Marine. 
Il a donné ensuite la parole aux deux orateurs inscrits, Mme Jeanne de Gérin Ricard et M. Noël Besson.


« L’Hôtel du Tertre de Sancé à Château-Gontier » par Mme Jeanne de Gérin Ricard.
L’hôtel du Tertre de Sancé est au cœur du secteur sauvegardé de Château-Gontier, en Mayenne. Sur les onze monuments inscrits ou classés, trois sont des hôtels particuliers, construits au XVIe siècle et pour deux d’entre eux, fortement remaniés au XVIIIe siècle.
Cet hôtel est l’un d’entre eux et il est resté dans la même famille de sa construction jusqu’à la Révolution Française. Un inventaire à la mort du Chevalier du Tertre de Sancé en 1776 permet d’avoir une vision de ce type d’habitation.
L’hôtel devient ensuite la résidence de notables locaux. Il est loué à une association laïque et reçoit des activités diverses : tripot, salle de jeux. Le jardin abrite un terrain de jeu de boules. Pendant la guerre de 1939-1940, il est le refuge de FFI et de Polonais mais aussi de populations diverses, qui exercent des petites activités pour subsister : jardinage, élevage, atelier de couture… Six foyers y vivent jusque dans les années 1960. Aujourd’hui, il retrouve sa fonction d’hôtel particulier comme un des joyaux de la ville.
S’interroger sur le monument lui-même et surtout sur son contexte historique revient à considérer tout un pan de la grande Histoire et de la riche histoire locale : c’est le sujet de ce travail, accompagné d’un diaporama.

Extraits des débats 

	Au cours de la discussion qui a suivi, M. Luc Larget-Piet et M. Roger Boisseau ont apporté des informations et cité des anecdotes sur la vie à Château-Gontier, telle qu’ils l’ont connue. Cette ville de 12 000 habitants abrite plusieurs hôtels particuliers classés, qui donnent beaucoup de charme à l’agglomération (hôtel de Lantivy, hôtel Saint Luc, hôtel Lemotheux), sans compter des églises exceptionnelles (la Trinité du XVIIe, Saint Jean-Baptiste du XIe, la chapelle du Genneteil). 
	Cette sous-préfecture avait également un marché aux veaux d’importance nationale et un marché aux oies. La libération de la ville par l’armée américaine eut lieu le 6 août 1944 ; les Allemands, avant de partir avaient torturé et massacré sept résistants qu’ils avaient jetés dans une fosse commune. Il y eut dans cette période un climat de grande tension qui comportait des risques réels du fait de la mitraille. M. Roger Boisseau a vécu ces moments chargés de danger. Un char de combat immobilisé, devenu gardien inutile, est demeuré de longs mois, face au pont qui enjambe la Mayenne. Il s’était transformé en symbole vivant de ces affrontements meurtriers. 

«Trésors impressionnistes mal connus dans les collections américaines » par M. Noël Besson
	Une première présentation de la collection de la Clark Fondation avait été effectuée par M. Noël Besson en février 2014. Celle-ci est venue compléter son propos d’alors. M. Robert Sterling Clark, petit-fils du producteur des machines à coudre Singer, s’était installé à Paris avant la guerre de 1914 ; il avait épousé une actrice de la Comédie Française. Il constitua peu à peu une collection exceptionnelle de tableaux allant du Moyen Âge à la peinture américaine contemporaine. Il avait formé le dessein de les offrir à la France ; devant les menaces de guerre, il les transporta du Petit Palais.à Williamstown dans le Massachusetts, où il avait fondé un musée.
	Après avoir montré des vues déjà présentées, l’an passé, l’orateur a dévoilé des toiles nouvelles de Pissarro (des ouvriers, des paysans et des marins), de Renoir qui avait fasciné le collectionneur (Venise, la baie de Naples, autoportrait à 35 ans et autoportrait à 58 ans, le père Fournaise, l’ingénue au chapeau), de Fantin-Latour (bouquets), de Toulouse-Lautrec (Jane Avril), de Gauguin (jeune fille en prière à Pont Aven), de Monet (champ de tulipes), Degas (ballerines, chevaux). En dehors des toiles impressionnistes, la présentation a concerné également des peintres plus académiques comme Charles Durand (jardinier), Jean-Léon Gérôme (femmes cherchant de l’eau en Egypte), Giovanni Boldini (la belle époque).


Extraits des débats 

	M. Jacques Maureau, M. Luc Larget-Piet, M. Serge Le Pottier ont demandé des compléments d’information sur la naissance de l’impressionnisme, sur les jeux de lumière dans ces oeuvres et sur les expositions de peintures présentées dans les différentes villes de Normandie. 
R : La toile de Monet « Impression, soleil couchant » présentée en 1874 chez Nadar inspira au critique du Charivari, le terme péjoratif « d’impressionniste », qui allait donner son nom à la nouvelle école. Ce tableau n’avait pas été considéré à l’époque comme une œuvre majeure. Les villes normandes qui ont eu un rapport avec les impressionnistes ont pris l’habitude de présenter régulièrement des expositions pour mettre en valeurs leur patrimoine. Tout un périple est à suivre pour aller à la découverte de ces peintres, en passant par Giverny (Monet), Auvers-sur-Oise (Van Gogh), Vernon (Bonnard, Vuillard), Rouen, Etretat, le Havre (musée André Malraux).


Carnet de l’Académie

Cotisations
Le trésorier remercie les consoeurs et confrères qui ont acquitté leur cotisation. Il rappelle aux autres membres, titulaires et associés, que la cotisation doit être versée avant le 31 mars.



DÉcÈs : 
L’Académie a appris le décès de l’épouse de M. Georges Reverdy, membre associé, à qui elle exprime sa vive sympathie.





L’accueil à l’académie est assuré
du mardi au jeudi de 13h30 à 17h30
et 
le vendredi de 9h00 à 12h00 et de 13h30 à 18h30

Olivier d’Ambrières 
Secrétaire Général

Directeur de la Publication : Jean-Claude Remy.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal février 2015							      Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
Site Web : www.academie-dangers.com
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