BULLETIN FEVRIER 2014

 
Printemps de l’Académie

Dimanche 23 mars 2014
                                                                                                    de 15h00 à 18h00
                                                                                                        Hôtel de Livois
                                    cette séance destinée à présenter les activités de l’Académie est ouverte à tous





	 
Vendredi 28 mars 2014
Hôtel de Livois
15h00 
                                                                                                    Séance privée

                                                                                                16h00
Séance publique organisée par la section Histoire

Le mariage dans l’occident médiéval et moderne
- « De la Romanité au Christianisme. Le mariage grégorien garant de l'ordre social (XIe-XIIIe siècles).» par M. Michel Pecha-Soulez. 
- « Le mariage protestant en France (1559-1792).» par Mme Margreet Dieleman. 
« Les conditions du mariage en France des lendemains du concile de Trente à la Révolution. » par M. Jacques Maillard.





SEANCES DU 24 JANVIER 2014

Sont présents 
Mme Marie-Rose ALBRECHT, M. Gilles d' AMBRIERES, M. Olivier d' AMBRIERES, M. Yves BARTHET, M. Régis de BELENET, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BREGEON, M. Georges CESBRON, M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES, M. Maurice FAES, M. Claude FERRAND, Mme Josette FOURNIER, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIERE, M. Serge LE POTTIER, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, M. Jacques THOMAS, M. Jacques THOME, M. Georges TIRAULT, M. Michel VAISSIER.   membres titulaires. 


Mme Christiane ASTOUL, M. Robert AUDOUIN, M. Max BARAT, M. Raymond BATTAIS, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Pierre-Marie BETTON, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Henri BRAULT, M. Yves CADOU, M. Lionel COUPRIS, M. Jean Paul DARDUN, M. Benoît DELTOMBE, M. Henry-Dominique DERSOIR, M. Daniel GARANDEAU, M. Rémy GERNIGON, M. Jean-André GOUYETTE, Mme Pascale GREMONT, M. Daniel GRUAU, M. Michel GUILLANEUF, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Gérard JACQUIN, M. René JAMES, M. Jacques KERYELL, M. François LECOQ-VALLON, M. Didier LEROY, M. Gérard LESAGE, M. Pierre MACHEFER, M. Jean MALLET, M. Jean MORLONG, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Jean-Claude PAVION, M. Michel PENNEAU, Mme Joëlle REMY, Mme Jocelyne RENOU, M. Georges REVERDY, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Bernard SARTON du JONCHAY, Mme Françoise TETU DE LABSADE, Mme Maÿlis THURET.   membres associés. 


S’Étaient fait excusér :
Mme Marguerite Cécile ALBRECHT, Mme Monique ASTIE, Mme Simone BEGUIER, M. Daniel COUTURIER, M. Philippe DAIN, M. Henri DELLACASA, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Xavier MARTIN, M. Edmond RUBION, Mme Florence SOULEZ-LARIVIERE.   membres titulaires. 

Mme Luciole BOUCHE, M. Dominique CHARBONNEL, Mme Laurence CHARVOZ, Mme Margreet DIELEMAN, M. Grégoire DUVAL, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Dominique MAILLARD, M. Olivier MARTIN, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Yves NAUD, M. Philippe PICHOT-BRAVARD, Mme Hélène POLOVY, Mme Sylvette ROBSON, M. Charles-Marie REYE, M. Pierre SCHMITT, M. François-Christian SEMUR, M. Furcy SOULEZ-LARIVIERE, M. Alain TRICOIRE.   membres associés. 


SEANCE PRIVEE 

	Le président a donné la parole à M. Etienne Vacquet, président de la section « Arts », afin de présenter l’avancement des travaux engagés par les différents groupes dans une nouvelle approche du patrimoine cultuel angevin, qu’il s’agisse de la culture, de l’histoire, des courants artistiques et de la vie sociétale.
Quatre thèmes principaux ont été retenus : l’histoire de l’art, les archives, les édifices cultuels dans la littérature et la gestion contemporaine de ces sites.
Mme Bénédicte Fillion-Braguet s’est intéressée particulièrement à la période médiévale, qui est bien représentée dans le département, mais aussi aux transformations opérées au cours des périodes suivantes dans les édifices existants, notamment au XVIIe siècle. M. Pierre Schmitt a relevé les églises postérieures à la Révolution. Mme Catherine Lesseur a fait l’inventaire des églises du XXe siècle. Ont été également analysées les traditions musicales par Mme Yvette Dams-Monville, Mme Françoise Lizé-Dubois et M. Jean-Marc Seguin, les peintures murales. Le vitrail est étudié par Mme Joëlle Remy et par M. et Mme Bizard. Il reste à approfondir la symbolique du végétal.
	Les sources archivistiques donnent un éclairage sur le maillage des édifices en fonction de l’aménagement du territoire, sur les suppressions et les créations. Les églises dans les publications, comme la Semaine Religieuse, donnent une approche précise quant à l’exercice du culte et aux évolutions doctrinales. Le groupe de Mme Lecoq-Vallon a examiné, dans une approche de gestion des sites, certains aspects du droit canonique, des réglementations relatives aux synagogues et aux mosquées. L’utilisation des églises notamment dans le cadre de la vie associative relève du droit français qui a fixé des règles dans ce domaine.
	M. Jean-Claude Remy a jugé particulièrement important de procéder ainsi à un état des lieux, qui mériterait d’être encore approfondi afin de mieux présenter l’avancée et la diversité des travaux menés par les groupes et les membres de notre compagnie, auxquels il est envisagé d’agréger des personnalités extérieures. La tâche est considérable et, pour être menée à bien, nécessite la constitution d’un comité directeur restreint, qui aurait autorité sur les multiples groupes, fixerait les objectifs pour l’avancée des travaux et donnerait des directives pour parvenir à une synthèse. D’autres présentations intermédiaires de ce type destinées à l’ensemble des Académiciens seront les bienvenues pour faire coïncider avancées des travaux et informations des membres ; ceux-ci pourront alors manifester leurs avis sur les synthèses proposées avant leur présentation au public. Il a recommandé, par ailleurs, de poursuivre les visites d’églises, comme celles qui ont déjà été effectuées dans le Segréen. Le président a souligné la richesse de cette approche, dont l’initiative revient à M. Etienne Vacquet et qui doit aboutir, sous son magistère, à la tenue en 2015 d’un colloque d’une durée de deux jours.

SEANCE PUBLIQUE 

	Le président, en ouvrant la séance, a fait part du décès de M. Michel Henry, qui faisait partie de notre compagnie depuis 1944 et se trouvait être le plus ancien membre titulaire de l’Académie. Il a confié ensuite le déroulement des débats à M. Georges Cesbron, président de la section Lettres, qui a centré la réunion sur la célébration du troisième centenaire de la naissance de Diderot (1713-1784).
	En l’absence de M. Guirlinger et de Mme Catta empêchés, M. Cesbron a procédé ensuite à une présentation globale de l’écrivain.
	Commémorer Diderot n’est pas aisé, car il s’est commémoré lui-même. Pour lui, rien n’était aussi important que de célébrer les grands hommes de la nation. C’est pourquoi, au moment de la mort de Montesquieu, il sera le seul écrivain à suivre le convoi, de même il a donné une vie abrégée de La Fontaine. Pourtant, en dehors de l’Encyclopédie qui compte dix-sept volumes, ses ouvrages seront le plus souvent publiés après son décès ; seuls « Les bijoux indiscrets » et deux drames seront édités de son vivant. « Jacques Le Fataliste » et « Le Neveu de Rameau »  ne seront imprimés qu’au XIXe siècle.
	Il a été un libertin, il souhaitait offrir du plaisir au lecteur. Il avait une préférence pour le conte et le pamphlet pour exposer ses idées, ce qui était nouveau à l’époque. Pour lui, la morale, c’était l’art d’être heureux. Les passions sont à la source de tous les plaisirs ; il proclame le droit au plaisir. Il faut se débarrasser du souci de plaire pour vivre le plaisir. En 1984, à l’occasion du deuxième centenaire de sa mort, on a souligné sa modernité, y compris dans le domaine scientifique, en raison de sa grande proximité avec les thèses matérialistes. En 1784, sa mort n’avait pas donné lieu à de nombreuses manifestations et ses cendres vont être dispersées au moment de la Révolution.

« Diderot : plaisir et liberté » par M. Georges Cesbron
	Diderot, dont on vient de commémorer le tricentenaire de la naissance (5 octobre 1713), demeure avant tout dans l'opinion le rédacteur de l'Encyclopédie, une entreprise qui l'accaparera près de 25 ans : 17 volumes de textes, 11 de planches, 200 collaborateurs, 20 000 entrées, 5000 rédigées par lui. On comprend sa satisfaction le 12 septembre 1766 : « Le grand et maudit ouvrage est fini ». Il a 53 ans. Mais la liste de ses autres oeuvres est considérable. Quelques-unes paraissent de son vivant : « Les Bijoux indiscrets », « Les Pensées philosophiques » (qui lui valent d’être incarcéré trois mois à Vincennes), « La Lettre sur les aveugles », « La Lettre sur les sourds et les muets », « Le Supplément au voyage de Bougainville », qu’analyse M. Audouin autour de l'utopie tahitienne. La plupart de ses oeuvres, dont plusieurs sont considérées aujourd'hui comme des chefs-d'œuvre (« Jacques le Fataliste », « Les Salons », « Les Lettres à Sophie Volland », « Le Rêve de d'Alembert », « Le Neveu de Rameau », « Les Eléments de physiologie »), ne paraîtront que dans les dernières années du XVIIIe siècle, ou, par vagues successives, tout au long du XIXe siècle, voire au XXe siècle, où l'on a encore publié des inédits du fonds Vandeul dont « L' Apologie de Galliani ». Et, le document présenté, en ce 24 janvier 2014 par Mme Catta et lu, en son absence, par Mme Renou, est un argument de plus à l’appui de l'historien Michelet, qui disait de cette oeuvre qu'elle apparaît ouverte et comme jamais conclue. Le plaisir, le corps, le sexe, le matérialisme, l'athéisme affiché, le libertinage revendiqué sont interactifs dans l'oeuvre de Diderot, au point qu’on pourrait dire qu'elle s'est écrite entre deux  citations. La première : « On déclame sans fin contre les passions; on leur impute toutes les peines de l'homme et l'on oublie qu'elles sont aussi la source de tous ses plaisirs ». La seconde : « Il faut laisser son esprit maître de suivre la première idée folle ou sage qui se présente et, tels les dragueurs après les filles, les poursuivre toutes et ne s'attacher à aucune (…) Mes pensées ce sont mes catins. »

Extraits des débats 

M. Jean Morlong : Quelle était chez Diderot la conception de la morale ?
R : Sa théorisation de la sexualité était subordonnée à la procréation, parce qu’elle sera bénéfique pour la population. Il faut des enfants nombreux, vigoureux et forts
M. Jean Morlong : Diderot a été éduqué dans une institution religieuse et a même été tonsuré. Il est cependant devenu agnostique. Y a-t-il eu chez lui un retour à la religion, dans la mesure où il s’est fait enterrer en l’église Saint Roch ?
R : Non, c’était la règle à l’époque. Cela faisait partie de son paysage intellectuel. L’évocation de Dieu est assez fréquente dans ses écrits. Il était athée, mais ne l’affichait pas ostensiblement ; il y a chez lui un matérialisme profond. Il n’était pas déiste comme Voltaire, ce que ce dernier lui a vivement reproché.      


SEANCE PUBLIQUE DU 7 FEVRIER 2014

Sont présents 
Mme Marie-Rose ALBRECHT, Mme Marguerite Cécile ALBRECHT, M. Olivier d' AMBRIERES, Mme Monique ASTIE, M. Régis de BELENET, M. Pierre BOUVET, M. Christian BREGEON, M. Georges CESBRON, M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES, M. Daniel COUTURIER, M. Maurice FAES, M. Claude FERRAND, Mme Josette FOURNIER, Mme Marie-Claude GUILLERAND, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIERE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques MAUREAU, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, Mme Madeleine SALETTE, M. Georges TIRAULT.   membres titulaires.

M. Pierre ALLAIN, Mme Christiane ASTOUL, M. Robert AUDOUIN, M. Max BARAT, M. Raymond BATTAIS, M. Jean BAUMARD, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Jacques de BELENET, M. Pierre-Marie BETTON, M. Jacques BIZARD, M. Jean-Pierre BOIS, M. Philippe BONEF, Mme Luciole BOUCHE, M. Henri BRAULT, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Dominique CHARBONNEL, M. Lionel COUPRIS, M. Henry-Dominique DERSOIR, M. Daniel GARANDEAU, Mme Claude GARCON, M. Rémy GERNIGON, M. Joseph GIBOIN, M. Jean-André GOUYETTE, M. Hervé de GOUYON, M. Jean GRELON, M. Daniel GRUAU, M. Michel GUILLANEUF, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. René JAMES, M. André JOUBERT, M. Jacques KERYELL, M. François LECOQ-VALLON, M. Didier LEROY, M. Gérard LESAGE, M. Jean-Marie LIMAL, M. Dominique MAILLARD, M. Jean MORLONG, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, Mme Joëlle REMY, Mme Jocelyne RENOU, M. Charles-Marie REYE, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Jean SALETTE, M. Bernard SARTON du JONCHAY, M. Alain SAULNIER, M. Furcy SOULEZ-LARIVIERE, M. Claude TROUVELOT.   membres associés. 
S’Étaient fait excusér :
M. Yves BARTHET, Mme Simone BEGUIER, M. Benoît BOUMARD, M. Philippe DAIN, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Henri DELLACASA, Mme Elisabeth du Réau, Mme Catherine LESSEUR, M. Michel PECHA-SOULEZ, M. Edmond RUBION, Mme Florence SOULEZ-LARIVIERE, M. Jacques THOMAS, M. Michel VAISSIER.   membres titulaires

Mme Françoise BIZARD, M. Jérôme BODIN, Mme Laurence CHARVOZ, M. Raphaël COURANT, M. Benoît DELTOMBE, Mme Margreet DIELEMAN, M. Grégoire DUVAL, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Michel GARREAU de LABARRE, M. Gérard JACQUIN, Mme Monique JOLLIVET-DAVID, M. Arnaud de LA METTRIE, Mme Denise LAMAISON, M. Michel LAVEDRINE, Mme Christine LEDUC-GUYE, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Yves NAUD, M. Michel PENNEAU, Mme Hélène POLOVY, Mme Sylvette ROBSON, Mme Françoise TETU DE LABSADE, M. Alain TRICOIRE, Mme Anne de VAUTIBAULT.   membres associés. 


	Le président a ouvert la séance et donné aussitôt la parole aux deux orateurs inscrits.
	
« Une vue panoramique de l’histoire du Tribunal de Commerce d’Angers de 1564 à 2012.» par M. Alain Saulnier.
	Le développement des échanges commerciaux au milieu du XIe siècle a incité le pouvoir royal à créer des juridictions spécialisées dans les litiges entre marchands. C’est ainsi que le Tribunal de Commerce d’Angers a vu le jour en 1565.
	Après des débuts contestés par les pouvoirs en place, cette juridiction n’a cessé de fonctionner (à l’exception de quelques mois pendant le Révolution française) jusqu’à ce jour c'est-à-dire pendant 4 siècles et demi, sans jamais avoir été remise en cause par les marchands qui en dépendaient.
Pendant longtemps, les Juges ont eu une influence qui allait au-delà de la simple fonction judiciaire. Ils  étaient amenés à se prononcer sur  de nombreux problèmes économiques locaux, ce n’est plus le cas aujourd’hui.
	Les lieux d’exercice de la juridiction ont été nombreux : le couvent des Carmes, le Palais des Marchands, les anciens locaux de l’Hôtel de ville du quartier Saint Michel, le Palais de Justice de la place Leclerc et maintenant la rue René Rouchy.
Le Tribunal de Commerce d’Angers entame cette année sa 450ème année d’existence.

Extraits des débats 

Le président a remercié M. Alain Saulnier de cet exposé très documenté sur la longue histoire de la juridiction commerciale à Angers.

M. Pierre Bouvet a signalé que la grille du Palais des Marchands était désormais à Chanzeaux, à l’entrée du parc du château. Il a regretté la disparition de la dernière des bouteilles façonnées spécialement, sous l’Ancien Régime, pour la juridiction consulaire, bouteille qu’il avait eue en mains, en 1988, lorsqu’il préparait sa communication sur les tableaux du tribunal de commerce.
M. Jacques Maureau a demandé comment les treize portraits des magistrats consulaires qui ont pris place dans la salle des séances du tribunal avaient pu être retrouvés et que sont devenus les autres ?
R : Tous les portraits avaient disparu au moment de la Révolution, comme ceux des échevins d’Angers. Ceux qui y figurent maintenant ont été récupérés peu à peu.
M. Joseph Giboin : Pourquoi, comme l’a dit M. Jean Foyer, ancien garde des sceaux, « le droit commercial serait le droit des plus forts », déclaration qu’il avait faite à l’occasion du 400ème anniversaire de la juridiction consulaire ?
R : Dans un conflit, c’est le créancier qui dispose du véritable pouvoir.
M. Christian Brégeon : le fait qu’une catégorie professionnelle ait sa propre juridiction est une exception. Comment peut-on la justifier ?
R : Ce n’est pas le seul cas, comme on le voit avec les conseils de prud’hommes pour les conflits qui opposent employeurs et salariés. Les justiciables se sentent mieux compris, s’ils sont jugés par des personnes qui connaissent leurs problèmes.
La justification d’une juridiction spéciale s’explique aussi par le fait que les juges consulaires ne sont pas rémunérés et qu’ils étaient souvent mieux informés du droit des affaires que les juges professionnels, en revanche les juges consulaires ne sont pas toujours très à l’aise avec les questions juridiques générales. On peut penser qu’il y aurait une certaine logique à réserver les problèmes relatifs au fonctionnement des entreprises et aux difficultés qu’elles rencontrent, aux tribunaux de commerce, ceux relatifs au droit des contrats étant confiés aux tribunaux de droit commun.
Ces tribunaux sont nés dans les villes ayant des foires et des marchés en vue de résoudre les difficultés entre les commerçants, qui venaient pour une part d’autres régions et de pays étrangers et ne connaissaient pas de ce fait les coutumes locales ; les commerçants désignaient leurs pairs pour régler les conflits. 
M. Jacques Maillard a indiqué que le tribunal de commerce de Saumur, créé en 1790, n’avait eu qu’une brève existence et qu’il n’avait pas été possible de le recréer. A la Bibliothèque Nationale, on trouve de gros dossiers relatifs à la renaissance de ce tribunal. De même, pour les juges royaux à Angers, des dossiers ont été établis, au moment où les conditions d’élection du maire et des échevins ont été revues et que le droit de vote a été octroyé aux délégués des juges royaux. Les domaines dans lesquels ils sont consultés sont définis ; ils participent, en tant que corps constitué, comme les juges du présidial, comme le chapitre de la cathédrale ou comme l’Université, aux assemblées générales de la ville. Celles-ci votent sur telle ou telle création ; les représentants doivent donc connaître, avant le vote, le nombre de voix qui leur est consenti.
M. l’abbé Jean Grelon : il convient aussi de signaler les tribunaux ecclésiastiques qui sont très anciens. D’où vient l’expression « Saint Louis rendait la justice sous le chêne de Vincennes » ?
R : C’est une image du XIXe siècle.
	
- « Jacques Pierre et la Taverne aux poètes, 50 années au service de la poésie et des arts plastiques.» par M. Maurice Faës.

Jacques Pierre est né à Angers en 1934. Il a été saisi par le démon de l’écriture dès ses douze ans et publia son premier recueil en 1954. Suivront une dizaine d’œuvres inspirées par son épouse Barbara, muse et collaboratrice, par la Loire aussi et par le Chat, son animal familier. Mais là n’est pas l’essentiel de son œuvre. Jacques fut, avant tout, un rassembleur d’artistes au sein de la « Taverne aux poètes » créée en 1966, rassembleur de peintres, sculpteurs, écrivains et poètes. Créateur de l’exposition « 49 regards » et du « Chevalet d’or » pour les plasticiens et de récitals et de spectacles à Angers, dans le département et jusqu’à Paris pour les poètes. Avec le souci aussi de faire travailler ensemble les deux arts. La Taverne est aujourd’hui conduite par Jocelyne Renou, notre consoeur, avec les mêmes objectifs.


Extraits des débats 


M. Daniel Couturier, qui a été voisin pendant dix ans de la Taverne aux poètes, a rappelé l’atmosphère exceptionnelle qui y régnait. On sortait, le samedi, de l’hôtel beaucoup de livres et une vente libre de ces ouvrages était pratiquée sur le trottoir ; elle attirait les passants et le voisinage. 
	Il faut rappeler aussi que les ouvrages de Jacques Pierre ont été illustrés par le peintre Jocelyn Mercier. Hervé-Bazin se faisait, pour sa part, un plaisir de participer à la bonne ambiance qui régnait dans la «Taverne»
R : Pour des raisons professionnelles, je ne suis revenu à Angers qu’en 1992 et je n’ai participé à « la Taverne » qu’après cette grande époque qui a été rappelée. L’ouvrage que j’ai consacré à cette institution a pu être rédigé grâce aux nombreuses archives que j’ai pu consulter.
M. Georges Cesbron : a souligné l’intérêt que portait Jacques Pierre au chat, animal énigmatique. Il avait été célébré déjà par Chateaubriand, par Montaigne ou par Pierre Loti qui avait fait imprimer des cartes de visite au nom de son chat.
Par ailleurs, le mot « poésien » qui a été cité, on le rencontre aussi chez Michel Deguy qui était son aîné; « il caractérise l’acheminement de la clairière des hommes vers la moisson des mots ». Il ne s’agit pas pour le poète de créer un mot qui soit poétique mais de rendre le mot en poétique.


Carnet de l’Académie
		
Réunion de Section 
	Sciences Economiques et Sociétales 
Vendredi 28 mars 2014, à 14h00


Prochaines communications

Vendredi 28 mars 2014
16h00 : Séance publique organisée par la section Histoire

Le mariage dans l’occident médiéval et moderne 
- « De la Romanité au Christianisme. Le mariage grégorien garant de l'ordre social (XIe-XIIIe siècles)» par M. Michel Pecha-Soulez. 
Héritière de l'Antiquité, l'Église, notamment au travers des conciles de Latran (1123-1215), utilise les racines romaines du mariage. Elle le transforme tardivement en sacrement, tant la chair est, pour elle, peccamineuse. Exerçant seule les pouvoirs régaliens de l'administration de l'état-civil et du contentieux du mariage, au moyen de sa structure décentralisée, elle possède dorénavant les moyens de contrôler étroitement la vie sociale. La seule nouveauté du mariage chrétien réside en l'introduction de l'indissolubilité, facteur essentiel de stabilité sociale.
 

- « Le mariage protestant en France (1559-1792).» par Mme Margreet Dieleman. 
Aux yeux des Réformateurs, de Luther à Calvin, le mariage n’est pas un sacrement. Comment le considèrent-ils alors ? Nous évoquerons les normes et pratiques du mariage des protestants pour la période 1559-1792, c’est-à-dire avant et sous l’édit de Nantes, et dans la clandestinité à la suite de la Révocation, jusqu’à la mise en place d’un état civil laïque.  

- « Les conditions du mariage en France des lendemains du concile de Trente à la Révolution. » par M. Jacques Maillard.
Le concile de Trente a profondément modifié les règles à observer pour le mariage. A la demande du roi de France, pour éviter des mariages clandestins, il impose des règles de publicité (publication des bans, présence de témoins, tenue de registres de mariage). Aucun mariage de mineur ne peut être fait sans l'accord des parents. Les empêchements au mariage (en particulier les différentes parentés) sont bien définis mais le pape et les évêques peuvent accorder des dispenses.




Olivier d’Ambrières 
secrétaire général

Directeur de la Publication : Jean-Claude REMY.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal février 2014							      Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
Site Web : www.academie-dangers.com
mailto:academie-dangers@wanadoo.frshapeimage_2_link_0
retour  en page accueil
Accueil.html
Retour à l’accueilPublications.html
Retour à l’accueilPublications.html