Bulletin Février 2013

 


	 L’Académie tiendra séance le : 


Vendredi 8 mars 2013
Hôtel de Livois
16h00
Séance publique

                                                              - « Le Mystère de la Passion de Jean Michel » 
                                                                                         par M. Gérard Jacquin. 

                                                                  - « La grammaire scolaire : un nouveau 
                                                                     champ d’exploration méta-historiographique »
                                                                           par M. Alain Schneider




Vendredi 22 mars 2013
Hôtel de Livois
15h00
Séance privée

                                                                                               16h00
Séance publique
Séance organisée par la section Sciences Humaines et Sociales
- Célébration du 70ème Anniversaire de l’escadrille Normandie-Niemen. par 
Mme Elisabeth du Réau,
                                                                                  M. Jacques Marie de Latrollière, 
                                                                                            M. Bernard Riche, 
                                                                                        M. Dominique Maillard
SEANCE PRIVEE DU 25 JANVIER 2013

Sont présents 
Mme Marie-Rose ALBRECHT, M. Olivier d' AMBRIERES, M. Yves BARTHET, M. Pierre BOUVET, M. Christian BREGEON, M. Georges CESBRON, M. Jacques CHOPIN, M. Daniel COUTURIER, M. Philippe DAIN, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Henri DELLACASA, M. Maurice FAES, M. Claude FERRAND, Mme Josette FOURNIER, Mme Marie Claude GUILLERAND, M. Guy LAMAISON, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques Marie de LATROLLIERE, M. Serge LE POTTIER, M. Jacques Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. Jean MILLET, M. François PIGNIER, M. Jean Claude REMY, M. Jean Claude RENIER, M. Bernard RICHE, M. Jacques THOMAS, M. Michel VAISSIER. membres titulaires. 

M. Henry ADAM, M. Robert AUDOUIN, M. Max BARAT, M. Louis Marie BEAUVOIS, M. Régis de BELENET, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Pierre BON, M. Henri BRAULT, M. Yves CADOU, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Dominique CHARBONNEL, Mme Genevieve CREZE, M. Benoît DELTOMBE, M. Henry Dominique DERSOIR, Mme Natalie FRANCOIS, M. Renaud FRANCOIS, M. Rémi GERNIGON, M. Gérald GOBBI, M. Jean André GOUYETTE, M. Daniel GRUAU, M. Michel GUILLANEUF, M. Claude Serge GUILLEMAIN , Mme Monique JOLLIVET, M. Arnaud de LA METTRIE, Mme Denise LAMAISON, M. François LECOQ-VALLON, M. Didier LEROY, Mme Françoise LIZE-DUBOIS, M. Pierre MACHEFER, M. Dominique MAILLARD, M. Jean MALLET, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, Mme Marie Thérèse MOIGNET, M. Patrick MORNET, M. Louis de QUATREBARBES, Mme Joëlle REMY, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Guy SUPPLISSON, M. Philippe TARDY-JOUBERT, Mme Maÿlis THURET, M. Alain TRICOIRE, M. Claude TROUVELOT.   membres associés. 


Se sont excusés :

Mme Marguerite Cécile ALBRECHT, Mme Monique ASTIE, Mme Monique CATTA, M. René COMBRES, Mme Elisabeth du Réau de la Gaignonnaire, Mme Marie Magdeleine LE DALL, M. Edmond RUBION, Mme Florence SOULEZ-LARIVIERE.   membres titulaires. 

Mme Véronique de BECDELIEVRE, Mme Laurence CHARVOZ, M. Jean Paul DARDUN, Mme Margreet DIELEMAN, M. Jean Pierre DUCOMMUN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Gérard JACQUIN, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Yves NAUD, Mme Elisabeth d' ORSETTI, M. Michel PENNEAU, Mme Sylvette ROBSON, M. Furcy SOULEZ-LARIVIERE. membres associés. 


	Le Président, en ouvrant la séance, donne une vue circulaire des différentes activités qui seront multiples au cours des prochaines semaines :

- Le 15 février, concert public organisé par les musiciens de la section Arts et présenté par Mme Dams-Monville avec le quatuor à cordes Cappricio qui jouera le quatuor de Mozart en Ré majeur et le quatuor d’Albéric Magnard.
- Le 22 février, assemblée générale, remise du prix de la Vocation et installation des deux nouveaux membres titulaires, M. Régis de Belenet et M. Michel Pécha- Soulez.
- le 8 mars, réunion d’accueil pour les membres associés élus au cours des années 2011 et 2012 en compagnie de leurs parrains.
- Le 24 mars, « le Printemps de l’Académie » au cours duquel seront présentées des communications destinées au grand public ; il convient d’informer le plus de monde possible de cette manifestation annuelle qui permet d’ouvrir nos recherches à l’extérieur.
- La bibliothèque de notre compagnie qui rassemble une importante collection des publications de l’Institut, des académies de province et de diverses académies étrangères, continue de faire l’objet de travaux de classement dirigés par M. Benoît BOUMARD ; elle pourra être ouverte au public au printemps prochain.
- La composition des groupes de travail participant à la recherche sur les édifices cultuels angevins a été communiquée sur le site Internet de l’Académie ; il est encore possible de s’y enregistrer, en informant M. Etienne Vacquet, Président de la section Arts, qui supervise l’ensemble des travaux.

	M. Jean-Claude REMY a annoncé ensuite trois candidatures de membres associés :
- M. André- Hubert HERAULT, écrivain, fondateur des éditions Hérault à Maulévrier qui ont publié plus de 500 titres sur l’histoire régionale et sur des sujets généraux, et fondateur de l’association des « automobiles de l’âge d’or », (parrains, M. Daniel Couturier et M. Edmond Rubion),
- M. Henri Noël PAU, décorateur et photographe à Beaupréau (parrains M. Edmond Rubion et M. Christian Brégeon),
- M. Jean-Pierre BOIS, professeur émérite à l’université de Nantes, spécialisé en histoire militaire ; il a fait paraître 18 ouvrages dont l’un sur la bataille de Fontenoy qui a obtenu le prix Malherbe (parrains M. Yves Barthet et M. Olivier d’Ambrières).
	Tous trois ont été élus.
	M. Jacques MAUREAU a apporté quelques précisions au sujet des voyages :
- celui à Rome du 10 au 17 octobre pour 25 participants a atteint l’effectif prévu ; une liste complémentaire pourra néanmoins être ouverte pour le cas où des désistements seraient enregistrés.
- le voyage à la découverte des « peintres de l’Europe du Nord » est reporté au mois de juin 2014. 

	M. Daniel COUTURIER a présenté ensuite l’ouvrage de notre consoeur Mme Sylvette ROBSON sur l’histoire des commerces de la commune de Candé (1850-1960) qui a fait l’objet d’une préface de notre confrère M. Sylvain BERTOLDI, directeur du service des archives de la ville d’Angers.
	Il permet de découvrir les commerces, les artisans, les métiers, les foires et les industries. L’auteur présente l’histoire de chacun de ces commerces avec le devenir d’une famille. 42 professions sont étudiées, mettant en scène armuriers, couteliers, tonneliers, marchands de vins, charcutiers, bonnetiers et ateliers de tricotage, bouchers, briquetiers, bourreliers, cafetiers, charrons, carrossiers, droguistes, chapeliers et modistes,  négociants de bestiaux……….. Il n’y a pas de séparation entre fabrication et vente. Ainsi vers 1950, le cordonnier a conservé une activité de chaussures sur mesure. Ce système ne va pas perdurer, par la suite les magasins en libre-service vont se développer et modifier les courants commerciaux. A travers les photographies, on remarque des portraits d’ouvriers et d’ouvrières, de patrons avec leurs vendeurs. Souvent les uns et les autres posent devant leur porte, comme le rétameur de casseroles, les coiffeurs, l’atelier de confection. On voit également quelques intérieurs comme la salle de la charcuterie-café ou le comptoir de l’épicerie-café, et des familles rassemblées comme le minotier partant en promenade automobile, les parties de cartes, les mariages. Pierre Froger, chroniqueur, évoque l’ambiance qui régnait en 1904 dans la petite cité et dans l’épicerie-confiserie-parfumerie tenue par ses parents « Ces dames, je les revois encore avec leurs jabots blancs, avec leurs chaînes en or, leurs camées, leurs ruches et leurs mousselines, leurs longues robes à falbalas. Elles souriaient à Maman, prenaient du bout de leurs doigts gantés un chocolat, un biscuit ou une datte, soulevaient leurs voilettes et croquaient en guignant dans un autre bocal. Je prendrai une livre de ceci….une boite de cela…Vous voudrez bien Mme Froger, faire soigner les paquets, y ajouter des faveurs et faire porter, si possible, dès ce soir. C’est pour offrir. »   
	S’il y a permanence des structures artisanales et commerciales entre 1900 et 1950, aujourd’hui le paysage a complètement changé. D’environ 220 commerces et artisans en 1900, on est passé à une cinquantaine aujourd’hui.       

	
SEANCE PUBLIQUE DU 25 JANVIER 2013
		 
	M. Jean-Claude REMY, en ouvrant la séance, fait part du décès de notre confrère M. Charles JOLIBOIS, membre associé depuis 1977. Avocat, il a été maire d’Etriché, Sénateur du Maine et Loire de 1983 à 2001, et Vice- Président du Conseil Général.
	Le Président a donné ensuite la parole aux deux orateurs inscrits à l’ordre du jour, Mme Françoise BIZARD et M. Gérald GOBBI qui a publié un ouvrage sur le comte de Falloux.

« Récit du tour du Royaume de France de 1784-1786, d’un créole de l’Ile Bourbon, mon ancêtre, Henri-Paulin Panon-Desbassayns » par Mme Françoise Bizard.
	Henri-Paulin Panon Desbassayns, mon ancêtre et celui de plusieurs membres actuels de notre Académie d’Angers, quitte l’Ile Bourbon à 52 ans, en 1784 pour aller au Royaume de France voir ses trois fils aînés, partis seuls en 1781, à l’âge de 9, 8 et 6 ans pour l’Ecole Royale Militaire de Sorèze. Il écrit quotidiennement son « Petit Journal des Epoques pour Servir à ma Mémoire ». Il y décrit ce qu’il découvre : paysages, monuments, manufactures, ateliers d’art, hôpitaux, écoles pour enfants handicapés. Il s’intéresse à tous,  citadins et paysans. Très peu instruit du fait de l’éloignement des collèges d’instruction de l’époque, il cherche à découvrir les sciences et l’artisanat qui pourront trouver une adaptation à l’Ile Bourbon. Il livre avec spontanéité et naïveté ses réactions et ses impressions. Il découvre un art de vivre et de travailler qui l’étonne et le passionne, tout spécialement la vie artistique parisienne déjà très intense. A Paris, il retrouve des parents retournés habiter en France et quelques  anciens compagnons d’armes de la Guerre en Inde contre l’Angleterre : ils orienteront sa quête de découverte. Il écrit chaque soir ce qu’il a vu. C’est une description culturelle et sociologique, sans autre ambition que de se souvenir. Il rapportera 17 caisses de cadeaux ou commandes, soigneusement répertoriées par lui.  
De Lorient, port d’arrivée, à Rennes, Paris, Limoges, Sorèze, Bordeaux, Toulouse, Carcassonne, Narbonne, Nîmes, Orléans, Paris, La Flèche, Champtocé, Nantes, Vannes, Lorient pour l’embarquement et retour à l’Ile Bourbon, tout est décrit : animaux, cultures, population active, traditions vestimentaires, état des routes, patois locaux, menus du soir et son coût. Bien sûr, l’émotion est au rendez-vous à Sorèze. Il décrit l’éducation intellectuelle et sportive qui y est conduite.

(Pour mémoire, et peut-être l’objet d’une future communication
Rassuré sur les études en France, il reviendra à Paris, de 1790 à 1792, avec les quatre enfants suivants, dont 2 filles. Puis, très inquiet de l’insécurité de la France, il enverra les deux derniers en 1797 à Boston achever leurs études sous la responsabilité du second fils, (ancien de Sorèze, chargé lui, d’y implanter une activité. Ses neufs enfants vivants auront reçu, contrairement à lui, une éducation soignée et intelligente, qui feront d’eux le fer de lance de l’activité économique et politique de l’Ile et de la métropole, puisque certains fils seront très proches de l’empereur Napoléon 1er et des rois Louis XVIII et Charles X.
Henri-Paulin Panon Desbassayns, petit-fils de charpentier toulonnais et d’une angevine, est un père clairvoyant, intelligent, précurseur).

Extraits des débats 

	Les premières questions ont porté sur la famille Panon-Desbassyns dont descend Mme Bizard. Le grand père du voyageur, Augustin Panon, a eu d’assez nombreux descendants qui ont voulu se distinguer les uns des autres en personnalisant leur nom patronymique par l’adjonction de surnoms terriens. Les Panon-Desbassyns ont choisi ce nom en raison des terres qu’ils possédaient à proximité des « trois bassins ». Henri Paulin qui a eu sept enfants a continué cette tradition ; ses trois fils aînés ont porté chacun des noms différents. Panon pour l’aîné, Panon Morin du nom de jeune fille de sa mère pour le second et Panom-Desbassyns de Richemont pour le troisième ; une fille Pauline épousa le comte de Villèle, futur Président du Conseil des Ministres sous la Restauration. M. Luc LARGET PIET a établi un rapprochement entre le récit présenté et celui d’Arthur Young, économiste et agronome britannique ; celui-ci théoricien de l’agriculture a donné des études précises sur les conditions de vie de la paysannerie en France dans «son voyage en France » publié en 1791 et qui fut traduit en français par H Sée. Les deux hommes sont donc contemporains, mais l’approche d’A. Young est plus scientifique. M. Jean MAUGEAIS apporte quelques éléments d’information sur les élèves du collège de Sorèze où se trouvaient les trois fils Panon-Desbassyns, notamment Henri de La Rochejaquelein et de Suzannet, figures marquantes de la guerre de Vendée ; il a insisté également sur les dangers du voyage en raison de la présence de pirates. M. Louis de QUATREBARBES qui est apparenté à la famille de Richemont souhaiterait pouvoir consulter le premier manuscrit du voyage qui a été publié par le Conseil général de la Réunion ; celui-ci est malheureusement rarissime. Les documents d’origine sont dans un très mauvais état et risquent de devenir inutilisables.     
	Mme Bizard indique que son aïeul a voyagé seul le plus souvent ; il a néanmoins rencontré, au retour de Sorèze, un militaire qui venait de Toulon et qui lui a demandé de faire route dans sa voiture. Henri-Paulin donne ces détails dans son journal qu’il écrivait en fin de journée.


« Henri V, Comte de Chambord, et Alfred de Falloux » par M. Gérald Gobbi.

	Le royalisme français du XIXe siècle est pluricéphale. Cependant, émerge de cette diversité deux grandes familles : les légitimistes et les orléanistes. Ce travail concentre son étude sur la famille légitimiste en la présentant sous l’aspect d'un Janus par une comparaison entre Alfred de Falloux et le comte de Chambord. Deux personnalités royalistes, l’une tournée vers l’avenir l’autre vers le passé. 
Le légitimisme se veut fils de l’Ancien Régime davantage que celui de la France moderne issue de la Révolution de 1789. Si Alfred de Falloux se veut autant le fils de l’un que de l’autre par fidélité autant que par lucidité, le comte de Chambord incarne l’Ancien Régime par fidélité absolue à l’héritage monarchique reçu de ses ancêtres et par haine de la Révolution. 
Les quarante années de rapports entre le comte de Chambord et Alfred de Falloux se résument au combat d'adversaires du dedans. Les divergences et les affrontements entre nos deux protagonistes témoignent, certes de la richesse des opinions politiques au sein de la famille royaliste, mais aussi de son talon d'Achille : une division insurmontable. Cette dernière a conduit au chant du cygne sur fond de crépuscule des espoirs.


Extraits des débats 

M. Jacques de LATROLLIERE a souligné que cette période a été marquée, avec l’exil de la famille d’Orléans, par la fin de l’expression monarchique en France. Ce qui va faire renaître un mouvement monarchiste ou tout au moins ce qui prétend l’être, c’est l’Action Française qui, sous l’influence de Charles Maurras et de Léon Daudet, défend l’idée d’une monarchie héréditaire et antiparlementaire. Sa doctrine s’appuie sur le positivisme d’Auguste Comte ; elle n’a rien à voir avec le catholicisme.

M. Jacques MAUREAU demande à quelle époque le comte de Chambord s’est retiré au château de Frohsdorf en Autriche.
R : de 1840 à 1870. Frohsdorf qui lui avait été donné par des royalistes, notamment par M. de Damas, présentait l’avantage d’être desservi par une gare, ce qui permettait aux fidèles de se rendre facilement auprès d’Henri V. Par ailleurs, le château était entouré d’un vaste domaine forestier d’environ 30 000 hectares dans lequel le Prince chassait, très régulièrement pendant des heures, les cerfs et les sangliers, c’était pour lui une vraie passion. 

M. Jacques de LATROLLIERE ajoute que le Prince disposait également d’un palais à Venise à proximité duquel il pouvait aussi chasser. Frohsdorf était en quelque sorte une cour « en miniature » avec ses rites, ses usages, son cérémonial, ses moments comiques et ses instants d’émotion comme l’apparition d’un adepte nonagénaire ayant traversé l’Europe pour venir présenter ses devoirs à Henri V. Des aristocrates français s’y rendaient pour prendre quartier auprès de lui, soit pendant un trimestre.  Monseigneur avait un caractère très gai et aimait la compagnie des jeunes et jolies femmes ; la Princesse, qui venait du duché de Modène, était en revanche d’un caractère fermé et distant. La tradition monarchiste voulait que les jeunes mariés viennent présenter solennellement au Comte leurs épouses ; ils étaient reçus ensuite à dîner en tenue de soirée. Les femmes portaient leurs atours de cérémonie et les hommes étaient en habit avec un pantalon gris qui était de rigueur. Ces jeunes fidèles qui venaient prendre bénévolement leur quartier transportaient à l’aller comme au retour le courrier du Prince qu’ils dissimulaient dans leurs vêtements pour ne pas être surpris par la police. De cette façon le comte de Chambord était bien informé de l’évolution de la vie politique en France.

M. LIZE : indique que le général de Gaulle, sous l’influence de son père, marquait de l’estime pour le comte de Falloux.
R : Le Général était influencé par le catholicisme social représenté par Le Play, La Tour du Pin et Frédéric Ozanam, mais il ne s’est jamais référé à Falloux qui n’était pas un théoricien.

M. Christian BREGEON : La communication a fait état des relations du Comte de Chambord avec les différents courants royalistes, mais peut-on dire qu’il était populaire ?
R : Il inspirait à la population française à la fois de l’indifférence et de la crainte. Les informations communiquées à son sujet ne donnaient pas d’Henri V une bonne image. On redoutait qu’il cautionne un retour à l’ancien régime avec ses dîmes et ses corvées. Le peuple était acquis à l’égalité sociale et à la méritocratie ; il était de ce fait plutôt hostile.

M. Georges CESBRON : la dernière visite que reçut M. de Falloux, fut celle d’une délégation de l’Académie d’Angers qui se rendit à son domicile, rue des Jacobins, peu de temps avant son décès.


SEANCE PUBLIQUE DU 8 FEVRIER 2013

Sont présents 
M. Olivier d' AMBRIERES, Mme Monique ASTIE, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BREGEON, M. Georges CESBRON, M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES, M. Daniel COUTURIER, M. Philippe DAIN, M. Henri DELLACASA, Mme Elisabeth du Réau de la Gaignonnaire, M. Claude FERRAND, M. Jacques JEANNEAU, M. Guy LAMAISON, M. Jacques Marie de LATROLLIERE, Mme Marie Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques MAUREAU, M. Jean MILLET, M. Jean Claude REMY, M. Bernard RICHE, M. Philippe SEJOURNE, M. Jacques THOMAS, M. Georges TIRAULT, M. Michel VAISSIER. membres titulaires.

M. Max BARAT, M. Louis Marie BEAUVOIS, M. Pierre Marie BETTON, Mme Françoise BIZARD, M. Daniel BLOUIN, M. Roger BOISSEAU, M. Henri BRAULT, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Dominique CHARBONNEL, M. Pierre COULON, M. Jean Paul DARDUN, M. Benoît DELTOMBE, M. Henry Dominique DERSOIR, M. Jacques FERGON, Mme Claude GARCON, M. Michel GARREAU de LABARRE, M. Rémi GERNIGON, M. Joseph GIBOIN, M. Michel GRANDIN, M. Daniel GRUAU, M. Claude Serge GUILLEMAIN , Mme Claude GUILLEMAIN, M. Gérard JACQUIN, M. Bernard du JONCHAY, Mme Denise LAMAISON, M. Michel LAVEDRINE, M. François LECOQ-VALLON, M. Pierre MACHEFER, M. Dominique MAILLARD, M. Michel PECHA, M. Michel PENNEAU, M. Serge QUENTIN, Mme Joëlle REMY, M. Georges REVERDY, M. Charles-Marie REYE, Mme Jeanne ROGUET-PRIN. membres associés. 


Se sont excusés :
M. Yves BARTHET, Mme Simone BEGUIER, Mme Monique CATTA, M. Maurice FAES, M. Luc LARGET-PIET, M. Xavier MARTIN, M. Edmond RUBION, Mme Florence SOULEZ-LARIVIERE.membres titulaires

M. Robert AUDOUIN, M. Jérôme BODIN, M. Pierre BON, M. Jérôme CAMBON, Mme Laurence CHARVOZ, M. Jean Pierre DUCOMMUN, M. Pierre Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, Mme Marie Thérèse MOIGNET, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Samih OSTA, M. Henri PECHOT, M. Geoffrey RATOUIS, M. Furcy SOULEZ-LARIVIERE, M. Claude TROUVELOT. membres associés. 

	La séance est ouverte sous la présidence de M. Jean-Claude REMY qui donne la parole aux deux orateurs inscrits, M. Serge Quentin et M. Christian Brégeon.


« La dualité des forces de sécurité en France » par M. Serge Quentin

	L’organisation policière française se caractérise par la présence de deux principales forces de police : L’une à statut civil, la Police nationale, l’autre à statut miliaire, la Gendarmerie Nationale.
Ce système policier dualiste est dit vertical en France, en Italie, en Espagne, et dans certains Etats sud- américains ou africains. Il se caractérise par la coexistence de deux institutions concurrentes et statutairement différentes. Le pluralisme horizontal en vigueur dans les pays anglo-saxons réside quant à lui dans l’existence séparée de plusieurs forces civiles de police du fait de la décentralisation ou de l’organisation fédérale des Etats. Seul le caractère vertical de la dualité sera retenu. 
Ce système dualiste pose la question de leur coexistence et de leur complémentarité, non seulement dans la mission de police judiciaire, et des relations avec les magistrats mais aussi de leur présence au sein du cadre institutionnel.

En effet, à la suite de l’élection présidentielle de Mai 2002, la gendarmerie a été placée auprès du Ministre de l’Intérieur pour l’exercice des missions de sécurité intérieure.

En 2007, a été établie une responsabilité conjointe du ministère de la Défense et du ministère de l’Intérieur s’agissant de la définition des moyens budgétaires attribués à la Gendarmerie.
Enfin en 2009, une loi organique place la Gendarmerie sous la tutelle du ministère de l’Intérieur tout en lui conservant son statut militaire.

Cette dualité est nonobstant maintenue, mais est-elle un risque ou une chance pour notre pays ? La place de la Gendarmerie, force à statut militaire, exerçant des missions de police judicaire, est-elle légitime au sein de nos institutions ? 

La communication a montré comment et pourquoi, dans notre Pays, coexistent ces deux forces et quels  sont les avantages ou les risques à conserver une police à statut militaire dans un pays démocratique européen.

Extraits des débats 

M. Georges CESBRON : Il semble que les femmes ne peuvent accéder au statut de sous-officier dans la gendarmerie mobile ?
R : Les femmes peuvent servir dans la gendarmerie depuis 1984 et également dans la garde républicaine, soit comme cavalière, soit pour assurer des gardes. Elles sont écartées de la gendarmerie mobile en raison notamment des risques encourus au cours des manifestations.

M. François LECOQ-VALLON : Qui est chargé de faire la synthèse des renseignements recueillis par les deux corps ?
R : L’Etat doit être renseigné. Chacun des 100 000 gendarmes en fonction est chargé de collecter des renseignements, sauf dans le domaine politique ; il les fait remonter vers sa hiérarchie. La police dispose de son côté de services de renseignements (les Renseignements généraux). Chaque corps procède à une synthèse journalière qui est adressée à son ministère de tutelle, l’Intérieur pour l’un, la Défense pour l’autre. L’Etat dispose ainsi d’une information conjointe et ses services procèdent à des recoupements.    
	Dans la pratique, si les deux corps sont saisis d’une même affaire, ils procèdent entre eux de façon informelle à des échanges sur le terrain. Seul le magistrat est habilité pour décider d’une saisine conjointe ou non.

M. Christian BREGEON : La police parait avoir des liens plus denses avec la Justice ?
R : Pas plus l’une que l’autre. Une des particularités du système français est que les deux forces de sécurité ne dépendent pas du ministère de la Justice. Celui-ci peut saisir ou dessaisir l’une ou l’autre.

M. Jacques MAUREAU : Les compagnies républicaines de sécurité (CRS) n’ont pas le droit de grève. Quelle est leur place dans le dispositif ?
R : Ces forces sont mobilisées pour assurer le maintien de l’ordre ; il s’agit de fonctionnaires de police qui n’ont pas le statut militaire. Ils ne sont donc pas astreints à une disponibilité permanente, d’où l’intérêt de disposer des gendarmes qui sont des militaires pour assurer en continu la surveillance du territoire.

« Démographie des personnes âgées dépendantes en 2020-2040. A quoi faut-il s’attendre ? » par M. Christian Brégeon

Avec une bonne précision, on peut prévoir que les personnes âgées dépendantes seront, en France, deux fois plus nombreuses en 2035 qu’en 2010. Les dépenses liées à la dépendance augmenteront aussi, lentement jusqu’en 2025, plus fortement ensuite, pouvant atteindre + 50 à + 55% en 2040. Ces projections ne sont pas rigoureusement transposables au reste de l’Europe, mais les tendances, avec des décalages, vont dans le même sens.

L’Etat est plébiscité par l’Europe entière pour un financement plus complet de la dépendance, au nom de la redistribution équitable des richesses, mais l’entraide familiale, prépondérante dans la zone sud, sera toujours nécessaire. Les quinquagénaires, très sollicités alors qu’ils ont aussi charge d’enfants, s’inquiètent d’une aggravation de leurs contributions financières et fiscales. L’équilibre entre Etat-Providence et aide familiale risque ainsi de compromettre la cohésion intrafamiliale et sociétale.

Les questions récurrentes sur la fin de vie n’épargnent pas cette population toujours plus âgée et plus nombreuse, où la proportion des suicides est anormalement élevée. L’accompagnement doit suivre exactement les mêmes règles que chez les sujets plus jeunes. Toutefois, certaines demandes d’arrêt de soins, qui témoignent à l’évidence d’un refus motivé et prolongé de l’obstination déraisonnable, ne peuvent pas être ignorées. Les soins palliatifs qui humanisent ces situations délicates doivent aussi aider en amont à la réflexion sur la légitimité de poursuivre une vie considérée comme achevée.

Extraits des débats 

M. Daniel COUTURIER : a cité le cas d’un Hollandais souffrant à un stade avancé de la maladie de Parkinson qui a exprimé le souhait de disposer d’une assistance médicale pour mourir (cette possibilité existe aux Pays-Bas). Il a averti ses amis du jour et de l’heure choisie. Assis dans un fauteuil, il était entouré de sa famille et de ses connaissances, quand un médecin les a rejoints pour lui administrer des substances létales. Dix minutes plus tard, il était mort. Toute l’assistance a été profondément bouleversée par cette fin organisée d’une vie humaine.

M. Jacques JEANNEAU : La progression du nombre de personnes âgées dans l’ensemble de la population a pour conséquence une évolution des mentalités chez les plus jeunes. Ainsi, chez les quinquagénaires qui ont à supporter à la fois la charge des études de leurs enfants et une aide à leurs parents, on rencontre des revendications pour disposer dès maintenant du patrimoine de leurs ascendants.

M. Jacques de LATROLLIERE : Le fait d’utiliser les facilités fiscales accordées en matière de droits de succession ne signifie pas pour autant une volonté d’appropriation immédiate des patrimoines par les enfants. Il s’agit plutôt d’assurer la transmission des biens à l’intérieur d’une famille, notamment par le transfert dans un premier temps de la nue- propriété.

Mme Monique ASTIE : a rapporté la situation d’un homme qui était tombé dans le coma et pour lequel on envisageait de supprimer toute assistance médicale. Au dernier moment, il a été décidé de différer la suppression du branchement et cet homme s’est rétabli. Il disait ensuite combien il était heureux d’être encore en vie et de participer aux fêtes de famille.

M. Christian BREGEON : ma vision de ces problèmes n’est pas pessimiste. Il y a des hommes qui meurent heureux et à côté il existe des situations très lourdes qui entraînent une augmentation des suicides. Il faut donc comprendre les problèmes de certains et être attentifs à leur souffrance intime qui les conduit à souhaiter disparaître. Il convient de mieux canaliser leurs tendances suicidaires et leur en parler ; cela peut leur offrir une possibilité d’exprimer ce qu’ils pensent tout bas.

Mme Marie-Magdeleine LE DALL : critique le projet de loi sur l’euthanasie. Il lui parait indispensable de recueillir l’avis du patient ou celui de sa famille.

R : Les réanimateurs doivent être très attentifs, le débranchement d’un appareil est une décision lourde qui est à l’opposé d’un acte médical. Il doit résulter de la certitude qu’il n’y a pas d’autre solution acceptable. On ne peut pas imposer l’acharnement thérapeutique à partir du moment où une vie est devenue entièrement négative.

Mme Monique JOLLIVET : Ceux qui sont atteints d’une maladie évolutive ont besoin de se sentir en présence d’une suite d’événements, tels que mariage ou naissance chez leurs proches. Ceci est l’occasion d’une réunion de famille autour du malade, car le plus pénible est d’être écarté de la présence des siens.      

M. Claude GUILLEMAIN : craint les excès de la loi, comme par exemple le débranchement opéré en application d’un texte législatif.
R : Les lois ne doivent pas être trop précises. Il faut tenir compte des circonstances qui sont variables.

	Le Président en clôturant la séance a rappelé que le vendredi 22 février se tiendraient l’assemblée générale, la remise du prix de la Vocation et la réception des deux nouveaux membres titulaires M. Régis de Belenet et M. Michel Pécha-Soulez. 


Carnet de l’Académie
		
Prochaines communications et bandes annonce
Vendredi 08 mars 2013
	14h00 : Réunion des nouveaux membres élus associés en 2011 et 2012
	
          16h00 : Séance publique organisée par la section Lettres 
- « Le Mystère de la Passion de Jean Michel » par M. Gérard Jacquin. 
Ce Mystère de près de 30 000 vers fut représenté à Angers fin août 1486. Tout en s’inscrivant dans la tradition des Passions, notamment par sa mise en scène telle que la révèlent les rubriques, cette œuvre manifeste pourtant une nette originalité. L’action est centrée sur la seule vie publique du Christ et sa passion. Les nombreux discours (sermons, enseignements, paraboles), ainsi que les aventures de plusieurs personnages – surtout l’itinéraire spirituel de Marie-Madeleine – soulignent la nécessité de la pénitence et de la conversion. 

- « La grammaire scolaire : un nouveau champ d’exploration méta-historiographique »
par M. Alain Schneider

Vendredi 22 mars 2013 
	15h00 : Séance privée
	16h00 : Séance publique organisée par la section Sciences Humaines et Sociales 
- Célébration du 70ème Anniversaire de l’escadrille Normandie-Niemen.
par Mme Elisabeth du Réau, M. Jacques Marie de Latrollière, M. Bernard Riche, M. Dominique Maillard

Journée ‘’Printemps de l’Académie’’
A l’Hôtel de Livois
Dimanche 24 mars 2013, de 15h00 à 18h00.
	L’Académie recevra le dimanche 24 mars le public intéressé par ses activités. 
Retenir dès à présent cette date et prévoir de se faire accompagner d’amis et connaissances. Cette manifestation doit donner au plus grand nombre l’occasion de découvrir notre Académie.

5 avril 
	16h00 : Séance publique organisée par la section Lettres 
- « Autour des mitologiae de Fulgence (fin du Ve siècle après J.C) » par M. Philippe Dain
- « Les roses de Saadi, un poème de Marceline Desbordes-Valmore » par Mme Marguerite Cécile Albrecht
 - « L’image de l’Allemagne chez Ernest Renan » par M. Jean Marie Paul

19 avril
	15h00 : Séance privée
	16h00 : Séance publique
- « Manuscrits angevins du Haut Moyen Age à la Bibliothèque municipale » par M. Jean Vezin.
- « Angers en guerre. La vie municipale 1939-1945 » par M. Roger Boisseau







 Olivier d’Ambrières 
Secrétaire Général

Directeur de la Publication : Jean-Claude REMY.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 Tel & Fax : 02.41 -69. 58. 31 
Dépôt légal février 2013							      Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
Site Web : www.academie-dangers.com
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PRINTEMPS de l’ACADEMIE

Dimanche 24 mars 2013

                                                  de 15h00 à 18h00

                                                   Hôtel de Livois

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