BULLETIN AVRIL 2012

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Le secrétariat sera fermé 
                                                          du mardi 23 avril au mardi 7 mai 2013 inclus



	                                                                 L’Académie tiendra séance le : 


Vendredi 17 mai 2013 
Hôtel de Livois

16h00
                                                                                                 Séance publique

- « Les miniatures persanes (XIVe- XVIIe s.) » par M. Jean  Mallet.

- « Un Angevin mécène : l'architecte Roger Faure de la Possonnière » par M. Daniel Couturier








Vendredi 31 mai 2013 
Hôtel de Livois

15h00
Séance privée

                                                                                            16h00
Séance publique

Séance spéciale sur le secret professionnel : 
- « Secret professionnel et évolutions sociétales : regards de trois acteurs historiquement liés au secret » par l’abbé Jean Grelon, M. Joseph Giboin, M. Lionel Coupris.



		

SEANCE PRIVEE DU 22 MARS 2013

Sont présents 
Mme Marie-Rose ALBRECHT, M. Olivier d' AMBRIERES, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BREGEON, M. Georges CESBRON, M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES, M. Philippe DAIN, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Henri DELLACASA, Mme Elisabeth du Réau de la Gaignonnaire, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIERE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, M. Jacques MAILLARD, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. Jean-Claude REMY, M. Jean-Claude RENIER, M. Bernard RICHE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIERE, M. Jacques THOMAS, M. Georges TIRAULT, M. Michel VAISSIER, membres titulaires. 

M. Max BARAT, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Roger BOISSEAU, M. Pierre BON, M. Henri BRAULT, M. Yves CADOU, M. Dominique CHARBONNEL, M. Lionel COUPRIS, M. Jacques FERGON, M. Gérard GAILLY, Mme Claude GARCON, M. Michel GARREAU de LABARRE, M. Rémi GERNIGON, M. Joseph GIBOIN, M. Jean-André GOUYETTE, M. Daniel GRUAU, M. Michel GUILLANEUF, M. Bernard du JONCHAY, M. André JOUBERT, M. Michel LAVEDRINE, M. Didier LEROY, M. Jean-Marie LIMAL, M. Dominique MAILLARD, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Hervé du PONTAVICE, Mme Joëlle REMY, M. Charles-Marie REYE, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Furcy SOULEZ-LARIVIERE, Mme Anne de VAUTIBAULT, membres associés. 

M. Jean MILLET, membre titulaire émérite 


Se sont excusés :
Mme Marguerite-Cécile ALBRECHT, Mme Monique ASTIE, M. Yves BARTHET, Mme Simone BEGUIER, Mme Monique CATTA, M. René COMBRES, M. Daniel COUTURIER, M. Maurice FAES, M. Claude FERRAND, Mme Josette FOURNIER, M. Guy LAMAISON, Mme Catherine LESSEUR, M. Michel PECHA, M. Edmond RUBION, membres titulaires. 


M. Robert AUDOUIN, M. Jérôme BODIN, M. Jérôme CAMBON, Mme Maryvonne CHANTEUX, Mme Laurence CHARVOZ, M. Raphaël COURANT, M. Jean-Paul DARDUN, M. Grégoire DUVAL, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, Mme Pascale GREMONT, M. Gérard JACQUIN, Mme Denise LAMAISON, M. François LECOQ-VALLON, M. Olivier MARTIN, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Yves NAUD, M. Samih OSTA, M. Michel PENNEAU, Mme Hélène POLOVY, M. Geoffrey RATOUIS, Mme Jocelyne RENOU, M. Alain TRICOIRE, membres associés. 


	Le Président ouvre la séance et donne la parole successivement à M. Olivier d’AMBRIERES, pour présenter le déroulement du festival de cinéma « Premiers Plans », à M. Christian BREGEON, pour annoncer le programme des séances du dernier trimestre 2013 et à M. Jacques MAILLARD, pour exposer les activités de la section «Histoire », nouvellement créée.

M. Olivier d’AMBRIERES  a rappelé que le festival « Premiers Plans » d’Angers occupait une place de première importance au sein des manifestations culturelles organisées dans la métropole angevine. Ouvert en 1982, ce rassemblement a connu, en janvier dernier, son 25ème anniversaire. A cette occasion, ont été proposés, en premier lieu, des films européens en compétition ; le grand prix a été décerné à un metteur en scène suédois Gabriela PICHLER pour « Eat, Sleep, Die » qui décrit la situation de jeunes gens confrontés à la crise du chômage. La rétrospective était consacrée principalement au britannique John BOORMAN et à l’acteur Marcello MASTROIANNI. A été développé également le thème du travail au cinéma.
John Boorman, qui vient de fêter ses 80 ans, a mis en scène une vingtaine de films dont les plus connus sont « Le point de non-retour » (1967), «Duel dans le Pacifique » (1968), « La délivrance » (1970), «La guerre à 7 ans » (1987), « Le Général » (1998). 

«La guerre à 7 ans » relate son expérience de la guerre à Londres en 1939-1940 ; les hommes sont au front, il collectionne les éclats d’obus et joue avec les enfants de son âge. C’est une fête joyeuse, c’est le temps des vacances et de la liberté, ses rêves de petit garçon se matérialisent. C’était : « Merci M. Hitler pour ce divertissement.»

«Two nudes bathing» a été tourné au château de Brissac ; le scénario a été imaginé à partir du tableau de l’école de Fontainebleau qui est exposé au Louvre et qui représente deux jeunes femmes nues assises dans une baignoire.

« Duel dans le Pacifique » rassemble un condensé des sources d’inspiration de Boorman comme son attirance pour le cinéma muet et pour la beauté de la nature, ses analyses de l’aveuglement des hommes et de la stupidité de la guerre. Le spectateur est transporté dans une île déserte du Pacifique, l’île de Palau, et va se trouver dans un monde clos à ciel ouvert.
C’est une situation étrange que celle de cet officier de marine japonais et de ce pilote américain qui vont se trouver face à face ; ils sont l’un et l’autre rescapés, pour le premier, du naufrage de son navire et, pour le second, de la perte de son avion. Le début du film est muet, le Japonais ne parle pas anglais, et l’Américain ne parle pas japonais ; ces deux vétérans de la guerre du Pacifique ne peuvent se parler. Tout leur jeu réside dans leurs attitudes. Ils vont aller d’épreuve en épreuve, jouer au jeu du maître et de l’esclave, continuer en quelque sorte une guerre en miniature. Ils finiront peu à peu par coopérer pour survivre, ils vont même construire ensemble un radeau pour gagner le large.
Le festival a compté environ 70 000 entrées ; la vie culturelle à Angers sous toutes ses formes n‘est pas sans incidence sur le niveau de l’activité. Le nombre d’emplois en découlant peut être évalué à 4 000.

M. Christian BREGEON  a indiqué quelques dates pour les séances du quatrième trimestre : le 27/09 (rentrée académique à 15h), le 11/10, le 25/10 (section Arts, concert-conférence avec comme récital « Les 24 caprices » de Paganini), le 8/11, le 22/11 (section des Sciences Humaines et Sociales), le 6/12 (section des sciences économiques et sociétales), et le 20/12 (séance ludique).
Il a précisé que les 4 et 5 octobre, se tiendrait à Paris la Conférence Nationale des Académies dont le thème d’études sera «L’évolution de l’esprit ».

M. Jacques MAILLARD, professeur émérite à l’Université d’Angers, a pris la présidence de la section « Histoire »,  ouverte à tous les membres de l’Académie qui seraient intéressés ; il a annoncé le lancement de trois projets d’étude pour les prochains mois :
1°) la commémoration du centenaire de la guerre 1914-1918 qui sera une entreprise couvrant les années 1914,1915, 1916, 1917, 1918. Le professeur Jean-Pierre BOIS, spécialiste de l’histoire militaire, qui entretient des relations étroites avec l’Ecole d’application du Génie, a accepté d’y participer. Un comité départemental est chargé officiellement de coordonner cette célébration.
Une première réunion de travail est prévue le vendredi 14 juin, à 15h ; toute suggestion peut être adressée par écrit à M. Maillard.
2°) le 70ème anniversaire de la Libération donnera lieu en 2014 à une séance particulière qui comportera à la fois des communications et la présentation des témoignages de ceux qui ont vécu cette période. Le président a souligné l’intérêt qu’il y a à recueillir ces témoignages qui peuvent constituer à l’avenir une source de référence pour les chercheurs. 
3°) le mariage à travers les âges depuis le Moyen Âge, chez les protestants et les catholiques.

	Le président a présenté ensuite quatre candidatures de membres associés :

- M. André LARDEUX, professeur d’histoire, ancien président du Conseil Général et ancien sénateur qui s’était distingué par sa présence assidue au Palais du Luxembourg et par la qualité des contributions qu’il a apportées (parrains : Mme Elisabeth Verry et M. Jean-Claude Remy).
- M. Philippe BONEF, chirurgien orthopédiste, ancien chef de service au CHU de Cholet (parrains : M. Luc Larget-Piet et Mme Maryvonne Chanteux).
- M. Jean-Claude PAVION, ancien compagnon du devoir, certifié ingénieur civil, devenu chef d’entreprise, militant associatif et ancien conseiller municipal de Saint Sylvain d’Anjou (parrains : M. Pierre Bouvet et M. Lionel Coupris).
- Mme Barbara REGNIER de MONCHY, directeur artistique de l’institut supérieur d’enluminure (parrains : M. Jacques Maureau et Mme Monique Astié).

	Les postulants, proposés aux suffrages de l’assemblée, ont été élus.


SEANCE PUBLIQUE DU 22 MARS 2013
		 
Le président a confié le déroulement de la séance à M. Pierre BOUVET, ancien président de la Section Sciences Humaines et Sociales ; la section était chargée de l’organisation de cette réunion consacrée à la célébration du 70ème anniversaire de la création de l’escadrille Normandie-Niemen.
Mme Elisabeth du REAU, professeur émérite à la Sorbonne, a présenté l’environnement national et international au moment de la création du groupe de chasse. M. Jacques de LATROLLIERE a montré comment il avait vécu, à l’âge de 17 ans, les années d’occupation à Angers. Le général Bernard RICHE a exposé le palmarès de ces pilotes de combat qui affrontèrent tant de risques dans des conditions climatiques extrêmement rigoureuses ; il a consacré une partie de son propos à la campagne prestigieuse de Roland de La Poype, qui avait été fait compagnon de la Libération, grand-croix de la Légion d’honneur et Héros de l’Union Soviétique. Le colonel Jacques MAILLARD avait pour tâche de faire l’inventaire des différents avions de combat qui participèrent à cette épopée.

Mme Elisabeth du REAU : 
Le Normandie-Niemen, un régiment aérien emblématique, dans un contexte politico-militaire spécifique, 1941-1943.
	Il importe de replacer la création de cette unité aérienne dans son environnement national et international. Cet évènement intervient pendant une phase importante du deuxième conflit mondial, de l’entrée en guerre de l’U.R.S.S en juin 1941 jusqu’au tournant de l’automne 1942 marqué par le débarquement allié en Afrique du Nord. A partir de recherches effectuées au Service Historique de la Défense, et des Fonds des Archives Nationales, il est possible d’analyser les origines de la création de ce régiment qui s’inscrit dans l’histoire des relations entre la France Libre et l’Union Soviétique pendant la période juin 1941-Juillet 1942.
	Si le général de Gaulle crée les Forces Françaises Libres dès le 1er juillet 1940 et si celles-ci sont reconnues par Churchill dès le 7 août suivant, les relations entre la France Libre et l’U.R.S.S ne peuvent intervenir qu’à partir de juin 1941, après l’agression du Reich contre l’U.R.S.S et l’entrée en guerre de cette dernière.   
	Dès le 26 septembre 1941, l’ambassadeur soviétique à Londres, Ivan MAISKY, rencontrait le général de Gaulle. Dès la reconnaissance officielle par Moscou du Comité National Français, l’envoi d’une mission diplomatique et militaire française, dont le principe est acquis en novembre 1941, ouvre de nouvelles perspectives. 
	Dès février 1942, le général VALIN, commissaire national à l’Air, de la France Libre, fait connaître le souhait des Forces Françaises Libres d’expédier un groupe de chasse en territoire soviétique. C’est le point de départ de la création du groupe de chasse Normandie. Si quelques difficultés surgissent, en fonction des exigences britanniques, le principe est acquis dès le 19 mai 1942. La création du groupe intervient en septembre 1942, cette unité incorpore des effectifs de différentes provenances (Royaume-Uni, Afrique et Moyen-Orient), et parmi eux l’aspirant Roland de La Poype qui vient du Royaume-Uni. Une partie de cette unité arrive à Ivanovo le 28 novembre 1942. Une aventure singulière commence pour le jeune Angevin dont le parcours va être évoqué par d’autres conférenciers. C’est en 1943 que s’effectuent les premières missions qui vont permettre au régiment Normandie-Niemen de remporter de beaux succès contre l’ennemi.

M. Jacques de LATROLLIERE
Jacques de Latrollière apporte un témoignage de ce que représenta, pour les jeunes, l’annonce de l’engagement d’une force aérienne française libre. Ce dernier était conforme à la décision du général de Gaulle, deux ans plus tôt : remettre la France au combat et la faire reconnaître comme combattante par les alliés. Normandie-Niemen prenait place dans les actions glorieuses que menaient, à terre, un Leclerc et les F.F.L. Depuis un an, la guerre avait franchi une nouvelle étape, avec l’engagement des Etats-Unis, et l’envahissement de l’U.R.S.S. par l’Allemagne. Cette dernière avait rompu le pacte germano-soviétique qui avait, auparavant, été un soutien militaire pour Hitler.
L’année 1942 est donc un tournant dans la lutte contre le nazisme qui mène encore des actions graves contre les pays qu’il occupe.


M. Bernard RICHE
Le colonel-comte Roland de la Poype, ancien maire de Champigné en Maine et Loire, est décédé le 23 octobre 2012, à l’âge de 92 ans. Il était un des trois pilotes survivants du premier groupe de chasse Normandie-Niemen engagé sur le front de l’Est.
Passionné d’aviation, il s’engage dans l’armée de l’air à la déclaration de la guerre en 1939. Il est breveté pilote à l’école de pilotage d’Angers-Avrillé en février 1940.
Ayant entendu l’appel du général de Gaulle, il rejoint l’Angleterre par bateau. Après un entraînement intensif, il effectue de nombreuses missions aériennes. Il abat son premier avion ennemi en août 1942.
Il est volontaire pour rejoindre le groupe de chasse français « Normandie » formé en Russie en novembre 1942. Il obtient 15 victoires homologuées en 1943 et 1944.Il quitte l’armée en 1947.
Il était 2ème as du Normandie-Niemen  et 4ème as des pilotes de chasse français de la seconde guerre mondiale. Il était compagnon de la Libération, décoré par le général de Gaulle.
Il était un des quatre héros de l’Union soviétique du groupe de chasse Normandie-Niemen.
En 2008, il avait été élevé à la dignité de grand-croix de l’ordre de la Légion d’honneur par le président de la République dans la cour des Invalides.


M. Dominique MAILLARD
Le Yakovlev Yak 1 a été choisi par le commandant Tulasne et le capitaine Littolff parce qu’il offrait bien de similitudes avec le Dewoitine D 520 : moteur 12V de même origine (Hispano-Suiza), caractéristiques de vols similaires du point de vue de la maniabilité recherchée lors des combats tournoyants, bonne stabilité au roulage à cause d’un train d’atterrissage rentrant dans le fuselage, robustesse car supportant un nombre élevé de « g », bonne visibilité dans toutes les directions. De plus, le revêtement entoilé du Yak 1 permettait de bien encaisser les impacts et l’eau de refroidissement pouvait être vidangée tous les soirs pour éviter le gel. De même l’huile lubrifiant le moteur pouvait être vidangée le soir et remplacée le lendemain matin par de l’huile tiédie. C’était un avion russe, en forte production, laquelle permettait d’assurer un bon approvisionnement en pièces de rechange et en avions pour remplacer les pertes. Enfin, ce choix faisait évidemment plaisir aux Russes.

Le Yak 1 a été utilisé par le régiment pendant sa première campagne (fin mars à début novembre 1943), mais le Yak 9, mis en ligne au cours de l’été 1943, remplaça progressivement les Yak 1.

Les longerons en bois de l’aile du Yak 1 furent remplacés sur le Yak 9 par des longerons en aluminium, grâce à l’approvisionnement à nouveau possible de ce métal. Les gains de place et en masse étaient importants et permettaient l’emport d’un armement plus lourd (canon de 37 mm dès février 1944, avant le début de la deuxième campagne mi-mai 1944). L’avion gagna aussi en manœuvrabilité.

Les Yak 9 furent rendus aux Russes en août 1944 et remplacés par des Yak 3, avions métalliques et en contre-plaqué (sauf le revêtement des ailes, en écorce de bouleau recouverte de résine), dotés d’un moteur plus puissant et plus fortement armés.


Les pilotes furent enthousiasmés par cet avion bien plus léger que les précédents, d’une plus grande manœuvrabilité et de plus grandes vitesses ascensionnelles.
Ce type d’avion volera jusqu’à la fin de la deuxième campagne (début décembre 1944) et durant toute la troisième campagne (mi-janvier 1945 jusqu’au 9 mai 1945) et arrivera en France le 20 juillet 1945, offert par Staline.

Les pilotes du régiment se formèrent sur le biplace Yak 7.

Comme avions de liaisons, ils disposèrent d’un biplan russe, biplace, vraie bête de somme, et d’un Yak 6, bimoteur pouvant emmener six personnes, équipage compris.
Leurs principales missions consistèrent à combattre les Messerschmitt Bf 109, les Folcke Wulf Fw 190, à chasser les bombardiers ennemis (Me Bf 110, Heinkel, Junker), à protéger les bombardiers amis (Ilyushin Il 2 Stormovik, Petliakov Pe 2), à attaquer les objectifs au sol (positions ennemis sur la ligne de front, terrains d’aviation et avions au sol ennemis, chemins de fer, trains, gares et ponts, convois blindés sur terre, tout bâtiment sur rivières, etc.).
Au cours de cette guerre, le régiment Normandie-Niemen, en 869 combats, a remporté 273 victoires officielles, 37 victoires probables et endommagé 49 avions. Il y a eu 15 tués, 31 disparus et six blessés sur les 98 pilotes ayant combattu. Quatre ont été faits héros de l’Union soviétique et 21 compagnons de la Libération.

A la fin de la présentation, M. Olivier d’AMBRIERES a rappelé que trois Yak venant de la base militaire du Bourget où ils étaient stationnés, se sont posés sur le terrain d’Avrillé et y sont restés du 13 septembre au 15 septembre 1945. Les pilotes présents étaient le lieutenant Roland de La Poype (16 victoires aériennes), le commandant André (20 victoires), le sous-lieutenant Sauvage (16 victoires), et le sous-lieutenant Marchi (13 victoires). Ils furent reçus par le lieutenant de Bourmont et par M. Gasnier du Fresne¸ président de l’aéroclub. Cette rencontre a été le point de départ de la renaissance de l’activité aéronautique en Maine et Loire. Il a précisé, en outre, que depuis le décès de Roland de La Poype, l’un des derniers survivants du groupe vient de disparaître, le lieutenant-colonel Pierre Roger Lorillon ; il est décédé à Bastia, le 17 février dernier. Les honneurs militaires lui ont été rendus dans la cour d’honneur des Invalides ; il était grand-croix de la légion d’honneur et titulaire de la croix de guerre avec 18 citations. Il avait effectué 1 288 missions et 1 810 heures de vol de combat.




SEANCE PUBLIQUE 5 AVRIL DU 2013

Sont présents 
Mme Marie-Rose ALBRECHT, Mme Marguerite-Cécile ALBRECHT, M. Olivier d' AMBRIERES, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BREGEON, Mme Monique CATTA, M. Georges CESBRON, M. Jacques CHOPIN, M. Daniel COUTURIER, M. Philippe DAIN, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Maurice FAES, Mme Josette FOURNIER, M. Guy LAMAISON, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques Marie de LATROLLIERE, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. Bernard RICHE, Mme Madeleine SALETTE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIERE, M. Georges TIRAULT, M. Michel VAISSIER, membres titulaires.

M. Max BARAT, M. Louis-Marie BEAUVOIS, Mme Véronique de BECDELIEVRE, M. Pierre-Marie BETTON, M. Yves CADOU, M. Jean-Paul DARDUN, M. Henry-Dominique DERSOIR, M. Rémi GERNIGON, M. Daniel GRUAU, M. Gérard JACQUIN, M. Bernard du JONCHAY, M. Jacques KERYELL, Mme Denise LAMAISON, M. Robert LANCHANTIN, M. Pierre MACHEFER, M. Jean MALLET, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Michel PENNEAU, M. Georges REVERDY, M. Jean ROBERT, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. François-Christian SEMUR, M. Furcy SOULEZ-LARIVIERE, M. Guy SUPPLISSON, membres associés. 


Se sont excusés :
Mme Monique ASTIE, M. Yves BARTHET, Mme Simone BEGUIER, M. René COMBRES, M. Henri DELLACASA, Mme Elisabeth du Réau de la Gaignonnaire, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, M. Michel PECHA, M. Jean Claude REMY, M. Edmond RUBION, membres titulaires


M. Robert AUDOUIN, M. Pierre BON, Mme Luciole BOUCHE, Mme Laurence CHARVOZ, M. Grégoire DUVAL, Mme Jeanne DUVAL-LE GOFF, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. François LECOQ-VALLON, M. Dominique MAILLARD, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, Mme Joëlle REMY, M. Claude TROUVELOT, membres associés. 


En l’absence de M. Jean-Claude REMY, la séance est ouverte par M. Pierre BOUVET, premier vice-président, qui a donné à l’assemblée diverses informations :
- Le président REMY a dû être hospitalisé quelques jours à la fin du mois de mars et se trouve maintenant en convalescence à son domicile,
- Le mariage de notre confrère Pierre-Anne FORCADET,
- Le président national des sociétés de généalogie doit venir à Angers à l’occasion du quarantième anniversaire de l’AGenA (Association de généalogie de l’Anjou) et remettra à cette occasion à M. Jacques CHOPIN la médaille nationale de la Fédération. 
- Le Printemps de l’Académie s’est déroulé, pour sa troisième édition, en l’hôtel de Livois, le dimanche 24 mars ; huit communications ont été présentées par nos confrères des différentes sections dans les deux salles qui avaient été préparées à cet effet. L’assistance a été moins nombreuse que souhaitée en raison de plusieurs manifestations qui avaient lieu ce jour-là.


Maître Pierre BOUVET a donné ensuite la parole aux deux orateurs inscrits, M. Jean-Marie PAUL et Mme Marguerite-Cécile ALBECHT.

« L’image de l’Allemagne chez Ernest RENAN » par M. Jean-Marie Paul.
La relation de Renan avec l’Allemagne est tributaire d’un contexte historique déjà ancien. Dans Servitude et grandeur militaires, Alfred de Vigny rapporte les propos de son père jugeant que l’admiration des officiers français pour Frédéric II les condamnait à la défaite avant même d’avoir livré bataille. En outre, l’anticléricalisme français, qui vise d’abord l’Eglise catholique, a traditionnellement célébré l’ouverture d’esprit de la Réforme, ce qui ne signifie évidemment pas que ses représentants aient jamais lu Luther. L’Allemagne est pour Renan dans ce prolongement la terre de la liberté de penser, de la philosophie, des arts, des lettres et des sciences. Son admiration est sans bornes et il n’en fait pas mystère dans ses œuvres et sa correspondance. Il identifie l’Allemagne à ses grands hommes, Kant, Schiller, Goethe, Herder, les frères Humboldt et voue une admiration toute particulière à D.F. Strauss, auteur d’une Vie de Jésus (1835-1836), plus audacieuse que la sienne et qui avait eu un énorme retentissement. La guerre franco-allemande, qui survient en pleine période de teutomania, brise son rêve et D.F. Strauss lui-même réagit en patriote soucieux d’écraser la France, comme s’il s’agissait de prendre une revanche. Le rêve de Renan est brisé et il reproche amèrement à l’Allemagne d’avoir mis l’esprit au service de la puissance et de cultiver la notion de race qui conduit à des guerres « zoologiques ». C’est un épisode qui nous invite à réfléchir sur la nature des relations franco-allemandes en d’autres temps.


Extraits des débats 

Maître Pierre BOUVET a remercié M. Jean-Marie PAUL de son exposé qui montre bien l’aveuglement d’Ernest Renan vis-à-vis de l’Allemagne.

M. Christian BREGEON : C’est un aspect de la personnalité d’Ernest Renan qui est rarement mis en avant. Son audience importante semble plutôt résulter de son anticléricalisme, c’est à partir de là qu’il a acquis un grand lustre et qu’il a été considéré comme un penseur. A-t-il eu une vraie pensée politique ou a-t-il plutôt laissé son romantisme s’exprimer ?
R : C’est une forme de romantisme et une vision idéale. A la même époque Michelet et Quinet ont été très germanophiles. Pour Michelet, c’était surtout dans le cadre de l’anticléricalisme ; la période de la Réforme était pour lui le moment de la liberté de l’esprit. En réalité, Renan connaissait peu les écrits de Luther, notamment les textes terribles qui concernent les juifs ; il y a une recommandation du génocide pendant la guerre des paysans. Il détaille contre les juifs des mesures abominables, au point que, pendant le procès de Nuremberg, il lui fut fait référence. 

M. Christian BREGEON : Ernest Renan était sans doute un admirateur de l’école exégétique allemande, puisqu’il s’est initié par elle au monde germanique. 
R : C’est exact avec l’école de Tübingen, et le livre de David Friedrich Strauss sur la vie de Jésus qui eut en Europe un immense retentissement ; il ne fut connu en France que par la traduction de la troisième édition de son ouvrage par Littré. Cette troisième édition fut dénoncée plus tard par Strauss en raison des concessions trop nombreuses qu’il avait acceptées à la suite des innombrables critiques qu’il avait reçues. Hegel disait qu’il était devenu athée après avoir lu Strauss.  

M. Luc LARGET-PIET : Comment peut-on expliquer la rapidité de la concentration des forces armées allemandes ? 
R : L’unité allemande existait déjà dans les esprits, en dépit des antagonismes entre les Etats du Sud et la Prusse. Frédéric II ne parlait pas seulement pour la Prusse, mais pour la grande Allemagne. L’unité, qui ne se réalisait pas pacifiquement, s’est faite ensuite par le fer et par le sang.
 
M. Jacques MAUREAU : demande quelques compléments d’information sur David Friedrich Strauss (1808-1874).
R : Originaire de Souabe dans la région de Stuttgart, il fut disciple de Hegel et de Schleiermacher. Il avait été nommé enseignant au séminaire de Tübingen qui rassemblait les plus belles intelligences de l’époque. Sa « Vie de Jésus », publiée en 1835, alors qu’il avait 27 ans, fut à l’origine d’un immense scandale ; elle détruisait tous les aspects de la vie du Christ en la réduisant à une série de mythes. Selon lui, les évangélistes ne présentaient pas de bons récits, ils écrivaient les yeux fixés sur l’Ancien Testament pour réaliser des prophéties, c’est dire qu’il a déjà objectivement une notion de l’inconscient. Son influence fut considérable sur le rationalisme moderne ; un grand nombre de ses élèves ont perdu la foi. En raison de ses écrits, il fut écarté de sa charge de répétiteur à Tübingen. Son arrivée à l’université de Zurich, comme professeur de théologie, déclencha une émeute sanglante, qui décida le canton de Zurich à le révoquer, en lui accordant à sa demande une pension. Il écrivit une nouvelle version de sa « Vie de Jésus » en 1864, dans laquelle il s’écartait totalement du christianisme.    

M. Bernard RICHE : cite un propos de Bismarck qui déclarait : « Celui qui a la force dans ses mains va de l’avant dans son sens.»
R : Le cynisme, de même que le réalisme, était entier. Un auteur disait « Ce n’est pas de ma faute si les Français n’entendent pas ce que les Allemands disent sur eux. » Ceci est sans doute encore valable de nos jours. 

« Les roses de Saâdi, un poème de Marceline DESBORDES-VALMORE » par Mme Marguerite-Cécile Albrecht.
« Notre œuvre, c’est notre douleur »  François Mauriac
Evocation, à partir de Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859), de trois grands poètes iraniens, Saâdi (1207-1291), Hafiz (1388-1456), auteur du « Divan », et Omar Khayyâm (1040-1125).
Rappel d’expériences vécues, d’amitiés partagées, souvenirs d’un long voyage en Iran… 
Notre œuvre devient ainsi notre plaisir. 

Extraits des débats 

M. Georges CESBRON : s’est réjoui d’entendre la conférencière insister sur l’importance de « l’e muet » ; il a cité à ce sujet La Fontaine et Aragon.
R : En effet «l’e muet » fait partie de la poésie de la langue française.

M. Pierre-Marie BETTON : il faut également être attentif aux accords des participes avec le verbe être et avec le verbe avoir. L’accord avec le participe passé est une spécificité de la langue française.

M. Christian BREGEON : La prononciation de l’« e muet » dans une phrase musicale est toujours un problème délicat ; il est difficile à placer.
Mme Yvette DAMS-MONVILLE : Tout dépend du compositeur. Avec Mozart, par tradition la première note est prononcée et la seconde est négligée. Dans l’organisation harmonique, on va jusqu’au bout de la phrase, parce qu’il y a une autre phrase derrière.
Je dois ajouter que j’ai été élève dans la classe de Mme Albrecht, mère de l’orateur, et que nous étions bercés avec elle  par la poésie et par la musique, notamment par les poèmes de Mme Desbordes- Valmore.







Carnet de l’Académie


		
Réunion de Sections 

Les membres de la section Sciences Humaines et Sociales sont priés de se réunir pour définir un programme et un calendrier de communications,
le vendredi 14 juin à 15 h00

La section Sciences se réunira vendredi 31 mai à 13h30

Section Histoire : une première réunion de travail est prévue le vendredi 14 juin à 15h00

Prochaines communications et bandes annonces
Vendredi 17 mai 2013
- « Les miniatures persanes (XIVe- XVIIe s.) » par M. Jean  Mallet. 
Les miniatures persanes sont des illustrations de manuscrits rédigés dans des ateliers des cours princières, pour les besoins des souverains locaux. 
Les plus dignes d’intérêt se situent à une époque voisine de la Renaissance occidentale. 
Les textes qu’elles illustrent sont le plus souvent des écrits scientifiques, des poèmes, des épopées dont la plus célèbre est « Le livre des rois », écrit au XIe siècle par Firdousi et recopié mainte fois au cours des siècles.
Le caractère des miniatures est variable au cours des dynasties successives et influencé par les invasions turco-mongoles. Les plus riches datent de la dynastie Séfévide.
Mais, dès le XVIIe siècle, le caractère des miniatures, influencées par l’Occident, perd de sa valeur.


- « Un Angevin mécène : l'architecte Roger Faure de la Possonnière » par M. Daniel Couturier
Né en 1898 d’une branche cadette de la famille Faure de Bordeaux, alliée aux Oberkampf et aux banquiers Vernes, Roger Faure, dont la mère possède la Roche aux Moines, à la Possonière, architecte dilettante, va se retrouver à financer un ballet commandé par Diaghlief à un jeune compositeur russe de 17 ans, Igor Markevitch sur un texte de Jean Cocteau.
Ce mécène angevin aura une fin tragique et glorieuse en 1940.


Vendredi 31 mai 2013
Séance spéciale sur le secret professionnel
« Secret professionnel et évolutions sociétales : regards de trois acteurs historiquement liés au secret ». par l’abbé Jean Grelon, M. Joseph Giboin, M. Lionel Coupris.
Certaines professions ou états se sont imposés depuis fort longtemps et avant la loi, le devoir de taire ce qui leur était confié. Le législateur a élargi, au fil du temps, le champ de l’obligation au secret professionnel, qui est parfois en conflit avec les devoirs du citoyen. Qu’en est-il aujourd’hui face aux nouveaux modes d’organisations professionnelles ou face aux attentes et nécessités d’une société en mouvement ? Un prêtre, un avocat et un médecin dressent un état des lieux au travers du prisme de leur spécificité.


COTISATIONS 2013

Je rappelle que les cotisations doivent statutairement être réglées 
                                                                                                   avant le 31 mars.
Merci à celles et ceux qui ont déjà fait le nécessaire

80 euro pour les membres associés 
(80 + 10 euro si envoi bulletin par poste) 

95 euro pour les membres titulaires 
                                                                                (95 + 10 euro si envoi bulletin par poste)

Le Trésorier
J.M de Latrollière


 
Olivier d’Ambrières 
Secrétaire Général

Directeur de la Publication : Jean-Claude REMY.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal avril 2013						      Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35


Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
Site Web: www.academie-dangers.com





                                                                                              SORTIE ARCHITECTURALE


Samedi 22 juin 2013
     
                                                                     pilotée par notre confrère René COMBRES.

Rendez-vous à 07H 45 : Place de LA ROCHEFOUCAULT
Départ : 8 H 00
Programme des visites

		LOUERRE 
		- Manoir du BOIS-NOBLET (XVIe)
		M. et Mme François de BARBEYRAC.

		SAINT-GEORGES des SEPT-VOIES 
		- Eglise de SAINT-PIERRE en Vaux (XIIe - XIIIe)
		- Site de la SANSONNIERE (XVIe- XVIIe-XVIIIe)
		
		Réception par M. Gillot, maire de Saint-Georges des Sept-Voies
		
DEJEUNER 

		 Autre manoir en attente d’agrément 

		MOZET sur LOUET : 
		- Château de la CROSSONNIERE (XVIIIe)
		M. et Mme Pierre SOULLEZ 

19h00	Retour à Angers 



% ……………………………………………………………………………………………………
Bulletin d’inscription à retourner avant le 10 JUIN 2013
au secrétariat de l’Académie, 
6 rue Emile Bordier 49100 Angers 

Participer (a) (ont) à cette sortie 	 oui  ο		non ο
Nom .....................................................................................................................................……………………………………………………………………………………………………………
Prénom……………………………………………………………………………………...………………………...………….………………………………………………………………………………………


Nombre de personnes ………………………………………………………..............

Ci-joint un chèque de 50 €* par personne à l’ordre de l’Académie
*(Sous réserve de 49 participants au minimum)

mailto:academie-dangers@wanadoo.frhttp://www.academie-dangers.com/shapeimage_3_link_0shapeimage_3_link_1