BULLETIN DECEMBRE 2013

 
Le secrétariat de l’Académie sera fermé
du 23 décembre 2013  au  5 janvier 2014 inclus


	 L’Académie tiendra séance le : 


Vendredi 10 janvier 2014
Hôtel de Livois



                                                                                             16h00

Séance publique
Réception de M. le Préfet, membre d’honneur de l’Académie. 

- « La force des faiblesses ou la dictature des minorités ? »


- «L’esprit et le Progrès. » par  M. Jacques-Marie de Latrollière.





Vendredi 24 janvier 2014
Hôtel de Livois

15h00
                                                                                                     Séance privée

                                                                                             16h00
Séance publique organisée par la section Lettres

Tricentenaire de Diderot
 - « Diderot philosophe: hardiesse et paradoxes, une raison polémique et baroque.» par M. Lucien Guirlinger.
- « Diderot, lecteur de Bougainville. » 
par M. Robert Audouin. 
- « La rocambolesque aventure des archives de Diderot. » par Mme Monique Catta.



		
SEANCES DU 22 NOVEMBRE 2013

Sont présents 
Mme Marguerite Cécile ALBRECHT, Mme Marie-Rose ALBRECHT, M. Olivier d' AMBRIERES, Mme Monique ASTIE, M. Yves BARTHET, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BREGEON, M. Georges CESBRON, M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES, M. Daniel COUTURIER, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, Mme Elisabeth du Réau, M. Claude FERRAND, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIERE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, M. Jacques-Henri MARTIN, M. Jacques MAUREAU, M. François PIGNIER, M. Jean-Claude REMY, M. Bernard RICHE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIERE, M. Jacques THOMAS, M. Michel VAISSIER.   membres titulaires. 

M. Robert AUDOUIN, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Daniel BLOUIN, Mme Maryvonne CHANTEUX, M. Dominique CHARBONNEL, M. Henry-Dominique DERSOIR, M. Rémy GERNIGON, M. Michel GRANDIN, M. Daniel GRUAU, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. René JAMES, M. Dominique MAILLARD, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, M. Patrick MORNET, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Jean-Claude PAVION, Mme Joëlle REMY, M. Alain SAULNIER, M. Furcy SOULEZ-LARIVIERE, Mme Maÿlis THURET, M. Alain TRICOIRE.   membres associés. 

S’Étaient fait excusér :
Mme Simone BEGUIER, Mme Monique CATTA, M. Philippe DAIN, M. Henri DELLACASA, M. Maurice FAES, M. Guy LAMAISON, M. Xavier MARTIN, M. Edmond RUBION, Mme Madeleine SALETTE, M. Philippe SEJOURNE.   membres titulaires. 

M. Max BARAT, M. Raymond BATTAIS, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Michel BERNARDIN, M. Jérôme CAMBON, Mme Laurence CHARVOZ, M. Pierre COULON, M. Benoît DELTOMBE, Mme Margreet DIELEMAN, M. Gérard JACQUIN, Mme Denise LAMAISON, M. François LECOQ-VALLON, M. Olivier MARTIN, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, M. Jean MORLONG, M. Michel PENNEAU, M. Philippe PICHOT-BRAVARD, Mme Hélène POLOVY, M. Serge QUENTIN, Mme Sylvette ROBSON, M. Jean SALETTE, Mme Françoise TETU DE LABSADE.   membres associés. 


SEANCE PRIVEE 

	Le président ouvre la séance et donne quelques informations relatives à la vie de l’Académie :
- le numéro de la ligne téléphonique est modifié ; il convient désormais d’utiliser le 09 61 46 99 35.
- le nombre de cotisations en retard est élevé ; il convient de faire les régularisations nécessaires avant la fin de l’année.
- l’organisation du «Printemps de l’Académie 2014» est à préparer dès maintenant ; quelle forme est à retenir, prévoir plusieurs interventions comme les autres années ou retenir une thématique générale ?

	M. Jean-Claude Remy cède ensuite la parole à M. Daniel Couturier, deuxième vice-président, pour présenter diverses publications reçues récemment à la bibliothèque :

- Portraits d’Angevins à Paris au XVII° siècle par M. Gilles d’Ambrières. L’auteur qui avait déjà publié des ouvrages sur la famille Coustard de Nerbonne, sur le fief angevin du Grand Bignon à Ecuillé et les financiers angevins à Paris, vient de faire paraître avec son don d’écriture et de mise en scène le fruit de ses recherches sur de jeunes Angevins qui sont allés à Paris pour s’y établir dans des activités diverses. La réussite n’était pas garantie et il y avait des échecs. Il s’agit notamment de Jérôme Blouin et de son fils Louis Blouin qui furent premiers valets de chambre de Louis XIV, des Poisson de la Chabossière, avocats à Angers et à Paris, de Maurice Blouin, marchand de draps de soie à Paris, de Claude Blouin, chanoine de Notre Dame de Paris, de Barthélemy Gautier, marchand de draps de soie à Paris, de la branche parisienne des Rousseau de Pantigny, ou d’André Gaultier de Chailly, conseiller au Parlement de Paris. L’ouvrage comprend une série d’annexes relatives à la généalogie de ces familles et à leur clientèle, puisées aux sources les plus sûres, en particulier à partir des minutes notariales du minutier central des archives nationales et aussi des archives de Maine et Loire. Louis Blouin, premier valet par survivance, fut nommé par Louis XIV intendant des parcs et châteaux de Versailles ; Saint Simon en a dressé le portrait « Ce fut un vrai personnage et qui se fit valoir et courtiser par les plus grands et par les ministres, qui savait bien servir ses amis mais rarement, point les autres. Il était en tout fort dangereux. » Il se fit construire un bel hôtel, rue du faubourg Saint Honoré avec jardins sur les Champs Elysées.   

- Les tribulations de Mesdames Marie- Adélaïde et Victoire, filles de Louis XV par M. Carlo Knight (bulletin de l’accademia Pontaniana-2013). Ces deux princesses, chassées par la Révolution, arrivèrent à Milan, puis à Rome accompagnées de 80 personnes. Elles furent ensuite reçues par le roi de Sicile, puis elles furent prises en charge par la marine anglaise. Elles débarquèrent à Trieste en 1799 où madame Victoire va s’éteindre.
 
- Victor-Donatien de Musset-Pathay, éditeur et biographe fervent de Jean- Jacques Rousseau par Mme Anne Magnant (Bulletin de la société archéologique, scientifique et littéraire du Vendômois-2013). Le père d’Alfred de Musset était né en 1768 à 15 kilomètres de Vendôme ; son parrain était Rochambeau, le futur héros de la guerre d’indépendance américaine. Il se consacra très vite à l’écriture et aux recherches littéraires et historiques. Il publia de nombreux ouvrages, d’abord des romans, puis « une vie militaire et privée d’Henri IV », des recherches sur le cardinal de Retz, et un dictionnaire raisonné des ouvrages sur l’économie rurale. Son œuvre de référence est consacrée à Jean-Jacques Rousseau auquel il voue une admiration totale ; certains lui ont reproché de pousser trop loin son enthousiasme pour le philosophe de Genève, dont il cherche à justifier toute la conduite. Il fait paraître de 1818 à 1820 une édition complète de ses œuvres en 22 volumes, et une table de plus de 500 pages destinée à faire mieux comprendre l’œuvre de l’écrivain. L’édition est accompagnée de préfaces, d’avertissements, de notes et de nombreux documents. Ce travail a fait autorité pendant plus d’un siècle. «L’histoire de la vie et des ouvrages de Jean-Jacques Rousseau » en est le complément ; l’ouvrage fondé sur une documentation solide s’efforce de réaliser une présentation vivante de l’entourage de l’homme des lumières. Il décrit l’objectif de Rousseau dans « L’Emile » : élever un homme capable de faire face à de multiples situations, telle celle d’un roi qui cesse de régner. Il expose et défend les positions religieuses du « vicaire savoyard » et semble partager l’attitude de Rousseau face à la religion. Musset-Pathay s’emploie aussi à présenter Rousseau musicien ; il aimait la musique et rêvait d’être compositeur. Il donna dans sa jeunesse des leçons de musique et copia des partitions pour gagner sa vie. Il a composé  en 1752 un opéra, « Le devin de village »,  qui connut un grand succès.

- « Un demi-siècle d’histoire nantaise. Les souvenirs de Joseph Angot » par M. Marcel Launay de l’université de Nantes (bulletin de la société archéologique et historique de Nantes et de Loire Atlantique-2013).
	Né en 1886 et mort en 1959, Joseph Angot rédigea ses souvenirs intitulés « Toute Joie » de 1927 à 1953. Loin de se cantonner à sa seule existence, Joseph Angot revient sur les origines lointaines de sa famille, évoquant la montée sociale progressive d’une lignée d’artisans pour aboutir à une bourgeoisie commerçante bien ancrée dans la cité ligérienne. C’est donc une des pages de l’histoire de Nantes.

	Après la pension Avenard, il rejoint le collège Saint Stanislas qui accueille les fils de la bourgeoisie et de l’aristocratie. Son rêve d’être un jour marin est brisé avec un double décollement de la rétine qui l’oblige à quitter son collège qu’il ne pourra retrouver qu’en classe de philosophie ; il passe son baccalauréat avec la mention bien. Il rejoindra ensuite le négoce en vins fondé par son grand-père. 	Parallèlement, notre commis complète sa formation par la préparation d’une licence de droit avec un ancien magistrat, puis auprès d’un jeune docteur en droit, Tony Catta ; il se lance ensuite dans la préparation d’une thèse de doctorat sur le « régionalisme et la décentralisation » qui ne sera jamais achevée. A côté de ses premières activités commerciales, il décrit le quartier de la place Graslin. Traditionnellement, les négociants nantais en quittant « le Molière », un des cinq cafés de la place, avaient coutume de faire les cent pas en discutant les problèmes du jour. Joseph y remarque la présence de plusieurs figures du commerce « tous chapeautés de haut-de-forme, cannes à pommes d’argent ou d’ivoire, barbes en éventail ou favoris en côtelettes». Il va quitter le commerce des vins touché par la crise pour intégrer la maison de Constant Desfossés, fabriquant de cire. Par la suite, on retrouve notre mémorialiste dans diverses activités qu’il exercera jusqu’ à sa mort.

	Il fut très marqué par les années passées au collège Saint Stanislas qui lui donnèrent une formation religieuse ; cet établissement qui comptait 200 élèves était encadré par trente-quatre enseignants ou maîtres d’études. Les journées comme l’année scolaire sont marquées par les offices et les manifestations liturgiques à l’occasion des grandes fêtes. C’est également à cette époque que Joseph Angot s’ouvre à l’action sociale avec le mot d’ordre d’Albert de Mun «Piété, études, action». Il a suivi, sans y adhérer le courant de la démocratie chrétienne, incarné par le Sillon de Marc Sangnier.

	Il a apporté enfin sa contribution à la vie intellectuelle et artistique locale. A 17 ans, il est reçu comme membre de la société archéologique et historique de Nantes et de la Loire-Inférieure, où il rencontre une élite remarquable de chercheurs et d’érudits. Il se prit d’une passion pour l’archéologie et pour le « bretonisme », avec la volonté de défendre la richesse de la culture populaire et de la littérature orale de la province. Il fut éveillé à la culture musicale par deux de ses oncles ; chaque dimanche, de 1910 à 1922, Arthur Colinet lui prodigua un enseignement fondé sur les œuvres de Bach et de Franck.

	Le président évoque en clôture de la séance :
-Le Prix de la Vocation du Conseil Général délivré par l’Académie au bénéfice des associations ou des personnes physiques qui créent du lien social par la culture; le prix d’un montant de 1 000 € est décerné au cours de l’assemblée générale annuelle, fin février. Un appel de candidatures est lancé auprès des membres pour prendre en main cette opération qui vient récompenser des acteurs méritants de la vie locale. 
- L’édition du livre annuel des « Mémoires » représente une ligne budgétaire d’un montant élevé. Il convient de réfléchir à son mode de diffusion futur ? Faut-il maintenir la forme actuelle ou adopter une transmission numérique ?
- Le rôle des parrains des nouveaux membres doit être renforcé, de façon à mieux accompagner nos confrères récemment élus dans leur intégration à l’Académie, qu’il s’agisse de la connaissance des autres, de leur participation aux travaux académiques, ou de leur imbrication dans les sections.


SEANCE PUBLIQUE 

	M. Jean- Claude Remy a déclaré ouverte la séance publique et confié son déroulement à la section des Sciences Humaines et Sociales pour traiter comme thème « Angers : de la défaite à la reprise (1940-1950) avec la participation de M. Pierre Bouvet, de M. Jacques Maureau, de Mme Marie- Magdeleine Le Dall et de M. Olivier d’Ambrières. Ont été abordés : « Angers sous les bombes », « Entre le débarquement et la libération d’Angers, du 6 juin au 10 août 1944 » et «Le difficile retour à une vie normale de la cité angevine après la Libération ». Ces travaux ont bénéficié notamment de la collaboration de Mme Verry, directeur des archives départementales, M. Danin, de l’Université Angevine du Temps Libre, qui a mené des études très approfondies sur les bombardements de la ville, et du colonel Yves Barthet pour les illustrations des communications.

« Angers sous les bombes » par M. Jacques Maureau avec des témoignages de Mme Marie-Magdeleine Le Dall et M. Pierre Bouvet.

	A un prologue expliquant les motivations du rédacteur pour ce sujet, succède la relation des premiers bombardements aériens qu'ont connus Angers et son agglomération durant la deuxième guerre mondiale : d’abord par les Allemands en juin 1940, puis par les Anglais au mois d'août suivant. 
Après un peu moins de quatre ans de tranquillité, portant les Angevins à l'insouciance, malgré les alertes et les contraintes de la Défense Passive, succède le terrible bombardement de la Pentecôte 1944. Véritable coup de tonnerre dans un ciel bleu, il fit prés de 300 morts et 200 blessés, sans compter des destructions considérables, en particulier dans le quartier de la gare St.Laud. 
	Après le Débarquement, quelques raids aériens, dont un très meurtrier, vont encore perturber l'espoir de la prochaine Libération
	Enfin un bilan global des pertes humaines et des destructions précède une critique de ces actions aériennes qui tuent des civils et qui, militairement, ont été moins efficaces que prévues.

« Angers après la tourmente (1944 - 1950) » par M. Olivier d’Ambrières.
Dans la matinée du 10 août 1944, les forces d’occupation ressentaient de plus en plus la pression de la 5ème division d’infanterie américaine qui entourait la ville. Partie de Pouancé, elle était venue par Segré et Le Lion d’Angers, pour une part, et par Candé et Saint Jean de Linières d’autre part. Une troisième voie allait s’ouvrir avec la prise du pont de Pruniers. Dans l’après-midi, les Allemands vont quitter Angers et les Américains investiront le centre de la ville dans la soirée. Ce fut pour la population une nuit d’euphorie, qui faisait oublier, durant quelques heures, la catastrophe collective de l’envahissement. Néanmoins très vite, un décalage douloureux va naître dans l’esprit des gens entre leurs aspirations et les difficultés de la vie quotidienne.
	M. Michel Debré, commissaire régional de la République pour cinq départements, va occuper ses nouvelles fonctions dès l’après-midi du 10 août ; son action sera essentiellement politique. Son adjoint, M. Michel Fourré Cormeray, préfet délégué pour le Maine et Loire, se consacrera en priorité à l’action économique. La situation, à Angers,  était très délabrée avec 650 immeubles détruits, et 2 800 endommagés partiellement, et, dans le département, 51 ponts détruits, sans compter les ponts de chemin de fer. M. Debré représentait l’Etat jacobin qui dirige, le Comité départemental de Libération, émanation des mouvements de résistance quant à lui voulait faire appliquer l’esprit nouveau et le programme du Conseil National de la Résistance. Il se plaignait de n’être pas assez consulté. Ce fut l’époque de l’épuration dans les différentes administrations et de la constitution d’une cour martiale qui prononçait les peines de mort ; on recensa de nombreux internements administratifs au séminaire de la rue Barrat et à Fontevraud
	A la mairie, M. Victor Bernier, écarté par les Allemands en mars 1944, avait été rétabli dans ses fonctions à l’Hôtel de Ville. Aux élections qui suivirent, tous les conseils municipaux appartenaient aux partis de gauche ; M. Victor Alloneau fut élu maire. En 1947, la majorité bascula en faveur du RPF, c’est M. Victor Chatenay qui prit la tête de la municipalité. La situation des partis politiques faisait apparaître une très importante progression du parti communiste qui était passé de 500 adhérents en 1939 à 2 500.
	Après quatre années d’occupation, les responsables de la nouvelle administration eurent à faire face à un environnement désastreux. La pénurie était devenue générale en raison de l’état défectueux des outillages, de la désorganisation des transports et des faibles ressources en combustibles et en carburant. La production agricole, élément vital de l’activité économique, souffrait d’un matériel agricole qui n’avait pas été renouvelé, d’une insuffisance d’engrais et de conditions climatiques très défavorables, si bien que les récoltes de 1945 présentèrent un fort déficit. A la fin de 1947, on pouvait parler de redémarrage, notamment aux établissements Bessonneau,  qui étaient le premier employeur de la ville avec ses 5 000 salariés. Ils avaient trois branches d’activité (corderies, bâches, métallurgie). Les ardoisières assuraient 50% de la production nationale, et à Cholet, la chaussure employait 5 000 ouvriers. A Saumur, les productions agricoles dominaient, soit par les ventes directes, soit par les activités de transformation.

	Dans le domaine bancaire, on notait, à Angers, quatre établissements, nationalisés par la loi du 2 décembre 1945,  la BNCI, le CNEP, la Société Générale et le Crédit lyonnais,  le secteur mutualiste et deux banques privées le Crédit l’Ouest, et la banque Bordier-Massonneau. Le Crédit de l’Ouest avait été constitué en 1913 à la suite de la fusion de la banque Delhumeau, à Cholet, et de la banque Fortin ; il avait mené une politique de croissance et s’était affilié en 1925 au CIC. La banque Bordier-Massonneau était le seul établissement de crédit entièrement local ; elle était dirigée par M. Jacques Bordier et par M. Jacques Massonneau. Le premier déporté à la suite de son engagement dans la Résistance, devait mourir en 1944 au camp de Dora. M. Massonneau, devenu seul dirigeant, avait voulu adjoindre, à son activité traditionnelle, constituée de personnalités de la place et de commerces réputés, un nouveau secteur d’entreprises dont la solidité financière était contestable. C’est ce créneau naissant qui mit la banque en péril et conduisit à son absorption par le Crédit de l’Ouest en décembre 1950.

	Les restrictions alimentaires et le rationnement vont être une des caractéristiques majeures de cette période. Une commission de coordination du ravitaillement se tiendra, chaque jour, de 1944 à 1946, sous la présidence du préfet ; elle décidait des rations. La pénurie de lait et l’instauration d’un double prix de la viande attirèrent les plus vives critiques. Peu à peu la libéralisation a progressé ; le Journal Officiel du 19 janvier 1950 va officialiser la liquidation des services de ravitaillement. La crise du logement fut l’autre problème majeur de la population, il fallait réparer les logements endommagés, en construire de nouveau, et reconstruire les quartiers insalubres. Mme Christiane Brisset, militante de l’action sociale se signala par sa participation à de nombreuses actions d’appropriation de maisons inoccupées ; elle fut aussi à l’origine du mouvement des Castors angevins.

	La vie culturelle va reprendre très vite dans l’Athènes de l’Ouest : la saison théâtrale dès novembre 1944 avec « La fille du tambour major », la musique avec le concert de Jeunesses Musicales de France, le cinéma avec « Les enfants du paradis », et « La cage aux rossignols ». Pour la littérature, Hervé-Bazin publia « Vipère au poing », Julien Gracq fit paraître « Un beau ténébreux » et « Liberté grande ». L’école de Rochefort éditait régulièrement ses cahiers. Enfin, par décret du 15 avril 1947, l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts d’Angers retrouvait son titre ; son président était M. Jacques Levron, directeur des archives départementales.

	Fin 1949, le Maine et Loire sortait enfin de cinq années supplémentaires de grande pénurie ; les immenses efforts de reconstruction avaient permis d’effacer une part notable des ruines.

	Au cours du débat qui suivit, la participation de l’aviation italienne aux bombardements a été suggérée. Il semble, d’après les archives consultées, que cette présence n’est pas avérée.  


SEANCE PUBLIQUE DU 6 DECEMBRE 2013

Sont présents 
M. Gilles d' AMBRIERES, M. Olivier d' AMBRIERES, Mme Monique ASTIE, M. Régis de BELENET, M. Benoît BOUMARD, M. Pierre BOUVET, M. Christian BREGEON, M. Georges CESBRON, M. Jacques CHOPIN, M. René COMBRES, M. Daniel COUTURIER, Mme Josette FOURNIER, M. Luc LARGET-PIET, M. Jacques-Marie de LATROLLIERE, Mme Marie-Magdeleine LE DALL, M. Serge LE POTTIER, Mme Catherine LESSEUR, M. Jacques MAUREAU, M. Jean-Claude REMY, M. Jean-Claude RENIER, M. Bernard RICHE, M. Jacques THOMAS, M. Georges TIRAULT, M. Michel VAISSIER, Mme Elisabeth VERRY.   membres titulaires.

Mme Christiane ASTOUL, M. Robert AUDOUIN, M. Louis-Marie BEAUVOIS, M. Jacques de BELENET, M. Pierre-Marie BETTON, M. Jacques BIZARD, Mme Françoise BIZARD, M. Philippe BONEF, M. Henri BRAULT, M. Yves CADOU, M. Benoît DELTOMBE, Mme Jeanne de GERIN-RICARD, M. Rémy GERNIGON, Mme Pascale GREMONT, M. Daniel GRUAU, M. Claude-Serge GUILLEMAIN, Mme Claude GUILLEMAIN, M. Gérard JACQUIN, M. René JAMES, M. Jean-Luc JAUNET, M. Dominique MAILLARD, Mme Marie-Thérèse MOIGNET, Mme Christiane MULOCHER-GAIRE, M. Michel PENNEAU, Mme Joëlle REMY, M. Charles-Marie REYE, Mme Jeanne ROGUET-PRIN, M. Alain SAULNIER, M. François-Christian SEMUR, Mme Maÿlis THURET, M. Claude TROUVELOT.   membres associés. 


S’Étaient fait excusér :
M. Yves BARTHET, Mme Simone BEGUIER, Mme Monique CATTA, M. Claude CHEREAU, M. Philippe DAIN, Mme Yvette DAMS-MONVILLE, M. Henri DELLACASA, Mme Elisabeth du Réau, M. Claude FERRAND, M. Jacques MAILLARD, M. Xavier MARTIN, M. Edmond RUBION, Mme Madeleine SALETTE, M. Philippe SEJOURNE, Mme Florence SOULEZ-LARIVIERE.   membres titulaires


M. Max BARAT, M. Jérôme BODIN, Mme Maryvonne CHANTEUX, Mme Laurence CHARVOZ, Mme Margreet DIELEMAN, M. Pierre-Anne FORCADET, Mme Frédéricque FORCADET-BODIN, M. Jean-André GOUYETTE, M. Michel GUILLANEUF, Mme Denise LAMAISON, Mme Christine LEDUC-GUYE, M. Olivier MARTIN, Mme Chantal MAUGEAIS, M. Jean MAUGEAIS, M. Yves NAUD, M. Philippe PICHOT-BRAVARD, Mme Hélène POLOVY, M. Serge QUENTIN, Mme Jocelyne RENOU, Mme Sylvette ROBSON, M. Jean SALETTE, M. Furcy SOULEZ-LARIVIERE, Mme Françoise TETU DE LABSADE, Mme Anne de VAUTIBAULT.   membres associés. 




	Le président a ouvert la séance et informé les participants du décès de trois membres de notre compagnie:
- M. Guy LAMAISON, membre titulaire, qui, architecte du département, avait été à l’origine de la construction de l’extension du palais de justice, de l’agrandissement de la  préfecture et de la restauration du vieux Saumur. Ses obsèques, auxquels assistaient de nombreux confrères, ont eu lieu en l’église Saint Jean, à Monplaisir, qu’il avait édifiée ; avant le début de la cérémonie, quelques-unes de ses magnifiques aquarelles ont été présentées à l’assistance sur écran. 

- M. François LEBRUN, membre titulaire honoraire, professeur honoraire des universités ; il avait publié de nombreux ouvrages dont « Les Angevins et la mort en Anjou aux 17° et 18° siècles », « Le diocèse d’Angers», « Une histoire générale de l’enseignement en France de Gutenberg aux lumières », « La vie conjugale sous l’ancien régime ». 

- M. Guy BIRAUD, membre associé depuis 2000, qui avait créé le musée de la communication à Pignerolle.
    
	Il a accueilli ensuite M. Jean-Luc Jaunet, récemment élu membre associé, qui prenait séance, accompagné de son parrain, M. Georges Cesbron.

	Deux orateurs étaient inscrits à l’ordre du jour pour présenter une communication, M. François-Christian Semur et M. Georges Cesbron.

« Jules Quesnay de Beaurepaire (1834-1923), ou la carrière mouvementée d’un magistrat saumurois du XIXe siècle» par M. François-Christian Semur.
	Issu d’une famille de magistrats, Jules Quesnay de Beaurepaire est né à Saumur en 1834, à l’époque où Louis-Philippe était encore « Roi des Français ». Tout naturellement, il devint lui aussi magistrat.
	Confronté aux divers régimes et bouleversements politiques du XIXe siècle, ainsi qu’aux grandes affaires politico-financières de la Troisième République, animé d’un courage à la fois physique et moral qui l’a conduit à s’engager dans la défense de Paris, durant la guerre de 1870, la biographie de ce magistrat atypique met en lumière la difficulté d’une carrière judiciaire linéaire dans ce siècle tourmenté.
	Ainsi, avant le « tournant de 1870 », Jules sert en qualité de substitut du procureur impérial à la Flèche, puis au Mans, enfin, procureur près le Tribunal de Mamers (Sarthe). De retour dans sa juridiction en 1871, en mal de reconnaissance, amer,  il démissionne. Il reprend du service en 1879 et connaît alors un avancement fulgurant : substitut à Paris, procureur général près la Cour d’appel de Rennes, Avocat général près la Cour d’appel de Paris, puis procureur général près ladite Cour. Malmené et critiqué  par la presse d’opposition pour son rôle dans procès du général Boulanger et surtout pour sa gestion de l’affaire de Panama, il est nommé, en 1892, président de la chambre civile de la Cour de cassation, un poste moins exposé. Cependant, personnage fougueux et quelque peu chevaleresque, Jules Quesnay de Beaurepaire prend alors fermement position en faveur des anti-dreyfusards,  et il démissionne à nouveau de la magistrature en 1899, soit 1 an et 18 jours, avant de pouvoir faire valoir ses droits à pension. Après avoir connu les honneurs et les ors de nos plus beaux palais de Justice, Jules Quesnay de Beaurepaire terminera sa vie dans la misère, en Normandie, dans le modeste village de Vitrai sous Laigle (Eure) où Il décède le 25 juillet 1923, à l’âge de 89 ans. 
	Comme l’a souligné avec pertinence Jean-Louis Debré dans son ouvrage, « La Justice au XIXe siècle », « non seulement la politique joua un grand rôle dans le déroulement de la carrière judiciaire de la plupart des magistrats du XIXe siècle, mais elle servit aussi d’alibi à de vastes épurations de magistrats ». Force est de reconnaître que Jules Quesnay de Beaurepaire en a tour à tour souffert et profité. 
Au cours de sa carrière,  Jules Quesnay de Beaurepaire a publié, notamment sous le pseudonyme de Jules de Glouvet, nom de l’un de ses ancêtres,  une vingtaine d’ouvrages et rédigé de nombreux articles dans les revues du XIXe siècle. 

Extraits des débats 

	Au cours du débat qui a suivi, plusieurs intervenants se sont interrogés sur la personnalité atypique de ce magistrat et ont demandé des précisions au sujet des nombreux ouvrages qu’il a publiés. Il a été souligné que ce haut fonctionnaire avait de réelles qualités intellectuelles, qu’il était courageux mais en même temps qu’il se discréditait par ses attitudes. M. Semur a admis qu’il était chevaleresque, aventurier et fougueux, ce qui explique les déconvenues qu’il a rencontrées et notamment le fait qu’il ait terminé sa vie dans une réelle précarité.
En ce qui concerne ses publications, M. Couturier a mis en relief son roman « Le marinier » dont la qualité mythique est très limitée, mais qui donne une magnifique documentation sur la marine de Loire. Les descriptions résultant de ses propres observations sont exceptionnelles ; elles ont souvent servi de référence aux ouvrages qui ont été écrits par la suite sur les mariniers.




« Missionnaires angevins au Japon (1866-2013) » par M. Georges Cesbron.

Entre le 15 juillet 1866 et le 26 août 1970, ils sont partis vingt-cinq  de leur Anjou natal : vingt-quatre hommes et une femme, vingt des Missions étrangères de Paris, deux Jésuites, deux Petits Frères de l’Evangile et une religieuse de cette même congrégation. Trois sont encore présents au Japon. Le premier à embarquer naquit le 27 mai 1843, le dernier partit le 2 novembre 1942. Plusieurs sont arrivés au Japon après avoir été expulsés - parfois emprisonnés - de Chine, du Vietnam ou de Birmanie. Leur apostolat a été varié : curés ou vicaires de paroisse, aumôniers d’hôpitaux, de léproseries, de prisons, aumôniers de dockers, éducateurs, interprètes, chercheur à l’université, créateur de spectacles religieux pour enfants, et même pêcheuse de sardines en mers froides. Deux ont changé de nom, ayant opté pour la nationalité japonaise. Seize, jusqu’à ce jour, ont choisi d’être inhumés ou incinérés là-bas. L’un d’entre eux y a passé 73 ans sans jamais revenir en France, la plupart y sont restés de 40 à 50 ans. Leur vie n’y a pas toujours été un « long fleuve tranquille » : persécutions dans les années 1880, expériences des quatre années de guerre, de Pearl Harbor (septembre 1941) à Hiroshima et Nagasaki, où plusieurs se sont trouvés sous le bombardement atomique, obstacles de la langue, insolubles pour deux d’entre eux contraints de revenir en France, différences de mentalités, etc. Mais tous pourraient dire comme telle d’entre eux : « C’est dans l’ordinaire du quotidien que nous avons rencontré l’extraordinaire. » (lettre du 4 juin 2013).

Extraits des débats 

	L’orateur a reconnu que les relations n’étaient pas toujours faciles pour les missionnaires angevins avec les prêtres autochtones ; il y a eu un réel choc entre deux cultures très étrangères l’une à l’autre. Tous les évêques sont japonais aujourd’hui, le premier cardinal nippon a été nommé en 1938. Mme de Gérin Ricard qui va présenter prochainement une communication sur une religieuses trappistine du monastère de la Coudre à Laval, partie au Japon au début du siècle dernier, a indiqué que les monastères de trappistines connaissaient actuellement une grande  vitalité. Ils recrutent de nombreuses postulantes dans la jeunesse locale.




Carnet de l’Académie
		
Décès : Comme il a été annoncé plus haut, l’Académie a perdu trois de ces membres :    











M. Guy Lamaison, membre titulaire, 
















En souvenir d’un grand admirateur de la nature qu’il a su si bien peindre 

	- M. François Lebrun, membre titulaire honoraire
	- M. Guy Biraud, membre associé
Elle  présente à leurs familles et à leurs amis ses sincères condoléances.


 Réunion de Sections 
	Sciences Economiques et Sociétales 
Vendredi 10 janvier 2014, à 14h30 (petite salle attenante à la salle 208)
Vendredi 7 février 2014, à 14h30

	Sciences Humaines et Sociales 
Vendredi 10 janvier 2014, à 15h00 (bibliothèque)
Objet : préparation des séances de 2014

	Lettres
Vendredi 10 janvier 2014, à 14h30 (salle 208)
Objet : programme organisé par la section pour le 2ème semestre.
Thème proposé : la première année de la guerre de 1914 en littérature : rêves d’héroïsme, invasion, ect. Vos suggestions et propositions sont ardemment attendues.

	Histoire 
Vendredi 7 février, à 15h (salle 208)
Afin de préparer l'après-midi prévue le vendredi 21 novembre 2014, au  musée du Génie, et consacrée à la Guerre 1914-1918, le professeur  Jean-Pierre Bois, responsable de l'organisation de cette manifestation,  désire rencontrer les membres de l'Académie qui pourraient faire une communication sur cette Grande Guerre. 
Appel aux membres de la section histoire à venir nombreux à cette réunion.


BREVES
Le Président annonce la prochaine élection de membres titulaires qui aura lieu le vendredi 7 février  2014. Les candidatures sont reçues jusqu’au plus 17 janvier 2014. Le vote par correspondance interviendra entre le 20 janvier et le 7 février 2014. 

Prix de la vocation 
- M. Joseph Giboin a accepté de prendre en charge cette action de l’Académie. 
Les candidatures de personnes physiques ou morales oeuvrant pour créer du lien social par le biais de la Culture sont à lui adresser (pour de plus amples renseignements se procurer le fascicule au secrétariat).

Bibliothèque 
M. Benoît Boumard est à la disposition des confrères.
- Une heure avant et une heure après les séances de l’académie, 
- ou sur rendez-vous

Mémoires
M. Etienne Vacquet a accepté la responsabilité de la réalisation des Mémoires.



Colloque
	La Maison de Loire en Anjou organise en mai 2014 un colloque sur la Loire et le St Laurent et propose d’y associer l’Académie d’Angers.
	Ceux qui souhaiteraient collaborer ou participer à ce colloque, sont invités à s’adresse à M. Daniel Couturier, vice-président.


Prochaines communications
Vendredi 10 janvier 2014
16h00 : Séance publique
Réception de M. le Préfet, membre d’honneur de l’Académie, qui traitera, dans son discours, de 
- « La force des faiblesses ou la dictature des minorités ? »
	La démocratie ne se satisfait pas du simple respect de la loi de la majorité.
	Encore faut-il que cette majorité respecte un certain nombre de principes constitutifs du pacte social et qui s'imposent à la loi. Le corpus de ces règles est en France contenu dans la Constitution, dans son préambule mais aussi dans la jurisprudence du Conseil d'Etat, de la Cour de Cassation et bien sûr du Conseil constitutionnel.
	Parmi ces principes figure le respect des minorités : être une majorité ne donne pas le droit d'opprimer la minorité. C'est ce principe qui constitue la garantie des minorités.
	Jusqu'où va-t-elle ? A partir de quel moment peut-on considérer que la minorité paralyse l'action de la majorité ? Respect de l'environnement et/ou développement économique, respect de la liberté religieuse et/ou obligation de neutralité, respect de la liberté sexuelle et/ou règles de bioéthique, ce débat traverse tous les sujets de notre société. Où se trouve l'équilibre ? Y-a-t-il un équilibre ?...

- «L’esprit et le Progrès. » par  M. Jacques-Marie de Latrollière.
	Les Académies, depuis leur création, ont été les témoins actifs des progrès de tous ordres qui ont été réalisés, notamment en France. Nos membres, de par les responsabilités qui ont été ou sont les leurs, portent aux progrès la plus grande attention. De ce fait, ils posent la question de la mesure du progrès : atteint-il l’objet fondamental qui est le plein épanouissement de l’homme ?

Vendredi 24 janvier 2014
15h00 Séance privée
16h00 Séance publique organisée par la section Lettres
Tricentenaire de Diderot
- « Diderot philosophe: hardiesse et paradoxes, une raison polémique et baroque. » par M. Lucien Guirlinger.
- « Diderot, lecteur de Bougainville. » par M. Robert Audouin. 
	Dans son « Voyage autour du monde », Louis-Antoine de Bougainville contribue déjà à créer le mythe de l'Eden tahitien. Diderot surenchérit avec son « Supplément au Voyage de Bougainville », faisant de cette terre l'île de l'Amour et de la Raison, modèle contrastant avec la défectueuse société de son temps.

- « La rocambolesque aventure des archives de Diderot. » par Mme Monique Catta.
	Plus de deux siècles ont été nécessaires pour retrouver et publier les archives de Diderot. C'est cette rocambolesque aventure qui sera racontée.
















Olivier d’Ambrières 
Secrétaire Général

Directeur de la Publication : Jean-Claude REMY.
Imprimé par nos soins.
ISSN : 1294-7938								 
Dépôt légal janvier 2013							      Tél.   : 09. 61 .46. 99. 35
Courriel : academie-dangers@wanadoo.fr
Site Web: www.academie-dangers.com
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